Madame Saqui
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Marguerite Antoinette Lalanne |
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Madame Saqui, née Marguerite Lalanne à Agde le et morte à Neuilly-sur-Seine le , est une célèbre acrobate et danseuse de corde du XIXe siècle.
Elle est aussi connue sous les noms de scène la petite Basquaise, Mlle Ninette et la divine Basquaise.
Carrière
[modifier | modifier le code]Fille de Jean-Baptiste Lalanne et d'Hélène Masgomieri, « marchands botanistes et artistes », Marguerite Antoinette Lalanne naît à Agde en 1786.
Marguerite Lalanne[Note 1] n'a que cinq ans lorsqu'elle rejoint à Paris ses parents, qui appartiennent à la troupe des Grands-Danseurs du Roi dans laquelle elle fait ses débuts d'artiste sous le nom de « la petite Basquaise ». Mais Nicolet, directeur de la troupe, résilie l'engagement de Jean-Baptiste Lalanne qui a fait une mauvaise chute. La famille prend alors le parti de quitter Paris et de reprendre une existence aventureuse. C'est à la foire de Tours, le grand rendez-vous des forains de l'époque, que Marguerite travaille les principes de la danse de corde avec son amie Françoise Bénéfand, qui deviendra plus tard la célèbre Mlle Malaga, et auprès du citoyen Barraut qui dirige une troupe d'acrobates. C'est avec cette troupe que, sous le nom de « Mlle Ninette », elle fait ses premiers pas en public comme danseuse de corde. Mlle Ninette ayant fait fureur à Tours, ses parents décident de former leur propre troupe avec laquelle ils se mettent à parcourir la France. Mais après quelques années, des déboires les obligent à rejoindre la troupe Houssaye puis le cirque Roussi, et c'est à Épinal que « la divine Basquaise » fait la connaissance de Pierre Saqui, qu'elle épouse à Tours en 1805.
En 1806, le jeune couple rejoint Paris et Madame Saqui enflamme les spectateurs du jardin de Tivoli. Sa réputation va rapidement embraser Paris et ses exercices sont très prisés sous Napoléon Ier. Victor Fournel raconte que, lors d'une de ces manifestations publiques dont le Premier Empire avait le secret, Mme Saqui « jouait à elle seule sur la corde raide des mimodrames, où elle représentait le passage du mont Saint-Bernard, la bataille de Wagram, la prise de Saragosse. »
Devant la prolifération des troupes rivales, Mme Saqui commence à voyager en province, où elle rencontre un succès grandissant. On la voit à Rouen en 1810 et 1811[1], à Nîmes en 1812, à Rouen en 1813, puis à Lille, Valenciennes, Gand et Bruxelles en 1814, ainsi qu'à Liège au début de l'année suivante : elle se fait connaître dans cette ville sous le titre de « première artiste funambule de S.M. le roi Louis XVIII, directrice des fêtes et ascensions du Gouvernement ».
En 1815, Pierre Klavdievitch Moussine-Pouchkine (Пётр Клавдиевич Мусин-Пушкин), capitaine des cosaques, occupe Paris. Comme tous les Russes de haut rang de l'époque, il parle parfaitement français. Beau et fringant garçon, il n'a aucune difficulté à séduire la jeune danseuse de corde. De cette liaison, semble-t-il, naît Ekaterina Petrovna en (qui devient plus tard princesse Troubetzkoy[2]). L'affaire est étouffée par la famille Moussine-Pouchkine, Madame Saqui dédommagée contre la promesse de ne pas chercher à revoir sa fille, et Ekaterina Petrovna, ramenée en Russie, reçoit l'éducation correspondant à son rang, parmi ses nombreuses cousines[3].
En 1816, Madame Saqui se blesse aux côtes en tombant de sa corde lors d'une représentation à Londres[4]. La même année, elle obtient le privilège d'occuper une salle au boulevard du Temple, connu comme le « boulevard du Crime » : le théâtre de Madame Saqui connaît un succès ininterrompu jusqu'en 1830. Mais des déboires financiers, dus à une mauvaise gestion de son frère Baptiste et à l'épidémie de choléra de 1832, qui rend l'exploitation des théâtres désastreuse, la contraignent à céder son privilège à un dénommé Roux, dit Dorsay.
Veuve depuis 1825[5], Madame Saqui reprend à 47 ans une vie nomade et voyage alors vers de nouvelles contrées. On la rencontre notamment à Madras en . Elle continue d'exercer son métier de danseuse de corde jusqu'en 1861.
Marguerite Lalanne meurt à Neuilly en 1866, dans sa 81e année[6], et est enterrée dans la 40e division du cimetière du Père-Lachaise[7].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Parc de Trianon », Journal de Rouen, Rouen, no 213, , p. 4 col. 2 (ISSN 2430-8242, lire en ligne [jpg], consulté le ).
- ↑ 1816-1897. Sa tombe à Venise, sur l'île de San Michele
- ↑ Paul Ginisty, Mémoires d'une danseuse de corde : Madame Saqui, coll. « Bibliothèque-Charpentier », Fasquelle, 1907.
- ↑ « Paris, 3 août », Journal de Rouen, Rouen, no 218, , p. 3-4 (ISSN 2430-8242, lire en ligne [jpg], consulté le ).
- ↑ Acte de décès du , reconstitué le , Paris, Archives de Paris
- ↑ Acte de décès (avec âge et lieu de naissance) à Neuilly-sur-Seine, n° 27, vue 9/148.
- ↑ Registre journalier d'inhumation, , cimetière parisien du Père-Lachaise, Archives de Paris
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Paul Ginisty, Mémoires d'une danseuse de corde, Paris, Fasquelle, , 286 p..
- Hubert Delobette, Femmes d'exception en Languedoc-Roussillon, Papillon Rouge Éditeur (ISBN 978-2-917875-13-1).
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
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