Madame de Saint-Baslemont

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Alberte-Barbe d'Ernécourt, Dame de Saint-Baslemont (1607-1660) est une héroïne lorraine de la guerre de Trente Ans, connue encore sous le nom d’Amazone chrétienne.

Madame de Saint-Baslemont, par Claude Deruet.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alberte-Barbe d'Ernécourt, née le 14 mai 1607, est le seul enfant survivant de Simon d'Ernécourt et de Marguerite Housse de Watronville. Son frère Nicolas étant mort en bas-âge, elle est l'héritière des terres et du titre de son père.

En 1623, à seize ans, son père la marie à Jean-Jacques de Haraucourt, seigneur de Saint-Baslemont, de très ancienne noblesse mais ruiné. On leur connait deux enfants :

  • un fils mort à 14 ans en 1644 ;
  • une fille, Marie-Claude, épouse en 1646 Louis des Armoises, seigneur de Jaulny et de Commercy.

Tandis que son mari combat en Allemagne aux côtés du duc de Lorraine, Charles IV, elle réside sur ses terres de Neuville-en-Verdunois.

Portant vêtement d'homme, et mettant à profit les connaissances militaires que son père lui avait apprises, elle va protéger ses gens contre la soldatesque de tous pays (notamment française, suédoise et croate) qui ravage la Lorraine. Elle veillera aussi sur le sanctuaire de Notre-Dame-de-Benoite-Vaux, allant jusqu'à mettre en sécurité chez elle la statue vénérée de la Vierge. Escortant également les convois qui ravitaillent la place de Verdun, son courage impressionne les officiers ennemis français qui la font peindre par Claude Deruet.

En 1644, la peste emporte son fils de quatorze ans et son mari est tué au combat.

En 1646, sa fille et héritière, Marie-Claude d'Haraucourt, épouse Louis des Armoises, seigneur de Jaulny et de Commercy.

Femme aux ressources étendues, la guerre ne l'empêche pas d'écrire des tragédies religieuses.

Elle vieillit alors que la Lorraine des Trois-Évêchés est livrée au rude gouvernement de l'occupant français gouverné par La Ferté-Sénectère. Tous ses biens sont réquisitionnés et sa maison occupée. Malade, elle entre chez les clarisses de Bar-le-Duc et revient mourir chez elle le 22 mai 1660 à 53 ans.

Son tombeau est encore visible de nos jours dans l'église de Neuville-en-Verdunois.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Les Jumeaux martyrs, tragédie par Mme de S.-Balmon, Paris : A. Courbé, 1650, In-4 ̊, 144 p.
  • Les Jumeaux martyrs, Alberte-Barbe d'Ernécourt, madame de Saint-Balmon ; éd. critique avec introd. et notes par Carmeta Abbott et Hannah Fournier, Droz, Genève, 1995
  • La Fille généreuse, manuscrit non publié, BN Français, 25489

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Micheline Cuénin, La dernière des Amazones, madame de Saint-Baslemont, Presses universitaires de Nancy, 1992
  • T. de Morembert, « Haraucourt (Alberte-Barbe d'Ernecourt, Mme Jean-Jacques de) » dans Dictionnaire de biographie française, vol. 17, Paris, [détail des éditions] , col. 610
  • Philippe Martin, Une guerre de Trente Ans en Lorraine (1631-1661), Ed. Serpenoise, Metz, 2002, p. 143-145
  • Tallement des Réaux, Historiettes, Pléiade, II, p. 596-97
  • Jean-Marie de Vernon, L'Amazone chrestienne, ou Les avantures de Madame de S. Balmon, Paris, chez Gaspar Meturas, 1678