Manoir de Chandoiseau

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Manoir de Chandoiseau
Image illustrative de l’article Manoir de Chandoiseau
Manoir de Chandoiseau, pignon Ouest
Période ou style Fin Moyen Âge - début Renaissance
Type Manoir
Début construction XIe siècle
Fin construction XVe siècle
Propriétaire initial familles Odart - Sainte-Marthe
Propriétaire actuel Antoine Richard
Protection  Inscrit MH (1929)
Coordonnées 47° 05′ 02″ nord, 0° 02′ 48″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Poitou
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Vienne
Commune Les Trois-Moutiers

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Manoir de Chandoiseau

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Manoir de Chandoiseau


Le manoir de Chandoiseau ou anciennement Chant d'oiseau ou Champdoiseau est un édifice situé dans la commune française des Trois-Moutiers, (département de la Vienne). Il a longtemps appartenu à la famille de Sainte-Marthe après les familles Odart et Corguilleray.

Le manoir actuel a été construit au cours du XVe siècle. Il remplaçait une précédente construction datant sans doute du XIe siècle. Il est inscrit aux monuments historiques le .

Historique[modifier | modifier le code]

Les premiers propriétaires totalement identifiés sont les Odart. Ils étaient issus d’une famille d’ancienne chevalerie originaire du Loudunais où ils occupaient le premier rang dès le XIIe siècle. Une branche aînée possédait Verrière tandis qu’une autre demeurait à Chant d’Oiseau. La construction était à l’époque quadrangulaire, entourée d’un fossé, avec un puits central. Elle a été démolie au XVe siècle et les matériaux ont pour partie servi à l’édification des bâtiments existants dont il ne subsiste que le corps de logis principal.

Un document daté de 1545 relatif à une procédure concernant une messe devant être servie dans la chapelle de Chandoiseau donne la première description connue des lieux : « Item : fait entendre que le seigneur de Chandoiseau, jadis, fonda une chapelle dans son logis renclos de fossés et d’eau et fortifié par pont et porte fermant jour et nuit »[1].

Architecture[modifier | modifier le code]

Construction du XVe siècle, le manoir se présente comme un quadrilatère accosté de deux tours. Celle située à l’angle sud-ouest, de plan circulaire, est couronnée d’une ligne de consoles, restes d’anciens mâchicoulis. Les trois niveaux inférieurs sont percés d’une baie moulurée éclairant des petites chambres à caractère privé. Les latrines, accolées à cette tour, ont été reconstituées en 2011, mais cette description ne correspond plus à la réalité d'aujourd'hui.

L’autre tour hexagonale, est placée au tiers de la façade orientale. Elle contient un escalier à vis qui dessert tous les étages. L’accès à cette tour se fait par une porte richement ornée. Son décor se compose de deux arcs en accolade surmontés de choux et d’un fleuron central ; ils sont encadrés d’un motif de candélabres. L’édifice comporte trois niveaux.

Côté cour, au rez-de-chaussée s’ouvrent de larges fenêtres à meneaux, alors qu’à l’opposé, il ne présentait originellement que de petites ouvertures carrées. La plupart de ces baies ont été remaniées. Le mode d’éclairage du premier étage détermine sa fonction d’espace noble. Il présente à l’est comme à l’ouest, des fenêtres à meneaux de tailles variées.

Propriétaires et occupants[modifier | modifier le code]

Famille Odart[modifier | modifier le code]

La lignée débute avec Emar Ier Odart[2], cité en novembre 1253 lors du don d’un fief par Alphonse comte de Poitiers. Le dernier représentant de la branche de Champdoiseau et le plus célébre est Jean Odart (né en 1375, mort en 1459 ou 1460). Il combattit les Anglais en Gascogne aux côtés du connétable d’Albret. Il fut ensuite conseiller et chambellan de Charles VII[3].

Jean Odart rendit hommage pour Chandoiseau à plusieurs reprises, notamment à Amboise Louis Vicomte de Thouars en 1448[4].

Sa fille unique Isabeau Odart (fille de Jean Odart, chevalier, seigneur de Champdoiseau et de Isabeau de Mangie, sa première épouse décédée avant 1423) épousa Raymond de Corguilleray.

D’après la tradition, Jeanne d’Arc, allant de Chinon à Poitiers, aurait passé une nuit à Chandoiseau, fin février 1429[5].

Famille Téligny[modifier | modifier le code]

Dans un acte de 1501[6] Charlotte de la Haye[7] est qualifiée de "Dame de Bournand et de Chandoiseau". Elle a épousé François de Téligny (ou Théligny)[8] dont elle est veuve dès 1522[9].

Son fils Louis né en 1512 épouse Arthuse Vernon de Montreuil.

De leur union naissent cinq enfants dont Charles de Téligny[10].

Famille de Sainte-Marthe[modifier | modifier le code]

Jacques de Sainte-Marthe,[11] (1517 -1587), seigneur de Champdoiseau, est le premier personnage de la famille de Sainte-Marthe à posséder Champdoiseau, peut-être à la suite de son mariage avec Renée Le Proust[12] en 1555. Docteur en médecine, médecin de Henri II, François II et Henri III, il fut enterré dans le chœur de l’abbaye de Fontevraud.

