Marc-Antoine Parseval des Chênes

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Marc-Antoine Parseval des Chênes
Naissance
Rosières-aux-Salines (France)
Décès (à 81 ans)
Paris (France)
Nationalité Français
Domaines Mathématiques
Renommé pour Égalité de Parseval

Marc-Antoine Parseval des Chênes, né le à Rosières-aux-Salines[1] et mort le à Paris, est un mathématicien français. On a donné son nom à l'égalité de Parseval, une formule fondamentale de la théorie des séries de Fourier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, poésie et politique[modifier | modifier le code]

Parseval des Chênes naît à Rosières-aux-Salines, en France, dans une famille anoblie en 1752 par la charge de conseiller-secrétaire du roi. Plusieurs membres de sa famille sont des financiers fortunés, dont des fermiers généraux.

Il est le deuxième enfant d'Alexandre de Parseval, sieur des Chesnes (1718-1786), et de Scholastique Françoise de Chaumont, donc le frère aîné du poète François-Auguste de Parseval-Grandmaison (1759-1834)[2]. Il épouse Ursule Guérillot en 1795, mais divorce peu de temps après[2]. Monarchiste, opposé à la Révolution française, il est emprisonné en 1792 ; plus tard il doit quitter le pays pour avoir publié des poèmes contestant Napoléon Ier.

Charles de Lacretelle décrit Parseval des Chênes en ces termes : « [Marc-Antoine Parseval des Chênes] possédait deux genres de talent qui semblent souvent s'exclure. Il ne manquait pas de verve poétique, et il était compté parmi les savants qui avaient pénétré le plus avant dans les profondeurs du calcul différentiel. La bizarrerie de ses goûts[3], plus encore que sa paresse, l'empêcha seule de s'y faire un nom. Dans une fable de sa façon, il faisait parler un loup qui, s'entretenant avec un conquérant, se vantait d'avoir plus d'humanité que lui ». Dans les mots de Parseval des Chênes :

Je n'expose jamais que ma personne seule,
Et mon artillerie est toute dans ma gueule[4].

Mathématiques[modifier | modifier le code]

De 1796 à 1828, Parseval est cinq fois candidat à l'Académie des sciences, mais jamais élu. Ses seules productions mathématiques sont cinq mémoires de diverses années, tous publiés en 1806[5]. C'est dans le second mémoire, qui est de 1799, qu'il affirme, mais ne démontre pas, le théorème qui porte maintenant son nom ; il dit que c'est une évidence et que cela lui a été suggéré par une méthode présentée par Euler dans ses Institutiones calculi differentialis (en) de 1755 ; une version améliorée apparaît dans le mémoire de 1801. Il l'utilise pour résoudre des équations différentielles. Le théorème est mentionné par écrit pour la première fois en 1800 par Sylvestre-François Lacroix[6]. On ne peut quand même pas dire que Parseval anticipait le travail de Fourier[7]

Jean-Baptiste Joseph Delambre décrit ainsi, mais à rebours, la généalogie du travail de Parseval : « M. Poisson a poussé plus loin la théorie de ce genre d'équations en y appliquant la méthode dont M. Laplace s'est servi en 1773 pour intégrer les équations linéaires du premier degré aux différences partielles ; méthode qui dépend elle-même d'une équation aux différences mêlées remarquée par M. Parseval, qui en a donné le développement ».

Gratien de Semur dit qu'il avait annoncé l'existence et la position de Pallas : Parseval-Deschênes « plus de dix ans avant la découverte de la Pallas [sic, donc en 1792 ou avant] avait annoncé l'apparition de cette planète [l'astéroïde Pallas] d'après la constante étude qu'il faisait de la région céleste, où elle se montra en effet à l'époque qu'il lui assignait[8] ».

Vieillesse[modifier | modifier le code]

« Après la mort de l'illustre Lagrange, auquel il servait de collaborateur bénévole dans la solution de ses problèmes transcendants, Parseval-Deschênes […] renonc[e] à ses travaux mathématiques[8] » ; il se consacre à l'étude des fourmis. Gratien de Semur le met en scène décrivant deux de ces insectes se servant ensemble d'un brin d'herbe pour faire passer un monticule à un fardeau : « À la fin de son récit, Parseval-Deschênes se frottait les mains ; il trépignait d'aise et il ajoutait avec une expression de physionomie dont nous ne saurions donner une idée : « Ai-je bien fait de renoncer aux mathématiques ?… Les fourmis connaissent le levier d'Archimède » ».

Parseval des Chênes meurt à 81 ans. Il était le père d'un officier de marine distingué[3].

Travaux[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une ruelle y porte maintenant son nom : page du site de la famille de Parseval. Aussi : carte.
  2. a et b Encyclopædia Universalis.
  3. a et b « Parseval Deschesnes », dans C. Bailly de Merlieux et A. Jullien (dir.), Mémorial encyclopédique et progressif des connaissances humaines, t. 6, 1836 p. 563. Dans ce court article on écrit qu'il était « ce que les Anglais appellent un excentrique ». Note de Wikipédia.
  4. Charles de Lacretelle, Histoire du Consulat et de l'Empire, vol. 5, Paris, Librairie d'Amyot, 1848, p. 25.
  5. Dans Mémoires présentés à l'Institut des Sciences, Lettres et Arts, par divers savants, et lus dans ses assemblées. Sciences mathématiques et physiques.
  6. Traité des différences et des séries, Duprat, 1800, p. 377 et p. 513.
  7. « [H]e never tried to find a general expression for the series coefficients ; and hence he did not contribute directly to the theory of Fourier series » : Kennedy, p. 21.
  8. a et b Gratien de Semur, Traité des erreurs et des préjugés, Levavasseur, 1843, p. 70.

Liens externes[modifier | modifier le code]