Maladie aéroportée
Une maladie aéroportée est une maladie causée par des agents pathogènes transmis dans l'air par de petites particules dans le temps et à distance[1].
Ces maladies sont nombreuses et d'une importance considérable, tant en médecine humaine que vétérinaire. Les agents pathogènes concernés peuvent être des virus, des bactéries ou des champignons. Ils peuvent se propager par la respiration, la parole, la toux, les éternuements, le soulèvement de poussières, la pulvérisation de liquides, les chasses d'eau ou toute activité générant des particules ou des gouttelettes d'aérosol.
La transmission par voie aérienne se distingue de la transmission par des gouttelettes respiratoires, qui sont suffisamment grosses (généralement plus de 5 μm) pour tomber au sol rapidement après avoir été produites.
Vue d'ensemble[modifier | modifier le code]
Les maladies aéroportées sont celles causées par une transmission par l'air. De nombreuses maladies aéroportées sont d'une grande importance médicale. Les agents pathogènes transmis peuvent être n'importe quel type de microbe, et ils peuvent se propager dans des aérosols, des poussières ou des liquides. Les aérosols peuvent provenir de sources d'infection telles que les sécrétions corporelles d'un animal ou d'une personne infectée, ou de déchets biologiques tels que ceux qui s'accumulent dans les grottes, les ordures. Ces aérosols infectés peuvent rester en suspension dans les courants d'air suffisamment longtemps pour parcourir des distances considérables. Les éternuements peuvent projeter des gouttelettes infectieuses sur toute la longueur d'un bus[2].
Les agents pathogènes ou allergènes aéroportés provoquent souvent des inflammations du nez, de la gorge, des sinus et des poumons. Cette inflammation est causée par l'inhalation de ces agents qui affectent le système respiratoire d'une personne ou même le reste du corps. La congestion des sinus, la toux et les maux de gorge sont des exemples d'inflammation des voies respiratoires supérieures due à ces agents aéroportés. La pollution de l'air joue un rôle important dans les maladies transmises par l'air qui sont liées à l'asthme. On dit que les polluants influencent la fonction pulmonaire en augmentant l'inflammation des voies respiratoires[3].
De nombreux pathogènes peuvent être aéroportés : le morbillivirus de la rougeole, le virus de la varicelle[4], la bactérie responsable de la tuberculose, le virus de la grippe, l'entérovirus, le norovirus, le coronavirus, l'adénovirus et possiblement le virus respiratoire syncytial[5].
Les maladies aéroportées peuvent également toucher des animaux (autres que les humains). Par exemple, la maladie de Newcastle est une maladie aviaire qui touche de nombreux types de volailles domestiques dans le monde entier et qui est transmise par contamination aérienne[6].
Voies de transmission[modifier | modifier le code]
Les infections aéroportées se transmettent généralement par voie respiratoire, l'agent étant présent dans des aérosols (particules infectieuses de moins de 5 µm de diamètre)[7], ce qui comprend les particules sèches, souvent les restes de particules humides évaporées appelées noyaux, et les particules humides. Ce type d'infection nécessite souvent une ventilation indépendante pendant le traitement, par exemple dans le cas de la tuberculose.
Transmission[modifier | modifier le code]
Voici des facteurs influençant la transmission des maladies aéroportées :
- Des facteurs environnementaux influencent l'efficacité de la transmission de maladies par voie aérienne ; les conditions environnementales les plus évidentes sont la température et l'humidité relative. Les facteurs qui influencent la température et l'humidité, qu'ils soient météorologiques (extérieur) ou humains (intérieur), ainsi que d'autres facteurs influençant la propagation des gouttelettes contenant des particules infectieuses, comme les vents ou le comportement humain, influencent la transmission des maladies transmises par l'air.
- Les précipitations, le nombre de jours de pluie[8] étant plus important que le total des précipitations[9],[10] ; le nombre moyen d'heures d'ensoleillement par jour[11] ; la latitude et l'altitude[9] sont des éléments pertinents pour évaluer la possibilité de propagation de toute infection transmise par l'air. Certains événements peu fréquents ou exceptionnels influencent aussi la propagation des maladies transmises par l'air, notamment les tempêtes tropicales, les ouragans, les typhons ou les moussons[12].
- Le climat détermine la température, les vents et l'humidité relative, qui sont les principaux facteurs affectant la propagation, la durée et le caractère infectieux des gouttelettes contenant des agents infectieux. Par exemple, le virus de la grippe se propage facilement en hiver dans l'hémisphère nord en raison des conditions climatiques qui favorisent l'infectiosité du virus.
- Après certains événements météorologiques comme une pluie, la concentration de spores en suspension dans l'air diminue ; quelques jours plus tard, on constate une augmentation exponentielle du nombre de spores par rapport aux conditions normales[13].
- Les conditions socioéconomiques jouent un rôle mineur dans la transmission des maladies aéroportées. Dans les villes, la propagation des maladies aéroportées est plus rapide que dans les zones rurales et les banlieues. Les zones rurales favorisent généralement une plus grande diffusion des champignons transmis par l'air[14].
- La proximité de grandes masses d'eau telles que les rivières et les lacs peut être la cause de certaines épidémies de maladies transmises par l'air[12].
- Le mauvais entretien des systèmes de climatisation a entraîné des épidémies de Legionella pneumophila[15].
- Les maladies respiratoires acquises à l'hôpital sont associées à des systèmes médicaux aux ressources insuffisantes, ce qui rend l'isolement difficile.
