Magogo kaDinuzulu

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Magogo kaDinizulu
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Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
MusicienneVoir et modifier les données sur Wikidata
Père
Fratrie
Enfant

Constance Magogo Sibilile Mantithi Ngangezinye kaDinuzulu, née en 1900, morte en novembre 1984, est une princesse et artiste zoulou, fille du roi Dinuzulu kaCetshwayo, sœur du roi Solomon kaDinuzulu, et mère de Mangosuthu Buthelezi, chef du Parti Inkatha de la liberté. En tant que musicienne, elle a eu une contribution significative pour la pérennisation et le développement de la musique traditionnelle zoulou, apportant également ses propres créations.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née en 1900, fille du roi zoulou, Dinuzulu kaCetshwayo (1868-1913) et de la reine Silomo, et sœur de Solomon kaDinuzulu[1],[2]. Ce frère est né en 1891 sur l'île de Sainte-Hélène où leur père a été exilé de 1890 à 1897 pour conspiration contre le gouvernement britannique[3]. Magogo kaDinuzulu est née dans une résidence royale à Nongoma (en)[3].

Son frère devient roi à la mort de son père en 1913[3]. En 1926, elle renonce à un mariage avec l'homme qu'elle espérait épouser pour s'unir avec le chef Mathole Buthelezi, à la demande de son frère le roi, et renforcer ainsi les alliances autour de la famille royale[1],[4].

Elle se consacre dès lors beaucoup à la culture zoulou et en particulier à la musique. Dans sa jeunesse, elle a appris par cœur de ses grands-mères, les veuves du roi Cetshwayo kaMpande, et des épouses de son père, un répertoire musical qui remonte jusqu'au XVIIIe siècle, comprenant des airs populaires et des airs de cérémonies et de cour, y compris des chants traditionnellement réservés aux hommes. Elle compose également des mélodies. Elle est une artiste prodigieuse, avec une gamme vocale de trois octaves, qui s'accompagne souvent elle-même d’instruments à cordes traditionnels, ugubhu, isithontolo, etc., ou de tambours[1]. Elle forme aussi de nombreux jeunes chanteurs[2]. Par ailleurs, elle acquiert la maîtrise d'instruments d'origine européenne et compose, en plus de soon répertoire habituel, quelques hymnes chrétiens[1].

A partir de 1939, l'ethnomusicologue britannique Hugh Tracey, l'enregistre lors de rencontres et d'apparitions en public[1]. Dans les années 1950, sa musique est jouée et diffusée par la South African Broadcasting Corporation (SABC), et par la radio de l'Allemagne de l'Ouest, la Westdeutscher Rundfunk. Un autre musicologue et linguiste sud-africain, David Rycroft (1924-1997), procède également à des enregistrements dans les années 1960[5]. Par ailleurs, tout en restant relativement en retrait de la vie politique, elle participe activement, avec la prncesse Irene Audrey Thandekile Mzila (épouse de son fils Mangosuthu Buthelezi), dans les années 1950, à une campagne des femmes sud-africaines contre les lois sur les passeports intérieurs[1],[6].

Elle meurt le 21 novembre 1984 à l’hôpital de Durban des suites d'une longue maladie[2],[7]. En décembre 2003, elle reçoit à titre posthume la médaille d’or de l'Ordre national sud-africain d'Ikhamanga, pour une contribution exceptionnelle à la préservation et au développement de la musique traditionnelle en Afrique du Sud[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) David Rycroft, « Princess Constance Magogo kaDinuzulu, 1900 to 1984 », Africa Insight, vol. 15, no 4,‎ , p. 244 – 247 (lire en ligne)
  2. a, b, c et d (en) « Princess Magogo », South African History Online,‎ (lire en ligne)
  3. a, b et c (en) Rebecca, Zulu Woman. The Life Story of Christina Sibiya, Feminist Press, coll. « The Women Writing Africa », (ISBN 1-55861203-3 et 978-1558612037, lire en ligne), p. 21-22
  4. (en) Ben Temkin, Gatsha Buthelezi - Zulu statesman: a biography, Purnell, (lire en ligne), p. 18-20
  5. Liz Gunner et Mary Lederer, « La ballade de Nomagundwane . La princesse Magogo kaDinuzulu ( », dans Margaret J. Daymond, Des femmes écrivent l'Afrique: L'Afrique australe, KARTHALA Editions Karthala, (lire en ligne), p. 405-406
  6. (en) Ben Temkin, Gatsha Buthelezi - Zulu statesman: a biography, Purnell, , p. 58
  7. (en) Yvonne Huskisson, Black Composers of Southern Africa: An Expanded Supplement to The Bantu Composers of Southern Africa, HSRC Press, (lire en ligne), p. 55

Liens externes[modifier | modifier le code]