Marainville-sur-Madon

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Marainville-sur-Madon
Vue du village.
Vue du village.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Épinal
Canton Charmes
Intercommunalité communauté de communes de Mirecourt Dompaire
Maire
Mandat
Anne Simonin
2014-2020
Code postal 88130
Code commune 88286
Démographie
Population
municipale
93 hab. (2014)
Densité 19 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 23′ 55″ nord, 6° 10′ 12″ est
Altitude 300 m (min. : 247 m) (max. : 307 m)
Superficie 4,88 km2
Localisation

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Marainville-sur-Madon

Marainville-sur-Madon est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Marainville est la dernière commune vosgienne traversée par le Madon avant que celui-ci pénètre en Meurthe-et-Moselle. Son territoire est voué à l'agriculture et ne possède pas de forêt.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Période de l'Ancien Régime
  • Le nom du village est attesté dès 1402 sous la forme latine de Mareinvilla.
  • En 1608, la seigneurie de Marainville est donnée par le duc de Lorraine à Nicolas de Gleisenove, en échange des fiefs et des « coppels » de Charmes ; Nicolas de Gleisenove fait construire le château de Marainville.
  • La paroisse[1] relève du bailliage de Mirecourt ; du point de vue religieux, elle dépend de l’abbaye Notre-Dame-de-l'Assomption de Flabémont.
  • le 29 juillet 1728, la « terre et seigneurie » de Marainville est érigée en comté en faveur de Charles-Antoine Royer (mort en 1731), dont la fille Charlotte est l'épouse de Julien Loquet-de-Granville[2]. Vers 1750, le comté passe à Charles-Joseph de Rutant, époux de Marguerite Loquet-de-Granville[3]. Après la mort de Charles-Joseph (vers 1780), la seigneurie est vendue au comte d'origine polonaise Michał Pac, qui la revend vers 1785.
  • La Franc-maçonnerie à Marainville a été très active au XVIIIe siècle. Le comte Julien Locquet-de-Granville était franc-maçon à la loge de Lunéville et son épouse, Elisabeth Charlotte Léopoldine Royer bien que non maçonne[4] était considérée comme telle par les maçons parisiens qui l'appelaient " notre chère free massone"[5]. Leur gendre, le comte Charles-Joseph de Rutant était aussi un franc-maçon avéré, mais membre de la loge maçonnique de Mirecourt.
  • 1771 est l'année de la naissance à Marainville de Nicolas Chopin, père du compositeur et pianiste Frédéric Chopin.
Marainville depuis la Révolution
  • En 1790, la commune[6] de Marainville fait partie du canton et du district de Mirecourt.
  • En 1801, elle est transférée au canton de Charmes.
  • Par décret du 15 novembre 1932, Marainville prend le nom de Marainville-sur-Madon.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
juin 1995 mars 2001 Jacques Clément    
mars 2001 mars 2008 Maryse Ohnenstetter UDF  
mars 2008 en cours
(au 18 février 2015)
Anne Simonin    

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[7]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[8],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 93 habitants, en augmentation de 8,14 % par rapport à 2009 (Vosges : -1,78 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
274 249 261 256 280 284 258 237 217
1861 1866 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
203 199 185 186 188 160 136 136 141
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
127 108 115 107 105 89 87 90 96
1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014 - -
81 68 76 85 86 86 93 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[10].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Martin.
Le château d'eau.
  • Une tombe à char sous tumulus datant du VIIe siècle av. J.-C., découverte en 1977 et fouillée entre 1986 et 1988, a livré un mobilier d'un grand intérêt[11]. Elle est sans doute liée au site fortifié de Saxon-Sion en Meurthe-et-Moselle[12].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Nicolas Chopin (1771-1844)

Le père de Frédéric Chopin est né à Marainville le 15 avril 1771[13], fils de François, charron, et de Marguerite Deflin (1736-1794).

François Chopin (1738-1814) est, dans les années 1770-1780, syndic de la paroisse et se trouve de ce fait en contact avec le seigneur de l'époque, Michel Jean Pac, un noble polonais du grand-duché de Lituanie, et surtout avec son intendant, Adam Weydlich, lui aussi Polonais[14]. En 1787, après la mort de Michel Pac, la seigneurie de Marainville est revendue ; la famille Weydlich repart en Pologne, emmenant avec elle Nicolas Chopin, qui se fixe définitivement dans ce pays et s'y marie en 1806 ; Frédéric Chopin naît en 1810.

En Pologne, Nicolas Chopin indiquait en général, comme lieu de naissance : « aux environs de Nancy »[15], mais son dossier administratif de professeur, retrouvé en 1923, indique bien « Marainville » (à la suite de quoi son acte de baptême a été à son tour retrouvé et publié en 1926). Il n'a, semble-t-il, pas maintenu de liens avec sa famille ; le seul document retrouvé est une lettre de 1790[16]. Il n'a pas été partie prenante de la succession de son père en 1814[17]. Il ne semble pas que Frédéric Chopin, qui a vécu en France de 1831 à sa mort, ait su qu'il avait deux tantes à Marainville.

La maison natale de Nicolas Chopin n'est pas celle qui a été détruite en 1982[18] par un agriculteur, mais la maison mitoyenne, celle des beaux-parents[19]. L'association « Les amis de Nicolas Chopin » de Marainville et le centre de recherche culturel Chopin[20] de Charmes organisent régulièrement des concerts et des conférences sur Chopin.

