Mademba Seye

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Mademba Seye
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Mademba Seye
Nom de naissance Mademba Sy
Naissance
Saint-Louis
Décès
Nationalité Drapeau de la France France
Distinctions

Mademba Seye ou Mademba Sy est né le à Saint-Louis du Sénégal [1] et décède le [1]. Mademba Seye était le Fama (Gouverneur)du royaume de Sansanding commune du Mali, dans le cercle et la région de Ségou.

Biographie[modifier | modifier le code]

Mamadou Racine et sa femme en 1889 - premier Officier des Tirailleurs sénégalais - né à Podor

Certaines sources donnent comme lieu de naissance Podor [2]

Mademba Seye a pour grand-père Mbaye Sy, membre influent du clan Torodbe Fulbe de Sénégambie et également pour aïeul El Hadj Oumar chef religieux islamique opposant à l'expansion française. Il est fils d'un chef Oualo[3].

Mademba Seye est le fils de Baye Seye et de Senda Dia. Il a pour frère Mamadou Racine (1838-1902) premier officier des Tirailleurs sénégalais, Lieutenant puis Capitaine. Mademba Seye a six ou sept épouses à soixante-quinze ans[4].

Cinq de ses fils arrivent au Lycée d'El-Djezair àAlger le 3 juillet 1904[5]. Deux autres suivront mais trois des frères ne survivront pas aux maladies et au climat. Abdel Kader et Cheick deviendront officiers dans les tirailleurs sénégalais, Racine se fit ingénieur agronome et Ben Daoud enseignant de l'administration coloniale.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1880 le lieutenant-colonel Bornis-Desbordes découvre Mademba Seye, petit employé des postes à Médine, porté par de hautes qualités. Il deviendra constructeur de lignes télégraphiques dont celle de Médine à Kita. Mademba Seye s’intègre très vite dans le processus de colonisation du territoire et rend de grands services. En 1886, il est envoyé en France, au fort du mont-Valérien, où il s'initie aussi bien à la vie parisienne qu'au télégraphe militaire[6].

Mademba Seye était également un proche du colonel Louis Archinard (1850-1932), lorsqu'il captura Ségou en 1890 conquérant du Soudan (l’actuel Mali) et incarnation du « colonialisme triomphant ».

En 1891 après la prise de Nioro du Sahel et de l’ensemble des États Toucouleurs le Royaume de Sansanding est confié à Mademba Seye; en remerciement de sa collaboration et fidélité[7].

Mademba Seye sera le premier chef du bureau politique du Soudan, c'est-à-dire le premier prédécesseur du Gouverneur de l'Afrique-Occidentale française Jean-Baptiste Chaudié le . Un titre équivalent à un Roi, mais un royaume en viager, sans transmission possible, son titre solennel s’éteindra avec lui[8].

Un reporter du Temps établit en 1912 la biographie de Mademba et raconte son séjour au royaume de Sansanding, et sa rencontre avec le roi dans son palais[6].

Mise en valeur de ses terres: la culture du coton[modifier | modifier le code]

