Centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan

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Centre pénitentiaire de Gradignan
Localisation
Pays France
Région Nouvelle-Aquitaine
Ville Gradignan
Coordonnées 44° 46′ 56″ nord, 0° 35′ 49″ ouest

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Centre pénitentiaire de Gradignan

Géolocalisation sur la carte : Gironde

(Voir situation sur carte : Gironde)
Centre pénitentiaire de Gradignan
Installations
Type Centre pénitentiaire
Capacité 407
Fonctionnement
Date d'ouverture 1967

Le centre pénitentiaire de Gradignan est le seul établissement pénitentiaire de Gironde, il est situé sur la commune de Gradignan, dans la communauté urbaine de Bordeaux.

Description[modifier | modifier le code]

Construite en 1967 sur 6 hectares[1], cette maison d'arrêt a une capacité d'accueil de 407 places[2]. Elle est du ressort de la cour d'appel et du tribunal de grande instance de Bordeaux. Elle dispose de :

  • 2 quartiers maison d'arrêt hommes majeurs,
  • 1 quartier maison d'arrêt femmes,
  • 1 quartier mineurs,
  • 1 quartier de semi-liberté,
  • 650 m² de surface d'atelier,
  • 1 Centre pour Peine Aménagée,
  • 1 Unité Hospitalière sécurisée (implantée au CHU de Pellegrin) d'une capacité de 16 places.

Son bâtiment principal est composé de six étages. La durée d'incarcération moyenne en 2008 est de quatre mois[3].

Difficultés[modifier | modifier le code]

Surpopulation[modifier | modifier le code]

Comme de nombreuses prisons françaises, la maison d'arrêt de Gradignan connait depuis le début des années 2000 une constante augmentation de son nombre de détenus. En 2002, on en recense 619, Yvan Laurens, directeur de la maison d'arrêt déclare alors "C'est une situation digne de Zola au XXIe siècle, aux portes de Bordeaux"[4]. En 2008, il y jusqu'à 890 détenus au mois de mai, le taux d'occupation atteint 220%, le personnel dénonce le manque de moyens de la prison et ses conséquences[5],[6].

Article connexe : Surpopulation carcérale.

Suicides[modifier | modifier le code]

Le 16 décembre 2008, la prison enregistre son 3e suicide de l'année[7]. De 1996 à 2008, 34 suicides ont été dénombrés. La maison d'arrêt figure dans la liste des 20 prisons françaises ayant enregistré le plus grand nombre de suicides sur cette période[8].

Meurtre[modifier | modifier le code]

Le 16 mars 2001, Michel Lestage qui effectuait son dernier jour de détention est égorgé par son codétenu. En juillet, l'inspection générale des services judiciaires préconise une sanction disciplinaire contre une partie du personnel. L'affectation du codétenu n'avait pas été étudiée alors qu'il présentait de graves troubles psychiatriques[9]. Ce meurtre relancera le débat sur les malades mentaux en prison[10].

Viol[modifier | modifier le code]

En juillet 2009, l'État français est condamné par le tribunal administratif de Bordeaux à verser 8 000 € à un prisonnier violé par son codétenu en janvier 2005[11]. L'organisation et le fonctionnement du service de surveillance de la prison de Gradignan sont mis en cause. Cette décision de justice fait jurisprudence.

Prisonniers célèbres[modifier | modifier le code]

  • Ljubomir Barin, agent croate de football, est incarcéré à Gradignan en 1995[12]
  • François Besse, est incarcéré à Gradignan en 1971 où il doit purger une peine de 7 ans de prison. Il s'évade le 9 mai de la même année. Réincarcéré en 1973, il s'évade à nouveau le 7 août 1974[13].
  • Lionel Cardon (en 1986). Condamné pour le meurtre d'un couple de médecin à Pessac et d'un policier dans le bois de Boulogne.
  • Claude Bez, ancien président des Girondins de Bordeaux[14].
  • Didier Couécou, ancien directeur sportif des Girondins de Bordeaux.
  • Bruno Sulak, dit "l'Arsène Lupin des bijouteries" (février-mars 1984). Durant son incarcération, l'un de ses amis, un certain Radisa Jovanovic (dit "Steve") tente de le faire évader, mais il est abattu par la police à l'aéroport de Mérignac alors qu'il s'apprête à louer un hélicoptère. [15].
  • André Ségura, jusqu'à son transfert en 1997.
  • Maurice Papon, a été détenu à Gradignan du 7 au 10 octobre 1997, lors des premiers jours de son procès pour complicité de crimes contre l'humanité[16].
  • Patrice de Maistre (en 2012), ancien gestionnaire de fortune et homme de confiance de la milliardaire Liliane Bettencourt

Les évasions[modifier | modifier le code]

  • François Besse, s'évade par 2 fois (1971 et 1973) de la maison d'arrêt de Gradignan. Il écrira plus tard avoir bénéficié "des complicités tant intérieures qu'extérieures"[17].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. P. Faure, « Proposition pour la prison », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)
  2. (fr) « Page de la maison d'arrêt », sur site du ministère de la justice (consulté le 29 août 2008)
  3. (fr) Fabienne Cosnay, « Les détenus bossent pour s'évader », 20 minutes,‎ (ISSN 1768-1391)
  4. (fr) « Visite à la maison d'arrêt de Gradignan », sur le site des echos judiciaires girondins (consulté le 29 août 2008)
  5. (fr) « La maison d'arrêt de Gradignan, en banlieue bordelaise, est en surpopulation de 220 % », sur France 3 Aquitaine (consulté le 29 août 2008)
  6. (fr) « Une cellule en prison », sur Aqui.fr (consulté le 29 août 2008)
  7. (fr) Fabienne Cosnay, « La prison de Gradignan prise dans la spirale des suicides », 20 minutes, no 1522,‎ (ISSN 1768-1391)
  8. (fr) Dominique Richard, « Gradignan sous tension », Sud Ouest,‎
  9. (fr) « Un détenu victime de quelques oublis… », sur le site de l'Humanité (consulté le 29 août 2008)
  10. (fr) « La folie sous écrou », sur le site de l'Express (consulté le 29 août 2008)
  11. (fr) Pierre-Marie Lemaire, « L'État condamné pour un viol en prison », Sud Ouest,‎
  12. Football : l'intermédiaire croate Ljubomir Barin mis en examen et incarcéré à Bordeaux sur Libération, 26 avril 1995
  13. (fr) « François Besse, le braqueur aux six évasions, retrouve la justice », sur le site de l'Humanité (consulté le 29 août 2008)
  14. « Claude Bez en prison », Libératiion,‎ (lire en ligne).
  15. (fr) « Bruno Sulak, l'aventurier perdu », sur le site du Figaro (consulté le 29 août 2008)
  16. (fr) « Proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête parlementaire chargée de déterminer les circonstances qui ont permis à Maurice Papon de ne pas être mis sous contrôle judiciaire et de se soustraire à l'obligation de se constituer prisonnier. », sur le site de l'assemblée nationale (consulté le 29 août 2008)
  17. (fr) François Besse, Je suis un bandit d'honneur, mes prisons et mes cavales, Bruxelles, Paul Legrain éditeur (lire en ligne)