Man (Côte d'Ivoire)
| Man | |||
Ville de Man | |||
| Administration | |||
|---|---|---|---|
| Pays | |||
| District | District des Montagnes | ||
| Région | Tonkpi | ||
| Département | Man | ||
| Maire | Aboubakar Sidiki Fofana | ||
| Démographie | |||
| Gentilé | Manoise, Manois | ||
| Population | 241 969 hab. (2021) | ||
| Densité | 372 hab./km2 | ||
| Géographie | |||
| Coordonnées | 7° 24′ nord, 7° 33′ ouest | ||
| Altitude | Min. 340 m m Max. 1 223 m m |
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| Superficie | 65 000 ha = 650 km2 | ||
| Divers | |||
| Langue(s) parlée(s) | Français, Yacouba, Wé | ||
| Localisation | |||
| Géolocalisation sur la carte : Côte d'Ivoire
Géolocalisation sur la carte : Côte d'Ivoire
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Man est une grande ville du nord ouest de la Côte d'Ivoire, la capitale du district des Montagnes et le chef-lieu de la région du Tonkpi. En 2021, elle est la onzième ville la plus peuplée de la Côte d'Ivoire.
Historique
[modifier | modifier le code]La ville de Man est surnommée « la ville aux 18 montagnes », appellation couramment utilisée pour désigner le relief montagneux qui l’entoure dans l’ouest de la Côte d’Ivoire[1],[2].
Selon la tradition locale rapportée par des travaux ethnographiques, la ville tirerait son nom du sacrifice du patriarche Gbê, chef de canton de Gbêpleu, à la fin du XIXe siècle siècle. Ce récit de fondation, mentionné dans plusieurs études consacrées aux peuples de l’ouest ivoirien, évoque le sacrifice de sa fille unique, Manlé, dans la forêt sacrée de Gbêpleu, afin d’assurer la protection et le développement de l’établissement humain naissant[3],[4],[5].
La forêt de Gbêpleu est aujourd’hui protégée et constitue un site patrimonial de la région, régulièrement mentionné dans les études consacrées aux traditions et aux paysages culturels de l’ouest ivoirien[4].
Végétation
[modifier | modifier le code]La végétation de Man est caractéristique de l’ouest montagneux de la Côte d’Ivoire et se compose principalement de formations forestières humides, présentes sur les versants et les flancs des massifs environnants. Ces formations sont rattachées aux reliques de la forêt dense humide guinéenne décrites dans les études géographiques consacrées à la région du Tonkpi[6].
Le relief montagneux influence le climat local. Selon les données climatiques régionales, Man connaît un climat de type tropical humide, marqué par une saison des pluies prononcée, avec des précipitations favorisées par l’altitude et le relief environnant[7].
Administration
[modifier | modifier le code]Man est le chef-lieu du département du même nom.
Une loi de 1978[8] a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays.
| Date d'élection | Identité | Parti | Qualité | Statut |
|---|---|---|---|---|
| 1965 | Dion Robert | PDCI-RDA | Homme politique | élu |
| 1970 | Dion Robert (décédé le ) | PDCI-RDA | Homme politique | réélu |
| 1985 | Jacquet Florent Droh (décédé le ) | PDCI-RDA | Homme politique | élu |
| 1990 | Gilbert Bleu-Lainé | PDCI-RDA | Homme politique | élu |
| 1995 | Phylippes Sianélé Bouys | PDCI-RDA | Homme politique | élu |
| 2001 | Albert Flindé | UDPCI | Homme politique | élu |
| 2011 | Tia André | PDCI-RDA | Homme politique | élu |
| 2015 | Aboubakar Sidiki Fofana | RHDP | Homme politique | élu |
| 2023 | Aboubakar Sidiki Fofana | RHDP | Homme politique | élu |

Après les évènements de 2002, la ville, comme toutes les localités du nord du pays, a été placée sous l'administration du MPCI devenu les Forces nouvelles de Côte d'Ivoire[9] et se trouvait de fait sous l'autorité unique d'un « commandant de zone » (« com-zone »). Ce « commandant de zone », comme pour chacun des 10 secteurs de la zone nord ivoirienne, était désigné par le secrétaire général des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire, à l'époque Guillaume Soro. Man était désigné depuis 2006 sous le terme de Zone n° 6[10].
