Manoir Richelieu

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Manoir Richelieu
Manoir Richelieu01.jpg
Présentation
Type
Style
Architecte
John Archibald
Construction
1898 (premier)
1929 (actuel)
Propriétaire
Géographie
Pays
Région
Municipalité
Localisation
Coordonnées
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Le Manoir Richelieu est un hôtel de La Malbaie, dans la région de Charlevoix au Québec. Situé sur la falaise de Pointe-au-Pic au bord du fleuve Saint-Laurent et voisin du Casino de Charlevoix, il comporte 405 chambres et est géré par le groupe Fairmont.

Histoire[modifier | modifier le code]

Hall du Manoir Richelieu
Le terrain de golf
Le premier manoir, vers 1899

XIXe siècle-1928 : le manoir de bois[modifier | modifier le code]

Depuis le milieu du XIXe siècle, la région de Charlevoix accueille des touristes, notamment des croisiéristes de la Richelieu and Ontario Navigation Company puis de la Canada Steamship Lines (CSL). La région ne possède pas d'hôtel de prestige pour recevoir ces invités de marque. Rodolphe Forget propose au conseil de la compagnie Richelieu Ontario, qui possédait déjà un grand hôtel à Tadoussac, de construire un grand hôtel à Pointe-au-Pic, qui possède un quai pour bateaux à vapeur depuis 1853[1],[2].

La construction du Manoir Richelieu commence en 1898. Il est inauguré officiellement le 15 juin 1899 et compte alors 250 chambres de luxe[3],[4].

Le 12 septembre 1928, alors que les employés s'affairaient à fermer l'hôtel pour l'hiver, il est complètement rasé par un incendie[5].

1929-1969 : nouveau manoir et nouveau propriétaire[modifier | modifier le code]

L'hiver suivant, le Manoir Richelieu est reconstruit selon les directives de l'architecte John Archibald et passe aux mains de la CSL[4]. Le nouvel hôtel comporte 350 chambres.

En 1966, la Canada Steamship Line cesse d'emprunter le fleuve Saint-Laurent[6]. Elle vend le manoir à la compagnie Warnock Hersey.

1969-1975 : Hersey et Dempsey[modifier | modifier le code]

En 1971, le manoir est vendu à l'américain John Dempsey[4].

1975-1985 : Gouvernement du Québec[modifier | modifier le code]

En 1975, Dempsey déclare faillite, le manoir est repris l'année suivante par le gouvernement du Québec[7] pour une somme variant, selon les sources, de un[4] à onze[8] millions de dollars.[réf. insuffisante]

1986-1993 : Raymond Malenfant[modifier | modifier le code]

En décembre 1985, l'évaluation municipale du manoir est de cinq millions de dollars et sa valeur aux livres, de 10 millions[9]. Le gouvernement du Québec accepte une offre d'achat de 555 555,55 dollars faite par Raymond Malenfant sous condition que ce dernier s'engage à investir 12 millions en immobilisations au cours des deux années suivantes ainsi que deux millions en publicité en cinq ans[9],[10]. Malenfant rénove de fond en comble le manoir, le dotant de nouvelle fenêtres, d'un chauffage électrique, remettant à neuf les murs et plafonds, la plomberie, etc.[11]. Le manoir lui sera vendu officiellement le 16 avril 1986[12],[7],[13].

À la suite de cette acquisition, Malenfant ne reconnaît pas le syndicat des employés, affilié à la Confédération des syndicats nationaux (CSN)[13]. Un conflit s'ensuit entre Malenfant et les quelque 300 anciens employés.

L'homme d'affaires engage des sous-traitants qui emploient environ 200 nouveaux employés non-syndiqués. Le manoir ouvre officiellement ses portes le 18 mai 1986[14]. Les anciens employés, menés par la présidente syndicale Louiselle Pilote et soutenus par la CSN, manifestent à plusieurs reprises[15]. Ils sont maintenus à distance du manoir par des policiers[9].

Le 7 juin, l'eau du manoir est polluée au bleu de méthylène, ce qui engendre des dégâts estimés à 300 000 dollars[16]. Le 18 octobre, des anciens employés pénètrent l'hôtel et le vandalisent[14].

Le 25 octobre, le conflit est marqué par la mort du manifestant Gaston Harvey, étouffé par un agent de la Sûreté du Québec lors d'une manifestation d'appui aux employés[13].

Un arrêt de la Cour suprême du Canada, l'arrêt Bibeault[17] prononcé pour une autre cause le 22 décembre 1988, appuiera indirectement Malenfant en limitant les pouvoirs du commissaire du travail du Québec[10].

Depuis 1994[modifier | modifier le code]

L'hôtel connaît un nouvel essor avec l'arrivée du Casino de Charlevoix[7].

L'hôtel est agrandi et rénové en 1998-99.

En 2002, l'hôtel est dirigé par une société formée de Loto-Québec, du Fonds de solidarité de la Fédération des travailleurs du Québec et du Canadien Pacifique[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chapleau 2004, p. 34-35
  2. Serge Gauthier, « L'histoire du Manoir Richelieu. Première époque: le Manoir de bois (1898-1928) », sur http://www.encyclobec.ca, (consulté le 28 janvier 2010)
  3. Chapleau 2004, p. 36
  4. a, b, c et d Rhéaume 1986, p. 31
  5. Joël Gauthier et Serge Gaudreau, « 12 septembre 1928 - Incendie du Manoir Richelieu de Pointe-au-Pic », Bilan du Siècle, Université de Sherbrooke (consulté le 25 mai 2009).
  6. Chapleau 2004, p. 38
  7. a, b, c et d Serge Gauthier, « L’histoire du Manoir Richelieu. Deuxième époque : un hôtel de prestige (1928-2002) », sur http://www.encyclobec.ca, (consulté le 28 janvier 2010)
  8. Normand Rhéaume, « Les dollars du manoir », Revue commerce, Publications Les Affaires inc.,‎ , p. 13
  9. a, b et c Rhéaume 1986, p. 28
  10. a et b Michel Rioux, « Manoir Richelieu, conflit du », L'Encyclopédie canadienne, Historica-Domninion, (consulté le 28 janvier 2010)
  11. Rhéaume 1986, p. 30
  12. Jacques Rouillard, « Le Mouvement syndical », Université de Montréal, (consulté le 28 janvier 2010)
  13. a, b et c « Décès de Gaston Harvey lors d'une manifestation », Université de Sherbrooke, (consulté le 28 janvier 2010)
  14. a et b Jean-Louis Boudou et Christine St-Pierre, « Tout le monde en parlait - Le Manoir Richelieu », Société Radio-Canada, (consulté le 28 janvier 2010)
  15. Germain 1987, p. 42
  16. Rhéaume 1986, p. 27
  17. « Jugements de la Cour suprême du Canada - U.E.S., Local 298 c. Bibeault, [1988] 2 R.C.S. 1048 », sur http://csc.lexum.umontreal.ca, Gouvernement du Canada, (consulté le 28 janvier 2010)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Sources bibliographiques[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleGeorges-Hébert Germain, « Le « toffe » de La Malbaie », L'actualité, Maclean Hunter Limitée,‎ , p. 38-43
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleNormand Rhéaume, « La ruade de l'éléphant », Revue commerce, Publications Les Affaires inc.,‎ , p. 27-34
  • Document utilisé pour la rédaction de l’articleAndré Chapleau, Raymond Malenfant - Le courage de continuer, Trait d'Union, , 221 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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