Maillé-Brézé (D627)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Maillé-Brézé)
Aller à : navigation, rechercher

47° 12′ 24″ N 1° 34′ 18″ O / 47.20667, -1.57167

Maillé-Brézé
Image illustrative de l'article Maillé-Brézé (D627)
Le Maillé-Brézé amarré quai de la Fosse à Nantes.

Type Escorteur d'escadre
Histoire
A servi dans Marine française
Chantier naval Arsenal de Lorient
Lancement
Statut Désarmé le
Équipage
Équipage 17 officiers + 100 OM + 160 QMM
Caractéristiques techniques
Longueur 132,65 m
Maître-bau 12,70 m
Tirant d'eau 5,80 m
Port en lourd 3 900 t
Puissance 63 000 ch
Vitesse 33 nœuds
Caractéristiques militaires
Armement 2 tourelles de 100 mm
1 rampe Malafon
Un lance roquettes ASM sextuple de 375 mm
6 tubes lance-torpille de 550 mm (III x 2)
2 canons de 20 mm
Rayon d'action 4 100 nautiques
Carrière
Indicatif D627

Le Maillé-Brézé est un escorteur d'escadre de la Marine nationale française de la classe T 47, baptisé du nom du célèbre marin Jean Armand de Maillé, marquis de Brézé. Il s'agit du troisième navire portant ce nom. Il est, depuis 1988, un navire musée ancré sur le quai de la Fosse à Nantes, et est classé au titre objet des monuments historiques depuis 1991.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Maillé-Brézé est d'abord destiné à être un escorteur antiaérien, mais est remanié en anti-sous-marin. Mis sur cale à Lorient le 9 octobre 1953, et lancé le 2 juillet 1955, il est admis au service actif le 4 mai 1957. Il est marrainé par la ville de Saumur. Il est le septième élément d'une série de 18 escorteurs d'escadre[1].

Ses missions, s'étalant sur dix ans, l'ont conduit dans l'Atlantique et la Méditerranée où il a connu une importante activité. Entre janvier 1967 à août 1968, il est refondu pour être équipé de meilleurs moyens de détection et de lutte anti sous-marine. L'essentiel de sa mission a alors été le soutien à la Force Océanique STratégique (FOST)[1].

Il est désarmé le 1er avril 1988, et renommé Q661. Il est remis à l'association « Nantes Marine Tradition », et devient un important musée naval à flot, ouvert depuis le [1]. Il fait l'objet d'un classement au titre objet des monuments historiques depuis le [2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Caractéristiques initiales (avant refonte Malafon)[3] :

  • Mise en service : 4 mai 1957
  • Longueur hors tout : 128 m
  • Largeur : 12 m
  • Tirant d'eau : 5 m
  • Poids : 3 750 tonnes
  • Puissance : 63 000 ch
  • Vitesse maxi : 32 nœuds (il a établi le 27 mars 1956 le record de vitesse de toute la série des escorteurs d'escadre : 39 nœuds soit 72 km/h)
  • Autonomie : 5 000 nautiques à 18 nœuds
  • Armement :
    • 3 tourelles doubles de 127 mm anti surface et antiaériennes
    • 3 affûts doubles (en pseudo tourelles) de 57 mm antiaériennes
    • 4 pièces simples de 20 mm antiaériennes
    • 4 plateformes triples de tubes lance-torpilles de 550 mm

Détection aérienne et sous-marine[3] :

  • 1 radar de veille aérienne
  • 1 radar de veille surface
  • 1 radar de veille combinée
  • 1 sonar DUBV-1 (Détection Ultrasonore Bâtiment Veille)
  • 1 sonar DUBA-1 (Détection Ultrasonore Bâtiment Attaque)

Après sa refonte (1967-68), il est équipé notamment de[3] :

Équipage[modifier | modifier le code]

347 hommes dont 19 officiers.

L'équipage est logé dans sept postes et les officiers mariniers dans quatre postes collectifs, répartis par catégorie, deux pour les maîtres et deux pour les second maîtres. Le capitaine d'armes est logé dans une chambre avec un autre premier maître. Une autre chambre est attribuée à deux premier maîtres. Les officiers sont logés dans sept chambres à deux. Le chef machine et le commandant en second ont une chambre individuelle. Deux autres chambres individuelles sont prévues pour deux officiers supérieurs : l'une pour un adjudant de division, si le bâtiment est chef de division ; l'autre pour une autorité supérieure éventuelle accompagnée de son chef d'état-major. Le commandant dispose d'un appartement combinant sa chambre avec son carré.

