Manneken-Pis

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Manneken-Pis
Bruxelles Manneken Pis.jpg
Artiste
Date
avant 1451 : version originale
1619 : version actuelle
Type
Technique
Hauteur
55,5 cm
Localisation
Protection
Coordonnées
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Manneken-Pis, signifiant « le petit homme [qui] pisse » en néerlandais, est une fontaine sous la forme d'une statue en bronze de 55,5 centimètres de hauteur[1],[2] (61 cm avec le socle) qui représente un petit garçon nu en train d'uriner. Pour être précis, le nom véritable est Menneke pis. En effet, en flamand ou en néerlandais mais aussi en bruxellois, een manneke est un petit homme alors qu'un menneke en bruxellois signifie un petit garçon (c'est le diminutif de men: garçon). Ce serait même, d'après les bruxellois de souche, à l'instar de la phrase "schild en vriend", prétendument imprononçable par les francophones et utilisée lors du massacre des matines de Bruges, l'expression type pour différencier un vrai bruxellois d'un imposteur. Elle est située au cœur de Bruxelles, à deux pas de la Grand-Place, à l'intersection de la rue de l'Étuve et de la rue du Chêne. Depuis 1965, la statuette présente sur place est une copie à l'identique de celle conçue en 1619-1620 qui est précieusement conservée au Musée de la Ville de Bruxelles[3] situé dans la Maison du Roi. Manneken-Pis est le symbole le plus connu des Bruxellois, il personnifie aussi leur sens de l'humour (la zwanze en bruxellois) et leur indépendance d'esprit.

Histoire[modifier | modifier le code]

La plus ancienne mention de l'existence de Manneken-Pis se trouve dans un texte administratif, qu'on peut dater de 1451-1452, sur les conduites d'eau alimentant les fontaines bruxelloises[4]. Erronément, certains ont fait remonter la statue à un texte de 1388 voire 1377 qui fait référence en réalité à la fontaine du petit Julien (Juliaenkensborre)[5] en confondant à tort[6] deux fontaines pourtant bien distinctes[7]. Cette confusion explique aussi pourquoi il arrive qu'on affuble Manneken-Pis du sobriquet de petit Julien[8]. Dès l'origine, la fontaine joue un rôle essentiel dans la distribution d’eau potable[9]. Elle se situe alors sur le parcours de la rue du Chêne, juste avant l'angle que forme celle-ci avec la rue de l'Étuve[10]. Elle prend place sur une colonne et déverse son eau dans un double bassin rectangulaire en pierre. Les seules représentations de cette première statuette se trouvent, de manière très schématique, dans un tableau de Denis Van Alsloot représentant l'ommegang bruxellois de 1615 et dans un dessin préparatoire à cette peinture[11].

La première statue est remplacée par une nouvelle version en bronze commandée en 1619 à Jérôme Duquesnoy l'Ancien (1570-1641), grand sculpteur bruxellois de l'époque, père de Jérôme Duquesnoy le Jeune et de François Duquesnoy. Elle est vraisemblablement fondue et installée en 1620[12]. Au même moment, la colonne servant de support à la statuette et le double bassin rectangulaire recueillant l'eau sont entièrement refaits par Daniel Raessens[13].

Fontaine de Manneken-Pis. 1697. Gravure de J. Harrewijn

Comme le montre cette gravure[14]de Jacques Harrewijn datant de 1697, la fontaine ne situe plus désormais sur la voie publique, mais dans un renfoncement aménagé à l'angle des rues du Chêne et de l'Étuve.

Manneken-Pis dans son écrin aménagé en 1770

En 1770, la colonne et le double bassin rectangulaire disparaissent ; la statuette est intégrée dans un nouveau décor en pierre de style rocaille provenant d'une autre fontaine bruxelloise démantelée[15]. L'eau s'écoule simplement au travers d'une grille au sol qui sera remplacée par une vasque au XIXe siècle. Dans son nouvel écrin, Manneken-Pis donne l'impression d'être plus petit que dans son aménagement d'origine.

