Mado Robin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mado Robin
Description de cette image, également commentée ci-après

Buste de Mado Robin à Yzeures-sur-Creuse.

Nom de naissance Madeleine Marie Robin
Naissance
Yzeures-sur-Creuse, Indre-et-Loire (France)
Décès (à 41 ans)
Paris 17e (France)
Activité principale artiste lyrique
soprano colorature
Style Opéra
Années d'activité 1937 - 1960

Madeleine Marie Robin, dite Mado Robin, née le à Yzeures-sur-Creuse et morte le à Paris, est une cantatrice soprano française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

La famille de Mado Robin possédait le château Les Vallées à Tournon-Saint-Pierre, près d'Yzeures-sur-Creuse. Elle passe sa jeunesse avec ses deux sœurs, élevée dans un environnement musical, entre les études à la ville et les séjours à la campagne. À treize ans, ses capacités vocales l'amènent à travailler sa voix avec Mme Fourestier. Remarquée par le baryton italien Titta Ruffo, celui-ci la recommande à son ami Mario Podesta[1], qui la forme alors au bel canto.

Après deux années d’initiation, elle remporte en 1937 le premier prix du concours des sopranos de l’opéra de Paris. En 1942, avec l'aide de Mario Podesta et la maison de disques Pathé, elle donne un récital salle Gaveau à Paris. Elle atteint la consécration en 1944, avec ses débuts au music-hall, sur la scène de l'A.B.C., et à l'opéra de Paris, dans le rôle de Gilda de Rigoletto.

Carrière internationale[modifier | modifier le code]

Elle devient célèbre dans le monde entier pour ses excursions dans la stratosphère vocale en parvenant à donner un contre-contre-ré, la note la plus aiguë jamais chantée. Elle était souvent surnommée avec respect « The French stratospheric colorature ». Un célèbre journal américain titrait alors « Elle a franchi le mur du son ». En 1952, elle enregistre Lakmé sur disque Decca.

Très présente à la radio en France dès les années 1950, puis à la télévision, elle crée en 1951 Rossignol d'Igor Stravinsky à l'opéra de Monte-Carlo. Elle triomphe en 1954 lors de représentations exceptionnelles du Le Barbier de Séville à l'opéra de Marseille sous la baguette du jeune chef Roberto Benzi avec Hughes Santana et Michel Dens. Elle y chante le Carnaval de Venise de Julius Benedict, dans la scène de la leçon de chant. Elle fait également de nombreuses tournées à l'étranger, notamment à San Francisco et à Los Angeles, où, la même année, elle chante Lucia di Lammermoor de Donizetti, puis en Union soviétique, où elle donne en 1959, treize concerts en vingt jours, interprétant Rigoletto de Giuseppe Verdi en russe. Par ailleurs, elle ne dédaigne pas de chanter dans les fêtes populaires, notamment au profit d'œuvres sociales et des prisonniers durant la Seconde Guerre mondiale, dans sa région natale et au Blanc.

Une voix exceptionnelle[modifier | modifier le code]

Reynaldo Hahn, directeur de l'opéra de Paris disait à son sujet qu'avec cette chanteuse on ne transpose jamais. Son contre siB émerveilla le public de nombreuses salles de spectacles à travers le monde. Elle atteignait la hauteur du Ré/6, 2 320 vibrations à la seconde. D'autres chanteuses ont atteint cette note, mais elle fut la seule à réussir une carrière internationale sur les scènes lyriques. Ses cordes vocales, étudiées par des scientifiques avaient une épaisseur d'un centimètre.

Rôles[modifier | modifier le code]

Ses rôles les plus marquants sont Gilda dans Rigoletto, Rosine dans Le Barbier de Séville, Olympia dans Les Contes d'Hoffmann, la Reine de la Nuit dans La Flûte enchantée, Leila dans Les Pêcheurs de perles et surtout Lakmé dans l'opéra homonyme.

Femme de cœur[modifier | modifier le code]

Mado Robin était très appréciée pour sa modestie et sa gentillesse toute naturelle. Elle passait ainsi de nombreuses heures à prendre soin de ses collègues chanteurs auxquels elle apportait réconfort et soutien. Selon son agent, Robert Deniau, « elle a toujours semblé s'excuser d'avoir du talent ».

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mariée à 17 ans avec l'Anglais Alan Smith, mort peu de temps après la fin de la Seconde Guerre mondiale dans un accident de voiture, elle a eu une fille, Michelle.

Mort[modifier | modifier le code]

En 1960, lors d'une reprise que l'établissement a prévu de lui dédier pour son 42e anniversaire, elle doit assurer la 1 500e représentation de Lakmé à l'Opéra-Comique. Le , dix-neuf jours avant la première, Mado Robin succombe à un cancer généralisé qui la rongeait depuis des mois. La nouvelle de sa mort se propage dans tous les théâtres de Paris le soir même.

Elle est enterrée au cimetière d'Yzeures-sur-Creuse.

Hommages[modifier | modifier le code]

Vue générale du Musée vu en perspective frontale
Le musée Mado Robin à Yzeures-sur-Creuse

Un musée lui est consacré dans sa commune natale. Inauguré en décembre 2009, il détaille sa vie à l'aide de nombreux objets-souvenirs comme des costumes ou de vieux tourne-disques lui ayant appartenu. Près de là s'élève un buste à son effigie, œuvre de Jacques Walter, de l'atelier Ricwal.

Distinctions et prix[modifier | modifier le code]

  • Elle obtient le 1er prix au concours de l'opéra de Paris en 1937.
  • Elle reçoit le Grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros en 1952.

Enregistrements[modifier | modifier le code]

  • Lakmé de Léo Delibes avec l'orchestre Radio-lyrique et les chœurs de la RTF dirigé par Jules Gressier avec Mado Robin pour Lakmé, Camille Maurane pour Frédéric, Nadine Sautereau pour Ellen, Charles Richard, Denise Monteil, Gabrielle Ristori, Pierre Savignol, René Lenoty, Albert Caurat et Pierre Roy. Enregistrement radiophonique analogique des 24 et 25 janvier 1955 au Studio Armand Moissant à Paris, Rodolphe Productions en collaboration avec l'INA. Réf RPC 32426/27 2 CD.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mario Podesta sur artlyriquefr.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mado Robin, une voix au firmament, biographie auto-éditée par Christian Daumas en 2000.
  • Philippe et Pierrette Miranda-Renonciale, Madeleine Marie, dite Mado Robin : 1918-1960, Centre généalogique de Touraine, 2011 (ISBN 2908808560)

Liens externes[modifier | modifier le code]