Représentation politique
[modifier | modifier le code]| Date d'élection | Identité | Parti | Qualité | Statut |
|---|---|---|---|---|
| 2012 | Sidiki Konaté | RDR | Homme politique | élu |
| Date d'élection | Identité | Parti | Qualité | Statut |
|---|---|---|---|---|
| 2001 | Siki Blon Blaise | UDPCI | Homme politique | élu |
| 2023 | Aboubakar Sidiki Fofana | RHDP | Homme politique | élu |
Société
[modifier | modifier le code]La région de Man est célèbre pour ses danses traditionnelles et sites touristiques.
Démographie
[modifier | modifier le code]Selon le recensement de 2021, la ville compte 241 969 habitants[11]. La population est constituée principalement de Yacoubas, Wobés et Touras. D’autres ethnies du pays comme : les Guérés, les Mahou (ka), les Malinké, les Koyaka, les Sénoufo et les Baoulé s’y trouvent également. À côté de ceux-ci, on y trouve les ressortissants des pays voisins et de la sous-région partagent l’espace avec ces derniers. Ainsi, on rencontre des Burkinabé, des Guinéens, des Maliens, des Sénégalais et des Nigériens[12].
| 1975 | Rec. 1988 | Rec. 1998 | Est. 2012 | Est. 2015 | Rec. 2021[13] |
|---|---|---|---|---|---|
| 50 288 | 88 294 | 116 657 | 172 867 | 214 220 | 241 969 |
Éducation
[modifier | modifier le code]L'université de Man est un établissement d'enseignement supérieur public de la ville. L'université est dédiée aux formations en Agroforesterie, Tourisme, Mines[14] et Géologie, Énergie, Métallurgie et Mécanique.
Il y a au sein de la ville, une Institution de Formation et d'Éducation Féminine (IFEF[15]).
La ville de Man abrite 44 écoles primaires qui accueillent 14 000 élèves et 2 lycées et 8 collèges pour 11 000 élèves.
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Écoles de formation professionnelle
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Université & Grande école
Enseignement secondaire
Lycée privé
Collège public
Collège privé
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Le département compte aussi une Institution de formation et d'éducation féminine (IFEF) située au chef-lieu, l'un des 90 centres de cette nature au pays. Cette institution a pour but de permettre aux femmes analphabètes, aux jeunes filles non scolarisées ou déscolarisées et aux femmes agricultrices de trouver une opportunité pour le développement de nouvelles aptitudes permettant leur insertion, leur empouvoirement et leur autonomisation[17].
Économie
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On y travaille les pierres et des métaux précieux pour l'exportation. Jusqu'au milieu des années 1980, le travail de l'ivoire constituait une ressource économique importante pour la ville, mais depuis cette ressource a tari par l'interdiction du commerce international de l'ivoire[18],[19]. La région vit aujourd'hui principalement de son agriculture (bois, cacao, café) destinée à l'exportation.
Langues
[modifier | modifier le code]Depuis l'indépendance, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population, est le dioula mais les langues vernaculaires de la région sont le Dan (langue maternelle des Yacoubas) et le Wê (parlé par les Wês et le peuple Wobé)[20]. Le français effectivement parlé dans la région, comme à Abidjan, est communément appelé le français populaire ivoirien ou français de dago[Note 1] qui se distingue du français standard par la prononciation et qui le rend quasi inintelligible pour un francophone non ivoirien. Une autre forme de français parlé est le nouchi, un argot parlé surtout par les jeunes et qui est aussi la langue dans laquelle sont écrits deux magazines satiriques, Gbich! et Y a fohi. Le département de Sassandra accueillant de nombreux ivoiriens issus de toutes les régions du pays, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées.
Religion
[modifier | modifier le code]La ville de Man a une grande communauté Islamique.

Man est le siège d'un évêché catholique créé le .
Sports
[modifier | modifier le code]Les compétitions sportives se déroulent exclusivement au chef-lieu du département, les autres localités ne disposant d'aucune infrastructure dédiée : la ville dispose d'un club de football, le Man FC qui évolue en MTN Ligue 2. Un autre club, le Angelique FC de Man, évolue en Championnat de Côte d'Ivoire de football de division régionale, équivalent d'une 4e division. Comme dans la plupart des villes du pays, il est organisé, de façon informelle, des tournois de football à sept joueurs qui, très populaires en Côte d'Ivoire, sont dénommés Maracana. Le handball est également pratiqué, particulièrement par les filles, élèves du lycée de la ville.
