Marc-Armand Lallier

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Marc-Armand Lallier
Image illustrative de l'article Marc-Armand Lallier
Biographie
Naissance
à Paris (France)
Ordination sacerdotale
Décès (à 81 ans)
à Paris
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
par le card. Feltin
Archevêque de Besançon
Archevêque de Marseille
Évêque de Nancy

Blason
« Opus fac evangelistæ » (2Ti 4,5)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Marc-Armand Lallier (né le à Paris - mort le à Paris) était un prélat catholique romain du XXe siècle, qui fut successivement évêque de Nancy (1949-1956), archevêque de Marseille (1956-1966) et archevêque de Besançon (1966-1980).

Biographie[modifier | modifier le code]

Années parisiennes[modifier | modifier le code]

Natif de Paris, Marc-Armand Lallier fait ses études secondaires au Lycée Condorcet et obteint son baccalauréat en 1923 ; dès 1920, il entre à la fédération nationale des Scouts de France et fonde la meute, la troupe et le clan 22e Paris. Il prépare ensuite sa licence en droit à la Faculté de Paris pendant trois ans. Après son service militaire (1926-1927), il entre au séminaire Saint-Sulpice à Paris. Il fait donc partie des vocations tardives pour l'époque[1].

Ordonné prêtre par le cardinal Verdier le , il est tout de suite nommé directeur au séminaire Saint-Sulpice. Quatre ans plus tard il devient aumônier des étudiants catholiques à la Cité Universitaire de Paris. À la suite de la déclaration de guerre de , le lieutenant Lallier est mobilisé. Fait prisonnier, il parvient à s'évader et rejoint Paris occupé en 1940[1] où il est nommé sous-directeur des Œuvres diocésaines par le cardinal Suhard. En 1941, âgé de moins de 35 ans, il devient supérieur du petit séminaire de Paris situé à Conflans. Il éprouve toutefois des difficultés à réformer le séminaire parisien[2]. C'est à Conflans qu'il accueille et cache le néophyte Jean-Marie Lustiger[3].

Évêque[modifier | modifier le code]

Marc-Armand Lallier est nommé évêque de Nancy et Toul le à l’âge de 42 ans et ordonné à Notre-Dame de Paris par le cardinal Feltin le suivant. Il reste sept ans dans le diocèse de Nancy. Il rencontre, pendant cette période, le curé d’Uruffe, Guy Desnoyers, qui selon les rumeurs est accusé d’avoir conçu un enfant avec une adolescente de quinze ans. Le curé réussira à obtenir le renouvellement de la confiance de son évêque après s’être jeté à ses genoux en criant son innocence (on sait maintenant que Guy Desnoyers mentait et qu’il se rendra coupable d'un double crime en décembre 1956).

Le , le pape Pie XII appelle Marc-Armand Lallier à l’archevêché de Marseille pour succéder à Monseigneur Jean Delay, qui venait de démissionner pour raisons de santé. Il participe aux trois sessions du Concile Vatican II et fait partie de la Commission de la discipline des sacrements en tant que membre élu par l'assemblée[4].

Archevêque[modifier | modifier le code]

Le 26 août 1966 le pape Paul VI nomme Marc-Armand Lallier à l’archevêché de Besançon. Ses auxiliaires sont Mgr Jean Albert Marie Auguste Bernard, de 1968 à 1972, Mgr Maurice Gaidon, que la maladie obligera à démissionner au bout de quelques mois, et Mgr Jean Cuminal à partir de 1975[5]. En octobre 1977, Mgr Lallier, archevêque de Besançon, lance une consultation en faveur de la création d’un nouveau diocèse, pour alléger celui de Besançon, trop étendu, qui ne permet pas une présence de l’archevêque sur le terrain. Cela aboutira à la création du diocèse de Belfort-Montbéliard par le pape Jean-Paul II le 3 novembre 1979.

Monseigneur Lallier démissionne le , à l’âge de 73 ans et se retire. Il meurt à Paris le 11 janvier 1988. Il est enterré aux côtés ses prédécesseurs dans la crypte de la cathédrale Saint-Jean de Besançon.

