Mamadi Doumbouya

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Mamadi Doumbouya
Illustration.
Mamadi Doumbouya en 2021.
Fonctions
Président du Comité national du rassemblement pour le développement
Président de la Transition de la République de Guinée[N 1]
En fonction depuis le
(1 mois et 20 jours)
Premier ministre Mohamed Béavogui (transition)
Gouvernement Béavogui
Prédécesseur Alpha Condé (président de la République)
Biographie
Date de naissance (41 ans)
Lieu de naissance Région de Kankan
Nationalité Guinéenne
Conjoint Lauriane Doumbouya
Profession Militaire
Religion Islam

Mamadi Doumbouya
Chefs d'État guinéens

Mamadi Doumbouya, aussi orthographié Mamady Doumbouya, est un militaire et homme d'État guinéen, né le .

Il est nommé commandant du Groupement des forces spéciales de l’armée guinéenne en 2018 et obtient le grade de colonel en 2020.

En 2021, il conduit un coup d'État contre le président Alpha Condé et devient président du Comité national du rassemblement pour le développement et président de la Transition.

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Né le , Mamadi Doumbouya est originaire de la région de Kankan[1].

Stagiaire guinéen de l'École de guerre en France, il est titulaire d'un brevet français d'études supérieures militaires[2],[3] et d’un master de défense de l’université parisienne Panthéon-Assas. Il est titulaire d'un diplôme de Saumur dans le cadre de la coopération entre la France et les États africains partenaires pour la formation de gradés[réf. nécessaire].

Il suit des formations militaires au Sénégal, au Gabon et en Israël et participe à des missions et opérations à l'École de guerre en France, en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, à Djibouti, en République centrafricaine, en Israël, à Chypre et au Royaume-Uni[4].

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Légionnaire de l'armée française, il revient en 2012 en Guinée pour finalement commander, à partir de 2018, le Groupement des forces spéciales (GFS ou GPS), une unité d'élite de l'armée spécialisée dans l'antiterrorisme[5],[6]. Il défile en tête de cette unité lors de la fête nationale des 60 ans de l'indépendance de Guinée[7].

En février 2019, il est l'un des participants à une formation militaire Flintlock pour l'élite militaire africaine[8]. Comme Assimi Goïta pour le Mali, le lieutenant-colonel Doumbouya représente son pays à Ouagadougou lors d'exercices militaires organisés par l'armée américaine[9],[10].

Il devient lieutenant-colonel en 2019 et colonel en 2020[11].

Au cours de l'année 2021, il tente de rendre le Groupement des forces spéciales moins dépendant du ministère de la Défense nationale, ce qui suscite la méfiance du pouvoir guinéen. En , des rumeurs font même état de son arrestation[5].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Coup d'État de 2021[modifier | modifier le code]

Le , il annonce l'arrestation du président de la République, Alpha Condé, la destitution du gouvernement, la suspension de la Constitution ainsi que la fermeture des frontières terrestres et aériennes[12]. Invoquant « la situation socio-politique et économique du pays, le dysfonctionnement des institutions républicaines, l’instrumentalisation de la justice, le piétinement des droits des citoyens », il proclame la mise en place d'un Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et invite les militaires à rester dans les casernes[5]. Il déclare alors : « Nous n'avons plus besoin de violer la Guinée : on a juste besoin de lui faire l'amour, tout simplement[13]. »

Président de la Transition[modifier | modifier le code]

Le 17 septembre 2021, douze jours après le coup d’État, la junte le désigne président de la République[14].

Le 27 septembre est publiée la charte de la transition qui fait de Doumbouya le président de la Transition, et prévoit la désignation d'un Conseil national de la transition — qui fait office de Parlement et devra rédiger la prochaine Constitution — et d'un Premier ministre civil. Par ailleurs, Doumbouya et les autres membres de la junte sont inéligibles pour les prochaines élections[15],[16]. Il prête serment le 1er octobre au palais Mohammed V devant la Cour suprême qui détiennent les prérogatives de la Cour constitutionnelle dissoute[17],[18].

Le 6 octobre 2021, il nomme Mohamed Béavogui Premier ministre[19].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mamadi Doumbouya est marié et père de quatre enfants. Lauriane Doumbouya[20], son épouse, est française et officier de gendarmerie[21],[22].

Décoration[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Président de la République 17 au 27 septembre 2021 puis président de la Transition depuis le 27 septembre 2021.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Qui est le colonel Mamady Doumbouya, nouvel homme fort de la Guinée ? », sur aa.com.tr, (consulté le ).
  2. « La prise en compte de l’interculturalité dans les actions militaires. Colloque organisé par l’EMSOME, sous la présidence d’honneur du chef d’état-major de l’armée de terre », sur emsome.terre.defense.gouv.fr, (consulté le ).
  3. « Arrêté du 12 février 2019 portant attribution du brevet d'études militaires supérieures », sur legifrance.gouv.fr (consulté le ).
  4. « Guinée : portrait du colonel Mamady Doumbouya, auteur du putsch du 5 septembre 2021 », sur africa24tv.com, (consulté le ).
  5. a b et c « Guinée : Alpha Condé arrêté par les putschistes », sur jeuneafrique.com, (consulté le ).
  6. Lassaad Ben Ahmed, « Guinée-Conakry : le colonel Mamady Doumbouya annonce la prise du pouvoir », sur aa.com.tr, (consulté le ).
  7. « Coup d’Etat : qui est Mamady Doumbouya, le nouvel homme fort de Conakry ? », sur africaguinee.com, (consulté le ).
  8. « Exclusif-Opération Flintlock 2019: sur les pas des Forces Spéciales Guinéennes au Burkina Faso (Reportage) », sur guineenews.org, (consulté le ).
  9. « Mamady Doumbouya, de la légion étrangère au coup d'Etat en Guinée », sur lexpress.fr, (consulté le ).
  10. « En Guinée, l’ascension-éclair du colonel putschiste Doumbouya », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  11. (en-US) « Focus on Lt Col Mamady Doumbouya in Guinea 'coup' », sur independent.co.ug, (consulté le ).
  12. « Guinée : Coup d'État à Conakry, Alpha Condé arrêté par des militaires », sur koaci.com, (consulté le ).
  13. « Mamady Dombouya, l’homme en armes qui veut « faire l’amour » à la Guinée », sur agenceecofin.com, (consulté le ).
  14. « Guinée: la junte s'affirme face aux exigences des Etats d'Afrique de l'Ouest », sur tv5monde.com, (consulté le ).
  15. « En Guinée, la junte dévoile une « charte de la transition » sans en fixer la durée », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le ).
  16. « Espoir. En Guinée, la charte de transition rassure quant aux intentions des putschistes », sur Courrier international, (consulté le ).
  17. « Guinée-Le colonel Mamadi Doumbouya prête serment vendredi devant la Cour suprême - Guinee114 », (consulté le )
  18. « Guinée : le colonel Mamady Doumbouya prête serment comme président de transition », sur France 24, FRANCE24, (consulté le ).
  19. https://www.facebook.com/RFI, « Guinée: la junte nomme Mohamed Béavogui, un vétéran du développement, Premier ministre », sur RFI, RFI, (consulté le ).
  20. (en-US) « Lauriane Doumbouya Guinea new 1st lady », sur Lipstick Alley (consulté le )
  21. « Qui est Mamady Doumbouya, le nouvel homme fort de Conakry ? », sur guineenews.org, (consulté le ).
  22. « Qui est Mamady Doumbouya : L'enfant de Kankan qui a destitué Condé », sur seneweb.com, (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]