Maison van 't Sestich

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Maison van 't Sestich
Huis van 't Sestich
42156 - België - Huis van 't Sestich - 01.JPG
Présentation
Type
Maison
Style
Construction
1375-1425
Statut patrimonial
Classement le 25 mars 1938
Localisation
Pays
Région
Province
Commune

La Maison van 't Sestich[1],[2] ou Maison 't Sestich[3] (Huis van 't Sestich en néerlandais) est un édifice de style gothique situé à Louvain, dans la province du Brabant flamand en Belgique[Notes 1].

À partir de 1688, on y trouve le Collège Alticollense ou Collège de la Haute-Colline .

Localisation[modifier | modifier le code]

La Maison van 't Sestich se dresse au point culminant de la ville de Louvain[3], au numéro 69 de la rue de Namur (Naamsestraat), une rue importante du centre de Louvain le long de laquelle on trouve de nombreux monuments comme l'hôtel de ville, les halles universitaires, l'église Saint-Michel ou encore l'église Saint-Quentin.

Le pignon gothique.

Historique[modifier | modifier le code]

La maison, appelée initialement « De Spiegel » (le miroir), est construite vers 1375-1425[3]. Propriété en un premier temps des familles nobles Van Nethenen et Van Cuyck, elle est acquise entre 1508 et 1518[3] par la famille van 't Sestich[Notes 2]. Cette famille noble originaire de la petite ville de Sistig dans la région de l'Eifel (aujourd'hui en Allemagne) en reste propriétaire jusqu'en 1650[3],[4].

La propriété de la famille van 't Sestich est divisée en 1650 entre la famille Baelemans et Jacques Van Veen, qui y construit des annexes en 1661 et 1663[3].

Au décès de Jacques Van Veen en 1683, sa propriété (incluant la Maison van 't Sestich) est vendue à des religieux qui y transfèrent en 1686 le « Collège de la Haute-Colline » ou « Collegium Alticollense » de Cologne[3],[1],[5], un collège fondé en 1583 à Cologne[2] et destiné à la formation des séminaristes catholiques de la république des Provinces-Unies des Pays-Bas, dont la formation était interdite aux Pays-Bas[3] devenus protestants.

Le nom du « Collège de la Haute-Colline » (College van de Hoge Heuvel) de Louvain ne vient donc pas du fait qu'il se dresse au point culminant de la ville, mais vient du nom du « Collegium Alticollense » de Cologne qui se situait sur une colline de cette ville appelée « Hoher Hügel »[3].

Classement et restauration[modifier | modifier le code]

La Maison van 't Sestich fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis le 25 mars 1938 et figure à l'inventaire du patrimoine immobilier de la Région flamande sous la référence 42156[3].

Elle a été restaurée en 1854[5] et en 1994[2].

Architecture[modifier | modifier le code]

La Maison van 't Sestich présente vers la rue de Namur une belle façade de style gothique qui frappe surtout par son remarquable pignon à redents[3], qui évoque celui de l'Abbaye de La Byloke à Gand[1].

Cette façade de quatre travées compte deux niveaux plus le pignon : seul le rez-de-chaussée possède un parement en pierre de taille[3], l'étage et le pignon étant édifiés en briques.

L'élan vertical de la façade lui est conféré par de fines colonnettes au profil trilobé, faites de pierre puis de briques, qui prennent appui sur le soubassement en pierre calcaire, s'élancent entre les fenêtres du rez et de l'étage pour se rejoindre et former au niveau du pignon quatre lancettes groupées par deux sous deux grandes ogives, elles-mêmes réunies sous un grand arc ogival[3].

Chacune des quatre lancettes est ornée dans sa partie haute d'un motif trilobé agrémenté de créatures fantastiques en pierre blanche et d'un oculus en brique dans lequel est inscrite une croix[3]. Mais les deux oculi centraux ont été détruits et remplacés par des fenêtres qui semblent couronnées chacune d'un arc outrepassé, qui n'est en fait qu'un vestige de l'oculus.

Au-dessus des quatre lancettes prennent placent trois grands oculi ornés chacun d'une étoile de David et de motifs tréflés[3].

L'ensemble de cette façade est l'œuvre des prédécesseurs de la famille van 't Sestich, celle-ci s'étant contentée d'apposer son monogramme LX[3],[5] au-dessus du grand arc ogival (un jeu de mot sur son nom de famille, « zestig » voulant dire soixante en néerlandais bien que, rappelons-le, cette famille tire en fait son nom de la ville allemande de Sistig) et d'ajouter une encadrement en pierre calcaire autour des fenêtres[3].

Le sommet du pignon et le monogramme LX.
Les oculi centraux détruits.
Créatures fantastiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La maison est appelée « Maison van 't Sestich » sur le panneau apposé devant l'édifice ainsi que dans l'ouvrage de référence Le Patrimoine monumental de la Belgique, dans le livre d'Edward Van Even et dans le guide d'Omer Vandeputte, mais elle est appelée parfois « Maison van 't Sestich » et parfois « Maison 't Sestich » sur le site de l'Inventaire du patrimoine immobilier de la Région flamande.
  2. La famille est appelée « van 't Sestich » sur le panneau apposé devant l'édifice et « 't Sestich » sur le site de l'Inventaire du patrimoine immobilier de la Région flamande.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Le Patrimoine monumental de la Belgique, Volume 1, Brabant flamand, Arrondissement de Louvain, Pierre Mardaga éditeur, 1984, p. 285 et 249
  2. a b et c (nl) Omer Vandeputte, Gids voor Vlaanderen / 2007 / druk 1: toeristische en culturele gids voor alle steden en dorpen in Vlaanderen, Lannoo, 2007, p. 749.
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p et q (nl) Inventaire du patrimoine immobilier de la Région flamande
  4. Panneau apposé sur la façade de l'édifice
  5. a b et c Edward Van Even, Louvain monumental, ou Description historique et artistique de tous les édifices civils et religieux de la dite ville, Fonteyn, 1860, p. 305.