À la mort de Jacques de Sainte-Marthe, le manoir passa à Louis de Sainte-Marthe (1569-1640) [13], seigneur de Champdoiseau (né en 1565), avocat et homme de lettres, lieutenant général de la connétablie et maréchaussée de France, mort sans postérité à Paris en 1640, puis à son frère, François 1er de Sainte-Marthe [14] (1571-1641), seigneur de Champdoiseau, également avocat et homme de lettres, chef du conseil du cardinal de Richelieu[15], seigneur de Champdoiseau, (né en 1616 - fils du précédent), fut avocat au parlement et au grand conseil, fonction qu'il abandonna pour occuper peu de temps une charge de bailli à Loudun (1654), pour enfin se retirer assez tôt à Champdoiseau et y finir ses jours.

Il eut sept enfants, dont Gaucher-Louis de Sainte-Marthe (1647 -1700), militaire, et Denis de Sainte-Marthe, (1650-1725)[16], seigneur de Champdoiseau, religieux, homme de lettres, grand prieur de l'abbaye de Saint Denys (1717) et de Saint Germain des prés, puis supérieur général des bénédictins de Saint Maur (1720). Il mourut le 30 mars 1725 et fut inhumé dans le chœur de la grande chapelle de la vierge de l'église de l'abbaye de Saint Germain des prés. Seule la date de son décès fut gravée sur la pierre tombale.

Citons encore Claude de Sainte-Marthe (1620- 1690)[17], frère de François II et oncle de Denys (), qui après avoir vécu une grande partie de sa jeunesse à Chandoiseau, fut théologien, hommes de lettres, et confesseur de l’abbaye janséniste de Port-Royal (à la suite d'Antoine Arnaud d'Andilly),

Après le XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Cadastre Napoléonien
Cadastre Napoléonien

Avec Denis de Sainte-Marthe, la famille de Sainte-Marthe s’éteint et Champdoiseau sombre dans l’oubli. et devient une ferme rattachée au domaine voisin du château de la Mothe-Chandeniers

- 23 juillet 1630 : lettre patentes acquiesçant au rattachement au rattachement de la seigneurie de Chandoiseau (ainsi que d'autres) à la Motte-Champdenier (acte visé dans le document suivant d'octobre 1700)

- 1685 : achat de "La motte de Baussay ou Champdenier" par le "S. Lamoignon de Basville, conseiller d'état" - Vente sur saisie à la demande des créanciers de François de Rochechouart[18]

- 7 juillet 1689 : bail à ferme général de la Motte-de-Baussay[19] .

- 16 décembre 1719 et 6 novembre 1726 : baux à sous ferme de la maison, terre et seigneurie de Chandoiseau[20]

- 13 février 1809 : achat par M. François Hennecart et son épouse Augustine Vanot de la presque totalité de l'ancien marquisat de la Motte-Chandenier - Acte de Me Chodron et Le Pelletier, notaires à Paris[21].

- 16 février 1842 : bail par M. François Hennecart à M. Joseph Ferron fils et à son épouse ainsi qu'à M. Louis Boilêve et à son épouse née Marie Ferron[22] - 17 septembre 1846 : adjudication sur Licitation La Mothe-Chandenier[23].

