Manneville-sur-Risle

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Manneville-sur-Risle
L'église Saint-Denis de Manneville-sur-Risle
L'église Saint-Denis de Manneville-sur-Risle
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Bernay
Canton Pont-Audemer
Intercommunalité Communauté de communes de Pont-Audemer Val de Risle
Maire
Mandat
Isabelle Duong
2014-2020
Code postal 27500
Code commune 27385
Démographie
Gentilé Mannevillais
Population
municipale
1 517 hab. (2014)
Densité 163 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 21′ 29″ nord, 0° 32′ 25″ est
Altitude Min. 9 m – Max. 131 m
Superficie 9,32 km2
Localisation

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Manneville-sur-Risle est une commune française située dans le département de l'Eure en région Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Elle fait partie du Parc naturel régional des Boucles de la Seine normande.

Communes limitrophes de Manneville-sur-Risle[1]
Saint-Mards-de-Blacarville Saint-Ouen-des-Champs (sur quelques centaines de mètres) Fourmetot
Pont-Audemer Manneville-sur-Risle[1] Fourmetot
Corneville-sur-Risle
Pont-Audemer Pont-Audemer Corneville-sur-Risle

Toponymie[modifier | modifier le code]

On retrouve les premières mentions de la paroisse dans le cartulaire de l'abbaye Saint-Pierre-de-Préaux[2] édité en 2005[3]. Vers 1060, l'abbaye reçoit plusieurs donations provenant d'un même lieu nommé Magnavilla littéralement "grand domaine" ou Manichivilla.

Histoire[modifier | modifier le code]

Du néolithique à la période mérovingienne[modifier | modifier le code]

Plusieurs fouilles archéologiques réalisées depuis le XIXe siècle attestent d'une occupation humaine ancienne. En effet, des traces de vie datant de la période néolithique ont été découvertes. Un tumulus a été repéré sur la carte archéologique[4] au lieu-dit La ferme de la rivière et des éclats de silex sont retrouvés au lieu-dit Les Prés Mançois[5]. Ce dernier site, placé en surplomb de la vallée de la Risle, à l'entrée du plateau, fut habité pendant toute la période gallo-romaine et jusqu'au début du Moyen Âge comme l'atteste la découverte de fossés à proximité de l'actuelle rue Charles Péguy[6].

Pour la période mérovingienne, l'activité archéologique principalement réalisée au XIXe siècle se focalise plus particulièrement sur le côté est de la commune. Sur une zone partant de l'église Saint-Denis, parcourant le chemin de la Forge au Cœur jusqu'à la route de Rouen plusieurs sarcophages mérovingiens furent exhumés accompagnés d'objets métalliques de parure essentiellement[7].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Pour la période médiévale, le premier document recensé fournissant des indications sur l'histoire de Manneville-sur-Risle est le cartulaire de l'abbaye Saint-Pierre-de-Préaux. À la suite de sa fondation au XIe siècle, l'abbaye reçut des dons de la part des seigneurs. Osbern de Manneville donna une terre et Roger de Beaumont fit don de tout ce qu'il possédait alors à Manneville : ses champs et ses eaux[2].

La mention eaux est une référence à l'aménagement de la Risle qui est dotée, dès cette période, de plusieurs moulins. En effet, en 1060 et 1080, l'abbaye de Jumièges reçut deux moulins de la part d'Osbern de Manneville et de Robert de Bonnebos [8]. Au XIIIe siècle, Guillaume de Bonnebos avait sous sa protection un moulin et des écluses sur la Risle[9], tandis qu'un autre seigneur, Guillaume de Manneville, donna un "vieux moulin" à l'abbaye du Bec-Hellouin[10]. L'existence d'une église paroissiale est attestée à la même période par l'intervention de Cadoc, baillis de Pont-Audemer qui confie le patronage de l'église à la collégiale de Gaillon[9].

Période moderne[modifier | modifier le code]

La paroisse de Manneville-sur-Risle ne connaît pas de bouleversement majeur durant la période moderne. L'essentiel de la population occupait certainement une activité rurale sous le contrôle des importantes seigneuries locales.

Au début du XVIIIe siècle, la paroisse comptait 4 feux privilégiés appartenant à la noblesse et 83 feux taillables. Au total, 348 individus vivaient sur ce territoire[11].

Église Saint-Denis au début du XXe siècle.

Une nouvelle église paroissiale est construite au cours du siècle, la cloche date de 1775[12].