Commandement[modifier | modifier le code]

La passerelle et le fauteuil du « pacha ». On distingue un manœuvrier à la barre.

En 1957 :

  1. Commandant : Capitaine de frégate Mauduit
  2. Commandant en second : Capitaine de corvette Coulondres
  3. Officier ASM : lieutenant de vaisseau Gouton
  4. Officier ART : lieutenant de vaisseau Toubeau
  5. Officier Détecteur : lieutenant de vaisseau Radius

Premières escales et missions[modifier | modifier le code]

Départ de Lorient en février 1957

Musée Naval[modifier | modifier le code]

Il est remis à l'association Nantes Marine Tradition en 1988, qui l'a transformé en musée naval ancré sur le quai de la Fosse à Nantes. À son bord, on découvre son équipement complet, tel que les embarcations et les apparaux de mouillage, le matériel de détection et l'armement ainsi que les locaux vie.

Dans l'art[modifier | modifier le code]

Art urbain[modifier | modifier le code]

En septembre 2015, dans le cadre du festival du festival d’art urbain « Teenage kicks », le bâtiment est peint sur la partie côté fleuve de la coque, ainsi que sur sa passerelle, ses cheminées et son canon. L'œuvre temporaire est réalisée par les deux artistes Velvet et Zoer[4],[5], qui s'inspirent du camouflage Dazzle (Razzle Dazzle) imaginé par l'anglais Norman Wilkinson pour la Royal Navy lors de la Première Guerre mondiale pour rendre difficile l'identification des bâtiments par la marine allemande, notamment par ses sous-marins. Afin de permettre un nettoyage rapide du navire au terme de l'évènement, la peinture est appliquée sur une couche de cire appliquée préalablement[6].

Décor de cinéma[modifier | modifier le code]

Entre mai et juin 2016, le navire est utilisé comme élément de décor par le réalisateur Christopher Nolan lors du tournage de Dunkirk, qui s'inspire de l'opération Dynamo, l'évacuation des troupes anglaises à Dunkerque en 1940, lors de la Seconde Guerre mondiale[7]. Pour les besoins du film, le Maillé Brézé ayant été construit et en activité après l'époque évoquée par le film, certains éléments modernes sont démontés. Ne disposant pas de moyens de propulsion, le bateau est remorqué jusqu'à Saint-Nazaire où sont effectués les travaux d'aménagement (qui durent cinq jours[8]), puis jusqu'à Dunkerque. L'ensemble des frais (transformation, remise en état, remorquage et frais d'immobilisation) sont pris en charge par la société de production Warner Bros[9]. Le Maillé-Brézé doit être absent de Nantes entre mi-avril et mi-juillet 2016[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Escorteurs d'Escadre Maillé-Brézé », sur Net-Marine (consulté le 1er août 2015).
  2. « Notice no PM44000601 », base Palissy, ministère français de la Culture.
  3. a, b et c « Escorteur d'Escadre Maillé Brézé : Caractéristiques principales », sur Net-Marine (consulté le 1er août 2015).
  4. Frédéric Brenon, « Le « Maillé-Brézé » devrait quitter Nantes pour un tournage hollywoodien », 20 Minutes,‎ (consulté le 1er mai 2016).
  5. Il s'agit de Matthieu Velvet et Frédéric Zoer, voir « Zoer et Velvet », sur teenagekicks.org (consulté le 2 mai 2016).
  6. « Le Maillé-Brézé recouvert d'une œuvre d’art urbain », sur Mer et marine (consulté le 1er mai 2016).
  7. « Dunkirk : le Maillé-Brézé, monument historique, arrive pour le tournage du film de C. Nolan », France 3 Pas-de-Calais,‎ (consulté le 1er mai 2016).
  8. a et b Éric Guillaud, « Nantes : revivez le départ du Maillé-Brézé en photos », France 3 Pays de la Loire,‎ (consulté le 1er mai 2016).
  9. Frédéric Brenon, « Le « Maillé-Brézé » devrait quitter Nantes pour un tournage hollywoodien », 20 Minutes,‎ (consulté le 1er mai 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Moulin, L'escorteur d'escadre Maillé Brézé, Marines Editions,‎ , 95 p. (ISBN 978-2357430433).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :