Madame X (John Singer Sargent)

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Madame X
(Portrait de Madame X)
Sargent MadameX.jpeg
Artiste
Date
1884
Type
peinture
Technique
huile sur toile
Dimensions (H × L)
234.95 × 109.86 cm
Localisation
Numéro d’inventaire
16.53Voir et modifier les données sur Wikidata

Madame X ou Portrait de Madame X est le titre informel d'un portrait réalisé en 1884 par John Singer Sargent d'une jeune et belle expatriée de Louisiane, Virginie Amélie Avegno Gautreau, femme du banquier parisien Pierre Gautreau et figure de la « bonne société » parisienne de l'époque.

Sargent présente une femme qui pose avec ostentation dans une robe de satin noir retenue par des bretelles incrustées de pierres précieuses, une robe qui révèle plus qu'elle ne voile. Le portrait est caractérisé par le ton pâle de la chair du sujet qui contraste avec la couleur sombre de la robe et de l'arrière-plan.

Scandale[modifier | modifier le code]

Virginie Amélie Avegno Gautreau n'a pas commandé la peinture et Sargent l'a poursuivie pour obtenir cette chance, contrairement à la plupart de ses portraits, pour lesquels c'était les clients qui le sollicitaient. Sargent a écrit à l'une de leurs connaissances communes :

« J'ai grand désir de peindre son portrait et j'ai raison de croire qu'elle le permettra et s'attend à ce que quelqu'un propose un tel hommage à sa beauté. … Vous pouvez lui dire que je suis l'homme d'un prodigieux talent[1] »

Il lui faut toute une année pour achever le portrait[2]. La première version du portrait, avec son fameux décolleté, sa peau si blanche et son port de tête altier sur une bretelle tombée de son épaule donne un effet global encore plus audacieux et sensuel[3]. Lorsqu'il est présenté à Paris au Salon des artistes français de 1884, il déclenche un scandale.

Sargent remet en place la bretelle pour tenter d'apaiser la réaction du public, mais le mal est fait. Les commandes françaises se tarissent et il admet à son ami Edmund Gosse en 1885 qu'il envisage d'abandonner la peinture pour la musique ou les affaires[4]. Finalement, il part s'installer à Londres et y poursuit sa carrière de portraitiste.

À propos de la réaction du public, la femme de lettres Judith Gautier (1845-1917) écrit:

« Est-ce une femme ? Une chimère, la licorne héraldique cabrée à l'angle de l'écu ? Ou bien l'œuvre de quelque ornemaniste oriental à qui la forme humaine est interdite et qui voulant rappeler la femme, a tracé cette délicieuse arabesque ? Non, ce n'est rien de tout cela (…) Si ce sein bleu, ces bras serpentins, ce teint où l'héliotrope est pétri avec la rose, ce profil effilé, cette lèvre pourpre, ces yeux demi-clos, veloutés d'ombre, ont en effet quelque chose de chimériques, cela tient uniquement à la chimérique beauté que la toile évoque…[5] »

Destin de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Sargent, à propos de Madame X, écrit en 1915 : « Je suppose que c'est la meilleure chose que j'ai faite »[6]. Il exhibera fièrement cette toile dans son studio de Londres jusqu'à ce qu'il la vende au Metropolitan Museum of Art de New York, en 1916, quelques mois après la mort de Madame Gautreau.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Olson, p. 102
  2. Ormand et Kilmurray, p. 113
  3. Fairbrother, p. 47
  4. Fairbrother, p. 55
  5. Noël, p. 104
  6. Richard Ormand et Elaine Kilmurray, p.114.

Sources[modifier | modifier le code]