Maison d'Arpajon

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La Maison d'Arpajon fut l'une des plus grandes familles du Rouergue, du Moyen Âge à son extinction au XVIIIe siècle.

Origines[modifier | modifier le code]

La maison d'Arpajon, branche puînée des comtes de Rodez[1], tirait son nom d'une seigneurie gentilhommière qu'elle possédait et qui comptait sur son territoire un château de ce nom situé dans le Gévaudan, près de l'ancien château d'Hauterives (Gorges du Tarn), sur la paroisse de Saint-Hilaire de la Parade, sur le causse Méjean, actuellement en Lozère.

Possessions[modifier | modifier le code]

La terre d'Arpajon a été érigée en duché-pairie[2] (non enregistré) en décembre 1650 (le siège est fixé à Séverac-le-Château) puis en mars 1655 (le duché est alors sis à Calmont et Séverac redevient un marquisat), pour Louis d'Arpajon, qui était aussi le seigneur de Brousse, Montclar[3]...

Principaux personnages[modifier | modifier le code]

Bernard I Calmont-Plancatge[modifier | modifier le code]

Le plus ancien représentant fut Bernard I d'Arpajon et Calmont-Plancatge, fils de Hugues Ier de Rodez et d'Ermengarde de Creissels, cité dans le Cartulaire de l'Abbaye de Bonnecombe rédigé en 1200. Il fait plusieurs donations à cette abbaye où intervient son frère Hugues d'Arpajon, évêque de Rodez. Ce même seigneur est mentionné dans l'accord qui intervint près de Capdenac en 1180 entre Raymond V de Toulouse et Pierre, abbé d'Aurillac. En 1170, Bernard I d'Arpajon confirma la donation faite par sa mère Ermengarde au monastère de Nonenque. Ce seigneur fut présent au couronnement de son père Hugues, comte de Rodez, en 1195, ainsi qu'à l'engagement en 1208 de plusieurs châteaux par le comte Guillaume à Raymond VI de Toulouse, comte de Toulouse et du Rouergue. En 1204, Bernard I épouse Rique de Cabrières, fille d'Umbert de Cabrières, dont il eut 3 enfants : Bernard II, Bérenger et Emegarde. Il fit son testament en 1230.

Bernard II[modifier | modifier le code]

Bernard II d'Arpajon rendit hommage au comte Alphonse de Poitiers époux de Jeanne de Toulouse, pour le fief de Calmont Plantcage en 1250, puis il rendit hommage cette fois au comte Hugues IV de Rodez en 1265. Il eut deux fils : Hugues I et Brenguier (ce dernier devint chanoine et fonda une chapelle dans la cathédrale de Rodez en 1299).

Hugues I[modifier | modifier le code]

Hugues I d'Arpajon se joignit à l'armée de Philippe le Hardi en mai 1272, puis firent route vers Foix pour y combattre Roger-Bernard III de Foix. Il fonda un couvent de religieuses bénédictines à Millau le 6 mai 1297, qui prit le nom de Notre-Dame de l'Arpajonie. Hugues I avait épousé Morabilie de Cénaret (qui fit son testament le 8 juillet 1298), avec laquelle il eut comme enfants : Bernard, Béranger, Aiglène et Alasacie. Il fut inhumé dans le cloître de Bonnecombe.

Béranger I[modifier | modifier le code]

Béranger I d'Arpajon souscrivit le 27 juillet 1303, à Montpellier avec la noblesse du Rouergue, à l'acte d'appel du roi Philippe IV de France contre le pape Boniface VIII.En 1305, il demanda à Pierre de Pleine-Chassagne, évêque de Rodez de procéder à la consécration de l'église de Notre-Dame de l'Arpajonie. Il fut présent aux États Généraux convoqués à Paris en 1317, où il se présenta à Pierre de Ferrières, sénéchal du Rouergue, émettant le souhait de se rendre à Arras pour combattre dans l'armée de Flandres. Il fit une donation à l'église de Ceignac en 1316. Il fit son testament le 9 juin 1345. Il eut comme enfants Hugues II, Raimbaud, chanoine en 1350 de la cathédrale de Saint-Paul-Trois-Châteaux, et Mabille, mariée à Guéran de Simiane, baron de Cazeneuve et seigneur d'Apt.