Michel Jean Pac (Michał Jan Pac[21], 1730-1787)

Cet aristocrate polonais est issu d'une très grande famille de Lituanie. Lui-même a été chambellan du roi de Pologne Auguste III (1734-1763), puis sous le règne de Stanislas II Auguste, un des chefs de la rébellion de 1768 (« Confédération de Bar »). Il vient en France à la suite de l'échec de cette aventure. Il acquiert le château de Marainville en 1780 et le revend en 1785[22]. Il est apparenté[23] à Louis Michel Pac (Michał Ludwik Pac, 1778-1835), né en France, général dans les armées napoléoniennes.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
De gueules à la roue de chariot d'or accostée de deux clefs de sol d'argent, au chef triangulaitre ondé et soutenu d'argent, chargé d'une croisette fleuronnée d'or.
Commentaires : La croix fleuronnée est celle des Gleissnove, seigneur du lieu. La roue est celle d'un char découvert sous un tumulus à Marainville sur Madon en 1980. Les clefs de sol évoquent Frédéric Chopin dont le père était natif du village. Armoiries composées par R.A. Louis et B. Georgin et mises à disposition de la commune en octobre 2014[24].

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie sur Chopin et sur la franc-maçonnerie à Marainville[modifier | modifier le code]

Toutes les biographies de Frédéric Chopin comportent un aperçu plus ou moins détaillé des origines lorraines de son père, notamment :

  • Marie-Paule Rambeau, Chopin : l'enchanteur autoritaire, Paris Budapest Torino, L'Harmattan, coll. « Univers musical », , 957 p. (ISBN 978-2-747-58788-4), chap. 1
  • Tadeusz A Zieliński (trad. Marie Bouvard, Laurence Dyèvre, Blaise et Krystyna de Obaldia), Frédéric Chopin [« Chopin : życie i droga twórcza »], Paris, Fayard, (ISBN 978-2-213-59352-4, notice BnF no FRBNF36958592)

Les ouvrages les plus importants sont ceux de Gabriel Ladaique, professeur d'université, par ailleurs vice-président du Centre culturel Chopin de Charmes :

  • Les Ancêtres paternels de Frédéric Chopin, thèse d'État sous la direction de Danièle Pistone (Université Paris IV, 1986), Lille, Atelier national Reproduction des thèses, 1987 (ISBN 2-905-05341-0)
  • Les Origines lorraines de Frédéric Chopin, Sarreguemines, Pierron Éditions, 1999 (ISBN 2-708-50208-5)
  • Chopin et sa filiation française, 2011 (édité par l'auteur)
  • Chollet Jack. La Franc-maçonnerie à Mirecourt du XVIIIe siècle à nos jours. Editions Gérard Louis, Haroué, 2013.
  • Chollet Jack et Andriot Cédric, Les Mystères de la Franc-maçonnerie à Lunéville. Editions Gérard Louis, Haroué, 2016.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Il n'y a pas de « communes » à cette époque ; les paroisses servent aussi de circonscription administrative de base, par exemple pour les impôts direct.
  2. Cf. Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la… - François-Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois, Badier - Google Livres
  3. Cf. Charles Joseph DE RUTANT - Essai de Généalogie, par Alain GARRIC - GeneaNet
  4. ANDRIOT Cédric et CHOLLET Jack, Les Mystères de la Franc- Maçonnerie à Lunéville, Haroué 54740, Gérard LOUIS, (ISBN 978-2-35763-098-7)
  5. CHOLLET Jack, La Franc-Maçonnerie à Mirecourt du XVIIIe siècle à nos jours, Haroué (54740), Gérard Louis, , 293 p. p. (ISBN 978-2-35763-046-8)
  6. Les communes, cantons, districts et départements sont créés fin 1789 par l'Assemblée constituante
  7. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  8. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  9. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  10. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  11. La tombe à char de Marainville-sur-Madon
  12. Venceslas Kruta, Les Celtes, histoire et dictionnaires, collection Bouquins, Robert Laffont, 2005
  13. Acte de baptême (16 avril) de Nicolas Chopin, disponible en ligne : Archives départementales des Vosges (AD 88), Marainville-sur-Madon, 1771, reg. paroissiaux, baptêmes, vue 25/31. La mention en marge indique « François » au lieu de « Nicolas ».
  14. Weydlich, marié à Françoise Schelling, a un fils, Michel Joseph, qui naît à Maraiville le 29 juillet 1783. Cf. AD 88, Marainville, 1783, reg. paroissiaux, baptêmes, vue 23/36.
  15. Cf. son oraison funèbre par Jan Dekert, un de ses anciens élèves, citée par Rambeau, ch. 1, note 5.
  16. Actuellement à la BnF. Cf. Ziélinski, qui la cite intégralement.
  17. Rambeau, p. 17.
  18. Vieilles Maisons Françaises, no 109, septembre-octobre 1985, page 69
  19. http://histoirepatrimoinebleurvillois.hautetfort.com/archive/2013/11/23/marainville-sur-madon-88-la-maison-chopin-retrouvee-5222328.html Est Républicain du 11 novembre 2013
  20. Centre de Recherche Culturel Chopin
  21. Cf. page polonaise Michał Jan Pac (pl) et page anglaise Michał Jan Pac (en).
  22. Cf. exposition du Centre Chopin de Charmes
  23. Mais il n'est pas son père.
  24. [1]