Madeleine Beley

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Madeleine Beley
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Biographie
Naissance
Décès
(à 93 ans)
SèvresVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
l'eau courante
Nationalité
Activité
Pionnière du scoutisme pour les filles en France
Autres informations
Membre de

Madeleine Beley, née le à Étupes et morte le à Sèvres[1], est une pionnière du scoutisme féminin français, commissaire internationale et membre de la première équipe nationale de la Fédération Française des Éclaireuses[2],[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Madeleine Beley est la fille d'un pasteur et d'une infirmière. Ses parents étant décédés prématurément, elle grandit en Suisse chez une tante[4],[3]. De confession protestante, elle étudie à l'Institut des Ministères Féminins de Genève, qui forme des assistantes de paroisse et des missionnaires[5], et devient assistante de paroisse à Roubaix[4].

Membre de la "Main", première équipe dirigeante des éclaireuses[modifier | modifier le code]

Dans le Nord, elle découvre les débuts du scoutisme féminin au sein de la Fédération Française des Eclaireuses (FFE), et y fonde des unités d'éclaireuses dans la section unioniste.

Elle devient rapidement membre de la première équipe nationale, surnommée la Main, en 1924 ou 1928, aux côtés de Violette Mouchon, Marguerite Walther, Georgette Siegrist, et Renée Sainte-Claire Deville. Cette équipe est considérée comme le groupe des fondatrices du scoutisme féminin en France, avec Antoinette Butte[6].

Elle soutient particulièrement le développement de l'extension, c'est-à-dire la création d'une adaptation du scoutisme pour les éclaireuses malades ou handicapées, et siège au conseil d'administration de l'Association pour l'extension du scoutisme qui réunit à partir de 1936 la FFE, les Éclaireurs de France et les Éclaireurs unionistes de France[7]. Sous le nom d'« Éclaireuses Malgré Tout (EMT) », des groupes se développent, menés notamment par Jeanne Frémont et Denise Hourticq. Dans le prolongement de la dynamique autour de l'hôpital maritime de Berck, Madeleine Beley participe en 1952 à la création par la FFE et les Guides de France d'un foyer pour les filles malades ou handicapées pratiquant le scoutisme, devenu le Foyer International d’Accueil et de Culture de Berck[2],[8].

En tant que commissaire nationale adjointe, elle est chargée en 1938 d'organiser un Comité d'aide aux réfugiés espagnols à Paris, au nom de la FFE. A la déclaration de guerre, elle est chargée de la zone occupée avec Marguerite Walther et Violette Mouchon, et poursuit ses déplacements à bicyclette pour visiter et accompagner les unités sur le terrain. Elle plaide pour l'acceptation de la dissolution de la section israélite en zone Nord pour pouvoir garder les éclaireuses juives dans la FFE sous couvert des autres sections[3].

Elle participe à l'implication de la FFE dans la formation naissante des monitrices de colonies de vacances[3], et contribue dans cette optique à la fondation des CEMEA en 1938[9]. Elle dirige la revue Le Trèfle, destiné aux cheftaines et cadres de la FFE, de 1960 à 1965[4].

Commissaire internationale de la FFE[modifier | modifier le code]

Outre ses fonctions de commissaire nationale adjointe, Madeleine Beley est responsable des relations internationales de la FFE ("commissaire internationale") dès l'origine, et représente la Fédération au congrès constitutif de l'Association Mondiale des Guides et des Éclaireuses (AMGE) en Hongrie en 1928[3]. Elle sera ensuite membre du bureau mondial de l'AMGE[4].

Bien qu'appartenant à la section unioniste, elle défend avec succès au niveau mondial la possibilité pour les éclaireuses neutres françaises de prononcer leur promesse « au nom d'un Idéal », et non « devant Dieu »[2].

Dans les années 1930, elle est également à l'origine au sein de l'AMGE d'un groupe de réflexion nommé Quo Vadis réunissant des cheftaines de 12 pays pour réfléchir à la manière de faire vivre l'idéal du guidisme en l'adaptant aux différentes pays, dans un contexte de montée des nationalismes. Le groupe débouche sur l'affirmation de l'éducation à la paix comme mission du guidisme et de l'ouverture et du partenariat avec d'autres structures comme méthode de l'AMGE pour bénéficier au maximum à l'émancipation des filles[10].

En 1945, elle fait partie de la délégation qui accompagne Olave Baden-Bowell, Chef Guide mondiale, lors de sa visite en France en 1945[11]. En 1950, elle porte la fondation du foyer de la Nef, rue Ampère à Paris, qui accueille des éclaireuses et guides étrangères en visite à Paris[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « BELEY Madeleine Julia », sur deces.matchid.io/ (consulté le 8 novembre 2020)
  2. a b c et d Le dictionnaire universel des créatrices, (ISBN 978-2721006318, lire en ligne), « Madeleine Beley »
  3. a b c d et e Takako Tobita, La Fédération française des Éclaireurs (FFE) : une histoire de jeunes filles et de femmes dans un mouvement scout féminin en France (1911-1970), Ecole doctorale EHESS, (lire en ligne)
  4. a b c et d « Madeleine Beley : l'Eau Courante », Debrouillum Tibi, bulletin de l'Association des anciennes de la Fédération française des éclaireuses, no 23,‎
  5. Lauriane Savoy, « "Bien en chaire ? L’accès des femmes au ministère pastoral à Genève " in Journée Femmes et vie publique : sors de ta chambre ! 12 mars 2015 de la Faculté de Lettres », sur Université de Genève,
  6. Anne-Sophie Faullimmel, « Aux origines du scoutisme féminin en France : la naissance de la Fédération Française des Éclaireuses (1912-1927) », Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français (1903-2015), vol. 143,‎ , p. 439–501 (ISSN 0037-9050, lire en ligne, consulté le 8 novembre 2020)
  7. Association pour l'Histoire du scoutisme laïque, « Du scoutisme d'extension aux vacances adaptées », sur calameo.com, (consulté le 8 novembre 2020)
  8. Nathalie Duval, « Le scoutisme pour « sortir de chez elles »: la Fédération Française des Éclaireuses et la promotion féminine (1921-1964) », Bulletin de la Société de l'Histoire du Protestantisme Français (1903-2015), vol. 161,‎ , p. 109–133 (ISSN 0037-9050, lire en ligne, consulté le 8 novembre 2020)
  9. Nicolas Palluau, La fabrique des pédagogues: Encadrer les colonies de vacances. 1919-1939, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-6919-5, lire en ligne)
  10. (en) Tammy M. Proctor, Scouting for Girls: A Century of Girl Guides and Girl Scouts, ABC-CLIO, (ISBN 978-0-313-38114-0, lire en ligne)
  11. Philippe Maxence, Olave Baden-Powell: L'aventure scoute au féminin, Artège Editions, (ISBN 979-10-336-1012-0, lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]