Très peu entretenu, il a été quasiment laissé à l’abandon[24] jusqu’en 2006 où une profonde campagne de restauration a été entreprise par son nouveau propriétaire, Antoine Richard[25].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Claude Raymond, « Le Château de Chandoiseau »
  • Paul de Longuemare, Une famille d'auteurs aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles : Les Sainte-Marthe, Paris, Picard, (lire en ligne)
  • Louis Moreri, Grand Dictionnaire historique : Famille de Sainte-Marthe, vol. 9 (lire en ligne)
  • Bibliothèque historique et critique du Poitou, vol. 5, (lire en ligne), page 82-440
  • Jean-François Dreux du Radier, Histoire littéraire du Poitou, Niort, (notice BnF no FRBNF30354008, lire en ligne)
  • Léon Feugère, Étude sur Scèvole de Sainte-Marthe, Paris, Jules Delalaix, (notice BnF no FRBNF30432438, lire en ligne)
  • Louis Trinquant, Abrégé des antiquitez de loudun et païs du loudunois, Loudun, (lire en ligne)
  • Sommaire des moyens de messires Louis et François de Sainte-Marthe, (notice BnF no FRBNF36757279)
  • Généalogie de la maison de Sainte-Marthe - Manuscrit de l'institut de France : Rédaction datée de 1657, continuée par des notes et des additions, notamment de la main d'Abel III de Sainte-Marthe jusqu'en 1695. (lire en ligne)
  • Denys de Sainte-Marthe, Perpétuité de la foi de l'Église catholique sur l'Eucharistie, vol. 4, (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Ref AD 86IH1529 – Prieuré de Ste Christine à la Motte de Baucay vers 1545
  2. Emar 1er Odart ou Aimery - participe à la huitième croisade en 1272 Armorial général de Touraine : Aimery Odart
  3. Archives Historiques et généalogiques de la noblesse de France - P. Louis Lainé - Volume 10 - Famille Odart branche de Champ d'Oiseau,Recherches sur les établissements Hospitaliers du Loudunais - R. Drouault - Loudun, 1895
  4. Loudun 1448 - Jean Odart seigneur de Champ d'oiseau relève d'Amboise Louis Vicomte de Thouars (Châtellenie de Berrie). Nom Féodaux - Dom Betencourt 1868 - T1 page 14 et T3 page 165 (r.339 p. 30, 31; r.346 p. 42).
  5. Sur ce sujet très controversé du passage de Jeanne d'Arc à Chandoiseau : voir le point de vue exprimé sur montjoye.net [1].
  6. Histoire du Château de Bournand - P. Berton / T. Dereix de Laplane. P. 10 - AD 86 1 H 19.5
  7. Charlotte de la Haye : Fille de Louis de la Haye (1475) seigneur de Passavent et de Rénée de Vairie, dame d'Alincourt. Louis de la Haye lui-même fils de Luis de la Haye et de Marie d'Orléans Longueville (elle même fille de Dunois, bâtard d'Orleans)
  8. Francois de Téligny : Sénéchal de Rouergue, il prend part à la Bataille de Marignan en 1515,
  9. Histoire du Château de Bournand - P. Berton / T. Dereix de Laplane. P. 10 - AD 86 1 H 19.6 - 3 aout 1522
  10. Jules Delaborde, « Charles de Téligny », Bulletin historique et littéraire, Société de l'histoire du protestantisme français, 2e série, t. XXIII,‎ , p. 434-451 (lire en ligne)
  11. Un chapitre est consacré à Jacques de Sainte-Marthe dans l'ouvrage de P de Longuemare, Paris, Picard, 1902.consulter ce Chapitre
  12. Renée le Proust (1535-1608), fille de Jehan Le Proust de Niriau (1510-1583) médecin, dans le Loudunois. * Voir concernant la famille Le Proust : Famille Le Proust * 13 Mai 1596 - Déclaration pour la Frêche des Delhommeau à demoiselle Renée Le Proust, dame de la terre et seignererie de Chandoiseau (AD 86 IJ 1002 - Transcription P. Berton)
  13. Un chapitre est consacré à Louis et François (1er) de Sainte-Marthe dans l'ouvrage de P de Longuemare, Paris, Picard, 1902.consulter ce Chapitre
  14. Ouvrage de François de Sainte-Marthe.consulter cet ouvrage
  15. 1611 - Bibliothèque Nationale : "Sommaire des moyens de Maistres Loys et François de Sainte-Marthe, Advocats en la cour, seigneurs de Chandoiseau, au procès pendant en ladite cour entre lesdits Sainte Marthe, inthimez et opposans d'une part Et messire Jean l'Opiteau, appelant d'une sentence du sénéchal de Saumur ou son lieutenant du 26 jour de mars 1611 ..."* Un chapitre est consacré à François II de Sainte-Marthe et à ses enfants dans l'ouvrage de P de Longuemare, Paris, Picard, 1902.consulter ce Chapitre
  16. Denis de Sainte-Marthe - (Paris 24 mai 1650 - 30 mars 1725)* Portrait de Denys de Sainte-Marthe Portrait de Denys de Sainte-Marthe
  17. Claude de Sainte-Marthe : prêtre et confesseur de Port-Royal - essai biographique - Anna Catharina Marie Duinker - 1932. Voir également : Histoire de l'abbaye de Port-Royal - Histoire des Messieurs - volume 4 - Claude de Sainte-Marthe Un chapitre est consacré à Claude de Sainte-Marthe dans l'ouvrage de P de Longuemare, Paris, Picard, 1902.consulter ce Chapitre
  18. Histoire du Château de Bournand - P. Berton - T. Dereix de Laplane P 17
  19. Bail à ferme général du 7 juillet 1689 (Ref AD86 4 E5560 - Transcription par Monsieur BERTON)
  20. Ref AD 864E5579 - Bal à Sous Ferme Chandoiseau Transcription et Notes de Monsieur BERTON
  21. P. Berton et T. Derieix de Laplane - Histoire du Château de Bournard p. 21
  22. Bail du 16 février 1842 reçu par Me Meschin, notaire aux Trois Moutiers
  23. Vente du 17 septembre 1846 - Adjudication sur licitation - Me Gravier, notaire à Loudun (portant sur l'ensemble du domaine de Lamotte Champdenier).
  24. Pour témoigner de cet état d'abandon, voir :
    • Une gravure ancienne figurant dans l'ouvrage publié par Jules Robuchon "Paysages et Monuments du Poitou" - Paris, 1883 - 1895 gravure Robuchon,
    • Une photographie sur plaque de verre datant du début du siècle dernier et conservée aux archives départementales de la Vienne,
    • Et quelques aquarelles, réalisées par Linda Vanysacker Van der Mooter en 2005, juste avant le début des travaux de restauration, première aquarelle seconde aquarelle.
  25. Jean-Claude Rabin, « La seconde jeunesse du manoir de Chandoiseau », sur la Nouvelle République.fr, (consulté le 16 juillet 2018).