Marc'O

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Marc'O
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Marc'O à La Rochelle en 2006

Nom de naissance Marc-Gilbert Guillaumin
Surnom Marc'O
Naissance (90 ans)
Clermont-Ferrand
Nationalité Drapeau : France Français
Profession metteur en scène, dramaturge, cinéaste

Marc-Gilbert Guillaumin dit Marc'O (graphie originelle Marc,O[1]) est un écrivain, chercheur, metteur en scène, dramaturge et cinéaste français né le à Clermont-Ferrand.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Jeune résistant et maquisard en Auvergne, blessé à 15 ans, Marc-Gilbert Guillaumin monte très jeune à Paris.

Il anime avec Boris Vian les soirées du Tabou, fréquente André Breton et le mouvement lettriste (Isidore Isou, Guy Debord, Gil J Wolman, François Dufrêne…) de 1950 à 1953. Il produit le Traité de bave et d'éternité, film d'Isidore Isou[2] en 1951. Il édite et dirige les revues lettristes Le Soulèvement de la jeunesse et Ion, puis réalise son premier long métrage Closed vision, présenté à Cannes, en 1954, par Jean Cocteau[3] et Luis Buñuel. C'est au sein de l'unique numéro de Ion, sorti en avril 1952 (qui publia, entre autres, les scénarios des films L'Anticoncept de Gil J Wolman et Hurlements en faveur de Sade de Guy Debord), qu'il expose sa théorie sur le « cinéma nucléaire ».

Après avoir réalisé le film Closed vision[4], Marc'O se tourne vers le théâtre.

Phénomène assez particulier dans les années 1960, « le théâtre de Marc'O » commence par une réflexion sur le rôle de l'acteur. Sauf rares exceptions, le théâtre occidental repose encore, à la fin des années 1950, sur la littérature, c'est-à-dire sur des textes que les comédiens, à partir des indications d'un metteur en scène, transforment en représentation théâtrale. Même très brillant, le comédien est simplement l'exécutant (on dit à l'époque : le serviteur), il n'est jamais considéré comme un créateur (15 années plus tard Marc'O verra une similitude entre ce « comédien interprète » et le travailleur taylorisé enserré dans une chaîne de production qui réclame l'exécution précise de tâches sans aucune autre sorte de participation). Le « comédien interprète » représentera, tout le long de la chaîne de production, cet « employé » de l'époque).

Marc'O développe son travail dans ce sens : transformer le comédien en acteur/créateur, non seulement à travers une vision théorique et critique de ce problème mais à travers une pratique qui fait appel à des méthodes, des techniques, des moyens très concrets. Plusieurs pièces qu'il écrit et met en scène témoigneront de ses idées. Son travail se fonde, en première instance, sur les possibilités créatives propres aux acteurs et à leur capacité interactive dans une équipe, ouverte. La création, c'est en somme la mise en place d'un espace, de dynamiques, de techniques de créativité. Il publie, quelques années plus tard, cette théorie sur l'acteur dans son livre Théâtralité et Musique [5].

Il fonde et il dirige, pendant 7 ans, l'école de théâtre de l'American Center du boulevard Raspail à Paris, la transformant progressivement en une pépinière d'acteurs aujourd'hui reconnus : Marpessa Dawn, Bulle Ogier[6], Jean-Pierre Kalfon, Pierre Clémenti, Valérie Lagrange, Jacques Higelin, Elisabeth Wiener, etc. En 20 ans, il écrit et met en scène une quinzaine de pièces de théâtre associant la musique et le jeu de l’acteur, qui marquent fortement le théâtre français des années 1960 à 1970. Introduisant la musique comme composante fondamentale de l'expression théâtrale, il invente ce qu'aujourd'hui on appelle le Théâtre musical[7].

En 1966, sa pièce musicale Les Idoles connaît un grand succès salué auprès de la critique et du public. Il en tire, un an plus tard, un film du même nom qui réunit Jean Eustache au montage, André Téchiné comme assistant, Bulle Ogier et Pierre Clémenti, Jean-Pierre Kalfon comme acteurs. Le film, tourbillon critique contre l’arrivée de l’idolâtrie yéyé, est aujourd’hui un film culte et la référence d’un cinéma « d’un autre type ».

