María (roman)

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María (roman)
Auteur Jorge Isaacs
Pays Drapeau de la Colombie Colombie
Genre Roman
Version originale
Langue Espagnol
Titre María
Date de parution 1867

María est un roman de langue espagnole, écrit par le romancier et poète et journaliste colombien Jorge Isaacs. Il commence à écrire les premiers chapitres du roman María en 1864 dans un campement appelé La Víbora (La Vipère) et situé sur les rives du río Dagua. Il finit l'écriture de son roman un an après[1] dans la maison paternelle située dans le quartier El Peñón à Cali [2] et achetée le [3]. Le texte de cette première édition est d'abord corrigé à Cali par son frère Alcides qui est professeur de grammaire, avant d'être envoyé à Bogotá pour être relu par José María Vergara y Vergara, Ricardo Carrasquilla, Ricardo Silva et José Manuel Marroquín. María est publié pour la première fois en mai 1867 à l'imprimerie de José Benito Gaitán et est tiré à 800 exemplaires, se vendant au prix de 1,60 $[A 1],[4]. Bien que ce soit un échec au niveau économique, Jorge Isaacs ne recevant que 200 pesos pour les 200 exemplaires vendus, le livre est un succès littéraire, José Joaquín Ortiz déclarant dans le journal La Caridad, lecturas del hogar que les vers de ce volume « furent accueillis avec un rare enthousiasme ». En 1869, la deuxième édition, corrigée par Miguel Antonio Caro, est réalisée à l'imprimerie de Medardo Rivas[B 1]. Dans cette nouvelle mouture, Isaacs décide notamment d'augmenter de deux ans l'âge de María[A 1]. Le succès de María est rapide. En effet, la première édition de cette œuvre apparaît en 1870 au Mexique, en 1874 en France, en 1882 en Espagne et en 1890 aux États-Unis[5].

Couverture du roman María incluant un prologue de José María de Pereda (1899).

Le seul roman de Jorge Isaacs, María (publié en 1867), est devenu une des œuvres les plus notables du romantisme de la littérature espagnole. Considéré comme un des chefs-d'œuvre de la littérature hispano-américaine, María raconte plusieurs histoires d'amour impossibles, les personnages appartenant à des classes sociales ou ethnies différentes, et notamment celle entre Efraín et sa cousine María[6]. Alors que le jeune homme doit quitter son village du Cauca afin de poursuivre des études à Bogotá, il y laisse María qui est folle amoureuse de lui. Ils se revoient 6 ans plus tard, éprouvant toujours les mêmes sentiments l'un envers l'autre, mais Efraín doit de nouveau partir pour terminer ses études à Londres. À son retour, deux ans plus tard, il apprend par sa sœur Emma que María est morte durant son absence. Efraín demeurera inconsolable, pleurant sur la tombe de sa bien-aimée.

En 1920, à la suite de la publication complète des poésies de Jorge Isaacs par la maison d'édition Maucci à Barcelone, Baldomero Sanín Cano écrit un prologue sur María. Il rapproche l'œuvre de l'auteur colombien aux principaux courants du naturalisme et du romantisme européen, percevant dans ce roman l'influence des écrivains français Jean-Jacques Rousseau et François-René de Chateaubriand[D 1]. En 1946, l'écrivain et critique littéraire colombien Antonio Gómez Restrepo écrit sur le roman de Jorge Isaacs : « C'est le livre colombien le plus diffusé dans le monde; il a souvent été réimprimé en Colombie et dans d'autres pays où on parle l'espagnol. Il a été traduit en plusieurs langues[7]. »

Le roman María, composé de 65 chapitres, se base sur diverses expériences autobiographiques de Jorge Isaacs. En effet, comme l'auteur du roman, Efraín doit quitter son village du Cauca pour poursuivre des études à Bogotá. Il essaie également d'apprendre la médecine, écrit des poésie et travaille dans une hacienda[8]. Cependant, l'écrivain ne parle pas de sa vie politique agitée alors que les autres expériences significatives de sa vie sont transférées à son personnage Efraín[9].

Au-delà de l'intrigue sentimentale de María, Jorge Isaacs raconte également la vie dans les plantations de la vallée du Cauca, fait découvrir différentes scènes locales telles que la chasse au tigre ou le travail de la canne ainsi qu'une société féodale et esclavagiste se voyant heureuse, avec des rapports sains entre les maîtres et leurs esclaves[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Ouvrages utilisés[modifier | modifier le code]

  • (es) Jorge Isaacs (auteur) et Flor María Rodríguez-Arenas (rédacteur), María, Stockcero, , 344 p. (ISBN 9781934768181)
  1. a et b p. x.
  • (es) José Eduardo Rueda Enciso, « Esbozo biográfico de Jorge Isaacs », Revista CS, no 4,‎ , p. 21-54 (ISSN 2011-0324, lire en ligne)
  1. p. 30.
  1. p. 328.

Autres références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Ricardo Rodríguez Morales, « Jorge Isaacs (1837-1895) », Credencial Historia (édition n°64), (consulté le 15 septembre 2011)
  2. (es) José Eduardo Rueda Enciso, Boletín de Antropología, vol. 21, Medellín, Université d'Antioquia, (ISSN 0120-2510, lire en ligne), « Jorge Isaacs: de la literatura a la etnología », p. 340
  3. (es) Edgar Vásquez Benítez, Historia de Cali en el siglo 20: sociedad, economía, cultura y espacio, Université de Valle, , 318 p. (ISBN 9789583329043), p. 134
  4. (es) María Teresa Cristina Z., « Jorge Isaacs: Biografía », Bibliothèque Luis Ángel Arango (consulté le 17 septembre 2011)
  5. (es) « La literatura fue su redención », El Tiempo, (consulté le 17 septembre 2011)
  6. Nicolas Balutet, Histoire de la Littérature Latino-américaine, Confluences & Traverses, , 66 p. (ISBN 9782953028010), p. 15
  7. (es) Daniel Samper Pizano, « 1867: un año maravilloso para la literatura colombiana », El Tiempo, (consulté le 21 septembre 2011)
  8. (es) Benito Varela Jácome, « Introducción à María, de Jorge Isaacs », Biblioteca Virtual Miguel de Cervantes, (consulté le 26 septembre 2011)
  9. (es) « Prólogo de María », Bibliothèque Luis Ángel Arango, (consulté le 26 septembre 2011)
  10. Noël Salomon, Actes Du VI Congres National Des Hispanistes français, Presses Univ. Franche-Comté, , « Nation et littérature en Amérique hispanique de 1810 à 1880-1890 », p. 45-58

Annexes[modifier | modifier le code]

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