Maisnier

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Les maisniers (en néerlandais meisenier) étaient, dans l'ancien droit du Duché de Brabant, des personnes qui, dans certaines localités, bénéficiaient d'un statut privilégié, à raison de leur ascendance.

Ce statut leur conférait certaines franchises fiscales et judiciaires qui plus tard ont été analysées comme présentant certaines analogies avec celles détenues par les bourgeois des villes.

Privilèges[modifier | modifier le code]

Les privilèges d'un maisnier comprenaient :

- L’exonération des péages dans l'ensemble du duché de Brabant,
- l'exonération de la mainmorte, ou l'exonération des droits de succession lors du décès d'un membre de leur famille,
- l'exemption de corvées,
- le droit d'être jugé uniquement dans le Brabant, là où l’acte délictueux est présumé avoir eu lieu.

Inscription[modifier | modifier le code]

Un maisnier devait se faire recenser officiellement. Cette inscription était effectuée par un acte scabinal, en présence d'au moins deux autres maisniers (apparentés au demandeur) appelés comme témoins (ce sont les stravers), devant les échevins du lieu. Les stravers avaient pour tâche d'attester cette ascendance de sang maisnier. Une ascendance tant du côté paternel que du côté maternel était valable pour être admis comme maisnier. Cette inscription était accompagnée d'une attestation (dite lettre des maisnie ou meiseniersbrief), qui était principalement délivrée par le banc échevinal de Grimbergen ou encore dans une moindre mesure de Buggenhout ou enfin de celui du château de Gaasbeek.

Bien que le statut soit beaucoup plus ancien, les lettres de maisnie conservées datent surtout de la période allant de 1500 à 1795. Les prérogatives des maisniers sont restées en vigueur jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, c'est-à-dire jusqu'à la fin de l'Ancien Régime avec l'annexion du duché de Brabant à la République française.

Étymologie[modifier | modifier le code]

On suppose que maisnier (ou meisenier en brabançon) dérive de mansionarius, le détenteur d'une mansus, à l'origine un terrain d'une superficie de douze bonniers. La ressemblance avec le nom de la commune de Meise est fortuite et le lien étymologique avec celui-ci est fictif.

À l'origine, le maisnier se distinguait du cossat, ou kossaat (peut-être lié au vieil allemand kot-zate, hut-house), qui désignait un plus petit agriculteur, et dans certaines régions du Brabant, le propriétaire d'un cheval de trait.

Evolution du statut[modifier | modifier le code]

À la fin de l'Ancien Régime, ce statut juridique avait perdu une grande partie de son importance originelle. Néanmoins, en raison de son prestigieux caractère, les descendants des maisniers se faisaient toujours recenser officiellement comme maisnier jusqu'à l'arrivée de l'occupant français.

De nos jours encore, de nombreuses familles connaissent cet ancien statut juridique et une association, la Genootschap van Meiseniers uit het land van Grimbergen (Association des Maisniers du Pays de Grimbergen, qui est sous le patronage du prince Simon de Merode), délivre encore ces lettres de maisnie, certes dénuées de tout effet juridique, mais démontrant l'ascendance de sang maisnier.

Recherches généalogiques[modifier | modifier le code]

Les attestations de maisnie sont d'une importance exceptionnelle pour les recherches généalogiques dans la partie occidentale du Brabant flamand. Ces lettres de maisnie, publiées déjà en 1956 par le professeur Jan Lindemans (1888- 1963) sous le titre Van Meisenierbloed (De sang maisnier) ont été revues et complétées et sont consultables sur le site http://www.de-meiseniers.be/.