Mangiennes

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Mangiennes
Mangiennes
Mairie.
Blason de Mangiennes
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Meuse
Arrondissement Verdun
Canton Bouligny
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Spincourt
Maire
Mandat
Suzanne Pierret
2014-2020
Code postal 55150
Code commune 55316
Démographie
Population
municipale
396 hab. (2016 en augmentation de 0,51 % par rapport à 2011)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 21′ 28″ nord, 5° 31′ 37″ est
Altitude Min. 200 m
Max. 263 m
Superficie 18,32 km2
Localisation

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Mangiennes est une commune du département de la Meuse, dans la région Grand Est, en France dont les habitants sont appelés Mangiennois.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune se situe à l'extrémité nord-est du département de la Meuse, dans la partie septentrionale de la Woëvre, un plateau argileux (datant du Callovien inférieur)[1]. Mangiennes fait partie du canton de Spincourt et de la communauté de communes du pays de Spincourt ; elle est à 11 kilomètres au sud-ouest de Longuyon, à 10 km à l'ouest de Spincourt et à 24 km au nord de Verdun.

Le village est bâti dans la vallée du Loison (un affluent rive gauche de la Chiers), entre Billy-sous-Mangiennes en amont et Villers-lès-Mangiennes en aval.

Entrée de Mangiennes.


Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Propriété des évêques de Verdun, puis de l'abbaye de Saint-Paul en 973[2].

Château de Mangiennes[Quoi ?]

Affaire de Mangiennes[modifier | modifier le code]

Mangiennes est le cadre d'un des tout premiers[3] combats de la Première Guerre mondiale, le . Il s'agit d'un combat de rencontre entre les unités allemandes en reconnaissances et les unités françaises encore en concentration.

Une des craintes des généraux français avant et pendant la mobilisation était de subir une attaque brusquée allemande alors que le gros de l'armée française était encore en pleine concentration le long de la frontière ; en conséquence, les unités casernées à proximité étaient chargées d'assurer une « couverture » à cette concentration. Dans le nord de la Woëvre, de Conflans à Givet, cette tache était confiée à la 4e division d'infanterie du 2e corps d'armée, renforcée par des détachements de la 4e division de cavalerie : entre le et le , les régiments de ces deux divisions se déploient, leurs QG sont à Jametz pour la 4e DI et à Mangiennes pour la 4e DC, couverts eux-mêmes vers la frontière par deux groupes composés chacun d'un bataillon de chasseurs à pied et d'un escadron de hussards à Spincourt et Longuyon[4].

Le 5 août au soir, la 4e DC reçoit l'ordre de rejoindre le corps Sordet en Belgique. Le 8 août, le groupe de Spincourt (18e BCP et 19e chasseurs à cheval) est attaqué par la cavalerie allemande et se replie sur Billy-sous-Mangiennes. Le 9, le 2e corps, faisant désormais partie de la 4e armée, se redéploie à l'ouest (la 4e DI en ligne de Pont-Chaudron[5] à Marville, en passant par Villers, Rupt et Saint-Laurent)[4], laissant la défense de Mangiennes et des villages plus à l'est à la 8e DI du 4e corps (qui vient de débarquer, appartenant à la 3e armée)[6]. En conséquence, dans les tranchées creusées de part et d'autre de Mangiennes, un bataillon du 91e régiment d'infanterie (de la 4e DI, au nord-ouest) est épaulé à partir de h du matin[7] le 10 août par un bataillon du 130e RI (de la 8e DI, au sud-est du village), ainsi que par le 14e hussards (de la 8e DI, en réserve au sud-ouest).