L'ensemble est protégé par une grille, dont la dernière version date de 1851[16]. Celle-ci empêche dès ce moment l'accès à l'eau, reléguant la fontaine à un rôle décoratif et symbolique. C'est aussi le cas, vers la même époque, des autres fontaines bruxelloises dans la mesure où la Ville de Bruxelles rend possible dès 1855 la distribution d'eau potable à domicile[17].

Au cours de son histoire, la statue de Jérôme Duquesnoy l'Ancien dut faire face à de nombreux aléas. Elle ne fut miraculeusement pas endommagée par le bombardement de Bruxelles de 1695 par l'armée française, mais, les canalisations ayant été touchées, elle ne put livrer son eau pendant un certain temps. Un pamphlet[18] publié la même année raconte cet épisode. Ce texte est le plus ancien attestant que Manneken-Pis est devenu « un objet de gloire apprécié par tous et renommé dans le monde entier ». C’est la première fois aussi qu’il sert de symbole aux Bruxellois. Et il s’exprime déjà avec cet humour caractéristique, bon enfant et irrévérencieux, qui est si cher au cœur des habitants de Bruxelles. On raconte aussi traditionnellement qu'après le bombardement, on plaça au-dessus de sa tête une inscription tirée d'un passage de la Bible : « In petra exaltavit me, et nunc exaltavi caput meum super inimicos meos. » (le Seigneur m'a élevé sur un socle de pierre, et maintenant moi, j'élève ma tête au-dessus de mes ennemis)[19].

La statue fut, à plusieurs reprises, l'objet de vols ou de tentatives de vol. La légende voudrait que la statue ait été enlevée en 1745 et retrouvée à Grammont qui en aurait alors reçu une copie, mais rien n’est moins vrai. En réalité, la première tentative de rapt attestée fut entreprise en 1747 par un groupe de soldats français en garnison à Bruxelles. Pour calmer les esprits, le roi de France, Louis XV, offrit un habit de gentilhomme à Manneken-Pis, l'autorisant à porter l'épée, et le décora de la Croix de saint Louis. La statue fut volée en 1817 par le repris de justice Antoine Licas. Le coupable fut lourdement puni : condamné aux travaux forcés à perpétuité, il fut d'abord attaché pendant une heure à un carcan sur la Grand-Place. L'original ayant été brisé en 11 morceaux lors de son enlèvement en 1817, il fut restauré[20] par un soudeur spécialisé sous la supervision du sculpteur Gilles-Lambert Godecharle[21]. La statue est alors vissée sur un nouveau socle marqué « 1620 – REST 1817 »[22]. Manneken-Pis connut d'autres péripéties au XXe siècle. Deux tentatives de vol se produisent en 1955 et 1957. Dérobé en 1963, il fut aussitôt retrouvé à Anvers. Les choses furent plus graves lors de sa disparition en 1965 : la statuette avait été brisée par le voleur et il n'en subsistait que les pieds et les chevilles. Le corps fut néanmoins retrouvé en 1966[23]. Au mois de juin, le magazine anversois De Post reçut un coup de téléphone anonyme, signalant que la statuette se trouvait dans le canal de Charleroi. Elle y fut retrouvée par des plongeurs envoyés par le magazine, et fut ramenée à Bruxelles le 27 juin[24]. Restaurée une nouvelle fois, la statue fut mise à l'abri et est désormais exposée au deuxième étage du Musée de la Ville de Bruxelles[25] occupant la Maison du Roi[26]. Sur place, à l'angle des rues du Chêne et de l'Étuve, elle fut remplacée par une copie à l'identique.

Symbolique[modifier | modifier le code]