Marc'O ensuite marque un arrêt temporaire de son activité théâtrale. Il se rend en Italie où, à Rome, il tourne plusieurs longs et courts-métrages, dont le long-métrage De l’impossibilité de jouer Electra aujourd’hui. En 1967, appuyé par des intellectuels italiens, il mène des activités théâtrales avec la population de la ville de Reggio Emilia contre la guerre au Vietnam débouchant sur l’événement dramatique « Guerra e Consumi » qui déclenche la première occupation du théâtre municipal de la ville, six mois avant celle du théâtre de l’Odéon à Paris, en mai 68.

En 1972, il tourne, au Maroc, le long-métrage Tam Out avec Dominique Issermann, lors du dernier festival des danses africaines à Marrakech.

En 1978, il réalise pour le service recherche de l'INA l'opéra rock Flash Rouge (avec la collaboration de Geneviève Hervé pour le traitement de l'image) avec la jeune Catherine Ringer, ainsi qu’une série d'œuvres picturales en Nouvelle Image, d’où sera tiré, en 2008, le film Poiëtica. Il écrit ensuite pour l’INA l’étude Les Conditions du visible.

Le projet Pixigraf sur le développement des nouvelles technologies de l'image en France, voit le jour, en 1982, à la suite de plusieurs rencontres entre Marc’O et le président de la République François Mitterrand.

Toujours en 1982, il entreprend, en Italie, une collaboration avec Cristina Bertelli, avec une série d'expositions et de conférences sur ses œuvres en Nouvelle Image dans plusieurs villes et musées italiens ainsi que l’édition d’une œuvre de textes et d’images traitées analogiquement en Nouvelle Image L’Impossibile e tuttavia. Cristina Bertelli développe alors, à travers les médias italiens, une réflexion sur les usages artistiques des nouvelles technologies de l'image. Dans la continuité de cette réflexion, Marc’O réalise pour la télévision de Reggio Emilia le film-vidéo L’Adolescenza dell’arte, autour du jeu de l’acteur.

Tout le mois de février 1985, le Centre Pompidou expose les œuvres de Marc'O en Nouvelle Image, sur le thème de « l'image 3D, problèmes artistiques et technologiques à partir du tableau La Vocation de saint Mathieu du Caravage », un spectacle audiovisuel sur plusieurs écrans d'œuvres photographiques en multivision accompagné d'une vidéo.

À la suite de l'étude de Marc’O Mutation Industrielle, une nouvelle culture ? Le Problème de l’audiovisuel faite pour la région Toscane, le groupe d'État italien ENI demande, en 1988, à Marc'O et Bertelli de réaménager le département audiovisuel de l’agence de presse italienne AGI (Agenzia Giornalistica Italia). Ils conçoivent un projet qui associe l'AGI à l'Unesco, pour la réalisation d'un magazine audiovisuel Orient/Occident, entrant dans le cadre du programme majeur de l'Unesco pour la décennie 1980, Les Routes de la soie. Le but est de rendre compte de l'état culturel, social, économique des 27 pays traversés par cette route, de la France à la Chine. Ils développent ce projet audiovisuel jusqu’en août 1990.

En juin 1991[8], de retour en France, Marc’O présente, à l'Élysée Montmartre et au Théâtre de l’Européen, sa pièce Génération Chaos 1 - avant la chute du mur[9] avec trois nouveaux acteurs/chanteurs : Yovan Gilles, Federica Bertelli et Jérémie Prophet.

Il poursuit ses travaux dans différents domaines tant au plan théorique que pratique faisant appel à des méthodes et à des techniques dont il est le fondateur. Avec la « théâtralité »[10], en particulier, il étudie ce qui différencie un acteur d'un interprète dans les espaces du travail et du social, fondant, en 1992, à Paris, avec Cristina Bertelli le Laboratoire d’Études Pratiques sur le Changement, lieu de recherche et de formation, au sein duquel sont nés le groupe d'action artistique Génération Chaos – reprenant ainsi le nom de la pièce de 1991 - et, dès 1993, la revue Les périphériques vous parlent[11]. Pendant une dizaine d’années, Marc’O écrit et met en scène 5 pièces de théâtre musical avec Génération Chaos[12] avec la direction musicale de Jean-Charles François.

