Marc Blanchet

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Marc Blanchet
Description de l'image Marc Blanchet 20100330 Salon du livre de Paris 1.jpg.
Naissance (50 ans)
Bourges, Cher
Activité principale
Auteur

Œuvres principales

Marc Blanchet, né le à Bourges (Cher) est un écrivain, photographe et dramaturge français. Il est également chroniqueur, rédacteur, intervenant littéraire et musical, et enseignant. Il vit actuellement à Tours.

Biographie[modifier | modifier le code]

Écrivain, Marc Blanchet a publié un premier livre (recueil de poèmes) en 1991. D'autres recueils, des essais, de courtes fictions, des récits et du théâtre ont suivi. Il a été d'octobre 2015 à juin 2016 auteur associé au Centre Chorégraphique National d'Orléans (CCNO), dirigé alors par Josef Nadj. Les éditions La Lettre volée publient en octobre 2018 un essai sur Beckett (Souffle de Beckett) et un nouveau volume de "proses fantasmatiques" Valses & enterrements.

Photographe, Marc Blanchet a commencé à photographier à partir de 2001, avec une première exposition à Bordeaux en 2008, puis la série "Fantôme" montrée à six reprises depuis 2012 (publication d'un catalogue au Centre d'Art Contemporain de Châtellerault ; exposition présentée sous le titre "Photographies" à la Galerie Ivan Ptakhine à Paris, en novembre/ décembre 2013, avec un texte d'Éric Vuillard). Une nouvelle série, "Récemment", a été présentée du 6 au 23 novembre 2014 à la Galerie Herzog à Paris, puis à Bruxelles (Galerie La Lettre volée) en 2015. Le texte d'accompagnement est de l'historien Patrick Boucheron. Les éditions Immanences ont publié en 2017 La Nuit un portfolio en tirage palladium (huit photographies) avec un texte d'Éric Vuillard. Ses photographies sont présentes dans des collections privées et institutionnelles (BNF). La galerie Veyssière, à Tours, présentera à partir du 14 septembre 2018 une nouvelle série "And Also The Trees", 21 photographies de paysages.

Dramaturge, Marc Blanchet a donné à partir de 2011 des cours auprès d'étudiants, et développé avec des élèves de conservatoires et des amateurs des "ateliers d'écriture avec restitution théâtrale".

Chroniqueur, Marc Blanchet est intervenu dans plusieurs publications et a également rédigé des chroniques sur la musique. Intervenant, il a participé à l'Académie de chant de l'Opéra-Comique de Paris et a rejoint en 2018 l'équipe rédactionnelle du festival d'Avignon.

Depuis 1988, Marc Blanchet a animé et/ou organisé de nombreuses manifestations littéraires (Salon du Livre de Paris, Belles Étrangères ou des associations) avec des écrivains du monde entier et des artistes (plasticiens, musiciens, photographes…) De 2007 à 2012, il a animé une revue parlée La République des poètes, une rencontre mensuelle autour de l'actualité poétique à la Maison de la Poésie à Paris, et a été directeur artistique d'"A voix vives" en Seine et Marne pour la programmation, le rédactionnel et l'animation. Il a écrit entre 1995 et 2004 des articles pour le Ministère des Affaires Étrangères dans la publication Vient de paraître, pour le cipM dans CCP, La Nouvelle Revue Française et Le Matricule des anges. En 2009, il a organisé avec Jean-Yves Masson un colloque consacré à Gérard Macé à la Sorbonne Paris IV (actes publiés dans La Revue des Sciences Humaines). Il chronique à nouveau depuis mars 2018 pour le site Poezibao (le site a publié un long entretien en 2018 autour du livre Les Amis secrets, plus de dix ans après sa parution, sur les rapports de Marc Blanchet avec la musique et la littérature aujourd'hui).

Des poèmes de Marc Blanchet ont été mis en musique par Patrick Burgan et Bruno Régnier, d'autres le sont actuellement par György Kurtag.