Les origines de la première statue de Manneken-Pis datant d’avant 1451 ne sont pas documentées. On sait toutefois que, dans la première moitié du XVe siècle, plusieurs autres bambins urinant sculptés pour servir de fontaine ont vu le jour à Florence[27]. On trouve également un gamin qui pissait de l'eau rose, comme entremets mécanique au banquet du faisan organisé par le duc de Bourgogne à Lille en 1454. Le thème de l'enfant urinant, ailé ou non, remonte en réalité à l'Antiquité gréco-romaine. Il figurait alors Éros-Cupidon, le dieu de l'amour, en train de se soulager, symbolisant la fertilité et le débordement joyeux. Sa réapparition est attestée à Florence[28] dès 1400, où la figure d'origine antique est assimilée à un petit esprit ou un lutin (spiritello) amusant et innocent[27]. Plus tard, on parlera en termes savants de putto pisciatore ou de puer mingens pour désigner l'iconographie de l'enfant urinant qui restera en vogue dans les arts (peinture, sculpture, gravure, fresque, papier peint) jusqu'au XVIIIe siècle. Aujourd’hui encore, on peut voir des fontaines de ce type en action à Rouen (fontaine Saint-Maclou), Lacaune (fontaine des pisseurs) et Copenhague (fontaine de la Charité). La diffusion du thème bénéficie particulièrement du Songe de Poliphile, livre illustré publié en 1499[29]. Dans cet ouvrage, des bambins pisseurs apparaissent à plusieurs reprises, de même que des nymphes faisant jaillir l'eau de leur poitrine. La vogue de la figure de l’enfant urinant s’intègre effet plus largement dans le goût pour les fontaines anthropomorphes[30]. À Bruxelles même, on trouve mention d'une fontaine provisoire ayant l’aspect d’une sirène qui fait jaillir du vin de ses mamelles à l’occasion du mariage d’Antoine de Bourgogne célébré en 1409 au palais du Coudenberg[31]. Au XVIe siècle, plusieurs fontaines sont aménagées à Bruxelles, qui figurent des divinités antiques féminines projetant de l'eau de leurs seins : deux sont publiques, situées devant la Maison du Roi et à l'arrière de l'église Saint-Nicolas, la troisième est privée (elle est exposée aujourd'hui au Musée de la Ville de Bruxelles[25]).

On peut émettre l'hypothèse que la première version de Manneken-Pis datant d'avant 1451 s’inscrit dans cette histoire ainsi que dans le goût médiéval pour les fontaines surprenantes. En tout cas, c'est indéniablement la figure du putto urinant que Jérôme Duquesnoy l'Ancien a traitée en exécutant la seconde version de Manneken-Pis en 1619-1620. Le ventre rebondi et la puissante musculature du petit personnage sont caractéristiques de cette iconographie.

Dès ses débuts, le caractère humoristique de Manneken-Pis a certainement dû plaire. Tout au long de son existence, d’autres traits lui ont également été associés, dans lesquels les Bruxellois ont aimé se retrouver. On voit en lui un gamin irrévérencieux, épris de liberté, capable de braver le qu’en-dira-t-on. Ceci explique vraisemblablement pourquoi Manneken-Pis a fini par devenir, au plus tard au cours du XVIIe siècle, le symbole des Bruxellois[29].

Cette dimension symbolique ne s’est plus jamais démentie par la suite, faisant de Manneken-Pis « le plus ancien bourgeois de Bruxelles ». Pour le Bruxellois, se réclamer de cette statue gentiment provocante contribua à l’élaboration d’une représentation de soi comme d'un être espiègle, moqueur, libre et doté d’un grand sens de l’humour.

Folklore[modifier | modifier le code]

Le jet d'eau est, à l'occasion de fêtes, remplacé par des breuvages. Ainsi, on rapporte qu'en 1890, au cours de grandes fêtes bruxelloises qui se déroulèrent durant deux jours, le petit bonhomme distribua du vin et du lambic (bière bruxelloise). Actuellement, certaines sociétés folkloriques bruxelloises ont gardé pour tradition lors de célébrations annuelles (Saint-Verhaegen…) d'offrir à boire en faisant couler de la bière par Manneken-Pis.

Légendes[modifier | modifier le code]

L'obscurité entourant ses origines a donné matière à de nombreuses historiettes. Le premier à les mettre par écrit en 1824 est le prolifique auteur français Jacques Collin de Plancy[32]. D'autres sont ensuite rapportées par différents écrivains, dont Guillaume Devogel dans ses célèbres "Légendes bruxelloises"[33]. Parmi les plus souvent citées figurent les suivantes.

