Manifeste artistique

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Première Manifeste de la Revue d'art Le Style, apparu en novembre 1918.
Manifeste de l'art concret, Paris, 1930.

Un manifeste artistique est une déclaration publique sur les intentions, motivations ou opinions d'un artiste ou d'un mouvement artistique.

Le manifeste artistique a deux grands objectifs :

  • définir et critiquer le paradigme culturel et artistique de son époque,
  • définir un ensemble de valeurs esthétiques permettant de contrer le paradigme.

Le terme manifeste était avant le XXe siècle[1], exclusivement utilisé dans le domaine politique, même si:

Mais ce sont historiquement les futuristes, en 1909, qui vont vraiment diffuser de façon remarquée un manifeste avec une vision de l'art comme outil politique[5] et à partir de cette époque on va retrouver chez la plupart des mouvements artistiques cette pratique de formaliser leurs intentions par la publication d'un manifeste fondant le mouvement.

Cet article va s'intéresser aux manifestes établis par des individus ou des groupes d'artistes de différents domaines (écrivains, cinéastes, peintres...) à partir du XXe siècle.

Avant le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Dans le domaine littéraire, l'un des premiers textes à avoir été qualifié de « Manifeste » est la Défense et illustration de la langue française de Joachim Du Bellay. Qualificatif donné a posteriori, puisqu'il n'apparaît qu'en 1828, sous la plume de Sainte-Beuve[6]. L'emploi de ce néologisme par Sainte-Beuve fait toutefois probablement écho à l'apparition récente du vocable dans le domaine esthétique, puisque quatre ans plus tôt était paru un Manifeste de la Muse française.

Avant le XXe siècle, comme dit en introduction de cet article, si la pratique du manifeste existe bien chez les artistes et les écrivains, le terme manifeste lui-même reste rare jusqu'à son emploi par Filippo Tommaso Marinetti pour ses Manifestes futuristes au début du XXe siècle (bien qu'il y ait eu, en 1886, le Manifeste du symbolisme de Jean Moreas), bientôt suivi par Tristan Tzara et les Manifestes DaDa[6].

Jusqu'à 1945[modifier | modifier le code]

Dans le domaine poétique, Jean Bouhier rédige Position poétique de l'école de Rochefort, en 1941.

Après les guerres (1946-1959)[modifier | modifier le code]

La contre-culture (1960-1975)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Spatialisme (poésie) et Fluxus.

En 1963, Pour un nouveau roman, d'Alain Robbe-Grillet[7], à la valeur d'un manifeste a posteriori, le nouveau roman étant déjà apparu dans les années 1950.

En 1969, le Manifesto for Maintenance Art (Manifeste de l'art de la maintenance, ou de l'entretien), de Mierle Laderman Ukeles, artiste américaine. Elle y déclare projeter jusqu'à la conscience les tâches répétitives d'entretien, pour « écouter le bourdonnement de la vie quotidienne ». Elle pensait aux tâches ménagères, dans une perspective féministe, mais son application la plus connue fut réalisée dans un contexte municipal, avec les éboueurs de New-York.[8]

Punk et cyber (1976-1998)[modifier | modifier le code]

Internet (depuis 1999)[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Manifesto (film), Duilio Forte et Stuckisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gabriel Bauret, « Les manifestes dans l'histoire de la peinture », Littérature, vol. 39, no 3,‎ , p. 95–102 (DOI 10.3406/litt.1980.2140, lire en ligne, consulté le 27 décembre 2017)
  2. « Musée d'Orsay: Courbet s'exprime », sur www.musee-orsay.fr, (consulté le 30 décembre 2017)
  3. (en) Ross Finocchio, « Nineteenth-Century French Realism », sur The Met’s Heilbrunn Timeline of Art History, (consulté le 30 décembre 2017)
  4. (en) Lucie-Smith Edward, Symbolist Art, Londres, Thames & Hudson, (ISBN 0500201250), p. 54
  5. Le manifeste. Entre littérature, art et politique - Revue Lignes n°40
  6. a et b Daniel Chouinard, « Sur la préhistoire du manifeste littéraire (1500-1828) », Études françaises, Volume 16, numéro 3-4, octobre 1980, Montréal, p. 28.
  7. Roger-Michel Allemand, « Publication de Pour un nouveau roman d’Alain Robbe-Grillet », Commémorations nationales 2013, Paris, Ministère de la Culture et de la Communication, 2012, p.  268-269.
  8. Mathilde Sauzet, « Sanitation Mierle Laderman Ukeles : l’art de la maintenance », Strabic,‎ (lire en ligne, consulté le 20 novembre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]