Depuis 2003, il continue sa collaboration avec Les périphériques vous parlent (association STAR) autour des pratiques de la créativité. Cette collaboration donne lieu à de nombreux articles, à l’édition de deux livres : L’Impossible et pourtant et Théâtralité et Musique, ainsi qu’à l’édition de la seule pièce qu’il accepte de publier, L'Autre côté des merveilles, en 2011. Il y réalise aussi de nombreuses vidéos retraçant son travail sur le jeu de l’acteur avec Génération Chaos.

En 2013, il réalise une vidéo de la pièce Citoyens en France, en 2014 le film Utopia avec Édouard Glissant, et, en 2015, le court-métrage Mais comment exprimer mon désarroi, une œuvre poétique dénonçant la toxicité environnementale.

En 2017, la Cinémathèque de Paris organise dans le cadre de la programmation régulière Cinéma d'Avant-garde, une rétrospective dédiée à Marc'O. La projection d'au moins 9 de ses films est programmée au cours des mois de mars, avril et mai. En sa présence ainsi que celle de plusieurs de ses collaborateurs, complices et amis, cet événement est un hommage à son œuvre cinématographique à son travail sur le jeu de l'acteur ainsi qu'à sa contribution à la nouvelle-vague qui le rend incontournable.

Le 24 mars 2017, TV5 programme la projection du film Les Idoles à l'Unesco dans le cadre de l’organisation par l’Unesco de la semaine de la presse et des médias à destination à destination de la presse et de l’ensemble des membres et délégations associées. La journée du 24 mars est consacrée à la francophonie. TV5 programme le film Les Idoles du fait du caractère transgressif à l'époque de sa sortie (censurée en 68) et avant-gardiste dans sa vision de ce qui deviendra aujourd'hui la « télé réalité ».

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • 1954 : Closed vision (long métrage)[13] 2010 : sortie en DVD du film (Les périphériques vous parlent).
  • 1958 : Voyage au bout de mon rêve (court métrage)
  • 1967 : Les Idoles (long métrage tiré de sa pièce) – reprise 2004. Octobre 2016, sortie en DVD du film (chez Luna Park Films)[1].
  • 1970 : Tam Out (long métrage documentaire)

Vidéo[modifier | modifier le code]

En Nouvelle Image[modifier | modifier le code]

  • 1978 : Flashes Rouges, avec la collaboration de Geneviève Hervé pour le traitement de l'image, opéra rock avec Catherine Ringer Prix de la meilleure émission de l'année 1979 sur Antenne 2, émission Chorus animée par Antoine de Caunes.
  • 1980 : La Nef des fous et Notre cuisine Japonaise, avec la collaboration de Geneviève Hervé pour le traitement de l'image Festival de Cannes section vidéo, Forum de la Nouvelle Image de Monte Carlo…
  • 1984 : Vidéo et multivision La Vocation de saint Matthieu Centre Pompidou, Galerie d’art moderne de Bologne, RAI 2…
  • 2008 : Poïética de Cristina Bertelli, avec traitement de l'image et montage de Marc'O, Veneris dies de Federica Bertelli avec textes et dessins de Marc'O. Ces deux œuvres sont éditées dans le DVD Les Conditions du visible[14].

Vidéo[modifier | modifier le code]

  • 1985 : L’Adolescenza dell’arte, vidéo sur le jeu de l’acteur
  • 2013 : vidéo de la pièce Citoyens en France
  • 2014 : Utopia avec Édouard Glissant
  • 2015 : court-métrage Mais comment manifester mon désarroi œuvre poétique dénonçant la toxicité environnementale.

