Manasie Akpaliapik

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Manasie Akpaliapik
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Naissance
Nationalité
Activité

Manasie Akpaliapik, né le , dans le nord de l’île de Baffin, est un sculpteur canadien inuit.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de sculpteurs Manasie Akpaliapik s’installe avec sa famille à Arctic Bay en 1967. Manasie apprend le métier à leur contact. À douze ans, il est envoyé dans un pensionnat d’Iqaluit qui interdit l’usage de sa langue, l’inuktitut, et nie les croyances traditionnelles. En colère, Manasie quitte ce lieu à l’âge de seize ans, et retourne vivre à Arctic Bay où il se mariera .

Suite du décès de sa femme et de ses deux fils dans un incendie en 1980[1], il quitte pour Montréal. Accordant à la sculpture une rôle thérapeutique, il se remet intensivement à la sculpture, apprend de nouvelles techniques et utilise de nouveaux matériaux. En 1989, le Conseil des arts lui octroie une bourse afin de retourner à Arctic Bay et d’y apprendre la danse du tambour, la fabrication d’un kayak, et aussi de côtoyer les aînés pour recueillir les récits et les légendes de la culture traditionnelle inuit.

S'il lui arrive de critiquer l'exploitation commerciale de l'art inuit, il s'intéresse aussi à l'enseignement artistique et anime souvent des ateliers de sculpture. Figure atypique, profondément originale et préoccupée par la préservation et la transmission de la culture inuit, son œuvre est déjà l'objet d'une réflexion critique de la part de spécialistes comme David Harris et Bill Moore[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Si nombre de ses sculptures évoquent des légendes chamaniques relatives aux rapports spirituels de l'homme avec le monde animal (par la représentation d'être hybrides évoquant la métamorphose chamanique de l'homme en animal), Akpaliapik s'intéresse aussi aux problèmes actuels. Il est l'un des rares artistes osant évoquer dans son œuvre les problèmes liés à l'abus de la drogue et de l'alcool qui sévit dans la société inuit contemporaine[3]. Il privilégie les matériaux comme les os de baleine, le bois de caribou, l’ivoire de morse ou de narval qui proviennent d’animaux morts à l’état sauvage. Il est notamment l'auteur de grandes pièces en os de baleine où la matière osseuse est creusée en profondeur et les détails de la sculpture traités avec un soin particulier.

Ses œuvres se trouvent dans les principales collections d'art inuit privées ou publiques du Canada (Museum of Art at the University of Oklahoma : Revenge (1997), MacKenzie Art Gallery, Winnipeg Art Gallery, Musée des beaux-arts du Canada : Qalupiluk (1991), Museum of Inuit Art, Musée national des beaux-arts du Québec[4] : La Maternité[5], Autodestruction, Composition, Hommage aux animaux (1996)). La Création du monde se trouve au Musée des Confluences, à Lyon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice sur le site du musée des beaux-arts du Canada.
  2. Repère, volume 1, p. 168, bibliothèque nationale du Québec, Services documentaires Multimedia, 2005.
  3. Œuvre de l'artiste traitant de l'alcoolisme, musée des beaux-arts du Canada.
  4. Igloliorte, Heather L., et Musée national des beaux-arts du Québec,, Art inuit. La collection Brousseau : guide de collection (ISBN 9782551258604 et 255125860X, OCLC 958142378, lire en ligne), p. 48-49
  5. Marine Van Hoof, « La collection d’art inuit Brousseau », Vie des arts, vol. 50, no 205,‎ , p. 21–23 (ISSN 0042-5435 et 1923-3183, lire en ligne, consulté le 19 janvier 2020)

Annexe[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]