Hugues II[modifier | modifier le code]

Hugues II d'Arpajon, épousa en premières noces Hélène de Lautrec (avec qui il eut Jean I, Bérenger, Hugues et Sybille, qui fut mariée à Amaury de Narbonne, seigneur de Talayran). Il épousa en secondes noces Catherine de Penne, veuve de Rtier de Castelnau, chevalier, et fille de Raymond Ameil de Penne. En 1340, Hugues II d'Arpajon prit part au siège de Nantes dans l'armée du Dauphin. La même année, il fut envoyé par le pape Clément VI vers Pierre d'Aragon, et sur l'avis de Jean II de France, il fut convoqué à la cour en même temps que tous les autres barons et chevaliers du royaume.

Jean I[modifier | modifier le code]

Jean I d'Arpajon succéda à son père en 1351. Il est cité dans une transaction passée à Millau en 1356 entre Philippe de Valois et Géraud d'Armagnac, Fézensaguet. Il fit partie de l'armée que le vicomte de Narbonne avait levée dans la sénéchaussée de Beaucaire pour arrêter les courses de Bertugat, capitaine au service des Anglais, en pleine guerre de Cent Ans. Jean I d'Arpajon avait eu deux épouses : d'abord Jeanne de Morlhon-Sanvensa, puis Hélène de Châteauneuf. Il testa en 1360 et mourut sans descendance.

Ce fut son frère Bérenger II d'Arpajon qui lui succéda. Ce dernier épousa Delphine de Roquefeuil le 14 novembre 1361, avec qui il eut comme enfants Hugues III, Bertrand (chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de La Selve en 1396, grand prieur de Saint-Gilles en 1423), Bertrandon (chevalier hospitalier également, commandeur de Palhers et de La Capelle-Livron, grand prieur de Toulouse en 1436)[4], Guillaume (évêque de Cahors en 1404) et Rique (première femme de Jean Guitard, sieur de Taurines).

Hugues III[modifier | modifier le code]

Hugues III d'Arpajon (vicomte de Lautrec) épousa le 11 novembre 1385 Jeanne de Sévérac, fille de Gui VIII, dit le Posthume, baron de Sévérac-le-Château. Il fit partie de l'expédition mise sur pied par Louis II d'Anjou en 1410 pour conquérir le royaume de Naples, il commandait la garde de Charles VI quand celui-ci entra à Paris en 1415. Il fut présent à la conférence qui se tint sur le pont de Montereau le 11 juillet 1419, avec les partisans de Jean sans Peur. En 1420, il fut chargé par Charles VI de gouverner conjointement avec Géraud Dupuy, évêque de Carcassonne, le Languedoc et la partie de la Guyenne comprise entre la Dordogne et la Garonne. Ce seigneur était en conflit avec Amaury de Sévérac (1370-1427) depuis 1416, auquel il revendiquait la baronnie de Sévérac (que la famille d'Arpajon n'obtint qu'en 1508, après un procès ayant duré 92 ans). Il eut comme descendance : Jean II, Béranger d'Arpajon (marié à Isabeau de Gaucourt, il servit en 1491 en Normandie comme chevalier sous les ordres du vicomte de Narbonne, repoussant les Anglais ; il accompagna le roi au siège de Montereau-Fault-Yonne en 1437, subissant de nombreuses pertes), Hugues (prieur de Durenque), Louis, Anthoine, Bernard, Delphine (mariée en 1408 au Seigneur de Combret Antoine de Roquefeuil), Yzens (ou Anne, unie à Hugues de Saint-Étienne) et Marguerite. Il mourut en 1436.

