Madame de Villemomble

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Madame de Villemomble
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Enfant

Mademoiselle Le Marquis dite Madame de Villemomble née en 1737 à Dinan en Bretagne - † 1806 à Paris) est une dame de l'aristocratie en France au siècle des Lumières. Elle est la maîtresse de Louis Philippe d'Orléans (1725 - 1785).

Biographie[modifier | modifier le code]

Étiennette Marie Périne Le Marquis voit le jour, en 1737 à Dinan, en Bretagne. Elle a sans doute été abandonnée par sa mère sur les marches de l'Église Saint-Sauveur puis adoptée par la famille de René Le Marquis, négociant en toiles, marié à Dinan avec Françoise Chartier, demeurant rue des Rouairies. Elle est élevée au couvent des Ursulines qui se consacre à l'éducation des jeunes filles. À l'âge de 13 ans elle se rend à Paris avec sa mère, rue du Champ-Fleury.

Gabriel Louis François de Neufville de Villeroy, né le 8 octobre 1731 l'entretient et en 1753 leur fille Anne-Camille nait (future comtesse de Vassan).

C'est en 1757 que mademoiselle Le Marquis que l'on appelle par dérision « Marquise » attire l'attention de Louis Philippe d'Orléans (1725-1785), duc d'Orléans. Il la remarque à l'Opéra au cours d'un spectacle. Mademoiselle Le Marquis quitte ses appartements, rue de Richelieu, pour le Château de Bagnolet (Paris). Devenue la favorite en titre du duc d'Orléans, le 21 février 1759 à Paris, un garçon naît de leur union. Il est appelé Louis Étienne de Saint-Farre, futur abbé de Cour et dernier abbé de l'abbaye Notre-Dame de Livry sous le nom de Saint-Phar. Étiennette communique à son amant le goût de la comédie. C'est sur l'initiative de cette dernière que le duc fait aménager le petit théâtre qu'il inaugure en 1761. Elle est aussi à l'origine du remaniement de l'Ermitage construit en 1734 par l'architecte Sorin, lui donnant son aspect que nous lui connaissons aujourd'hui, 148, rue de Bagnolet à Paris. Étiennette donne des spectacles et des parades réalisés en grande partie par Charles Collé et Carmontelle, où se produit le prince en compagnie de la noblesse. Elle organise avec son complice des pièces nouvelles et même licencieuses. C'est chez elle qu'on joue pour la première fois en 1762 La Partie de chasse de Henri IV. Le 7 juillet 1761, Mademoiselle Le Marquis donne naissance à des jumeaux. On appellera le garçon, Louis-Philippe, futur comte-abbé de Saint-Albin, et la fille, Marie Perrine Étiennette d'Auviliers, future comtesse de Brossard. Ils sont baptisés à l'église paroissiale Saint-Maurice de Charenton. Le duc d'Orléans s'y rend pour reconnaître ses enfants. Les trois enfants de Mademoiselle Le Marquis reçoivent une éducation soignée dans un univers de luxe et de tendresse. Les années passent et Madame de Montesson devient sa rivale, appuyée par madame de Genlis.

Louis-Philippe offre à Mademoiselle Le Marquis, le 2 février 1767, la seigneurie de Villemomble. Comme il souhaite continuer à rencontrer « amicalement » Étiennette, il l'autorise à ouvrir une porte dans le mur de clôture du parc du château du Raincy qu'il va acquérir en 1769. Mademoiselle Le Marquis, dite « Marquise » devient alors dame de Villemomble et autres lieux, c'est-à-dire, Noisy-le-Sec et Avron.

Charlotte-Jeanne-Béraud de la Haye du Rioux de Montesson, arrive à ses fins et épouse secrètement le duc d'Orléans, le 28 juillet 1773.

Avec ses revenus et ceux qui lui proviennent de la seigneurie de Villemomble, Madame de Villemomble élève ses enfants d'une façon digne de leur origine. Devenue « haute et puissante dame de Villemomble », elle fait raser ce qui reste du vieux manoir construit par Florimond Robertet, ancien seigneur de Villemomble sous le règne de François Ieret se fait construire un élégant château par l'architecte Alexandre-Théodore Brongniart, en 1769, qu'elle fera décorer avec soin par Henri Piètre. L'hiver, elle réside dans son hôtel particulier, 14, rue Grammont à Paris et l'été à Villemomble, où elle mène une vie de châtelaine respectable.

Madame de Villemomble n'a pas négligé sa fille née de son union avec le duc de Villeroy. Elle obtient de lui qu'elle soit reconnue comme étant une Neufville et puisse porter ce nom. Bien dotée, Anne Marie Camille de Neufville épouse en 1776, le comte de Vassan. En mars 1778, c'est son autre fille, Marie Perrine Étiennette, dite Mademoiselle de Villemomble ou Mademoiselle d'Auvilliers, qui prend pour époux, François Constantin, comte de Brossard, en présence de la Maison d'Orléans au grand complet. Ses fils, cédant aux prières de leur père, deviennent les comtes-abbés de Saint-Farre et de Saint-Albin. Reconnus de Louis-Philippe d'Orléans, ils sont présentés à la Cour du Roi Louis XVI et aux princes et princesses de la famille royale. Ils se distinguent par leur goût pour la dépense et la magnificence. La duchesse de Bourbon, princesse légitime du duc d'Orléans les traite comme des frères, elle appelle l'un son frère blond Saint-Farre et l'autre son frère brun Saint-Albin. Leurs laquais portent la livrée des Orléans.

Au matin du 19 novembre 1785, Mademoiselle Le Marquis apprend que son ancien amant mais toujours ami, Louis-Philippe d'Orléans, est décédé la veille au château de Sainte-Assise. Il avait auprès de lui son épouse, ses deux enfants ainsi que les abbés de Saint-Farre et de Saint-Albin et la comtesse de Brossard, les enfants que lui avait donnés Étiennette.

Durant la Terreur, Madame de Villemomble quitte la France. Elle séjourne à Berne en Suisse puis à Hambourg en Allemagne tandis que les abbés de Saint-Farre et de Saint-Albin se réfugient dès 1792 à Londres. Saint-Farre est hébergé par la suite à Barcelone chez laduchesse de Bourbon. Sa fille se cantonne dans son fief desIles Bardel dans le Calvados.

Lorsque Madame de Villemomble revient en France, fin 1794, elle retrouve son hôtel parisien ainsi que son château de Villemomble intacts, mais sa fortune est fortement entamée et elle se voit contrainte de vendre ses terres de Villemomble au banquier Ernest Lang. En 1800, elle lui rachète ses terres afin de les revendre aussitôt à M. Nicolas Bourelle de Sivry, pour douze cent vingt deux kilogrammes d'argent fin, poinçon de Paris. Le 20 août 1805 (an treize), Mademoiselle Le Marquis rédige son testament et le dépose chez son notaire parisien, maître Marchoux.

C'est le 9 février 1806 que mademoiselle Le Marquis, autrefois baronne de Villemomble, décède dans son hôtel de la rue Grammont. Ses obsèques ont lieu à l'Église Saint-Roch (Paris), « Au moment où son cercueil entrait à l'église, celui de Madame de Montesson en descendait de façon que les deux rivales qui s'étaient rencontrées dans le combat de la vie, où rien ne se pardonne, se retrouvèrent sur le seuil de la mort, où tout s'oublie ». Mademoiselle Le Marquis est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris ainsi que ses deux fils, les abbés de Saint-Farre et de Saint-Albin.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Tableaux et sculpture[modifier | modifier le code]