En 1142, alors que le duc de Lotharingie, Godefroid III, était encore un tout jeune enfant au berceau, certains de ses vassaux se révoltèrent et affrontèrent les troupes ducales lors de la bataille de Ransbeke. Pour donner du cœur au ventre à ses partisans, le berceau de l'enfant fut pendu à un chêne sur le champ de bataille. Alors que ses troupes étaient en mauvaise posture, le petit duc se dressa dans son berceau et satisfit un besoin naturel. Ce geste redonna courage à ses troupes qui l'emportèrent. La fontaine perpétuerait le souvenir de cette victoire. Le nom de la rue du Chêne, au coin de laquelle se trouve la statue, rappellerait l'arbre qui se dressait sur le champ de bataille[34]. Cette légende de Manneken-Pis  s’est élaborée en assimilant l’histoire de Godefroid III déjà rapportée par les ‘Brabantsche  Yeesten’, chroniques du Brabant rédigées au XIVe siècle[35].

Une autre légende raconte qu'un enfant aurait éteint, à sa manière, la mèche d'une bombe avec laquelle les ennemis de Bruxelles voulaient mettre le feu à la cité[36].

Une autre encore prétend qu'un enfant perdu aurait été retrouvé par son père, riche bourgeois de Bruxelles, dans la position que l'on imagine.

Pour certains, il s’agirait d’un petit Bruxellois du VIIIe siècle condamné à ne plus grandir et ne plus s’arrêter de faire pipi, pour expier la faute de son père qui avait tenté de s’en prendre à la pudeur de sainte Gudule.

On parle aussi d'un petit garçon avait pour habitude d'uriner sur la maison d'une sorcière. Un jour, la sorcière voulut figer le petit garçon, mais un saint homme mit à la place une statue du petit garçon le représentant.

Querelle avec Grammont[modifier | modifier le code]

Il y a une querelle amicale entre les deux villes pour savoir lequel des Manneken-Pis est le plus ancien[8].

En 1459, les échevins de la Ville de Grammont firent réaliser à Bruxelles leur propre Manneken-Pis. La statue fut fondue en laiton par Reinier Van Tienen, sur la base d’un modèle conçu par Gillis Vander Jeught. On peut supposer que la première version de la statuette du Manneken-Pis bruxellois datant d'avant 1451 lui ait servi d'inspiration.

Si l'on regarde l'âge des statues actuelles, il faut remarquer que le Manneken-Pis de Bruxelles comme celui de Grammont sont des répliques. La conception de celui de Grammont, qui date de 1459, est donc antérieure à celle de la statue de Jérôme Duquesnoy l'Ancien datant de 1619. C'est sur cette base que Grammont affirme que son Manneken-Pis est le plus ancien mais il existait déjà un Manneken-Pis en 1452 à Bruxelles et donc la tradition serait donc bien légèrement plus ancienne à Bruxelles.

Copies et imitations de Manneken-Pis[modifier | modifier le code]

Très tôt, la nouvelle version de Manneken-Pis due à Jerôme Duquesnoy l'Ancien fit l'objet de répliques décoratives. Le Musée de la Ville de Bruxelles[25] en expose une qui a été fondue par Jacques Van den Broeck en 1630.

Depuis le XXe siècle, de nombreuses copies ou imitations de Manneken-Pis ont vu le jour tant en Belgique qu'à l'étranger. Il faut distinguer les copies officielles offertes par la Ville de Bruxelles des copies et imitations effectuées à titre privé par des fans du petit personnage.

  • Copies officielles, elles ont été offertes à
  • Copies non officielles et imitations :
    • En 1923 une statue fut placée à Coxyde. Le socle portait l'inscription « Le nouveau bourgeois de Coxyde ». À la suite d'une modification de parcelle, la statuette se retrouva dans le jardin de la voisine qui l'appréciait peu et la remplaça par une statuette de la Vierge Marie. En 2008, l'Ordre des Amis de Manneken-Pis offrit un nouvel exemplaire, qui fut placé non loin de son lieu d'origine[39].
    • En 1928, la ville de Braine-l’Alleud aménage une fontaine copiant la statuette bruxelloise, qu’elle baptise El gamin qui piche[40].
    • À Laeken au Mutsaard, il existe également une copie[réf. souhaitée].