Les fiefs[modifier | modifier le code]

La paroisse de Manneville-sur-Risle était divisée en plusieurs domaines. Le dictionnaire historique des communes de l'Eure[8] dénombre 13 fiefs sur ce territoire : Bigards, Bonnebos, Fréville, Gouy, Hudar, Longval, Les Roys, Moulin Saint-Pierre, Poissy, La Rivière, Thibouville, Thillard, Vauquelinière. La plupart de ces fiefs n'étaient que des parcelles de terre affermées. Toutefois, deux d'entre eux doivent être mis en exergue pour leur intérêt historique.

Le domaine de Bonnebos[modifier | modifier le code]
Vue de la chapelle et du colombier de l'ancien château de Bonnebos.

Le premier seigneur de Bonnebos est Robert de Bonnebos dont le territoire s'étendait du plateau jusqu'à la Risle. Au Moyen Âge, la famille de Bonnebos possédait, à ce titre, des moulins et des écluses sur la rivière. En 1578, par la vente du domaine à la famille Lefort, le fief de Bonnebos devint progressivement le fief principal d'un regroupement de domaines féodaux intégrant les fiefs de Bigards, le Moulin Saint-Pierre, Poissy et Thillard [8]. En 1670, Nicolas Lefort fit réunir l'ensemble de ces domaines en un seul fief nommé Bonnebos[9]. L'édification du château de Bonnebos date probablement de cette période où il est question d'asseoir la puissance seigneuriale de la famille Le Fort. Dans les années 1690, Nicolas Lefort compléta son château par une entrée monumentale dotée de chaque côté d'un colombier et d'une chapelle à l'architecture remarquable.

Le château de Bonnebos fut détruit en 1835. La chapelle et le colombier furent préservés.

Le domaine de Thibouville[modifier | modifier le code]
 À une date inconnue, le seigneur de Thibouville tua le seigneur de Bonnebos en duel. Thibouville fit ériger une croix de chemin en signe de pénitence.
À une date inconnue, le seigneur de Thibouville tua le seigneur de Bonnebos en duel. Thibouville fit ériger une croix de chemin en signe de pénitence.

Vers 1180, Robert de Thibouville possédait un fief qui s'étendait sur les deux paroisses de Manneville et de Blacarville[9]. Le domaine de Thibouville est transféré successivement aux familles Baron au XVIe siècle qui édifie une chapelle et Maisonval au XVIIIe siècle qui fit construire un château sur le domaine. Au XIXe siècle, le château est partiellement détruit.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Gestion de l'instruction publique[modifier | modifier le code]

L'existence d'une école est avérée à partir de 1842[13]. Au cours du siècle le conseil municipal loua des fermes pour loger l'instituteur et sa classe. Vers 1880, l'inspecteur d'académie, bras armé de la IIIe République en matière d'instruction publique pressa le conseil municipal d'engager un projet de construction d'école. Les édiles furent particulièrement réticents, arguant d'une importante scolarisation des enfants de Manneville-sur-Risle dans les écoles de Pont-Audemer. En 1903, à l'occasion du renouvellement du maire, le projet définitif fut lancé prévoyant un groupe scolaire avec 3 classes (1 classe de filles, 1 classes de garçon, 1 classe enfantine), un logement pour deux instituteurs et une salle de réunion pour le conseil municipal.

Le quartier des baquets[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, l'industrialisation de la vallée de la Risle touche particulièrement la commune. À Manneville-sur-Risle, plusieurs moulins installés sur des sites anciens remontant au Moyen Âge étaient toujours en activité. Il s'agissait, d'amont en aval, des moulins de Saint-Pierre, du moulin à huile et du moulin des Rois (installé à proximité du moulin des Baquets situé à Pont-Audemer). Durant la première partie du siècle, ces moulins firent l'objet de modernisation pour une meilleure exploitation de l'énergie hydraulique[14].

En 1852, le moulin des baquets de Pont-Audemer et le moulin des Rois furent transformés en usine de filature[15]. Le développement de l'usine entraîna une arrivée massive d'ouvriers qui furent logés sur place dans plusieurs lotissements construits successivement sur la route de Rouen dans la commune de Manneville-sur-Risle. En 1870, la construction d'une nouvelle usine de tissage poursuivit l'extension du quartier en amont de la Risle. En 1902, une cité ouvrière fut construite pour loger les ouvriers de l'usine de tissage. L'activité des deux sites textiles se poursuivit jusqu'en 1962 où les deux usines furent vendues et orientées vers d'autres activités[16].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1983[17] 2008 Alain Noël    
2008[18] en cours Isabelle Duong UDI puis DVD Professeur d'anglais
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelage[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[21],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 517 habitants, en augmentation de 5,86 % par rapport à 2009 (Eure : 2,59 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
501 554 503 500 510 532 542 604 708
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
709 804 833 808 755 794 739 802 745
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
754 1 031 1 032 986 1 000 962 971 1 007 1 043
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014
1 011 970 1 048 1 019 1 009 1 028 1 197 1 468 1 517
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Monument historique[modifier | modifier le code]

La commune de Manneville-sur-Risle compte un édifice inscrit et classé au titre des monuments historiques :

  • Le château de Bonneboscq (XVIIe) Logo monument historique Classé MH (1958)  Inscrit MH (1958)[24]. La partie du château classée par arrêté du 30 octobre 1958 correspond à la chapelle et la partie inscrite par arrêté du 12 décembre 1958, au colombier.

