Malo-Renault

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Malo-Renault
Emile Malo-Renault (à Paris ).jpg

Émile Malo-Renault dans sa chambre parisienne, vers 1895.

Naissance
Décès
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Nom de naissance
Émile Auguste Renault
Nationalité
Activité

Émile Auguste Renault, dit Malo-Renault, né à Saint-Malo le et mort au Havre le , est un dessinateur, graveur et illustrateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Menu pour les Cent bibliophiles (1922). Exemple de gravure sur bois en couleurs, utilisant jusqu'à quatre bois gravés avant la lettre.

Bachelier ès lettres, Malo-Renault part étudier l'architecture à Paris, où il est élève à l’École des arts décoratifs.

Il dessine beaucoup dès l'enfance, au trait ou à la plume. Auguste Lemoine (1848-1909)[1], professeur de dessin au collège de Saint-Malo de 1883 à 1903, lui donne le goût du dessin d'après nature et celui de la couleur. Sous la direction de son professeur de dessin, il fait des essais de gravure, notamment à l'eau-forte.

Mais ce n'est qu'à partir de son mariage en 1897 avec Honorine Tian (1871-1953), dite Nori Malo-Renault, élève de l’aquafortiste Adolphe-Alphonse Géry-Bichard, que Malo-Renault commence sa carrière de graveur avec l'appui de son épouse.

Il se spécialise dans la gravure en couleur[2], d'abord à l'eau-forte, au vernis mou, puis à la pointe sèche. En 1912, il aborde le bois sur le conseil de Stéphane Pannemaker, mais c’est surtout par la suite qu’il adopte le procédé du bois au canif pour une série d’illustrations monochromes comme La Rapsode foraine et Le pardon de Sainte-Anne d'après un poème de Tristan Corbière. Le Menu pour les Cent bibliophiles (1922), est un exemple d'estampe en couleurs utilisant quatre bois gravés.

Œuvre[modifier | modifier le code]

L’œuvre de Malo-Renault est essentiellement celle d'un coloriste. Une grande partie de son œuvre traduit la grâce féminine, la mutinerie et la naïveté des enfants. Il s'inspire aussi de sa terre natale, Saint-Malo et la Bretagne : les personnages et les paysages bretons sont le sujet de beaucoup de ses dessins et gravures. Il est influencé par l’œuvre d'Henri de Toulouse-Lautrec et l’art japonais dont il tient la sobriété, la richesse des tons et la composition décorative[3].

Une partie de l’œuvre de Malo-Renault a été versée de son vivant à Paris au département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France. Quelques planches gravées ont été déposées à Paris à la Chalcographie du Louvre[4]. Une partie de ses estampes à thèmes breton sont conservées à Rennes au musée de Bretagne (fonds iconographique), une sélection de ses ouvrages illustrés sont conservées à la bibliothèque de Rennes Métropole (pôle patrimoine), d'autres œuvres se trouvent au musée d’Histoire de Saint-Malo et au musée de Pont-Aven[5].

Estampes[modifier | modifier le code]

Malo-Renault dessine des pastels, principalement des thèmes bretons, et grave des estampes originales (sur cuivre, à la pointe sèche, ou à l'eau-forte et à l'aquatinte) pour des thèmes parisiens ou bretons.

L'État lui commande des estampes en couleurs pour la Chalcographie du Louvre, représentant Saint-Malo[6], Quimperlé[7], Villeneuve-les-Avignon[8], le Mont Saint-Michel et le château de Combourg[9]