En dehors de la Belgique, il en existe dans différents pays tels que le Japon (une copie à Tokyo en gare de Hamamatsuchō, une autre à Kobe), l'EspagneLlançà, dans la province de Gérone), la FrancePoitiers[41], Paris, Moux, Lyon, Col de la Schlucht dans les Vosges), les États-Unis (Lafayette en Louisiane, Las Vegas) ou encore l'Équateur à Zaruma (es). Des Belges avaient aussi exporté Manneken-Pis au Congo belge, puisqu'il y en avait un à Kinshasa (Léopoldville à l'époque) et à Luluabourg[42].

Statues inspirées par Manneken-Pis[modifier | modifier le code]

À Bruxelles même, Jeanneke-Pis, située dans une petite ruelle nommée l'impasse de la Fidélité tout près de la rue des Bouchers, représente une petite fille accroupie en train d'uriner. Elle alimente une petite fontaine. Elle est cependant moins illustre que son pendant masculin. Elle est aussi bien plus récente.

Le Zinneke-Pis, représentant un chien urinant contre une borne, peut être vu comme un clin d’œil au Manneken-Pis. Il n'est cependant pas associé à une fontaine. Zinneke signifie bâtard en bruxellois.

Garde-robe[modifier | modifier le code]

Le plus ancien témoignage de la tradition d’habiller Manneken-Pis remonte à 1615. Lors de l'ommegang bruxellois organisé cette année-là en l’honneur de l’ archiduchesse Isabelle, Manneken-Pis porte un costume de berger[43].

Traditionnellement, on rapporte qu’en 1695, le gouverneur-général  Maximilien-Emmanuel de Bavière en poste à Bruxelles offrit un habit de couleur bleue (couleur de la  Bavière) à la fois à Manneken-Pis et à la statue de saint Christophe, patron de la guilde militaire des arquebusiers bruxellois[7]. L'habitude de revêtir des statues religieuses est courante depuis le Moyen Âge. Offrir des vêtements à une statue non-religieuse est, en revanche, exceptionnel. Ceci ne peut se comprendre que par le statut de symbole des Bruxellois que Manneken-Pis a progressivement acquis.

En 1720, le chanoine P. de Cafmeyer relate la tradition d’habiller Manneken-Pis à l’occasion des diverses fêtes annuelles rythmant la vie des Bruxellois. Il rapporte aussi que les étrangers de passage à Bruxelles ont pris l’habitude de venir saluer la statuette[44].

Le plus ancien costume conservé est celui de gentilhomme, offert en 1747 par le roi de France Louis XV pour calmer les habitants de Bruxelles, furieux parce que des soldats français avaient tenté de dérober la statuette. Il porte la Croix de Saint-Louis[45] dont le roi l'avait également honoré.

En 1756, un inventaire indique que la garde-robe de Manneken-Pis contient  cinq habits complets. Sa garde-robe ne s’est pas beaucoup étoffée avant le XXe siècle[29]. De 1918 à 1940, une trentaine de costumes lui ont été offerts. Mais c’est surtout après 1945 que le mouvement a pris une ampleur exceptionnelle : la garde-robe compte plus de 400 costumes en 1994, plus de 750 en 2005, plus de 950 en 2016.

Autrefois, le costume était taillé sans patron de coupe. Les manches étaient rembourrées d’ouate et se terminaient par des gants. C’est seulement depuis 1945 qu’un patron permet la confection de costumes plus ajustés.

Les thèmes des habits sont divers et de toutes nationalités : costumes de gala, militaires, estudiantins, folkloriques, associatifs, de musiciens, de sportifs, de personnages célèbres, de légende ou réels...

La garde-robe, qui comprend pas loin d'un millier de costumes[46], est conservée au Musée de la ville de Bruxelles, situé dans la Maison du Roi sur la Grand-Place[47]. En 2017, la Ville de Bruxelles ouvre un nouvel espace muséal au 19, rue du Chêne entièrement dédié à la présentation des habits les plus emblématiques de la garde-robe de Manneken-Pis. [réf. nécessaire]

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Ordre des Amis de Manneken-Pis[modifier | modifier le code]

Depuis 1954, la remise officielle des nouveaux costumes est encadrée par l’ordre des Amis de Manneken-Pis[49] fondé cette année-là pour consolider la tradition folklorique.

