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Mama Béa

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Mama Béa
Description de cette image, également commentée ci-après
Mama Béa à Bobino en avril 1982.
Informations générales
Nom de naissance Béatrice Tékielski
Naissance (77 ans)
Avignon, France
Activité principale Auteur-compositeur-interprète
Genre musical Chanson française, blues rock, rock progressif
Instruments guitare
Années actives 19681998

Mama Béa, dite aussi Mama Béa Tékielski, de son vrai nom Béatrice Tékielski, née le à Avignon, est une autrice-compositrice-interprète française.

Béatrice Tékielski naît le à Avignon[1], rue Saint Étienne. Sa mère Mafalda Fiacco (1916-2009), est d'origine italienne. Profitant d'une tournée au Maroc [2], son père Karol Tekielski, violoniste concertiste, abandonne sa famille alors qu'elle n'a que deux ans et son frère un an. Son enfance difficile sera évoquée sans détour en interview et de façon plus indirecte au fil de son répertoire[3],[4],[5],[6],[7].

Parcours artistique

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Dans sa jeunesse elle écoute Jacques Brel, Barbara, Colette Magny, Janis Joplin et Léo Ferré[8], dont elle devient une inconditionnelle (elle reprendra douze de ses titres dans l'album Du côté de chez Léo).

1967 à 1975 : Débuts

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En 1967, Béatrice Tekielski apparaît pour la première fois à la télévision dans l'émission Télé Dimanche, présentée par Roger Lanzac, dans laquelle elle chante L'idiot du village, chanson inspirée par Anne Sylvestre[9]. En 1968, elle participe au concours La fine fleur de la chanson française de Luc Bérimont, producteur à l’ORTF. Elle arrive en finale à Bobino et termine deuxième[10],[5],[11].

En 1971 paraît Je cherche un pays[12], un premier 33 tours dont le propos préfigure clairement le répertoire à venir[13].

1976 à 1981 : Reconnaissance publique et médiatique

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Cinq ans plus tard, en 1976, c'est sous le nom de Mama Béa Tékielski qu'elle signe La folle, double album aux influences rock psychédélique et progressif[14],[15], suivi quelques mois plus tard de Faudrait rallumer la lumière dans ce foutu compartiment[16]. Dans la foulée, en , elle participe à la première édition du Printemps de Bourges[17],[18],[5] et, en 1978, assure son premier Olympia en vedette[19],[20]. Cette même année, Pour un bébé robot obtient le prix de l'Académie Charles Cros[11], un quatrième album au son rock et aux textes empreints d’une forte charge contestataire[21],[18],[5]. Dans un article paru en dans le Monde de la Musique, le journaliste, écrivain et producteur Jean-Pierre Lentin estime que « Mama Béa, c’est Piaf et Janis Joplin réunies dans le même gosier, c’est Magny et Ribeiro saisies par le démon du rock… c’est un volcan, un tremblement de terre, le cataclysme incarné »[19]. Respectivement parus en 1979, 1980 et 1981, les trois albums suivants développent la veine rock caractéristique de cette période : Le chaos, Aux alentours d’après minuit et Pas peur de vous[22],[23],[24]. La compilation Visages parue en 1979 regroupe six des neuf titres de La Folle dans une version remixée[25].

Durant ces trois années, le rythme des tournées, l’engouement du public, ainsi que l’image à la fois révoltée et tourmentée de l’artiste génèrent, selon l’écrivain et journaliste Jacques Vassal, « succès, reconnaissance et popularité, mais aussi déconvenues, incidents et malentendus »[26]. L’album et les années qui suivent en porteront les traces[27],[26],[28],[5].

1982 à 1985 : Évolution esthétique

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Paru en 1982, son huitième album Où vont les stars ? marque une nette évolution esthétique dans son parcours et sa production discographique[29].

Dans un entretien accordé en 1995 à Raoul Bellaïche pour la revue Je chante, elle évoque un choix artistique qui a quelque peu dérouté une partie de son public : « c’est un disque charnière, un peu hybride, un passage qui m'a menée vers autre chose » [30],[7].

En 1983, elle est la voix d'Édith Piaf dans le film Édith et Marcel de Claude Lelouch[31],[32],[33]. Dans le dossier que lui consacre la revue Hexagone en mars 2026, Didier Beaujardin formule ainsi le bilan de cette courte période : « Cette expérience, plutôt réussie sur le plan artistique, aurait pu élargir son audience mais ce ne fut pas le cas. Au risque de brouiller encore les pistes, elle poursuit une série de concerts dans lesquels elle interprète régulièrement Hymne à l’amour. En 1984 est rendu public un 45 tours comprenant les titres Survivants et Mes chansons d’amour. Le disque est dans l’air du temps mais ne reçoit qu’un faible écho »[34],[30] .