Prévention[modifier | modifier le code]
Parmi les moyens de prévenir les maladies aéroportées, on peut citer l'immunisation spécifique à la maladie, le port d'équipement de protection individuelle médicale et la limitation du temps passé en présence de tout patient susceptible d'être une source d'infection[16]. L'exposition à un patient ou à un animal atteint d'une maladie aéroportée ne garantit pas la contraction de la maladie, car l'infection dépend de la compétence du système immunitaire de l'hôte et de la quantité de particules infectieuses ingérée[16].
Les antibiotiques peuvent être utilisés pour traiter les infections primaires bactériennes transmises par l'air, comme la peste pneumonique[17].
Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) conseillent au public de se faire vacciner et de suivre des protocoles d'hygiène et d'assainissement rigoureux pour la prévention des maladies aéroportées[18]. De nombreux spécialistes de la santé publique recommandent une distanciation physique (également appelée distanciation sociale) pour réduire la transmission des infections aéroportées[19].
Références[modifier | modifier le code]
- « 2007 Guideline for Isolation Precautions: Preventing Transmission of Infectious Agents in Healthcare Settings », sur CDC (consulté le 7 février 2019) : « Airborne transmission occurs by dissemination of either airborne droplet nuclei or small particles in the respirable size range containing infectious agents that remain infective over time and distance », p. 19.
- https://www.chicagotribune.com/opinion/ct-xpm-2014-04-19-ct-sneeze-germs-edit-20140419-story.html
- « Airborne diseases » [archive du ] (consulté le 21 mai 2013).
- « FAQ: Methods of Disease Transmission », sur Mount Sinai Hospital (Toronto) (consulté le 31 mars 2020).
- Giuseppina La Rosa, Marta Fratini, Simonetta Della Libera, Marcello Iaconelli et Michele Muscillo, « Viral infections acquired indoors through airborne, droplet or contact transmission », Annali dell'Istituto Superiore di Sanità, vol. 49, no 02, , p. 124–132 (ISSN 0021-2571, DOI 10.4415/ANN_13_02_03, lire en ligne).
- Bailey W. Mitchell et King, Daniel J., « Effect of Negative Air Ionization on Airborne Transmission of Newcastle Disease Virus », Avian Diseases, vol. 38, no 4, october–december 1994, p. 725–732 (DOI 10.2307/1592107, JSTOR 1592107).
- « Prevention of hospital-acquired infections », sur World Health Organization (WHO).
- « Environmental Factors Affecting the Transmission of Respiratory Viruses », Curr Opin Virol, vol. 2, no 1, , p. 90–5 (PMID 22440971, PMCID 3311988, DOI 10.1016/j.coviro.2011.12.003).
- « Variation assessment of airborne Alternaria and Cladosporium spores at different bioclimatical conditions. », Mycol Res, vol. 109, no 4, , p. 497–507 (PMID 15912938, DOI 10.1017/s0953756204001777).
- « Atmospheric concentrations of Cladosporium spp. and Alternaria spp. spores in Zagreb (Croatia) and effects of some meteorological factors. », Ann Agric Environ Med, vol. 11, no 2, , p. 303–7 (PMID 15627341).
- « The effect of meteorological factors on the daily variation of airborne fungal spores in Granada (southern Spain) », Int J Biometeorol, vol. 44, no 1, , p. 1–5 (PMID 10879421, DOI 10.1007/s004840050131).
- « Association of climatic factors with infectious diseases in the Arctic and subarctic region – a systematic review », Glob Health Action, vol. 7, , p. 24161 (PMID 24990685, PMCID 4079933, DOI 10.3402/gha.v7.24161).
- « An environmental assessment of mold concentrations and potential mycotoxin exposures in the greater Southeast Texas area. », J Environ Sci Health a Tox Hazard Subst Environ Eng, vol. 38, no 12, , p. 2759–72 (PMID 14672314, DOI 10.1081/ESE-120025829).
- Tang JW, « The effect of environmental parameters on the survival of airborne infectious agents », J R Soc Interface, vol. 6 Suppl 6, , S737–46 (PMID 19773291, PMCID 2843949, DOI 10.1098/rsif.2009.0227.focus).
- « Legionnaire disease » (consulté le 12 avril 2015).
- American Academy of Orthopaedic Surgeons (AAOS), Bloodborne and Airborne Pathogens, Jones & Barlett Publishers, , 2 p. (ISBN 9781449668273, lire en ligne).
- Laura Ester Ziady et Nico Small, Prevent and Control Infection: Application Made Easy, Juta and Company Ltd., , 119–120 p. (ISBN 9780702167904, lire en ligne).
- « Redirect - Vaccines: VPD-VAC/VPD menu page », .
- « Targeted social distancing design for pandemic influenza », Emerging Infect. Dis., vol. 12, no 11, , p. 1671–81 (PMID 17283616, PMCID 3372334, DOI 10.3201/eid1211.060255).
Voir aussi[modifier | modifier le code]
Articles connexes[modifier | modifier le code]
- Vecteur, un organisme qui ne provoque pas lui-même une maladie, mais qui disperse l'infection en transportant les agents pathogènes d'un hôte à l'autre
- Zoonose, une maladie qui se transmet des animaux vertébrés à l'être humain, et vice-versa
- Maladie à transmission hydrique, une maladie liée à la qualité de l'eau et à l'accès à l'eau potable