L'Ordre, dans sa forme actuelle, a été relancé en 1985 par l'historien journaliste Antoine Demol et compte plus de 150 membres. L'Ordre a pour objectif de stimuler le développement culturel, touristique, philanthropique et commercial de la Belgique en général, et plus particulièrement de préserver les traditions liées au personnage de Manneken-Pis. L'Ordre est toujours présent lors des cérémonies qui entourent la remise de nouveaux costumes et lors de salutations à la statuette et des anniversaires de remise. Pour devenir membre de l'Ordre il faut respecter une période de stage d'au moins deux ans et être proposé et soutenu par un parrain et une marraine qui sont déjà membres de l'Ordre depuis plus d'un an. Les candidats-membres doivent montrer leur intérêt pour tout événement culturel et folklorique concernant le Manneken-Pis.

Historique des habilleurs de Manneken-Pis[modifier | modifier le code]

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  • M. Louis Anthoen l'habillait avant 1756 ;
  • M. Henri Wauters fut désigné par les trésoriers et receveurs de Bruxelles le 3 février 1756 et signa le premier inventaire connu ;
  • M. Sébastien Wauters succéda à son père en 1770, mais démissionna en 1776 ;
  • M. Dominique De Paep sollicita cet emploi et, jusqu'en 1930 ;
  • M. Léon Van De Putte occupa ce poste de 1930 à 1933 ;
  • M. Louis Smet lui succède de 1933 à 1940 ;
  • De 1940 à 1944, Manneken-Pis ne fut jamais habillé ;
  • M. Albert Dupré a repris la fonction de 1944 à 1946 ;
  • M. Achille Vander Haegen de 1946 à 1965 ;
  • M. Jean-Baptiste Walschaert de 1965 à 1974 ;
  • M. Jacques Stroobants de 1975 à 2005 ;
  • M. Jean-Marc Ahime de 2005 à 2010 ;
  • Mme Janine Gettemans de 2010 à 2014 ;
  • M. Nicolas Edelman depuis juillet 2014...