Dès la fin des années 1890, en coopération avec l'Association cotonnière coloniale ( ACC ) à partir de 1903 et avec les pouvoirs publics de la colonie, des essais de plantations cotonnières furent réalisées sur ses terres dans la région de Ségou[9]. Il se montrait à tort optimiste tandis que le président de l'ACC le présentait comme « un indigène particulièrement intelligent dont l'influence près de ( sic ) ses compatriotes est précieuse pour nous »[10]. Il s'est rendu en France en 1906, pour y vendre sa récolte de coton et assister à l'exposition coloniale de Marseille. Il a séjourné à Paris, où il prend part au banquet donné par le syndicat général de l'industrie cotonnière et l'ACC en l'honneur du gouverneur général de l'Afrique occidentale française Ernest Roume; le président de l'ACC souhaite la bienvenue à « ce convive noir vêtu à l'européenne »[11]. Des quotidiens parisiens présentent son action en faveur de la culture du coton et dressent son portrait: « Il y a en ce moment à Paris un roi fort coloré de teint, mais qui se fait beaucoup moins remarquer que d'autres souverains des colonies ). (...) Il est habillé comme vous et moi, avec cette différence que la rosette de la Légion d'honneur illustre le revers de sa redingote. Et pourtant il est foura, c'est-à-dire roi de Sousouding sur le Niger. Mais il préfère de beaucoup qu'on l'appelle Monsieur, comme un simple blanc (...). Il convient d'ajouter que Mademba (...) non seulement parle le français le plus pur, mais pense comme un Français et, ce qui est beaucoup plus rare, a les mêmes conceptions morales »[12]. Il est venu aussi visiter des usines de textile, à Rouen notamment, et le port du Havre, où se négocie le coton[13]. Le il est ainsi présent à Auberchicourt pour visiter la Compagnie des mines d'Aniche, il est accompagné de son neveu Iba Diaye et de l'explorateur Chevalier et reçu par le maire M. Poteau et M. Lemay; gérant des mines d'Aniche[14]. L'ACC lui décerne la médaille d'or de l'agriculture lors de l'exposition coloniale de 1907[15].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Samba Lamine Traoré, La saga de la ville historique de Ségou, Éditions L'Harmattan, , 562 p. (ISBN 2296478794 et 9782296478794)
  2. A. Pérignon, Haut Sénégal et Moyen-Niger. Kita et Ségou, (lire en ligne), États de Sansanding. — En 1891, Sansanding devint un État et l'administration en fut confiée à Mademba dont le zèle et les qualités avaient été appréciés depuis longtemps par le commandant supérieur. Mademba était un ancien contrôleur des services télégraphiques. Il est originaire de Podor (Sénégal). Le fama Mademba qui, actuellement (1901), est encore en fonctions a su s'attirer la sympathie de tous les officiers et fonctionnaires qui l'ont connu.
  3. Philippe Gille, Ceux qu'on lit : 1896éditeur=C. Lévy, (lire en ligne), Ainsi avait été élevé Mademba, fils d'un chef du Oualo considérable par l'autorité politique et religieuse. Il entra dans les Télégraphes, rendit pendant vingt ans les plus dévoués services à la cause française, en suivant, dans leurs étapes successives de la vallée du Niger, le colonel Borgnis-Desbordes et le colonel Archinard. Pour le récompenser, on eut l'esprit de lui créer, sur une rive du fleuve, un petit royaume.
  4. Edouard Charton, Le Tour du monde (Paris. 1860), Hachette (lire en ligne)
  5. E. Bertrand, École professionnelle libre de Versailles. Discours, impr. de Cerf et fils, p. Le 3 juillet, arrivée, au Lycée, dos cinq fils de Fama Mademba,souverains des États de Sansanding (Soudan)'".
  6. a et b Le Temps, 6 janvier 1912, "Un roi d'Homère au XXe siècle"
  7. Afrique-Occidentale française, Fêtes du cinquantenaire du Soudan français, 1883-1933 . Discours et allocutions prononcés à Dakar, Bamako, Ségou, 22-28 décembre 1933, Impr. du Gouvernement général (Gorée), , 103 p., Je rappellerai aussi que c'est le lieutenant-colonel Borgnis-Desbordes qui, en 1880, a découvert en Mademba, alors petit employé des postes à Médine, les éminentes qualités d'intelligence, de droiture, d'activité, de loyauté qui ont porté ce Noir du Sénégal à la haute situation de Fama de Sansanding, après,avoir été le constructeur des lignes télégraphiques pendant les premières années de la conquête et le premier chef du bureau politique du Soudan, c'est-à-dire le premier des prédécesseurs, dans cette fonction, de notre actuel Gouverneur général de l'Afrique Occidentale Française.
  8. Louis Sonolet, L' Afrique occidentale française..., Hachette, , 225 p. (lire en ligne)
  9. Revue de botanique appliquée et d'agriculture coloniale, janvier 1939, Le Temps, 30 août 1906, Bulletin de l'ACC, avril 1905, p. 7 ( photographie ), p. 10, p. 37, Ibid., avril 1907, Henry Bloud, Le problème cotonnier et l'Afrique occidentale française : une solution nationale, É. Larose (Paris), , 390 p. (lire en ligne), p. Cinq cents hectares étaient ensemencés dans la région de Ségou avec des graines provenant de la récolte précédente. Des essais de plants américains Excelsior, King et Mississipi par le service de l'agriculture étaient poursuivis parallèlement à ceux de l'Association cotonnière coloniale suivant le mode indigène, en différents points de la vallée.
  10. Bulletin de l'ACC, avril 1906
  11. Le Temps, 8 novembre 1906, "Le banquet offert à M. Roume", Journal d'agriculture tropicale, 30 novembre 1906
  12. Le Temps, 26 octobre 1906, "Le roi Mademba et l'avenir du Soudan". Cf. aussi Le Petit journal, 22 septembre 1906, "Un loyal serviteur de la France"
  13. Le Figaro, 28 septembre 1906
  14. Jean Tanchon, Les nouvelles d'Aniche en 1906 : Le républicain d'Aniche et ses environs, Aniche, Henri Malengé,
  15. Exposition coloniale nationale de 1907
  16. Cf. son Dossier de la Légion d'honneur dans la base Léonore