Photographie[modifier | modifier le code]

Expositions

2018

"And Also The Trees", 21 photographies, textes de Marc Blanchet + La Nuit, exposition du portfolio tirage palladium, texte Éric Vuillard, éd. Immanences, 2017, galerie Élie Veyssière, Tours, 14 sept. - 6 oct 2018

"La Nuit", exposition du portfolio tirage palladium, texte Éric Vuillard, éd. Immanences, 2017, festival Itinéraires des Photographes Voyageurs, galerie Arrêt sur l'image, Bordeaux, 1 - 29 avril

2016

« Récemment », Musée des Arts et Métiers du Livre, Montolieu, du 20 juillet au 25 septembre

« Récemment », Galerie Le Lac gelé, Nîmes, du 25 mai au 2 juillet

« Récemment », Centre chorégraphique national d’Orléans (direction Josef Nadj), du 19 février au 11 mars

« Récemment, une sélection », Théâtre Olympia - Centre dramatique régional de Tours (direction Jacques Vincey) du 8 décembre 2015 au 12 février 2016

2015

« Récemment, une sélection », Théâtre de la Colline, Hall du Petit Théâtre, du 6 novembre au 5 décembre

« Récemment », Galerie La Lettre volée, Belgique, du 6 mars au 2 mai

2014

« Fantôme », (sous le titre « Photographies »), Centre chorégraphique national d’Orléans, à l’invitation de Josef Nadj, mars

« Récemment », nouvelle série photographique, texte de Patrick Boucheron, du 6 au 23 novembre, Galerie Herzog, 157 rue Saint-Martin, Paris

2013

« Fantôme », (sous le titre « Photographies »), texte d’Eric Vuillard, Galerie Ivan Ptakhine, Paris, nov-déc

2012 «

Fantôme », Centre d’Art Contemporain, Châtellerault, mai-juin, « Fantôme », Hôtel de Ville, Arbois, juillet, « Fantôme », La Fraternelle, Centre d’Art, Saint-Claude, septembre, « Fantôme », Itinéraires des Photographes Voyageurs, Salle Mably, Bordeaux, avril

2009

« Miroirs du double / Sri Lanka », Centres culturels français Sri Lanka (Colombo, Kandy, Galle), à l’invitation de l’Ambassade de France du Sri Lanka, janvier

2008

« Miroirs du double », Itinéraires des Photographes Voyageurs, Salle Mably, Bordeaux, avril

Publications

2017 La Nuit, portfolio de huit photographies en tirage palladium (huit exemplaires commercialisés), Éditions Immanences, Soissons, 2017

2007/2008 Deux cahiers de huit photographies in Conférence n°28 (printemps ), 2008 et 29 (automne), 2009, texte in n°28 d’Olivier Remaud « Fantôme », catalogue de l’exposition, Centre d’Art Contemporain, Châtellerault, 2012

Au sujet de la photographie[modifier | modifier le code]

"S’il se place dans une lignée bien définie de straight photography Marc Blanchet sait qu’il peut tenir le monde à distance de respect à travers « Mirrors and windows » comme l’analysait John Swarkowsky pour son exposition de 1962 au MOMA de New York. Sur la surface de réparation de ces frontières du visuel il installe d’abord trames, buées, reflets fragmentés, tissus. Dès lors du fond de l’image peut advenir, comme instantanée, une figure en apparition. Pour que la dialectique du surgissement et de l’enfoui puisse résister le temps de son inscription physique et chimique il faut la décision de l’artiste loin de tout moment décisif. [...] Le voyage auquel nous invite Marc Blanchet a la lenteur des rêveries éveillées, les objets du quotidien y pullulent mais on y rencontre peu de présences humaines : si une silhouette féminine sans âge véritable a la familiarité des êtres chers, le seul représentant masculin voit son corps segmentés en trois tronçons semblant irréconciliables. Les jambes restant hors champs ne laissent pas escompter une fuite, le tronc est pris dans un intérieur sombre tandis que la tête, à la mimique soucieuse, se détache sur un extérieur indéfini dans une lumière incertaine. Un pan de lumière noire domine le tout.Le dispositif castrateur résonne d’une violence sourde peu compatible avec un autoportrait, d’autant que tout l’univers ambiant des autres images s’effrange plutôt d’une nostalgie instantanée. Comme le titre de l’exposition « Récemment » le suggère si un regret se manifeste c’est de cette fuite continue du temps, il file comme les gouttes de pluie sur le pare-brise d’une route de campagne. La photographie vient tenter d’endiguer moment après moment la disparition de la vie dans les fissures du réel."

Christian Gattinoni[1], compte-rendu de l'exposition "Récemment" au CCN d'Orléans, www.lacritique.org, 6 mars 2016

"Sans nul doute : Marc Blanchet est un photographe d’histoire. Non pas qu’il agence quelques petits tableautins à costumes, c’est tout le contraire. Il prend à la volée du temps le mystère de son cours. Il saisit et rend visible ce que c’est, pour le temps, de passer. Il voit et donne à voir par quels états, par quelles textures, par quelles matières il passe. Comment il cherche à se divertir, débordant de son cours majestueux, pour se faufiler, s’immiscer, s’iriser. Le photographe n’est jamais très loin, non pour faire spectacle ou porter témoignage de ce qu’il a vu récemment, mais pour nous faire voir les yeux qui voient. Et ici, devant le banc ponctuant la forêt obscure, la trame d’une toile. Ce que c’est que cette toile, vous le savez bien : c’est la peinture, l’histoire de la peinture, toute l’histoire de la peinture. On ne voit qu’à travers elle."