En 1984, son contrat avec RCA est rompu[28].

1986 à 1998 : Nouveaux départs

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Accompagnée à la guitare, aux claviers et à la plupart des arrangements par Robert Baccherini, Mama Béa revient en 1986 avec La Différence, qui comprend notamment un duo avec Little Bob (Roberto Piazza[1], leader et chanteur du groupe havrais Little Bob Story) [35] ,[34]. Ce retour se prolonge en 1987 par une série de concerts au Théâtre de la Ville dont un enregistrement autoproduit témoignera quelques années plus tard[36],[37],[38]. Publié en 1988, Violemment la tendresse confirme le ton à la fois intime et déterminé du précédent album[39],[40], notamment dans Jamais je dors, chanson qu'elle adresse à son père[41].

En 1991 elle crée son propre label baptisé Mafalda Connection[1] en référence au prénom de sa mère. Dans l'album No Woman's Land[28],[42], elle évoque différentes figures féminines, adresse un hommage à Romy Schneider, Francis Cabrel et Arthur Rimbaud, ainsi qu’à Danielle Messia et Léo Ferré, dont elle reprend respectivement De la main gauche et Les anarchistes[40]. La couleur musicale de l’album est ancrée dans son époque, comme le souligne Alain Poulanges dans l’émission En avant la zizique diffusée sur France Inter le  : « la technique s’est banalisée, l’écoute s’est formatée, alors même elle concède au son, au son seulement, pas au sens »[43].

En 1994, le double album Ma compilation[44] présente l'essentiel des enregistrements réalisés entre 1976 et 1981. Du côté de chez Léo[45], recueil consacré au répertoire de Léo Ferré, paraît en 1995[28]. En 1998, Mama Béa signe Indienne[46], dernier album original paru à ce jour, dans lequel elle rend un nouvel hommage à son père (dans la chanson Le voyageur[1]).

En 2014 elle préside les finales des Amoureux de la scène[47]. Depuis 2023, la plupart de ses albums sont accessibles sur les plateformes de distribution numérique.

Discographie

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Compilation

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Participations

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Mama Béa apparaît dans la bande dessinée Ballade pour un bébé robot[51] de Cédric Villani et Edmond Baudoin, à la planche numérotée 8. Le récit fait référence à sa personne à de multiples reprises. Le titre est emprunté à la chanson de l'album Pour un bébé robot..., paru en 1978.

Pour son album Multas Vitas réalisé en 2019, Joce Ballerat enregistre la chanson Visages[52],[53]. L'auteur-compositeur-interprète Hervé Suhubiette se réapproprie le même titre en 2025[54]. En 2023, l'auteur pour la jeunesse et musicien Bertrand Ferrier consacre un spectacle entier au répertoire de Mama Béa[55].