Jean II[modifier | modifier le code]

Jean II d'Arpajon prit part avec son père à l'expédition du duc d'Anjou en 1410. Il résida souvent dans ses terres, au château de Calmont-Plancatge (où il reçut le roi de France Charles VII en 1457). Il avait épousé Blanche de Chauvigni (fille de Gui de Chauvigni, vicomte de la Brosse, et d'Antoinette de Cousant), avec qui il eut :

  • Jean III (marié à Jeanne de Clermont-Lodève) ;
  • Gui I (fils cadet, héritier des biens de Sévérac à la mort de Jean II) ;
  • Pierre (protonotaire du Saint-Siège et abbé de Saint-André de Villeneuve d'Avignon en 1479) ;
  • Hugues ;
  • Tristan ;
  • Catherine (unie en 1453 à Jean d'Harcourt, baron de Bonestable) ;
  • Suzanne (épouse de Guillaume de Nogaret, seigneur de Trélans) ;
  • Françoise (épouse d'Antoine du Lac) ;

Il testa en 1460 et fut inhumé en l'église de Calmont.

Gui I[modifier | modifier le code]

Gui I d'Arpajon (baron d'Arpajon) se maria le 21 juillet 1457 avec Marie d'Aubusson (fille de d'Antoine d'Aubusson et de Marguerite de Villeguier). Il fut chambellan du roi Louis XI, qui le nomma le 16 septembre 1478 chef de l'ambassade envoyée au pape Sixte IV. Gui I représenta la noblesse du Rouergue aux États généraux de 1484 réunis à Tours. Ce fut lui qui obtint gain de cause en 1508 quant à la possession des biens de l'ancienne maison de Sévérac.

Il eut comme enfants : Jean III, Bertrand (seigneur de Montredon), qui commanda l'attaque du château de Sévérac le 16 novembre 1508, page du roi Charles VIII de France (et marié à Louise de Lers, fille de Jacques de Lers et de Marguerite de Clermont-Lodève), Françoise d'Arpajon (mariée à Geoffroy de Peyrusse en 1490), Louise (abbesse de l'Arpajonie en 1507), Marie (mariée à Jean d'Hébrard en 1493) et Catherine (épouse de Pierre de Carmain, seigneur de Nègrepelisse)

Jean III[modifier | modifier le code]

Marié en 1492 à Anne de Bourbon Roussillon.

Louis d'Arpajon[modifier | modifier le code]

Louis d'Arpajon (1601-1679) et sa fille Catherine-Françoise comtesse de Roucy (1661-1716) sont les derniers Arpajon seigneurs de Brousse (Brousse-le-Château) : Catherine-Françoise vend le château en 1705. Louis d'Arpajon (1667-1736), maréchal de camp, fils de Jean-Louis (1632-1669) marquis de Séverac, petit-fils du duc Louis, et père d'Anne Claude Louise d'Arpajon duchesse de Mouchy et comtesse de Noailles, acquiert le fief de Chastres en Ile-de-France du sud (Essonne actuelle), dont il obtient l'érection en marquisat en octobre 1720 sous le nom d'Arpajon.

Armorial[modifier | modifier le code]

Blason modèle fr Armes parlantes.svg Armes parlantes (Harpe/Arpajon).


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  1. Hippolyte de Barrau, Documents historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes, tome 1er, page 361, Rodez, 1853-1860.
  2. « Arpajon (Rouergue) duché-pairie ; (Châtres) : marquisat ; généalogie », sur Histoire de la Maison royale de France, par le père Anselme de Ste-Marie et Honoré du Fourny, Compagnie des Libraires associés, 1730, tome V, p. 878-900
  3. « Histoire locale », sur Montclar-Sud Aveyron
  4. Abbé C. Nicolas, « Histoire des grands prieurs et du prieuré de Saint-Gilles par M. Jean Raybaud, avocat et archivaire de ce prieuré : tome I (2o partie) », Mémoires de l'Académie de Nîmes, t. XXVII,‎ , p. 376, disponible sur Gallica
    Bertrandon apparaît généralement dans les archives du prieuré de Saint-Gilles avec le prénom Tandon (syncope linguistique). Dans certains ouvrages plus récents on l'appelle Bertrand, ce qui entraine une confusion et un amalgame avec son frère.
  5. a, b et c Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses compléments.
  6. Mémoires de la Société des lettres, sciences et arts de l'Aveyron, tome 6, 1846-1847.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]