Maha Abdelhamid

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Maha Abdelhamid
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Maha Abdelhamid au Forum social mondial 2015 à Tunis.
Biographie
Naissance
Nom dans la langue maternelle
مها عبد الحميدVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités

Maha Abdelhamid (arabe : مها عبد الحميد), née à Gabès, est une géographe et militante antiraciste tunisienne[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Originaire de Gabès, où elle effectue ses études primaires et secondaires, elle rejoint Tunis en 1996 pour poursuivre ses études universitaires après l'obtention d'un baccalauréat littéraire. Elle obtient une maîtrise en histoire et se lance dans des études doctorales en géographie sociale[2].

Maha Abdelhamid est chercheuse associée au Centre arabe de recherches et d'études politiques[1].

Très sensible aux discriminations de couleurs, Maha Abdelhamid est une pionnière dans la lutte contre le racisme en Tunisie. Elle commence à militer sur les réseaux sociaux[3] avant de fonder en 2012 avec Houda Mzioudet et d'autres militantes antiracistes l'association ADAM pour l'égalité et le développement, la première association pour la défense des Noirs en Tunisie[4].

Maha Abdelhamid est membre du Comité pour le respect des libertés et droits de l'homme en Tunisie (CRLDHT) et participe à l'organisation de plusieurs mobilisations en Tunisie, comme la caravane des marcheurs contre le racisme ralliant Djerba à Tunis en 2014[1].

En 2020, déçue par l'exclusion et l'invisibilité des femmes noires en Tunisie et même dans l'espace féministe, Maha Abdelhamid s'indigne et déclare : « Les femmes noires tunisiennes vivent toujours dans une société à la fois patriarcale et raciste »[5]. Elle lance le 23 janvier de la même année, avec d'autres militantes, le premier mouvement de femmes noires tunisiennes : Voix des femmes tunisiennes noires, dont le but est d'encourager les femmes noires tunisiennes à s'affirmer et se débarrasser de l'invisibilité que leur impose la société. Le choix de la date n'est pas anodin puisque le 23 janvier est une date symbolique correspondant à la date d'abolition de l'esclavage en Tunisie en 1846[5].

Travaux[modifier | modifier le code]

Les travaux de Maha Abdelhamid portent sur les minorités[6] en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, sur les milieux ruraux et les différentes discriminations dans une perspective d'intersectionnalité[7].

Elle est l'autrice du documentaire De Arram à Gabès, mémoire d'une famille noire[7] qui retrace la vie de sa famille sur trois générations.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Maha Abdelhamid, Amel Elargi et Moutaa Amin Elwaer, Être noir, ce n'est pas une question de couleur : rapport d'enquêtes, les représentations du racisme chez les noirs de Tunisie, Tunis, Nirvana, , 130 p. (ISBN 978-9-938-94021-3)[8].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Camille Lafrance, « Maha Abdelhamid : « Les Tunisiennes sont toujours représentées par des femmes à la peau plus claire » », sur jeuneafrique.com, (consulté le 3 juin 2020).
  2. Stéphanie Poussel, Noirs au Maghreb : enjeux identitaires, Paris, Karthala, , 167 p. (ISBN 978-2-811-10808-3, lire en ligne), p. 90-93.
  3. Inès Mrad Dali, « Les mobilisations des « Noirs tunisiens » au lendemain de la révolte de 2011 : entre affirmation d'une identité historique et défense d'une « cause noire » », Politique africaine (en), no 140,‎ , p. 61-81 (ISSN 0244-7827, lire en ligne).
  4. Rokhaya Diallo, « Tunisie : la révolution noire », sur lesinrocks.com, (consulté le 4 juin 2020).
  5. a et b Safa Bannani, « Un mouvement contre « l'invisibilité » des femmes noires en Tunisie est né », sur middleeasteye.net, (consulté le 4 juin 2020).
  6. Abdelhamid, Elargi et Amin Elwaer 2017.
  7. a et b Yasmine Chouaki, « Maha Abdelhamid, pionnière de la couleur », sur rfi.fr, (consulté le 11 mars 2021).
  8. Gladys Marivat, « En Afrique du Nord, il y a des codes sociaux qui excluent les Noirs », sur lemonde.fr, (consulté le 4 juin 2020).

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]