Le 10 août vers h 30, les unités de la 6e division de cavalerie allemande (soutenues par le 5e bataillon de chasseurs à pied allemand) se rapprochent, les tirailleurs soutenus par des mitrailleuses s'installent aux lisières des bois sur la rive droite, tandis que l'artillerie allemande envoie des obus ; les hussards français envoyés en éclaireurs repassent la rivière pour être placés en réserve, tandis que le 1er bataillon du 130e RI prend position sur la cote 222 au sud-est de Mangiennes. À 13 h 30, une batterie d'artillerie à cheval allemande se positionne à l'ouest du bois de Saint-Médard au nord de Mangiennes ; elle est contre-battue par la 1re batterie du 42e régiment d'artillerie français pendant vingt minutes avec des obus explosifs : un caisson allemand saute, les artilleurs comme les chevaux sont fauchés et trois canons de 77 mm sont abandonnés[8]. À 16 h, les 1er et 2e (qui vient de rejoindre) bataillons du 130e RI se portent spontanément (échappant à leurs officiers) en avant jusqu'à la Loison, se faisant mitrailler par les Allemands avant de se replier vers Romagne-sous-les-Côtes (pertes totales des deux bataillons du 130e : 124 morts et 461 blessés)[6],[9]. À 16 h 45, la 6e batterie (Lombal) du 42e RA matraque avec une centaine d'obus le Dragoner-Regt. Nr 21 allemand qui était pied à terre[4] vers la corne nord du bois Grand Chanel[8]. À 17 h, le général von Schmettow, commandant de la 6. Kavallerie-Division, ordonne le repli sur Pillon[10], à cause de la menace sur son flanc créée par l'attaque du 120e RI entre Villers-les-Mangiennes et Saint-Laurent-sur-Othain. Il s'ensuit une suspension des combats consacrée au rapatriement des blessés dans les ambulances respectives, à Pillon pour les Allemands.

Le soir du 10 août, l'état-major du 4e corps français annonce par erreur à celui de la 3e armée qu'une division allemande s'est emparée de Mangiennes ; à 23 h 5, la 3e armée rend compte par télégramme au GQG : « Dans l'après-midi avant-postes du 130e Mangiennes attaqués par forces importantes estimées à une division avec six ou sept batteries. Ces deux bataillons bien que soutenus efficacement par un groupe d'artillerie qui aurait eu la supériorité du feu se sont retirés à la nuit sans être poursuivis. 130e aurait subi pertes sérieuses. »[11], d'où l'ordre envoyé du GQG à h 45 de monter une attaque conjointe des 4e et 2e corps pour le lendemain 11 août. Cet ordre est annulé au matin[12]. Les officiers d'état-major français en concluent la supériorité de l'artillerie française sur celle allemande et qu'« il y a lieu de prendre des précautions contre le tir des mitrailleuses qui est très meurtrier, surtout lorsque l'objectif se présente de flanc ou d'écharpe »[13].

Les morts allemands sont ultérieurement majoritairement enterrés à la nécropole de Pierrepont, seulement une vingtaine le sont dans celui de Mangiennes. Un monument commémoratif de la bataille a été élevé par les Français sur la route de Billy, avec une stèle explicative : « De cette côte, baïonnette au canon, 2000 poilus s'élancent au-delà de la Loison. Des hauteurs de Pillon, l'ennemi repousse la charge. De ce premier combat de la guerre 14/18 sur le sol de France, 120 Français, 243 Allemands y laissèrent leur vie »[14]. L'association « Mangiennes histoire » organise en août une commémoration et une marche (« la marche des bleuets »)[15].

Arrière-front allemand[modifier | modifier le code]

À partir de l'automne 1914 jusqu'en 1918, Mangiennes se trouve derrière les lignes allemandes, en territoire occupé.

Les troupes impériales aménagent leurs arrières notamment en préparation de la bataille de Verdun, avec par exemple à Mangiennes la construction d'un château d'eau en béton, à Duzey (à l'est de Mangiennes) un emplacement de tir bétonné pour un canon de 380 mm[16] ou à Loison (au sud-est de Mangiennes) le camp Marguerre comprenant une usine à béton[17].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Les autorités françaises regroupèrent les petits cimetières après 1918 : le cimetière militaire de Mangiennes, créé en 1920, reçu ainsi les corps des six cimetières de Loison et des cinq de Gremilly[18]. Un accord de 1926 permis à l'association allemande Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge d'entretenir les cimetières militaires allemands sur le sol français, d'où des terrassements dès 1928 et la plantation d'arbres en 1930. La conception finale du cimetière date des années 1960.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 mars 2008 Yvette Bastien    
mars 2008 En cours Suzanne Pierret    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[19]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[20].

