Mame-Fatou Niang

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Mame-Fatou Niang
Description de cette image, également commentée ci-après
Mame-Fatou Niang en 2017.
Nationalité Drapeau : France Française
Drapeau : Sénégal Sénégalaise
Profession
Formation

Mame-Fatou Niang est une maîtresse de conférence franco-sénégalaise qui enseigne la littérature française et francophone à l'Université Carnegie-Mellon à Pittsburgh (Pennsylvanie) et qui s’intéresse aux questions urbaines dans la littérature française contemporaine, ainsi qu’à l’étude de la diaspora noire en Europe[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

En master d’anglais à l'université Lyon II et travaillant son mémoire sur Virginia Woolf, elle fait un semestre d’échange à l'Université Brown (Rhode Island) : « J’ai fait un papier sur le rire noir, en comparant avec Jean Miché Kankan, un humoriste que j’adorais quand j’étais petite. Et on m’a proposé de rester. La fac m’a offert une bourse et j’ai fait un mémoire sur la fonction du rire et de la joie noirs et sur comment ils se sont transportés d’Afrique en Amérique. J’y ai fait ensuite mon doctorat sur la représentation des périphéries dans la littérature et le cinéma français contemporain, avec un focus sur l’étude des banlieues et la représentation des femmes noires[3]. ».

Elle constate alors la faiblesse des études françaises sur la question des Noirs en France : « En travaillant sur ma thèse, je me suis rendue compte que je trouvais plus d’informations en tapant des recherches en anglais plutôt qu’en français[3]. » ; « Dans la recherche, on est obligé d’emprunter des mots américains, alors que nous ne sommes pas du tout dans la même réalité et la même histoire que les Anglo-Saxons[4]. » Elle dit en 2017 : « Je suis très critique à l'égard des États-Unis aussi, mais la facilité avec laquelle j'ai pu faire mes études et le soutien que j'ai reçu ont révélé beaucoup de questionnements que j'avais par rapport à la France. Et je travaille sur la France, je travaille sur ces questions (...) Maintenant, je me pose la question du retour. On retombe sur cette question de la visibilité (...) Ces sujets de recherches sont respectés parce qu'on se rend compte que cela renvoie à des questionnements légitimes[5] ».

En avril 2019, elle est à l'origine d'une pétition avec Julien Suaudeau pour faire retirer une fresque du peintre Hervé Di Rosa ayant pour thème l'abolition de l'esclavage à l'Assemblée nationale car la représentation des esclaves sous des traits caricaturaux (grosses lèvres, etc.) est considéré raciste par les pétitionnaires[6],[7].

Mariannes noires[modifier | modifier le code]

Elle soutient une thèse, intitulée De l'autre côté du périph' : les lieux de l'identité dans le roman féminin de banlieue en France, à l'université d'État de Louisiane[8], puis devient documentariste et professeure à l’université Carnegie-Mellon de Pittsburgh[9]. En 2015, elle réalise, avec une de ses étudiantes, Kaytie Nielsen, le film Mariannes noires, qui traite de la question de la représentation des femmes noires en France[2] d'abord pour illustrer ses cours : « On peut leur faire lire de la théorie, mais c'est une civilisation du visuel donc il faut un travail par l'image[5]. » Parfois perçues comme venues d'ailleurs, alors que leur cœur bat d'abord pour la France, les sept personnes interrogées sont des femmes « toutes originales, toutes fortes et toutes finalement, très banales. Et c'était important pour moi de le montrer »[5]. « La première question est souvent : pourquoi ce titre ? Une spectatrice intriguée et un peu excédée nous a demandé : pourquoi accoler cet adjectif « noir » à un symbole de la République qui est censée être neutre ? Officiellement, la République n’a pas de race, pas de couleur. Et je trouve cette question assez symptomatique d’un mal que j’ai essayé de pointer dans mon documentaire. Car la République a une couleur. Marianne a une couleur depuis sa création[4] ».

En 2017, Mariannes noires est projeté à la 7e édition du Festival international de films de la diaspora africaine (Fifda) à Paris[4] puis au festival Cinébanlieue à Saint-Denis. Le film a été diffusé dans près de 20 pays, et est programme d'une quarantaine d'universités en France, aux Etats-Unis, en Angleterre, au Brésil, etc. Son deuxième film doit se nommer « Téri ».

Publications[modifier | modifier le code]

  • « Être ou ne pas être Charlie: conversations avec de jeunes habitants de la Grande Borne », Contemporary French Civilization, vol. 41, no 2,‎ , p. 319-324 (lire en ligne, consulté le 3 décembre 2018).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Mame-Fatou Niang », sur cmu.edu (consulté le 12 novembre 2017).
  2. a et b « Mame-Fatou Niang », sur revue-urbanites.fr (consulté le 12 novembre 2017).
  3. a et b Rouguyata Sall, « Mame-Fatou Niang : "Les femmes noires passent pour extraordinaires car on ne les montre pas assez" », bondyblog.fr, (consulté le 12 novembre 2017).
  4. a b et c Siegfried Forster, « Des « Mariannes noires » au Festival de films de la diaspora africaine (Fifda) », rfi.fr, (consulté le 12 novembre 2017).
  5. a b et c Esther Thwadi-Yimbu, « Mariannes noires : "Je suis française et le revendique », lepoint.fr, (consulté le 12 novembre 2017).
  6. « Ils voient du racisme partout : des antiracistes s'en prennent à une fresque de l'Assemblée nationale ! », sur Marianne,
  7. « L’Assemblée nationale abrite-t-elle un tableau raciste ? », sur L'Obs,
  8. « [Thèse] De l'autre côté du périph' : les lieux de l'identité dans le roman féminin de banlieue en France », sur worldcat.org (consulté le 3 décembre 2018)
  9. Maryline Baumard, « Être une femme en Afrique : On doit toujours prouver qu’on est capables », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]