Madame Jenny Treibel

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Madame Jenny Treibel
Image illustrative de l'article Madame Jenny Treibel

Auteur Theodor Fontane
Genre Roman
Version originale
Titre original Frau Jenny Treibel
Éditeur original F. Fontane & Co
Langue originale Allemand
Pays d'origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Lieu de parution original Berlin
Date de parution originale 1892
Version française
Traducteur Pierre Grappin
Lieu de parution Paris
Éditeur Éditions Gallimard
Collection Les Classiques allemands
Date de parution 1943
Nombre de pages 259

Madame Jenny Treibel (Frau Jenny Treibel) est un roman allemand de Theodor Fontane, chef de file du réalisme en Allemagne, publié en 1892.

Résumé[modifier | modifier le code]

Ce roman est l’histoire d’un drame, d’une vie de souffrances et de passions.

L'héroïne, Madame Jenny Treibel, provient d'un milieu modeste et a fréquenté le professeur Wilibald Schmidt dans sa jeunesse, avant d'épouser un riche propriétaire afin de gravir les échelons sociaux. Elle prétend être déchirée entre l'idéal que représente Wilibald et les poèmes d'amour qu'il lui écrivait dans sa jeunesse, et la rudesse de la vie et son aspect plus matériel. Madame Jenny Treibel est ainsi donc une femme très riche, représentant une bourgeoisie propriétaire (Besitzbürgertum), mère de deux fils : le premier s'est marié à une femme qu'elle n'aime pas, mais qui présente l'avantage d'être issue d'un milieu toujours plus aisé ; quant au second, Leopold, Jenny Treibel veut le marier à une autre aristocrate, malgré les vaines protestations de ce dernier, que Corinna, la fille de Wilibald Schmidt, avait persuadé d'épouser.

En ce qui concerne le professeur Wilibald Schmidt, il représente la bourgeoisie cultivée (Bildungsbürgertum) : il mène une vie modeste et organise des réunions avec d'autres professeurs pour mener des débats, discuter de certaines œuvres... Wilibald Schmidt souhaite que sa fille Corinna épouse son cousin Marcel, mais celle-ci s'y refuse dans un premier temps, préférant séduire Leopold dans l'espoir d'intégrer un milieu plus aisé par un tel mariage. On remarque d'ailleurs qu'en début de roman, Jenny, qui rend régulièrement visite à Wilibald, insiste sur le fait de traiter Corinna comme sa propre fille ; néanmoins, lorsqu'elle apprend plus tard que son fils Leopold et Corinna souhaitent se marier, elle s'y oppose formellement : on constate donc que le personnage de Jenny Treibel possède de multiples facettes, et qu'elle se trouve continuellement en contradiction entre son idéal et son ambition.

L'héroïne, Madame Jenny Treibel, se retrouve constamment déchirée entre ses sentiments, d’où le souci de Fontane de décrire le monde de manière réaliste, et de dénoncer les paradoxes et les conflits de l'époque entre deux types de bourgeoisie. Un roman donc très moderne et vraiment universel.

L’ironie dont fait preuve l’auteur envers ses personnages est une des caractéristiques principales de l’écriture. Il a souvent été remarqué que la première personne n’était employée qu’au tout début du roman, comme si le narrateur était aussi un personnage de l’histoire. À noter que Fontane écrit dans une préface que le projet d’écrire Madame Jenny Treibel était d’en finir avec sa période royaliste. Dès lors, on peut voir dans Frau Jenny Treibel non pas une critique du royalisme, mais plutôt les excès que cela peut causer. D’ailleurs, les personnages sont très bien conçus psychologiquement.
Son mari, avide d’honneur, cherche à gravir les échelons de la société de l’époque. Son statut initial d’homme lui procure intrinsèquement un avantage certain.
Voici un passage illustrant bien ceci :

Drüm prüfe, was sich ewig bindet, ob sich das Herz zum Herzen findet„) Das ist die Schlußzeile eines sentimentalen Lieblingsliedes, das die 50jährige Kommerzienrätin im engeren Zirkel beständig singt (Schmidt schrieb dieses Lied in jüngeren Jahren für Jenny, als er sie noch umwarb) und durch das sie sich Anspruch auf das ‚Höhere‘ erwirbt, während ihr in Wahrheit nur das ‚Kommerzienrätliche‘, will sagen viel Geld, das ‚Höhere‘ bedeutet. Zweck der Geschichte: das Hohle, Phrasenhafte, Lügnerische, Hochmütige, Hartherzige des Bourgeois-Standpunktes zu zeigen, der von Schiller spricht und Gerson meint.

Source[modifier | modifier le code]

  • Theodor Fontane, Frau Jenny Treibel.