Production[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1959-1961 : Mise en scène L'Hôtel de la nuit qui tombe (de Nanos Valaoritis avec Marpessa Dawn) et Le Triomphe de l’amour (Marivaux)
Écriture et direction du ballet La Sorcière
Directeur du département Théâtre de l'American Center de Paris jusqu’en 1964 (recherches sur de nouveaux modes de jeu de l'acteur)
  • 1962 : Auteur et metteur en scène de L'Entreprise
Mise en scène de l'Opéra de Gluck L'Ivrogne corrigé et de Pierrot lunaire (Schönberg avec Michel Portal, direction musicale Keith Humble)
Mise en scène de La Barre (Geneviève Hervé)
  • 1978 : Écriture (avec Geneviève Hervé en tant qu'assistante), musique de Stéphane Vilar et mise en scène de l'opéra rock Flashes rouges (premier rôle : Catherine Ringer)
  • 1991 : Écriture et mise en scène Génération Chaos 1 avant la Chute du Mur
  • 1994-1996 : Écriture et mise en scène de la pièce musicale Génération Chaos 2 composée de plusieurs pièces : Les Nœuds, Sensibilité aux conditions initiales et L’Énigme de l’oracle (Direction musicale Jean-Charles François)
  • 1997-1999 : Écriture et mise en scène de la pièce musicale et théâtrale Génération Chaos 3 composée des pièces : Citoyens en France, Les États du devenir et Philosophes debout (Direction musicale de Jean-Charles François)
  • 2001 : Mise en scène de la pièce musicale Les Barbares arrivent avec gourmandise

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1954 : Revue Le Soulèvement de la jeunesse
  • 1952 : Revue Ion (rééditée en fac-similé en 1999 chez Jean-Paul Rocher éditeur)
  • 1984 : L’Impossibile e tuttavia (Éditions Nuovi Strumenti)
  • 1981 : Les Conditions du visible (Ina)
  • 1985 : Mutation industrielle : une nouvelle culture ? Le Problème de l’audiovisuel (Région Toscane)
  • 1992 : L’Unité des différences
  • 1994 : Théâtralité et musique (Les périphériques vous parlent)
  • 1999 : L’Ange Vin : démons et merveilles du vin article dans une œuvre collective (Éditions Jean-Paul Rocher)
  • 2011 : De l'autre côté des merveilles seule pièce publiée de Marc'O (Éditions Les périphériques vous parlent)
  • Nombreux articles dans Les périphériques vous parlent dont un article sonore dans le numéro Web 30 : Les Conditions du lisible.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. Guy Debord, Correspondance, vol. 7, p. 83 et sommaire du numéro unique de la revue Ion, avril 1952
  2. Programme de la soirée lettriste à Nice dans le cadre du festival du Peu, 25 juin 2015.
  3. Discours de présentation de Jean Cocteau du film Closed Vision de Marc'O, festival de Cannes, 1954.
  4. Ovnis et beautés surréalistes - Deux étrangetés cinématographiques : L'Invention du monde et Closed vision, Jean-Luc Douin, Le Monde, 29 janvier 2011.
  5. Théâtralité et Musique, Marc'O, avril 1994, éditions Les périphériques vous parlent (ISSN 1168-7282).
  6. Biographie de Bulle Ogier sur le site cinemapassion.com 16 septembre 2015.
  7. Extrait Les Débuts du théâtre musical d'avant-garde en Italie, Evangelisti Berio, … Giordano Ferrari, L'Harmattan, 2001.
  8. Le retour de Marc'O, article de Colette Godard, Le Monde, 25 juin 1991.
  9. [Le retour du cas Marc'O, article de Michel Cressole, Libération, 28 juin 1991.]
  10. Faire exploser la société française », article de Gilles Costaz, Le Monde diplomatique, juillet 1996.
  11. Marc'O et les siens réinventent un nouveau théâtre politique, article de Jean-Pierre Thibaudat et Weronika Zarachowicz, Libération, 2 juin 1995.
  12. Ce n'est qu'un prétexte, continuons le combat, article de Didier Tellier, Le Soir, 5 mai 1994.
  13. (fr)[PDF]« Closed Vision (Soixante minutes de la vie intérieure d’un homme) », sur www.cinematheque.fr (consulté le 16 septembre 2010)
  14. Édité par « Les périphériques vous parlent » et « Choses vues ».

Liens externes[modifier | modifier le code]