Engagement au sein du scoutisme[modifier | modifier le code]

À Paris[modifier | modifier le code]

Entré à la fédération nationale des Scouts de France à la 1re Paris dès 1920, scout à la 5e Paris (Saint Louis) dans les années 1920, il fonde la meute, la troupe et le clan 22e Paris (« Louis de Poissy », foulard rouille ou grenat plain) en 1924[6]. Il participe au 5e Cours de Chamarande en 1924 avec Marcel Forestier, futur aumônier général (sous la direction du père Sevin, assisté de Paul Coze). Lors du grand rassemblement national des petits Loups du 2 au 12 qui regroupe environ 300 louveteaux, le « chef Lallier » est complimenté nommément par le père Sevin avec la cheftaine Chabrol. Par la suite, il reste très lié au père Sevin qu'il suit à Rome en pèlerinage et qu’il assiste ensuite à Chamarande pour les sessions d’aumôniers. Il en est ainsi, en 1927, au 11e cours, avec Jean Droit (Loup Bavard des Éclaireurs de France) spécialiste du travail forestier[7], et en 1929, année où il est postulant à l’ordre scout du père Sevin[8].

Il est ordonné prêtre en compagnie de Pierre Ramondot (ancien chef de troupe de la 8e et de la 25e Paris et Commissaire National Route) et de six autres scouts, poursuivant des activités dans le scoutisme comme aumônier de Chamarande jusqu’en 1940, puis aumônier général des Guides de France[9].

Comme évêque[modifier | modifier le code]

En 1949, sa nomination comme évêque de Nancy-Toul est saluée par la presse scoute de France. De fait, il reste très proche du scoutisme et au sein de la commission de la jeunesse à la commission épiscopale permanente, il passe pour être l’évêque « protecteur » du mouvement[7].

Dans la revue « Le Chef », en , monseigneur Lallier, en tant que président de la commission épiscopale de la jeunesse, présente comme source de bienfaits, la nomination du chanoine Perrot, déjà aumônier général des Guides de France, au même poste près des Scouts de France. La même année, relancé par les quatre Deputy Camp Chief (Delsuc, Montjamont, Dhavernas et Menu) pour qu’il intervienne afin d’atténuer, au moins, les changements radicaux en cours, il reste sourd, comme du reste les autres évêques issus du scoutisme, à l’exception de monseigneur Rupp[7].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Prises de position[modifier | modifier le code]

Concernant la IIe Guerre Mondiale[modifier | modifier le code]

En , plus de trente textes officiels concernant les juifs ont été publiés ; une grande rafle vient d’avoir lieu à Paris, au cours de laquelle 3700 personnes, dont des enfants ont été arrêtés. Lors d’une réunion, Germaine Ribière, alors étudiante à Paris, évoque le sort de ces enfants. L’abbé Lallier lui répond :

« Mademoiselle, j’admire votre charité, elle est débordante. Évidemment, il y a le problème juif, il y a aussi le problème alsacien. Mais il faut que vous compreniez : nous avons aussi nos écoles. »[10]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Robert Lavalette, « Notre Saint Père le Pape nous donne un Archevêque », La Voix diocésaine de Besançon, no 21,‎ , p. 329-332
  2. Père Jacques Benoist, Jean, Cardinal Verdier (1864-1940). Cf. http://pere.jacques.benoist.free.fr/pdf/verdier.pdf
  3. Philippe Larue, « Mgr Marc Lallier n'est plus », La Provence,‎
  4. Philippe Levillain, « Les évêques français - Le Séminaire pontifical français de Rome et le deuxième concile de Vatican (1962-1965) », dans Philippe Boutry, Yves-Marie Fradet et Philippe Levillain, dir., 150 ans au cœur de Rome. Le Séminaire français 1853-2003, Paris, Éditions Karthala, , 535 p. (ISBN 2-84586-580-5, lire en ligne), p. 150
  5. Maurice Rey (dir.), Les diocèses de Besançon et de Saint-Claude, Éditions Beauchesne, Collection Histoire des diocèses de France n°6, Paris, 1977, p. 219
  6. http://www.27paris.net/histoire/paris/20eme_29eme.php et http://www.27paris.net/histoire/paris/glossaire_noms.php
  7. a, b et c http://www.fraternite.net/forum/viewtopic.php?topic=785&forum=1&filtre=vert
  8. http://www.27paris.net/histoire/paris/glossaire_noms.php
  9. http://www.fraternite.net/forum/viewtopic.php?topic=785&forum=1&filtre=vert et http://ansfac.org/Cartoscoute/Regions/Ile_de_France/ile_de_france.htm
  10. Anecdote évoquée par : Henri Fabre, L’Église catholique face au fascisme et au nazisme. Les outrages à la vérité, Éditions EPO et éditions Espaces de Libertés, Bruxelles, 1995, p. 231. L’auteur tire sa source de : Colloque de Grenoble, 1976, Église et chrétiens dans la IIe guerre mondiale. La région Rhône-Alpes, P.U. de Lyon, 1978, p. 206

Liens externes[modifier | modifier le code]