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

  • Jules Renard, Ragotte, eaux-fortes en noir et blanc imprimées en taille-douce par Geny Gros, Paris, librairie de la Collection des Dix, A. Ramagnol éd., 1909, 117 p., 28 × 19 cm.
  • Malo-Renault, Quelques-unes, album, suite gravée en couleurs de 15 croquis de Parisiennes, préface de Roger Marx, 1909, (41 × 29 cm).
  • Paul Adam, Le Serpent noir, plus de 80 eaux-fortes et pointes-sèches en couleurs, Les Cent bibliophiles, 1913, 335 p., (29 × 21 cm).
  • Tristan Corbière, La Rapsode foraine et Le pardon de Sainte-Anne, 12 bois rehaussés de couleurs, Flory, 1920, 22 p., 32 × 26 cm.
  • Maurice Barrès, Le Jardin de Bérénice, 30 pointes-sèches en couleurs, Les Cent bibliophiles, 1922, 170 p., 28 × 20 cm[10].
  • Émile Malo-Renault, Raquettes,Texte et gravures, 6 pointes-sèches en couleurs, L’Estampe nouvelle, 1923, 39 × 28 cm.
  • François-René de Chateaubriand, René, 6 pointes-sèches en couleurs et bandeaux, gravures imprimées par Porcabeuf, Paris, Dorbon, 1925, 101 p., 28 × 19 cm.
  • Charles Perrault, Peau d'âne, La Belle au bois dormant, dessins de Malo-Renault, Larousse, 1923[11]
  • Honoré de Balzac, Ursule Mirouët, Paris, collection « L'Adolescence catholique », 1928[12].
  • Chansons de France, réunies par Ad. Gauwin, illustrations de Malo Renault, Paris, 1923 ; Hachette, 1931 ; Hachette Jeunesse, 1993[13].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Malo Renault (1870-1938), « Le Peintre Auguste Lemoine », Annales de Société d'histoire et d'archéologique de l'arrondissement de Saint-Malo,‎ , p. 259-270 (lire en ligne).
  2. Jacob Christoph Le Blon fut l'inventeur du procédé de la trichromie appliqué à la gravure couleur en taille douce.
  3. Clément-Janin, « Graveurs contemporains, Malo-Renault. », Revue de l’art ancien et moderne,‎ , pp. 163-168 (lire en ligne).
  4. « Liste des planches gravées par Malo-Renault, conservées à la Chalcographie »
  5. C. Puget, L'estampe en Bretagne, 1880-1960, musée de Pont-Aven, 2006, [catalogue d'exposition].
  6. Le Grand panorama de Saint-Malo (22 × 61 cm), eau-forte, Chalcographie du Louvre et musée de Saint-Malo.
  7. Devant Quimperlé, eau-forte, (23 × 61 cm), Chalcographie du Louvre et département des estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France.
  8. Villeneuve-les-Avignon, commande d'État pour la Chalcographie du Louvre, eau forte, 1925.
  9. Combourg, pointe sèche, 14 × 20 cm, Chalcographie du Louvre.
  10. Le Jardin de Bérénice
  11. Peau d'âne et La Belle au bois dormant sur Gallica.
  12. Ursule Mirouët sur Gallica.
  13. « BnF Catalogue général », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 18 septembre 2017)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Noël Clément-Janin, « Graveurs contemporains. Malo Renault», Revue de l’art ancien et moderne, mars 1921, pp. 163-168 (en ligne).
  • P.-J. Angoulevent, Musée national du Louvre. La chalcographie du Louvre. Histoire et description, les collections, Paris, Musées nationaux, 1926, n°16, 163 p., ill. pp. 48, 144. n° 6653, ill. [Vue de Quimperlé]
    Malo-Renault a exécuté pour la Chalcographie du musée du Louvre des vues de Quimperlé, Saint-Malo, Villeneuve-lès-Avignon et du Mont-Saint-Michel.
  • Maurice Barrès, Bibliothèque nationale, Paris, Impr. Tournon et Cie., 1962, In 16, 92 p., pl. p.19, n° 19 : Le Jardin de Bérénice (lire en ligne)
  • Louis Boivin, « Un artiste malouin », Le Salut, Saint-Malo, 5 juin 1923.
