Maison du Temple

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Maison du Temple de Jérusalem.
Maison du Temple de Paris
Image illustrative de l'article Maison du Temple
Présentation
Protection Néant
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris

La maison du Temple à Paris, aussi nommée enclos du Temple ou enclos des Templiers, était le chef-lieu de la province de France de l'ordre du Temple et la plus grande commanderie templière de France avant de devenir la maison cheftaine de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem lors de la dévolution des biens de l'ordre du Temple.

Jusqu'à la Révolution, l'enclos du Temple a bénéficié d'un statut de baillage au sein de Paris : lieu de franchise fiscale, lieu d'exemption aux règles des corporations et lieu d'asile pour les débiteurs insolvables.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

La maison du Temple fut construite sur un vaste terrain donné à l'ordre du Temple vers 1170 en remplacement du Vieux Temple, leur premier lieu de résidence situé à l'arrière de la place de Grève.

La Ville-Neuve du Temple est un ensemble de lotissements construits par les Templiers entre l'enclos du Temple et l'enceinte de Philippe-Auguste, constitué d'un réseau de rues parallèles[1].

Ce terrain était situé à l'extérieur de l'enceinte de Philippe Auguste, presque le long de l'enceinte de Charles V. Formé de champs à l'origine, une partie fut entourée de murs pour former l’enclos. Cet enclos correspond au quadrilatère formé actuellement par la rue du Temple, la rue de Bretagne, la rue de Picardie, et l'axe formé par le début de la rue de la Corderie, l'extrémité nord de la cité Dupetit-Thouars, et le débouché de la rue Notre-Dame-de-Nazareth dans la rue du Temple.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Description[modifier | modifier le code]

La maison du Temple avec la porte du Temple sur le plan de Truschet et Hoyau (c.1550)

L’Enclos constituait la maison cheftaine de l’ordre du Temple en France et le siège de la banque de l’ordre dans ce pays.

Il était entouré de hautes murailles crénelées, renforcées de distance en distance par des tourelles. Ce système défensif était complété par une tour carrée, dite tour de César, et par un imposant donjon appelé Grande Tour (la tour du Temple), qui avait été construite au XIIIe siècle. L’ensemble comprenait comme toutes les commanderies templières une église (l’église Sainte-Marie-du-Temple), des bâtiments conventuels pour loger les moines-soldats, de vastes écuries et des annexes. Les Templiers possédaient les rues entières et la totalité du quartier entourant l’enclos.

Le Trésor royal français fut conservé dès 1146 à la tour du Temple, et donc gardé par les templiers. Philippe Auguste bâtit un système comptable et fiscal, ancêtre de la Chambre des comptes, où les agents royaux venaient trois fois l’an déposer les revenus de la Couronne. Cette pratique prit vraisemblablement fin lors du règne de Philippe IV le Bel.

En 1312, l’ordre du Temple fut dissous et ses biens en France furent attribués aux chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (dits Hospitaliers). Néanmoins, même si Philippe le Bel avait ordonné de procéder à la remise des biens aux Hospitaliers depuis le , l'enclos était omis puisque Louis X, son fils, refusait encore de le rendre pour en faire le douaire de la reine Clémence de Hongrie[2]. Ses bâtiments subirent de nombreuses modifications.

En 1667, les murailles qui dessinent l’Enclos dans le territoire parisien sont abattues au profit d’hôtels particuliers et de maisons locatives occupées essentiellement par des artisans. L’ancien rempart avait été remplacé par une élégante muraille surmontée d’une galerie décorée de colonnes.

La Tour du Temple[modifier | modifier le code]

Hôtel du Grand Prieur du Temple[modifier | modifier le code]

Depuis le XVIème siècle, le grand prieuré et la commanderie du Temple devinrent l’apanage des bâtards de la famille royale. En 1665-1666, Pierre Delisle-Mansart construit un palais pour le grand prieur Jacques de Souvré.

Un tableau de 1764 peint par Michel-Barthélemy Ollivier montre le grand salon du palais, alors occupé par le Prince de Conti, lors d'une visite du jeune Mozart[3].

Quelques Grands Prieurs de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem :

La Rotonde du Temple[modifier | modifier le code]

En 1781, le bailli du Temple, Alexandre-Charles-Emmanuel de Crussol, fit élever la Rotonde sur les dessins de François-Victor Perrard de Montreuil.

Église Sainte-Marie-du-Temple[modifier | modifier le code]

La rue Perrée est à peu près à l'emplacement de l'église Sainte-Marie-du-Temple, qui fut rasée en 1796.

Cimetière du Temple[modifier | modifier le code]

La rue Eugène-Spuller passe sur l'emplacement du cimetière du Temple.

Baillis du Temple[modifier | modifier le code]

La démolition[modifier | modifier le code]

Napoléon Bonaparte fit démolir la tour du Temple en 1808 afin d'éviter qu'elle devienne un lieu de pèlerinage royaliste. La démolition dura deux ans. Aujourd'hui, il ne reste rien de cet enclos et des bâtiments.

Les rues de Paris[modifier | modifier le code]

Trois noms de rue évoquent la présence des Templiers à Paris : la rue du Temple, la rue Vieille-du-Temple (3e et 4e arrondissements) et la rue des Fontaines-du-Temple (3e arrondissement). De même le boulevard du Temple (3e et 11e arrondissements) et la station de métro Temple contribuent à l'évocation du quartier toujours appelé « du Temple », ainsi que son marché couvert appelé « Carreau du Temple » et le square du Temple juste à côté.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Ville-Neuve du Temple », sur Histoire du Marais (consulté le 7 mars 2017)
  2. Demurger 2008, p. 472
  3. Philippe BOURDIN, « « Le thé à l’anglaise », http://www.histoire-image.org/etudes/anglaise », Histoire par l'image [en ligne],‎ consulté le 07 mars 2017
  • Histoire de la maison du temple [1]

Sur les autres projets Wikimedia :