Madras (tissu)

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Mouchoir à motif Madras

Le madras est une étoffe à chaîne de soie et à trame de coton, de couleurs vives formant des carreaux ou des rayures.

Originaire de la ville de Madras en Inde, il se composait initialement de fibres de bananier. Par la suite, il fut fabriqué en Europe et réalisé en en coton et en soie.

Le madras est un tissu coloré souvent porté par les population créoles des Petites Antilles. Il est arrivé dans les îles au XVIIIe siècle, importé par les Anglais, bien avant les premières migrations de main d'œuvre indienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Créé en Inde du Sud et diffusé à l’initiative des Britanniques, le « madras » est arrivé aux îles avant l’immigration indienne. Ce qui explique sa présence dans les coiffes et les tenues créoles portées par la bourgeoisie blanche du temps de Bonaparte et de Victor Hugo, puis par les anciens esclaves affranchis en 1848. Ces derniers seront remplacés à partir de 1853 pour les durs travaux des champs dans les habitations des colons européens par les travailleurs indiens dits "engagés" à qui on avait fait miroiter une vie paradisiaque. Ils connurent de grandes souffrances.

Madame Renée Léger-Dormoy, mère du futur Prix Nobel de poésie Saint-John Perse, décrivait le sort des engagés indiens :

C’était surtout le bas peuple de Calcutta et de Pondichéry qui nous était envoyé, fuyant leur misère et la famine. Ils étaient de race fine et parmi eux il y en avait beaucoup d’un joli type. À leur arrivée à Pointe-à-Pitre, ils étaient débarqués à Fouyol, à peu de distance de la ville, dans une sorte d’immense hangar où ils étaient parqués comme des animaux, se couchant pêle-mêle par terre sur des couvertures. Les propriétaires de toutes les habitations de l’île venaient choisir chacun son lot selon ses besoins et son goût. Il fallait parfois tirer au sort. Les enfants étaient donnés par-dessus le marché. Chaque Indien appartenait à l’«habitant »[1] comme un esclave. Assis par terre, les jambes croisées, tous mangeaient avec les mains Où auraient-ils pris, pauvres gens, des écuelles et des fourchettes pour tant de monde ? Je crois même qu’ils n’en auraient pas souhaité, étant habitués à toujours manger avec les mains, comme les Nègres du reste.[2]


[1] Le colon, propriétaire de l’habitation.

[2] Notes de Renée Léger, sur le site de la famille Dormoy : tinyurl.com/dormoy/

Il venait de Pondichéry ou encore de Calcutta, à partir de 1852. Très prisé de certaines îles comme la Guadeloupe, la Martinique ou la Guyane par la France.

Ce coton léger, de texture simple, se froisse facilement. Il est tissé en plusieurs couleurs qui forment des carreaux ou des dessins, et sert surtout pour des vêtements courants.

Origines[modifier | modifier le code]

Le madras était originaire de la ville de Madras, dans le sud de l'Inde. Il résultait du tissage artisanal de fibres de bananier, puis de coton, plus solide, et dégageait une odeur particulière. On faisait une distinction entre d'une part le madras, tissé avec des fils plats, et aux coloris vifs et variés (rouge, bleu foncé et rose - le rose étant en fait un croisement de fils rouges et de blancs), de l'autre le mouchoir, tissé avec des fils retors, venus d'Angleterre. Le long de la lisière, le madras comme le mouchoir des Indes présentaient des petits trous faits par les pointes qui tendent le tissu sur le métier. La distance entre deux trous s'appelle, aux Antilles, un coujou : et, pendant longtemps, on a acheté la pièce de madras par « coujous ».

Le mouchoir coûtait deux fois moins cher que le madras, et, comme les couleurs étaient plus ternes, il a fallu trouver un moyen de le rendre plus attrayant, d'où le travail du calendage qui consistait à peindre toutes les parties roses avec un mélange de gomme arabique et de jaune de chrome.

Il est probable que le tissu vienne à l'origine de Pulicat (en) (ou Palicat), à proximité de Madras, on parle de « mouchoirs de Paliacate ». On lui aurait donné par la suite le nom de la plus grande ville de la région, région qui se nommait elle-même Madras (ou plus exactement, Présidence de Madras). Mais le tissu fut aussi fabriqué dans la ville de Madras, notamment pour l'exportation. Quant à savoir si ce tissu apparaît dans les colonies dès le XVIIe siècle, c'est peu probable, car le mot n'est attesté en français qu'à la fin du XVIIIe siècle. À moins qu'il ne s'agisse d'exportation de palicate, nommé par la suite madras.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]