Maison du Peuple (Bruxelles)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Maison du peuple.
Maison du Peuple
People’s Home.jpg
Présentation
Type
Style
Architecte
Construction
Démolition
Propriétaire
Localisation
Pays
Ville
Coordonnées
Localisation sur la carte de Belgique
voir sur la carte de Belgique
Red pog.svg
Localisation sur la carte de Bruxelles
voir sur la carte de Bruxelles
Red pog.svg

La Maison du Peuple de Bruxelles était un bâtiment de style Art nouveau construit par Victor Horta pour le Parti ouvrier belge, qui voulait disposer d'un vaste lieu de rencontre au centre de la ville.[1] Elle se situait sur l'actuelle place Joseph Stevens et a été détruite en 1965.

La construction[modifier | modifier le code]

Victor Horta reçut du Parti ouvrier belge la mission de construire ce grandiose bâtiment place Émile Vandervelde. Il fut assisté pour ce chantier par Richard Pringiers (1869-1937) qui allait devenir l'architecte attitré du Parti socialiste belge.

Malgré un terrain exigu, irrégulier et en pente, Horta réussit à construire un bâtiment remarquable, fait principalement d'acier, abritant un maximum de fonctionnalités : bureaux, salle de réunion, magasins, café, salle de spectacle...

La construction eut lieu de 1896 à 1898. Le bâtiment fut inauguré en 1899 en présence de Jean Jaurès.

La démolition[modifier | modifier le code]

La Maison du Peuple de Bruxelles fut détruite en 1965 malgré de vives protestations internationales, comme le montre par exemple une motion votée à l'unanimité au Congrès international des architectes, réuni à Venise en 1964.

À la place de la Maison du Peuple, on érigea en 1966 une tour de 26 étages que l'on appelle la « Tour Blaton » du nom de l'entrepreneur qui l'a construite.

Le stockage à Tervuren[modifier | modifier le code]

En fait, le chef-d'œuvre de Horta ne fut pas démoli au sens propre du terme : les opposants à sa démolition obtinrent qu'une partie de la Maison du Peuple (le local café, la grande salle de spectacle et la salle Matteotti) soit démontée moyennant un subside de trois millions de francs de l'État belge et que les pièces soient numérotées en vue d'un remontage éventuel.

Les blocs de pierre et les structures métalliques furent entreposés à Tervuren mais le remontage n'eut jamais lieu.

La deuxième mort de la Maison du Peuple à Jette[modifier | modifier le code]

Dans les années 1980, la commune de Jette (une commune du nord-ouest de Bruxelles) lança un ambitieux projet d'espace vert : le « Parc Roi Baudouin » réunissant le bois du Laarbeek et le bois du Poelbosch.

Dans le cadre de ce projet, la commune de Jette ambitionnait d'ériger un pavillon Horta avec une partie des matériaux de la Maison du Peuple, entreposés à Tervuren depuis 20 ans. Elle fit donc l'acquisition d'une partie des vestiges de la Maison du Peuple et les fit transférer sur le site du futur Parc Roi Baudouin.

Mais au contraire de Tervuren où les vestiges avaient été stockés dans un entrepôt, la commune de Jette les entreposa dans les champs, sans aucune protection contre la pluie et les intempéries.

Le budget vint à manquer et le projet s'enlisa : les éléments métalliques du chef-d'œuvre de Victor Horta (chevrons, poutres, fers forgés...) se mirent à rouiller sur place.

Le scandale atteignit son paroxysme lorsqu'un escroc se fit passer pour le propriétaire des ferronneries et en vendit une partie à un ferrailleur.

Fers forgés et sculptures de la Maison du Peuple dans les champs à Jette dans les années 1980
Belgique - Bruxelles - Maison du Peuple Horta - Jette - 01.jpg
Belgique - Bruxelles - Maison du Peuple Horta - Jette - 03.jpg
Belgique - Bruxelles - Maison du Peuple Horta - Jette - 02.jpg

Le passage par Gand[modifier | modifier le code]

En 1988, les restes de la Maison du Peuple furent offerts au Musée d'archéologie industrielle et du textile (MIAT) de la Ville de Gand, la ville natale de Victor Horta.

En 1991, une partie des ferronneries fut restaurée et remontée dans le cadre de l'exposition Flanders Technology.

Après cette exposition, la Ville de Gand entreposa les ferronneries dans un hangar situé près de Flanders Expo.

Plus tard, estimant qu'elle ne disposait ni des moyens financiers nécessaires à la construction d'un « pavillon Horta » ni d'un site approprié, la ville de Gand décida de céder les vestiges à l'ASBL[2] "Fondation des Monuments et Sites"[3]en vue de l'érection du pavillon à Anvers.

Le « Horta Grand Café » à Anvers[modifier | modifier le code]

Un concours fut lancé à Anvers en vue de l'intégration des vestiges de la Maison du Peuple de Horta dans une construction neuve.

La brasserie Palm emporta le concours avec son projet de « Horta Grand Café » conçu par Willy Verstraete, l'architecte qui conçut par ailleurs le Parlement flamand.

Le Horta Grand Café ouvrit ses portes en septembre 2000 : les ferronneries de la Maison du Peuple de Bruxelles en décorent désormais la salle Art Nouveau.

Autres éléments sauvés[modifier | modifier le code]

Jean Delhaye tenta lui aussi de défendre l'œuvre : certains vitraux et éléments de ferronnerie furent sauvés et ornent depuis 1993 la station de métro « Horta ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Conrad Thake, « A PROJECT FOR A ‘CENTRO D’ITALIANITÀ’ IN MALTA », Melita Historica, vol. XV, no 4,‎ , p. 434-436 (ISSN 1021-6952, OCLC 472457132, lire en ligne)
  2. Association sans but lucratif : équivalent belge d'une Association loi de 1901 en France
  3. Cette association privée « Fondation des Monuments et Sites » (vzw « Stichting Monumenten en Landschappen » en néerlandais) ne doit pas être confondue avec la « Commission des Monuments et Sites » de la Communauté flamande (« Bestuur van Landschappen en Monumenten van de Vlaamse Gemeenschap »), selon les précisions fournies par Luc Martens, ministre flamand de la culture lors de la séance plénière du Parlement Flamand du 14 janvier 1998

Sources[modifier | modifier le code]

  • Compte-rendu du conseil communal de la Ville de Gand du 4 mars 1996
  • Compte-rendu du conseil communal de la Ville de Gand du 18 novembre 1996
  • Compte-rendu du conseil communal de la Ville de Gand du 19 janvier 1998

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :