Magnat-l'Étrange

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Magnat-l'Étrange
Magnat-l'Étrange
Le château du Bost.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Creuse
Arrondissement Aubusson
Canton Auzances
Intercommunalité C.C. des Sources de la Creuse
Maire
Mandat
Philippe Breuil
2014-2020
Code postal 23260
Code commune 23115
Démographie
Population
municipale
228 hab. (2015 en augmentation de 0,44 % par rapport à 2010)
Densité 8,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 47′ 41″ nord, 2° 16′ 45″ est
Altitude Min. 636 m
Max. 868 m
Superficie 25,87 km2
Localisation

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Magnat-l'Étrange (Manhac en occitan) est une commune française située dans le département de la Creuse en région Nouvelle-Aquitaine.

Géographie[modifier | modifier le code]

Magnat-l'Étrange se situe dans la partie sud-est du département de la Creuse, sur la frange du Plateau de Millevaches située au nord de la vallée de la Creuse.
Le village de Magnat se situe approximativement à 25 kilomètres d'Aubusson, en direction du sud-est, sur le cours d'un petit affluent de la Creuse appelé la Rozeille. La commune englobe plusieurs hameaux situés dans les alentours.
La géographie de la commune est représentative de celle du sud du département: région de collines dont l'altitude est de l'ordre de 800 mètres, avec une proportion importante de surfaces boisées.
La commune comporte plusieurs exploitations agricoles, pratiquant principalement l'élevage bovin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Son nom ne vient pas de phénomènes surnaturels qui s'y seraient passés, mais du nom des deux familles qui y régnèrent : les Magnat et les de Lestrange.
L'existence d'un habitat sur le site du village de Magnat ainsi que des hameaux qui l'environnent est sans doute très ancienne, et peut remonter au néolithique. La configuration du village de Magnat, conservée jusqu'à nos jours, est caractéristique de celle d'un village médiéval : situé sur les flancs d'une petite butte, en surplomb de la Rozeille, le village est dominé par un château (de taille modeste et sans doute remanié à l'époque moderne) auquel l'église, qui peut être approximativement datée du Xe siècle, est attenante.
Sans épisode notable, l'histoire de Magnat a essentiellement été marquée, dans les deux derniers siècles, par la diminution importante de sa population, liée à l'exode rural du tournant des XIXe et XXe siècles ainsi qu'au solde naturel négatif qui a caractérisé la démographie du département dans la deuxième moitié du XXe siècle.

Le choux de Magnat[modifier | modifier le code]

Vers 1760, le marquis de Lestrange, baron de Magnat, lors d’un séjour en Russie remarque dans les jardins de Saint-Pétersbourg, une variété de choux pommés (ou Choux Cabus) particulièrement résistante au froid, peu exigeante pour la qualité du terrain et de conservation facile.

Le marquis de Lestrange se dit probablement que cette plante permettrait à sa région, pauvre, de mieux passer les hivers longs, froids et rigoureux. Il ramena en conséquence des graines et la méthode de culture et de conservation. La réussite dépassa son espérance et dès 1884 la culture de ce chou sera très développée et "l'exportation" se fera vers le reste de la Creuse, la Corrèze, le Cantal et le Puy de Dôme.

Au-delà de ces qualités de résistance, ce chou peut mesurer jusqu’à 1,20 m de diamètre, peser 20 kg et se conserve en terre, tête retournée. (cf reportage de Télé Millevaches sur le chou de Magnat).

Aujourd’hui, Magnat et la commune de Beissat fête toujours son chou. Cette fête annuelle, généralement organisée en mai et octobre, animée par l’association éponyme présidée par Jean-Jacques Paufique, permet d’acheter des graines, des plants et d’échanger sur la meilleure façon de soigner ses choux ou de les cuisiner.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Les principaux monuments[modifier | modifier le code]

  • L'église romane possède un double clocher-mur.

Cette église est datée du XIIe siècle, mais elle a été consacrée en 1523, comme le précise l'inscription (devenue presque illisible avec le temps) sous une fenêtre. L'église est placée sous le double vocable de Saint Pardoux et de l'Assomption de la Vierge. Elle se caractérise par deux clochers murs qui sont placés perpendiculairement, l’un formant la façade de l’église, l’autre étant dans le prolongement du mur Nord de la nef.

Ce double-clocher fait l’objet d’une légende:

"Avant de partir en croisade, le seigneur de Magnat promit au curé de la paroisse, s’il revenait vivant de son périple, de payer un clocher pour l’église. Mais son absence se prolongea et sa femme prit un amant. Désirant l’épouser, elle acheta l’accord du curé en payant le clocher promis par son mari. Mais malchance pour elle, son mari revint d’Orient quelque temps après. Il tua la femme et l’amant mais, ayant promis le clocher à un homme d’église, le fit construire malgré tout, ce qui explique la présence des deux clochers."

À l'intérieur, on peut voir un beau retable du XVIIe siècle. L'église et le retable ont fait l'objet d'une restauration par les monuments historiques en 2016-2017.

  • Château du Bost (propriété privée) - Construit par les Plantadis.

Magnat-l'Étrange dans la littérature[modifier | modifier le code]

Magnat-l'Étrange est citée dans le poème d’Aragon, Le conscrit des cent villages, écrit comme acte de Résistance intellectuelle de manière clandestine au printemps 1943, pendant la Seconde Guerre mondiale[1]. La commune est également le lieu de l'intrigue de la bande-dessinée Intrus à l'Étrange de Simon Hureau.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Antoine du Plantadis, né vraisemblablement au château du Bost, est lieutenant-général du comté de la Marche de 1581 à 1588.
  • Alexandre de Lestrange (1747 - 1828), 4e marquis de Lestrange, né à Magnat-l'Étrange, est officier dans les Volontaires de Soubise, puis capitaine de dragons. Descendant de Laurent du Plantadis (seigneur du Bost, châtelain d'Aubusson et Felletin fin XVIe siècle), il est l'aïeul, à la 6e génération, d'Antoine de Saint-Exupéry.
  • Paul Fressanges du Bost est un aviateur de la Première Guerre mondiale. Une partie de ses origines familiales se trouvent au château du Bost, à Magnat-l'Étrange.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 2014 Lucien Mestat    
mars 2014 en cours Philippe Breuil PS Conseiller général

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2015 en augmentation de 0,44 % par rapport à 2010, la commune de Magnat-l'Étrange comptait 228 habitants. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans. Les autres chiffres sont des estimations.

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 2001 1081 2201 3901 3731 5301 5711 6041 638
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 5791 5951 6071 7121 8421 6961 8251 5921 652
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 6091 5081 505960954828819703559
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
460462384318245212229231222
2015 - - - - - - - -
228--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2006[3].)
Histogramme de l'évolution démographique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. Louis Aragon, « Le Conscrit des cent villages », publié initialement dans La Diane française, consulté dans Pierre Seghers, La Résistance et ses poètes : France, 1940-1945, Paris : Seghers, 2004 (2e édition). (ISBN 2-232-12242-5), p. 373-375
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.