Autres lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église Saint-Denis.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Natura 2000[modifier | modifier le code]

  • Site Natura 2000 "Risle, Guiel, Charentonne"[25].

ZNIEFF de type 1[modifier | modifier le code]

  • ZNIEFF 230031140 - Les prairies à l'est de Pont-Audemer[26]. Cette ZNIEFF, qui concerne également les communes de Corneville-sur-Risle et de Pont-Audemer, se distingue par la présence d'espèces d'Odonates clairsemées : des libellules fauves et des gomphes vulgaires limitées à la Risle. Par ailleurs, les ruisseaux et les fossés abondant sur l'ensemble de la ZNIEFF abritent des agrions de Mercure, même si la présence de cette espèce n'a pu être généralisée à l'ensemble du périmètre.

ZNIEFF de type 2[modifier | modifier le code]

  • ZNIEFF 230009170 – La vallée de la Risle de Brionne à Pont-Audemer, la forêt de Montfort[27].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Géoportail (IGN), couche « Communes 2016 » activée ».
  2. a et b Archives départementales de l'Eure, Cartulaire de l'Abbaye Saint-Pierre de Préaux, H711 [A1] [A144].
  3. ROUET Dominique, Le cartulaire de l'abbaye bénédictine de Saint-Pierre-de-Préaux (1034-1227)., Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques., , 586 p. (ISBN 2-7355-0573-1)
  4. Service régional de l'archéologie, Rouen.
  5. INRAP, Rapport de diagnostic archéologique, Les prés Mançois, C. Billard, 1998.
  6. INRAP, Rapport de diagnostic archéologique, Opération précédant la construction d'un lotissement par la société SCI "Résidence La sente du Puits Belin". Juillet 2003.
  7. COUTIL Léon, « Archéologie gauloise, gallo-romaine et franque. Manneville-sur-Risle. », Bulletin de la société d'études diverses de l'arrondissement de Louviers., no Tome 18,‎
  8. a, b et c CHARPILLON Louis-Etienne, CARESME Anatole, Dictionnaire historique de toutes les communes du département de l'Eure, Les Andelys, Delcroix,
  9. a, b, c et d Archives départementales de l'Eure, Notes de l'Abbé Anatole Caresme, 3F84.
  10. Archives départementales de l'Eure, Fonds Danquin, 2F2131.
  11. SAUGRAIN Claude-Marin, Dictionnaire universel de la France ancienne et moderne et de la Nouvelle France., Paris, Saugrain,
  12. « Les églises du canton de Pont-Audemer », Nouvelles de l'Eure, no 7,‎
  13. Archives départementales de l'Eure, maison d'école, 5 O 6/384.
  14. Archives départementales de l'Eure, Usine sur la Risle, 19 S 46.
  15. Archives nationales, Travaux publics, moulins et usines hydrauliques, F 14 6341.
  16. « Le quartier des baquets », Paris Normandie,‎
  17. « Vos Associations sociales à Manneville sur Risle - Jumelage Manneville-Bunsoh », sur manneville-sur-risle.fr, le site de la mairie de Manneville-sur-Risle (consulté le 25 juin 2016)
  18. « Mairie - Isabelle Duong », sur manneville-sur-risle.fr, le site de la mairie de Manneville-sur-Risle (consulté le 25 juin 2016)
  19. « Partnerschaft » Site web de la commune de Bunsoh, consulté le 30 juillet 2016.
  20. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  21. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  22. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  23. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  24. « Château de Bonneboscq », notice no PA00099478, base Mérimée, ministère français de la Culture
  25. « Risle, Guiel, Charentonne », sur Muséum national d'Histoire naturelle - Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 24 janvier 2016)
  26. « Les prairies à l'est de Pont-Audemer », sur Muséum national d'Histoire naturelle - Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 24 janvier 2016)
  27. « La vallée de la Risle de Brionne à Pont-Audemer, la forêt de Montfort », sur Muséum national d'Histoire naturelle - Inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 24 janvier 2016)