Accessibilité[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par la station de prémétro Bourse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Fiche d'identité », sur Manneken-Pis.be (consulté le 6 novembre 2016)
  2. Fiche technique du Manneken-pis
  3. (fr) Site officiel du musée de la Ville de Bruxelles
  4. Chloé Deligne, « Edilité et politique : Les fontaines urbaines dans les Pays-Bas méridionaux au Moyen Age », Histoire urbaine, no 32,‎
  5. Chloe Deligne, Bruxelles et sa rivière, Brepols,
  6. La fontaine du "petit Julien" se situait à l'emplacement actuel de la rue des Alexiens, au bas de la Clinique César De Paepe
  7. a et b A. Henne et A. Wauters, Histoire de la Ville de Bruxelles, Bruxelles,
  8. a et b https://www.rtbf.be/info/regions/detail_et-si-le-manneken-pis-de-bruxelles-n-etait-pas-unique?id=5404293
  9. « Manneken-pis », sur le site de la ville de Bruxelles (consulté le 6 novembre 2016).
  10. « Plan de Bruxelles par Braun et Hogenberg, 1572 », sur ecoles.cfwb.be (consulté le 6 novembre 2016).
  11. Dominique Vautier, David Houbrechts et Sabine Van Sprang, « Un dessin de Van Alsloot retrouvé et la première fontaine de Manneken-Pis », Archives et bibliothèques de Belgique, no spécial 95,‎ , p. 129-142
  12. Voir le socle actuel de la statuette conservée au Musée de la Ville de Bruxelles
  13. Folklore brabançon, , p. 183
  14. Les délices des Pays-Bas, Bruxelles, .
    Visible au Musée de la Ville de Bruxelles
  15. Gustave Des Marez, Guide illustré de Bruxelles, t. 1, , p. 144.
  16. Vincent Heymans, Monument à Manneken-Pis : Etude historique du monument et de ses abords, Ville de Bruxelles, cellule Patrimoine Historique,
  17. Chloé Deligne, Bruxelles sortie des eaux, Bruxelles, Musées de la Ville de Bruxelles,
  18. M Culot, E. Hennaut, M. Demanet et C. MIerop, Le bombardement de Bruxelles par Louis XIV et la reconstruction qui s'en suivit. 1695-1700, p. 77-79
  19. Gustave Des Marez, Guide illustré de Bruxelles, t. 1, , p. 143.
  20. Voir le socle de la statue portant l'inscription "REST 1817"
  21. Archives de la Ville de Bruxelles
  22. Voir la statue conserve au Musée de la Ville de Bruxelles
  23. Couvreur, Deknop et Symons 2005, p. 40.
  24. Le Soir, 29 juin 1966
  25. a, b et c « Musées de la Ville de Bruxelles »
  26. Couvreur, Deknop et Symons 2005, p. 26.
  27. a et b (en) Charles Dempsey, Inventing the Renaissance Putto, University North Carolina,
  28. Dossier de presse de l'exposition tenue au Louvre du 26.09.1013 au 06.01.2014 " Le printemps de la Renaissance. La sculpture et les arts à Florence. 1400-1460"
  29. a, b et c M. Couvreur, A. Deknop et T. Symons, Manneken-Pis dans tous ses états, Musées de la Ville de Bruxelles,
  30. « L'origine des fontaines anthropomorphes », Bulletin de la Classe des Beaux-Arts (Acédémie Royale de Belgique), t. 38,‎
  31. A. Smolar-Meynart, Le palais de Bruxelles : Huit siècles d'art et d'histoire,
  32. Jacques Collin de Plancy, Histoire de Manneken-Pis par lui-même,
  33. Guillaume Devogel, Légendes bruxelloises,
  34. Le Roy 1947, p. 14.
  35. (nl-BE) « Brabantsche Yeesten », sur digitale bibliotheek voor de Nederlandse letteren (consulté le 6 novembre 2016)
  36. Le Roy 1947, p. 15.
  37. Manneken-Pis de Colmar
  38. Manneken-Pis-au-Japon
  39. Jan Yperman, Oost west, kust best, Davidsfonds uitgeverij, 2012, p. 54
  40. http://www.lavenir.net/cnt/dmf20161219_00933036/braine-l-alleud-le-gamin-qui-piche-vandalise
  41. « Quand Poitiers était la capitale de la Belgique », sur La Nouvelle République, (consulté le 6 novembre 2016)
  42. Voir photos ici et ici. À Luluabourg, devenue Kananga, la réplique du Manneken-pis a été arrachée de son socle après l'indépendance et est conservée dans un musée de Kananga.
  43. D. VAutier, D. Houbrechts et S. Van Sprang, « Un dessin de Van Alsloot retrouvé et la première fontaine de Manneken-Pis », Archives et Bibliothèques de Belgique, Bruxelles, no 95,‎ , p. 129-142
  44. Pierre de Cafmeyer, Vénérable histoire du très-saint sacrement de miracle,
  45. « Histoire & origine de Manneken-Pis », sur MannekenPis.be
  46. « Liste des costumes », sur Manneken-Pis.be (consulté le 23 novembre 2016).
  47. « Musée de la Ville de Bruxelles », sur Ville de Bruxelles (consulté le 23 novembre 2016).
  48. L' Association Royale des Descendants des Lignages de Bruxelles a pensé à honorer le « plus vieux bourgeois de Bruxelles », qui est bien digne d’en faire partie, et de lui offrir un habit de bourgmestre des Lignages de Bruxelles. Ce costume -pourpoint et cape de drap noir, fraise majestueuse, collier d’or et épée au côté - inspiré des portraits conservés à l’Hôtel de Ville de nos anciens édiles lignagers était celui qu’ils portaient à l’époque où le sculpteur Jérôme Duquesnoy l’Ancien coulait dans le bronze ce symbole éternel de l’esprit frondeur des Bruxellois.
  49. Site Internet de l'Ordre des Amis du Manneken-Pis

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Le Roy, Manneken-Pis, Bruxelles, Maison d'Édition A. De boeck,
  • Manuel Couvreur, Anne Deknop et Thérèse Symons, Manneken-Pis : Dans tous ses états, Bruxelles, Musée de la Ville de Bruxelles, coll. « Historia Bruxellae » (no 9), , 63 p. (ISBN 978-2-930423-01-2)
  • Collectif d'auteurs, Contes et Légendes de Belgique, Éditions Jourdan, 2010 (ISBN 2-930359-08-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]