Tourisme
[modifier | modifier le code]Man est l’une des principales destinations touristiques de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Selon le ministère ivoirien du Tourisme, la ville est notamment réputée pour ses paysages montagneux, ses cascades — dont la cascade de la Dent de Man — ainsi que pour ses ponts de lianes traditionnels, éléments du patrimoine culturel local[21].
La ville est située au pied du mont Tonkoui, point culminant de la région, qui constitue un site d’intérêt touristique et paysager[22].
Les manifestations culturelles traditionnelles, notamment les danses masquées pratiquées par les populations locales, participent également à l’attractivité touristique de la région[23].
La région de Man est par ailleurs connue pour sa production de café, cultivé dans les zones montagneuses environnantes, activité évoquée dans plusieurs études agricoles consacrées à l’ouest ivoirien[24].
Sites Touristiques
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- La région de Man a un riche patrimoine culturel et touristique. Elle est le porte-drapeau du tourisme ivoirien avec ses sites naturels, ses danses et fêtes traditionnelles[25].
- Concernant le patrimoine des villages environnants, à diverses occasions, dans les moments de joie et même de grandes tristesses, on assiste à l’exécution de diverses danses folkloriques. Le « Toua Tan » avec le cor comme instrument de musique, le «Medy», les masques sacrés et aussi les échassiers[26].
- Nombreux et impressionnants ponts de lianes toujours construits nuitamment (déconseillés aux personnes sujettes au vertige). Seuls les initiés ont le droit de construire les ponts de lianes. Le plus haut de la région est le pont de Vatouo, à 100 km au sud-est de Man.
- Nombreuses cascades spectaculaires dans les environs, dont celle de Zadepleu à 5 km de Man. Elle est la plus grande de Côte d'Ivoire, et se trouve dans une zone sacrée. Chaque année, au pied de la cascade, l'autel de rituels accueille des sacrifices par les sages.
- Cascade de Zadepleu.
-
En saison sèche.
-
En saison des pluies.
-
Baignade.
-
Village de Zadepleu.
- Parc national du Mont Sangbé à proximité.
- Mont Tonkoui, l'un des plus hauts sommets du pays (1189 m.)
- Mines de Fer de Kirao, construites par la société Panafrica en 2007. Ces mines abandonnées forment à présent des grottes interminables dans le mont Kirao.
- La dent de Man : ce mont de 881 m à 8 km de Man trône sur la ville. Ce mont est un terrain de randonnées pour les touristes, qui doivent compter en cinq et six heures de marche en aller-retour.
- Des festivals de danses traditionnelles sont nés, mais ont vite sombré. Un des festivals, le FECADAN (Festival de la Culture et des arts Dan), chaque année (en juin) nous permet de voir, les danses traditionnelles et les concours culinaires, la célébration de la fête des ignames, les courses de masques[27].
- Danses sur échasses, typiques des Yacouba.
- Fôret sacrée de Gbêpleu: sacrée à la suite d'un sacrifice humain au XIXe siècle, la forêt se situe à 3 km du centre-ville. Elle est aujourd'hui connue pour sa forte concentration en singes verts (Chlorocebus Sabaeus) friands de bananes douces, et qui font la joie des touristes.
Géographie
[modifier | modifier le code]Man est située dans l’ouest de la Côte d'Ivoire, dans une région montagneuse caractéristique du massif de l’Ouest ivoirien. La ville se trouve au pied du mont Tonkoui, dont l’altitude atteint 1 223 m, ce qui en fait l’un des reliefs les plus élevés du pays[28].
Cette situation géographique influe sur le climat local, qui reste de type tropical mais se distingue par des températures moyennes plus modérées que dans les zones de plaine, en raison de l’altitude[7].
La ville est entourée de collines et de montagnes couvertes de formations forestières, configuration paysagère à l’origine de son surnom de « ville aux 18 montagnes », fréquemment mentionné dans les descriptions géographiques et touristiques de la région[29].