  • Gustave Bord, « Malo-Renault », Le Salut, Saint-Malo, février 1930.
  • André Dézarrois, « Malo-Renault, graveur malouin », Le Salut, 19 août 1938.
  • Bormans, « Malo-Renault », Journal des Débats, 15 mars 1923.
  • Bormans, « Réflexions d’un bibliophile en l’honneur d’Eugène Rodrigues », Journal des Débats, 25 juillet 1928.
    Citation de l’illustration du Serpent noir de Paul Adam, par Malo-Renault.
  • Noël Clément-Janin, « Graveurs contemporains. Malo Renault », Revue de l’art ancien et moderne, mars 1921, pp. 163-168.
  • Noël Clément-Janin, « Causerie bibliophilique », Nouvelles littéraires, 22 décembre 1923.
    Le Jardin de Bérénice, illustration.
  • Émile Dacier, La Gerbe II, Paris, Éditions Atelier A.B.C., In 4°, 32 p., 1927, fig. pp. 21–24 (lire en ligne)
  • Émile Dacier, « Malo-Renault », La Bretagne Touristique, n°62, 15 décembre 1927, pp. 275-277 (lire en ligne)
  • Émile Dacier, La gravure française, Paris, Larousse, In 16, 184 p., 48 pl., 1944, pp. 140, 170.
  • Raymond Hesse, Le livre d’art du XIXe siècle à nos jours, Paris, la Renaissance du livre, In 16, 228 p., 20 pl., 1927 p.107 et pl. p.100.
    Illustration pour Jules Renard, Ragotte. Dessin de Malo-Renault, gravé à l’eau-forte par Nori Malo-Renault, éditeur Romagnol.
  • Roger Marx, « Un album de M. Malo-Renault », Gazette des Beaux-Arts, septembre 1908, pp. 228–230.
  • Henri Nicolle, « La reliure moderne », Les Arts français, revue mensuelle, 3e année, [vers 1920], n° 36, pp. 189-201 ; p. 201.
    Malo-Renault : cuir modelé et pailleté d’argent [lamé] pour Le Serpent noir de Paul Adam, illustré par le même ; p.196 [Mme Malo-Renault, gardes brodées].
  • Joseph Pennec, « Émile Malo-Renault, graveur et illustrateur (1870-1938) », Bulletin et Mémoires de la Société archéologique et Histoire d'Ille-et-Vilaine, t. CVIII,‎ , p. 311-336, annexe p.340-360 et quatre planches en couleur (ISSN 1635-8279).
  • Léon Rosenthal, « La Rapsode foraine et le pardon de Sainte-Anne », Art et décoration, Floury, juillet 1920, pp. 6-7.
    Poème de Tristan Corbière. Bois de Malo Renault.
  • Léon Rosenthal, « Notes d’art », La France libre, 15-16 avril 1923.
    Illustration du Jardin de Bérénice de Maurice Barrès, pour la Société des Cent Bibliophiles.
  • Émile Sedeyne, « Malo-Renault, Graveur en couleurs », Byblis, automne 1926, pp. 106-109.
  • Guy Tournier, Répertoire d'artistes bretons, tome III, manuscrit photocopié, documentation du musée des beaux-arts de Rennes], années 1960-1970, pp. 10, 20, 20b, 21 (lire en ligne)
  • L'Estampe nouvelle : Annuaire 1897–1908, Paris, Impr. Frazier-Soye, In 8°, 1908, pp. 14 et 16 [eau-forte en couleurs].
  • Charles Le Goffic, Ex-libris bretons.
  • Le Fureteur Breton, 6° année, n°32, décembre 1910–janvier 1911, p. 78.
  • Malo-Renault, « Panorama de Saint Malo », A.B.C. magazine de l’art, 2e année, n° 17, mai 1926, p. 134
    Reproduction de la pointe-sèche en couleur commandée par L’État.
  • Malo-Renault, Le peintre; dessinateur, gravure Auguste Lemoine (1910)
  • Malo-Renault, La technique de Toulouse Lautrec, Henri de  (1864 1901) "l'Amateur d'estampes", 6e année, n° 3, mai 1927, p. 83-87
  • Beaux livres modernes illustrés, […] provenant de la bibliothèque de Feu M. Eugène Rodrigues […], Vente du 4 décembre 1928 (Hôtel Drouot) […], Paris, L. Giraud-Badin, In 8°, 1928, 44 p., p. 5.
    N° 1 : Paul Adam, Le Serpent Noir ; p. 8, n° 7 Maurice Barrès, Le Jardin De Bérénice.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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