Manche (aéronautique)

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Le manche est, en aéronautique, l'une des commandes de vol située dans le poste de pilotage d'un avion ou d'un hélicoptère.

Cas de l'avion[modifier | modifier le code]

Le dispositif permet au pilote de commander l'attitude de l'avion sur les axes de tangage et de roulis en agissant, respectivement, sur les ailerons et sur la profondeur.

Le principe a été inventé et breveté au début du XXe siècle. On attribue généralement cette invention au français Robert Esnault-Pelterie, mais le britannique Alliott Verdon-Roe déposa en novembre 1906 le brevet No 26099 relatif à un "dispositif de contrôle de la stabilite et de la direction d’un aéronef au moyen d’une commande unique".

Le manche classique est un simple levier situé entre les jambes du pilote, d'où l'appellation familière de manche à balai ou en anglais de joystick (littér. bâton de plaisir) allusion non voilée à sa forme et sa position Il est articulé au niveau du plancher et inclinable dans les quatre directions (avant, arrière, droite, gauche).

Sur les avions plus lourds, les efforts à exercer étant plus importants, il a été remplacé par un volant ou un guidon monté sur colonne.

Le développement des commandes électriques a permis de le réduire à un mini-manche et de le positionner sur le côté afin de dégager la vue sur la planche de bord.

La transmission des efforts entre le manche, et plus généralement l'ensemble des commandes de vol, et les gouvernes se fait par l'intermédiaire de câbles. Sur les avions plus lourds et plus récents les efforts ont été réduits par le développement de systèmes d'assistance mécanique ou hydraulique. Sur les avions les plus performants les commandes sont transmises à des actionneurs électriques éventuellement par l'intermédiaire d'un ordinateur.

Article détaillé : Commande de vol.

Fonctions secondaires[modifier | modifier le code]

Les manches se terminent par une poignée pouvant comporter un grand nombre d'organes de commande tels que la touche de communication radio, une gâchette permettant de déclencher l'ouverture du crochet d'élingue ou de treuil (largage d'eau sur un foyer d'incendie ou transport de charges), les boutons de gestion des armements sur les avions ou hélicoptères de combat.

Ceci permet au pilote de contrôler son appareil en conservant les mains sur la manette des gaz et le manche à balai (système HOTAS).

Types[modifier | modifier le code]

La forme en volant, ou en guidon, notamment dans la plupart des avions de ligne permet d'utiliser les deux mains. L'inclinaison droite-gauche est remplacée par la rotation du volant. Le terme anglais yoke = joug et le terme allemand Steuerhorn = cornes de commande évoquent mieux la relation avec des cornes de taureau.

Sur les avions à commandes électriques le manche peut être remplacé par une simple poignée puisqu'il n'y a plus d'efforts à transmettre. De plus, en le situant sur le côté, on peut dégager totalement l'espace situé entre le pilote et le tableau de bord. Il est utilisé dans de nombreux appareils de combat militaires comme les F-16 Fighting Falcon, Mitsubishi F-2, Dassault Rafale et F-22 Raptor, ainsi que dans des avions civils comme les Sukhoi Superjet 100, Airbus A320 et Airbus A380.

Cas de l'hélicoptère[modifier | modifier le code]

Manche cyclique de l'hélicoptère Alouette

Les hélicoptères sont équipés de deux manches :

  • le manche de pas cyclique : levier placé entre les jambes du pilote (comme le manche à balai) qui sert à diriger l'appareil dans le plan horizontal (translation avant, arrière et latérale) en modifiant l'inclinaison de l'ensemble du disque du rotor, ce qui change le pas de façon inégale pour chaque pale,
  • le manche de pas général (ou pas collectif) : levier placé sur la gauche du pilote qui commande la montée ou la descente dans le plan vertical en modifiant l'angle des pales du rotor « collectivement ».

Le manche cyclique est lié au plancher via une liaison rotule, permettant le déplacement du manche avant/arrière et gauche/droite, et est équipé d'une masse d'équilibrage afin de déplacer le centre de gravité du manche sous le plancher : si le pilote lâche le manche, la masse d'équilibrage le ramène à la verticale.

Le manche collectif est lié au plancher par une liaison pivot. Il est équipé d'une masse d'équilibrage, qui le maintient en position quand le pilote lâche le manche, ainsi que d'un système à ressort indiquant au pilote que ce dernier atteint une position limite.

Ces deux manches sont aussi équipés de dispositifs à friction permettant de durcir momentanément les commandes.