À l'origine spécialisée dans la confection d’alcools de fruits, la distillerie diversifie progressivement son activité et propose aujourd’hui un ensemble de boissons, alcoolisées ou non, à base de fruits et de plantes : prune, noix, mais aussi écorce de quinquina ou encore menthe. Elle compte une dizaine d’employés en 2026 qui réalisent à la main l’embouteillage et l’étiquetage des différents produits. La distillerie possède un musée qui présente le procédé artisanal selon lequel ses différents produits sont fabriqués.
La distillerie Louis Roque est fondée à Souillac, en 1905, par Louis Roque, un fils et petit-fils de distillateurs né à Sarlat en 1874[2] et formé à l’œnologie au sein de la Station Agronomique et Œnologique de Bordeaux hébergée par la faculté des sciences de l'Université de Bordeaux.
Louis Roque met au point une recette originale d'assemblage d'eaux-de-vie de prunes qui devient la Vieille Prune de Souillac[3]. Cette création repose sur la distillation séparée de plusieurs variétés de prunes qui sont ensuite vieillies en fûts de chêne avant d'être assemblées.
Les premières décennies d’existence de la distillerie sont marquées par le développement d’une réputation locale autour de la vieille prune mais aussi de la crème de noix. Ces produits sont vantés dans les journaux locaux et offerts lors des banquets réunissant les notables lotois. En , Louis Roque offre six bouteilles de liqueur aux coureurs du critérium cycliste du Midi[4]. Trois ans plus tard, la participation de la distillerie à l’exposition-foire de Cahors est remarquée par un journaliste de la Dépêche selon qui elle « s’est vu décerner, dans toutes les expositions, les récompenses les plus flatteuses ». Dès les années 1920, une petite proportion des produits fabriqués par la distillerie est exportée à l’étranger, principalement en Angleterre[5].
Les chais de la Maison Louis Roque
Au décès du fondateur, en 1946, la distillerie est reprise par sa fille cadette, Clotilde, qui est devenue comtesse en épousant Edmond Duffour de Raymond[6]. Celle-ci joue un rôle clé dans le développement de l’entreprise : elle établit des contacts avec de nombreux grands restaurants parisiens dont le Grand Véfour, la Tour d’Argent ou encore le Fouquet’s qui intègrent la Vieille Prune de Souillac à leurs menus[7]. Peu à peu, ce digestif s'impose comme une référence dans la restauration gastronomique mais aussi dans les bistrots de la capitale.
En 1993, Clotilde Duffour de Raymond, alors âgée de 88 ans, cède les rênes de l’entreprise à son neveu, André Bizac[8]. Le directeur est alors André Marcou, à la tête de l’entreprise de 1992 à 1997. C’est au cours de cette période, en 1995, que la distillerie déménage au sein de Souillac, s’éloignant un peu du centre-ville, afin de disposer de locaux plus grands et plus modernes. Deux agrandissements suivent, en 2000 et en 2010, sous la houlette de Philippe Denoix, directeur de 1997 à 2024.
Fin , la distillerie est mise en vente par la cinquième génération de descendants de Louis Roque et achetée par Julia Rouzaud, Julien Vandromme et Stanislas Thierry[9]. La nouvelle équipe poursuit la commercialisation des produits phares de la maison, en particulier la vieille prune[10]. Elle introduit aussi quelques innovations : un vieillissement plus long de l’alcool de prune et un ensemble de nouvelles boissons à base de fruits[11]. En 2025 sort la “cuvée 2015”, première cuvée millésimée produite par la maison Louis Roque.
Les cuvées de la Vieille Prune de SouillacLa Vieille Prune de Souillac : produit le plus emblématique de la maison Louis Roque, cette eau-de-vie est réalisée à partir de l’assemblage de plusieurs eaux-de-vie de prune vieillies dans des fûts de chêne[12]. Les variétés choisies viennent d’Alsace et de Lorraine, un choix qui remonte à l’époque de Louis Roque[13]. Elle peut être consommée en digestif, selon l’usage traditionnel, ou en cocktail[14]. Aujourd'hui, la Vieille Prune de Souillac se décline en plusieurs cuvées et millésimes telles que la Réserve Impariale ou la Vieille Prune de Souillac 2015.
La Vieille Noix : une liqueur à base de brou de noix consommée comme digestif (30% vol.). Elle est fabriquée à partir de noix vertes cueillies en juin, écrasées entières et mises à macérer dans un alcool. L’ensemble est adouci par un sirop de sucre.
↑Jean-Michel Déhais, « De nouvelles ambitions pour Louis Roque », L’Auvergnat de Paris,
↑Émission “Microclimats” du 25 mai 2002 sur France 3, reportage « “haut de vie" : distillerie Louis Roque” » et Le Petit Fûté, Guide du Spiritourisme, 2018-2019
↑Jean-Michel Brouard, « Le coup de jeune de la vieille prune », Les Echos Week-end,