Références

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  1. a b c et d Grandfils 2017.
  2. Entretien avec Hélène Hazera sur France culture - https://www.franceculture.fr/emissions/chanson-boum/mama-bea.
  3. [vidéo] « Patrimoine Mama Béa 'En avant la Zizique', 29/11/1994, France Inter #interview #radio »
  4. Demari 1995, p. 20.
  5. a b c d et e « Mama Béa – La diva des bas-fonds – Article Demari », sur leo-ferre.eu (consulté le ).
  6. Bellaïche 1995, p. 19.
  7. a et b « Mama Béa Tekielski – Article Bellaïche - », sur leo-ferre.eu (consulté le ).
  8. Hélène Hazera, « Mama Béa, Béatrice Tékielski, dite », dans Femmes mémorables (lire en ligne).
  9. (en) « Mama Béa Tekielski - L'idiot du village (DomJ) » [vidéo], sur YouTube (consulté le ).
  10. Demari 1995, p. 20-21.
  11. a et b Michel Kemper, « Béatrice Tekielski « L’idiot du village » », Nos enchanteurs - Le quotidien de la chanson,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. (en) « Béatrice Tekielski – Je Cherche Un Pays... », sur Discogs (consulté le ).
  13. Beaujardin 2026, p. 48-49.
  14. Loîc Picaud, « Mama Béa », sur Quobuz, (consulté le ).
  15. Beaujardin 2026, p. 49.
  16. « Mama Béa Tekielski› Faudrait Rallumer La Lumière Dans Ce Foutu Compartiment », sur Guts of Darkness, les acrhives du sombre et de l’expérimental (consulté le ).
  17. « Printemps de Bourges - Les éditions précédentes », sur Printemps de Bourges (consulté le ).
  18. a et b Demari 1995, p. 23.
  19. a et b Jean-Pierre Lentin, « Mama Béa Tekielski – La sorcière rousse », Le Monde de la Musique), Téléramonde, no 4,‎ , p. 57 (ISSN 0181-7949).
  20. « Mama Bea - Olympia - 1978 », sur L'affiche musicale (consulté le ).
  21. Bailleux 1978, p. 113.
  22. Beaujardin 2026, p. 50-53.
  23. Demari 1995, p. 23-24.
  24. (en) « Discographie Mama Béa Tékielski », sur Discogs (consulté le ).
  25. (en) « Mama Béa – Visages », sur Discogs (consulté le ).
  26. a et b Vassal 1984, p. 5.
  27. [vidéo] « Mama Béa 'En avant la Zizique', 29/11/1994, France Inter #interview #radio »
  28. a b c et d Demari 1995, p. 24.
  29. Erwan Le Tallec, « Mama Béa - Où vont les stars ? », Paroles et Musique, le mensuel de la chanson vivante, Les éditions de l'Araucaria, no 29,‎ , p. 45.
  30. a et b Bellaïche 1995, p. 18.
  31. (en) « Mama Béa* – Edith Et Marcel, Extraits De La Bande Originale Du Film », sur Discogs (consulté le ).
  32. « Mama Béa Tekielski - Vendredi 1er décembre 1989 », sur La Spirale, .
  33. Yann Plougastel, La chanson mondiale : depuis 1945, Larousse, , 874 p. (ISBN 2-03-511316-4), p. 476.
  34. a et b Beaujardin 2026, p. 53.
  35. (en) « Mama Béa – La différence », sur Discogs (consulté le ).
  36. « Mama Béa au Théâtre de la Ville Le rock passion », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  37. « Théâtre de la Ville : Live », sur Bibliothèques de Paris.
  38. « Mama Béa – Théâtre de la Ville 1987 Paris », sur Discogs.
  39. (en) « Mama Béa – Violemment la tendresse », sur Discogs (consulté le ).
  40. a et b Beaujardin 2026, p. 54.
  41. [vidéo] « Mama Béa Tekielski - Jamais je dors »
  42. (en) « Mama Béa – No woman’s land », sur Discogs (consulté le ).
  43. [vidéo] « Mama Béa 'En avant la Zizique', 01/12/1994, France Inter #interview #radio »
  44. (en) « Mama Béa – Ma compilation », sur Discogs (consulté le ).
  45. Laurent Carmé, « Mama Béa Tekielski - Du côté de chez Léo », Je chante, Association Panorama de la chanson, no 17,‎ printemps-été 1995, p. 83.
  46. (en) « Mama Béa Tekielski– Indienne », sur Discogs (consulté le ).
  47. Bernard Sorbier, « Mama Béa préside les finales des Amoureux de la scène : Des artistes sélectionnés par le public vont être enfin départagés », sur laprovence.com, (consulté le ).
  48. (en) « Various – Le Printemps De Bourges », sur Discogs (consulté le ).
  49. (en) « Léo Ferré – Francofolies - La Fête à Ferré - Enregistrement Public à La Rochelle », sur Discogs (consulté le ).
  50. (en) « Various – Les Enfants De La Zique : Le Monde Comme Il Va, Les Gens Comme Ils Sont », sur Discogs (consulté le ).
  51. Cédric Villani et Edmond Baudoin, Ballade pour un bébé robot, Paris, Gallimard Bande Dessinée, , 233 p. (ISBN 978-2-07-509119-0), planche numérotée 8.
  52. Catherine Laugier, « Off Avignon 2019. Les douze vies de Joce » », Nos enchanteurs, le quotidien de la chanson,‎ (lire en ligne).
  53. « Multas Vitas ».
  54. [vidéo] Hervé Suhubiette, « Visages (Mama Béa Tekielski) », sur YouTube, .
  55. « Bertrand Ferrier chante Mama Béa Tekielski », Le Parisien Etudiant,‎ (lire en ligne).

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Articles connexes

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Bibliographie

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  • Dominique Grandfils, « Mama Béa Tékielski », dans Anthologie du rock français De 1956 à 2017, Camion Blanc, , 1066 p. (lire en ligne)
  • Jean-Marc Bailleux, « Cris de Femme », Rock & Folk, Les éditions du Kiosque, no 142,‎ , p. 112-115
  • Raoul Bellaïche, « Mama Béa Tekielski - Rencontre », Je chante, Association Panorama de la chanson, no 17,‎ printemps-été 1995, p. 15-19 (ISSN 1155-3464)
  • Didier Beaujardin, « Mama Béa Tekielski : Chanter les mots jusqu'au vertige », Hexagone (La revue), Hexagone La revue, no 39,‎ , p. 46-55 (ISSN 2496-610X).

Liens externes

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