Manie Maritz

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Manie Maritz
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Manie Maritz
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Manie Maritz (1876-1940), aussi connu sous le nom de Gerrit Maritz, était un officier boer pendant la seconde guerre des Boers et l'un des leaders de la rébellion Maritz en 1914.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Manie Maritz est né à Kimberley, au Cap-Nord, puis vécut dans la colonie britannique du cap de Bonne-Espérance, et en tant que tel il était un sujet britannique. Il fut baptisé Salomon Gerhardus Maritz. Quand il eut 19 ans, il se rendit à Johannesbourg et fut employé comme chauffeur de taxi par son oncle. Pendant le raid de Jameson, il se porta volontaire comme garde du fort de Johannesbourg. Cela lui permit de devenir citoyen de la République sud-africaine puis de rejoindre la Zuid-Afrikaansche Republiek Politie (ZARP), les forces de police de Johannesbourg[1].

Seconde guerre des Boers[modifier | modifier le code]

Maritz rejoint le commando de Boksburg et le front du Natal[1]. Plus tard, il rejoint le corps de reconnaissance de Daniel Theron et participe à l’invasion de la colonie du Cap. Il finit par se retrouver sur le terrain désertique du Cap Nord-Ouest où il affirme que Jan Smuts l’a nommé veggeneraal (général combattant)[1]. À cette époque, Deneys Reitz faisait partie de l’état-major du général Jan Smuts. Reitz écrit que Maritz n’était qu’un « chef de diverses bandes rebelles. » Si Smuts avait nommé Maritz comme général combattant, Reitz l’aurait su[2].

Vers la fin de la guerre, Maritz ordonna l’assassinat de 35 Khoikhoi dans ce qui devint le massacre de Leliefontein. Gideon Scheepers et Breaker Morant furent traduits en cour martiale et fusillés pour des crimes similaires. Quand la paix fut signée, les Burghers des anciennes républiques furent obligés de déposer les armes et de prêter serment d’allégeance au monarque britannique. Au lieu de cela, Maritz franchit la frontière du Sud-Ouest africain allemand. Dans son autobiographie Maritz ne dit pas pourquoi il l’a fait[1].

Entre deux guerres[modifier | modifier le code]

Il va en Europe, puis à Madagascar et de nouveau en Europe[3]. Il retourne en Afrique du Sud, où il élève des chevaux au Cap. Il aide les Allemands pendant le massacre des Héréros et des Namas. À son retour il se rend au Transvaal, mais il y est arrêté pour y être entré sans avoir signé le serment d’allégeance. Il repart pour le Cap. Lorsque l’État libre élit son gouvernement, il s'y rend, et plus tard il rejoint la police du Transvaal[1].

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1913 il est nommé commandant de la zone militaire tampon avec le Sud-Ouest africain allemand. En août 1914, il est promu lieutenant-colonel[4]. Tout porte à croire qu’il a commencé très tôt à collaborer avec les Allemands. Dès l’automne 1913 (dans l’hémisphère sud), il eut des contacts avec le gouverneur allemand du pays voisin[5].

Le 23 septembre 1914, Maritz reçoit l’ordre d’avancer en direction de la frontière allemande, pour soutenir l’invasion du territoire allemand par l’Union sud-africaine dans les environs de Sandfontein, où une partie de la force du lieutenant-colonel Lukin est bloquée[5]. Il refuse d'obtempérer[5], et reçoit l’ordre de céder le commandement à un autre officier, puis de retourner à Pretoria, mais là encore il refuseBritz. Le 9 octobre, il décide finalement de se rebeller contre les autorités britanniques et prend le parti des Allemands[5]. Le lendemain, il occupe la ville de Keimoes. Puis, le 22 octobre, il est blessé dans une escarmouche avec des troupes gouvernementales et est emmené en territoire allemand[5]. Cette rébellion est connue sous le nom de rébellion Maritz[6].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Quand il rentra en Afrique du Sud en 1923, il fut arrêté et accusé de haute trahison. Il fut condamné à 3 ans d’emprisonnement[5]. Lorsque le Parti national du général Hertzog remporta l’élection de 1924, il fut libéré après seulement trois mois de prison[5]. Au cours des années 1930, Maritz devint un sympathisant nazi et un fervent partisan du Troisième Reich[7]. En 1939, il publia son autobiographie intitulée My Lewe en Strewe (Ma vie et mes espoirs). L'historien Britz souligne que le livre fut écrit de nombreuses années après les événements, et qu'il manque d’objectivité et a une forte charge émotionnelle[5]. Les déclarations antisémites contenues dans son livre lui ont valu d’être poursuivi pour incitation à la haine raciale. Il reçut une amende de 75 £[5].

Décès[modifier | modifier le code]

Il mourut à Pretoria le 19 décembre 1940[6] et est enterré dans le cimetière de l'ouest de la même ville[8].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Le personnage du géneral Manie Roosa, dans le roman de James Rollins et Grant Blackwood, The Kill Switch (2014), est "très vaguement inspiré" de la vie du leader Boer Manie Maritz[9].

Maritz est mentionné à plusieurs reprises dans le roman Greenmantle de John Buchan en 1916 dans lequel les héros, qui sont des espions britanniques, se déguisent en vétérans de la rébellion de Maritz afin d’infiltrer l'état-major allemand.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Manie Maritz, Bloed en Sweet, 1900.
  • Jurgens Johannes Britz, Genl S G (Manie) Maritz se aandeel aan die rebellie van 1914 - 1915, University of Pretoria, 1979.
  • Manie Maritz, My lewe en strew, 1939.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Maritz, Manie, My lewe en strewe, published by the author in 1939.
  2. Reitz, Deneys, Commando: A Boer journal of the Boer War, Albion Press, 2015, Kindle Edition, locations 3916 - 3921.
  3. Deneys Reitz, Trekking On, 2016, p.360 et 602.
  4. Union of South Africa 1915, p. 8.
  5. a b c d e f g h et i Britz, Jurgens Johannes, Genl S G (Manie) Maritz se aandeel aan die rebellie van 1914 – 1915, unpublished M.A. dissertation University of Pretoria, 1979.
  6. a et b EB editors 2010.
  7. Kraus 1944, p. 338.
  8. eGGSA Library website
  9. Rollins, James et Blackwood, Grant, « Prologue », The Kill Switch,‎