Situation
[modifier | modifier le code]Personnalités
[modifier | modifier le code]- Cyril Domoraud, footballeur
- Sidiki Konaté, député de Man
- Ambroise Gboho, footballeur professionnel
- Yaya Diomandé, écrivain
- Roseline Layo, chanteuse
- Mawa Traoré, chanteuse
Jumelage
[modifier | modifier le code]Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Si, à Abidjan et dans le nord, on parle de français de Moussa, dans l'ouest du pays, on parle de français de Dago
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ « La ville de Man », sur Man-ville.net (consulté le )
- ↑ « Histoire de la ville de Man », sur Visiter Man (consulté le )
- ↑ Georges Niangoran-Bouah, Peuples et traditions de Côte d’Ivoire, CEDA, , 112-115 p.
- ORSTOM, Atlas ethnographique de la Côte d’Ivoire, ORSTOM,
- ↑ « Traditions et récits de fondation en Côte d’Ivoire », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
- ↑ « Géographie physique de la Côte d’Ivoire », sur Université Laval – Centre d’études francophones (consulté le )
- « Données climatiques de Man », sur Climate-Data.org (consulté le )
- ↑ Loi no 78-07 du 9 janvier 1978
- ↑ Le site officiel des Forces nouvelles de Côte d'Ivoire
- ↑ Organisation des 10 secteurs du nord ivoirien sous la tutelle du MPCI
- ↑ « RGPH, 2021 », sur ins.ci
- ↑ « La ville de Man – Man-ville.net – l'Ouest à portée d'un clic! » (consulté le )
- ↑ https://www.ins.ci/RGPH2021/RGPH2021-RESULTATS%20GLOBAUX_VF.pdf
- ↑ « Université de man : un pôle scientifique au service du développement du grand ouest », sur GOUV.CI (consulté le ).
- ↑ « INSTITUTION DE FORMATION ET D'EDUCATION FEMININE (IFEF) : LA MINISTRE RAMATA LY-BAKAYOKO LANCE LES EPREUVES DE L'EXAMEN DE FIN DE FORMATION », sur GOUV.CI (consulté le )
- ↑ « Université Evangélique Internationale de Man », sur UEIM (consulté le )
- ↑ « APPUI INSTITUTIONNEL A LA REDYNAMISATION DES STRUCTURES SOCIALES ET DES INSTITUTIONS DE FORMATION ET D’EDUCATION FEMININE EN ZONE CENTRE - NORD - OUEST », sur Site du SNDI
- ↑ « Interdiction du commerce de l’ivoire en Europe », sur IFAW (consulté le )
- ↑ Arrêté du 4 mai 2017 portant modification de l'arrêté du 16 août 2016 relatif à l'interdiction du commerce de l'ivoire d'éléphants et de la corne de rhinocéros sur le territoire national (lire en ligne)
- ↑ Partage de territoire : coexistence du français et des autres langues locales dans une ville ivoirienne. Cécile Van den Avenne. Université de Provence.
- ↑ « Sites touristiques de l’ouest ivoirien », sur Ministère du Tourisme et des Loisirs (Côte d’Ivoire) (consulté le )
- ↑ « Sites touristiques de la région du Tonkpi », sur abidjan.net (consulté le )
- ↑ « Patrimoine culturel et traditions de l’ouest ivoirien », sur Ministère de la Culture et de la Francophonie (consulté le )
- ↑ « Zones de production du café en Côte d’Ivoire », sur Centre National de Recherche Agronomique (consulté le )
- ↑ Fondation Atef OMAÏS, Le Fatom Côte d'Ivoire, Côte d'Ivoire, Malika, , 367 p., p. 263
- ↑ Fondation Atef OMAÏS, Le Fatom Côte d'Ivoire, Côte d'Ivoire, Malika, , p. 263
- ↑ Fondation Atel OMAÏS, Le Fatom Côte d'Ivoire, Côte d'Ivoire, Malika, , p. 263
- ↑ « Relief et topographie de la Côte d’Ivoire », sur Université Laval – Centre d’études francophones (consulté le )
- ↑ « Présentation géographique et touristique de la région du Tonkpi », sur abidjan.net (consulté le )
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Les populations Yacouba - Toura - Ouobé dans la subdivision de Man (Côte d’Ivoire). Résultats d’une enquête démographique 1948-1949. Bulletin Médical de l’AOF, vol. 7, fasc.2, 1950, pages 149-160
Liens externes
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- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