En 2016, la commune comptait 396 habitants[Note 1], en augmentation de 0,51 % par rapport à 2011 (Meuse : -2,33 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
608628783800819841855918982
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
916923950868850831832802784
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
731722669535478454485445467
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
476458364359348351384389393
2016 - - - - - - - -
396--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[21] puis Insee à partir de 2006[22].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Vue partielle du cimetière allemand.
  • L'église Saint-Rémy, construite en 1854, en partie détruite lors d'un bombardement en 1918 et reconstruite ensuite. Un vitrail de 1926 évoque les combats de 1916[14].
  • La chapelle Saint-Hubert, construite en 1719.
  • Le monument aux morts.
  • Le mémorial du 130 RI.
  • Le cimetière militaire allemand (Deutscher Soldatenfriedhof Mangiennes), aménagé en bordure sud-ouest de l'agglomération, tout près du centre du village : s'y trouvent 3 332 tombes allemandes et deux ossuaires contenant les restes de 257 Allemands pour l'un et de 116 pour le second. Au total, y reposent 3 589 hommes, dont un Autrichien, un artilleur du k.u.k. Feldartillerieregiment 206 envoyé près de Verdun en soutien des troupes allemandes[18].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Éric Poitevin, photographe et plasticien né en 1961, vit à Mangiennes.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Mangiennes Blason D'argent au canard colvert au naturel volant en fasce ; embrassé à dextre coupé : au 1er d'azur à la tour carrée d'or vidée et mouvant de la pointe, et au 2e de gueules à la feuille de chêne d'argent posée en bande.
Détails
Création Dominique Larcher. Adopté le 30 juin 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Bernard-Joseph-Marie-Charles Pugens (lieutenant-colonel), Mangiennes (10 août 1914), Paris, Limoges et Nancy, Charles-Lavauzelle, , 76 p. (ISBN 978-2702508190, notice BnF no FRBNF31157973).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Notice explicative de la feuille Longuyon-Gorcy à 1/50000, Orléans, Bureau de recherches géologiques et minières, coll. « Carte géologique de la France », 13 p. (lire en ligne).
  2. « Histoire et évènements à travers le temps », sur jean1668.free.fr.
  3. Le combat de Mangiennes, le 10, est postérieur au début du siège de Liège (à partir du 5) et de la bataille de Mulhouse (qui commence le 7).
  4. a b et c « Journal des marches et opérations du 2e corps d'armée », sur http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/.
  5. Pont-Chaudron est un hameau à l'ouest de Mangiennes sur la route de Villers.
  6. a et b « Journal des marches et opérations du 4e corps d'armée », sur http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/.
  7. « Journal des marches et opérations de la 8e division d'infanterie », sur http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/.
  8. a et b « Journal des marches et opérations du 42e régiment d'artillerie de campagne », sur http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/.
  9. Les pertes du 130e RI sont compensées par le transfert de 350 réservistes et de 7 officiers provenant des 315e et 317e RI le 12 août. Source : « Journal des marches et opérations du 130e régiment d'infanterie ».
  10. « Combat de Mangiennes (10 août 1914) », sur http://www.sambre-marne-yser.be/.
  11. Télégramme du général commandant la 3e armée au général commandant le groupe d'armées, le 10 août 1914, cité dans Naërt et al. 1936, tome I, 1er volume, annexes, p. 182, disponible sur Gallica.
  12. Maurice Naërt, Lefranc, Gratien Laxague, Jean Courbis et J. Joubert, Les armées françaises dans la Grande guerre, t. 1, Paris, Impr. nationale, , 602 p., p. 348, disponible sur Gallica.
  13. Compte-rendu sur le combat de Mangiennes du général commandant le 2e corps d'armée au général commandant la 4e armée, le 12 août 1914, cité dans Naërt et al. 1936, tome I, 1er volume, annexes, p. 227, disponible sur Gallica.
  14. a et b « Mangiennes », sur http://patrimoine-nord-meusien.eklablog.fr/.
  15. « Cérémonie de la bataille de Mangiennes », sur http://www.verdun-meuse.fr/.
  16. « Le site du canon "Lange Max" de Duzey », sur http://meuse.xooit.com/.
  17. « Le Camp Marguerre », sur http://www.codecom-spincourt.fr/.
  18. a et b (de) « Mangiennes », sur http://www.volksbund.de/.
  19. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  20. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  21. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  22. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.