Patrick Boucheron, extrait de la présentation de "Récemment", nov. 2014, galerie Herzog, Paris

"La photographie ne saisit que ce qui est ; pourtant, elle lui ôte une grande partie de son empire. Son mystère tient à ceci qu’elle est de la réalité dérobée – une empreinte ; mais toute empreinte a quelque chose de mort qui introduit le trouble. Et le monde photographié porte en lui je ne sais quelle tristesse définitive. Les photographies de Marc Blanchet se tiennent dans ce trouble. On y est devant une sorte de reflet où quelque chose se glisse, s’entr’aperçoit. Plusieurs transparences s’y affrontent et nous devinons, comme sur une autre photographie que dissimulerait la première, une silhouette. Un arbre. Un chien. Une ombre derrière une vitre. Un poteau. Une flèche. Un passant. Une goutte de pluie. Un grand rideau noué."

Eric Vuillard, extrait de la présentation de "Photographies (fantôme)", nov/déc 2013, galerie Ivan Ptakhine, Paris

Style littéraire[modifier | modifier le code]

"Parfois proche de Michaux, Marc Blanchet semble assister à la germination spontanée de quelque chose qui échappe et se transforme, en un spectacle à la fois merveilleux et vaguement inquiétant. Mais le régime poétique n’est pas ce qu’il s’agit cette fois de laisser éclore pour lui-même : l’écrivain (puisqu’il ne dédaigne pas, avec une certaine ironie, de revendiquer le titre et même la gloire de la fonction) veut décrire, tout en parlant, son rapport à ces créatures. Il disserte donc, peu avare de liens logiques, de démonstrations, voulant convaincre (mais qui ?), pour saisir le processus d’engendrement dont il semble tout autant l’auteur que le lieu passif.     Il en résulte un ton vraiment singulier - fait de drôlerie et de sérieux, de fulgurances et de retours réflexifs, d’affirmations et de palinodies. Car, et c’est un trait qu’il faut saluer, l’un de grands mérites du livre est de renouveler profondément la spécularité trop pratiquée de l’écriture contemporaine : oui, c’est bien un écrivain qui parle de son travail, de ses trouvailles, de ses théories, mais dans un registre de quasi-fiction, comme une sorte de personnage de théâtre imaginaire. Et il en parle mais en le produisant à mesure, et ce faisant il déjoue le piège du narcissisme moderne, ou la paralysie d’une prose qui ne saurait plus que se désigner elle-même. L’enchantement ici préside au surgissement et de la parole et de ses objets."

Dominique Rabaté, au sujet de L'Education des monstres, éd. La Lettre volée, 2009, in La Revue des Belles Lettres, 2010, 1-2, nlle série

"On pourrait dire que Marc Blanchet rencontre la figure de l’auteur comme Michaux croisa Plume, Kafka Joseph K, Valéry Monsieur Teste, dans un vis-à-vis explosif. L’auteur joue le simulacre de l’intériorité, il démonte le moteur de la création, histoire de voir comment ça marche car après tout « nous ne sommes que notre propre imitation ». Marc Blanchet va donc s’imiter, se recréer pour nous ou se créer, lui-même en auteur, qui sait ? (...) Peu importe encore si on a affaire à un art poétique, à un portrait de l’auteur, à une traversée de sous-conversations, de rêves éveillés. Tout passe : un personnage, John Scott, une aimée, des aveux, des dégoûts, des adresses aux frères humains, des joies, des méthodes et même une pétition. De Montaigne à Rabelais, aux exercices spirituels d’un Saint-Augustin ou d’un Marc Aurèle, on en perd joyeusement son latin. (...) Cette langue vibre, flirte avec le fantasme, le traité philosophique, le récit avorté, la mise en scène intérieure et l’on se régale de ces voltes faces."

Marcelline Roux, au sujet de Méditations & autres brièvetés, éd. La Lettre volée, 2013, sur le site poezibao

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Une poétique des seuils - revue art contemporain - revue art contemporain », sur www.lacritique.org (consulté le 11 juillet 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]