Machida Hisanari

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Machida Hisanari est un nom japonais traditionnel ; le nom de famille (ou le nom d'école), Machida, précède donc le prénom (ou le nom d'artiste).
Machida Hisanari
町田久成
Machida Hisanari (2).jpg
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Drapeau du Japon Japonaise
Formation
Shōheizaka Gakumonjo
Activité

Machida Hisanari (町田久成?) ( - ), aussi connu sous le nom d'Ueno Ryōtarō, est un samouraï et homme d'État de l'ère Meiji (1868 - 1912), le fondateur du musée de Tokyo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Machida Hisanari est né en 1838 à Shinshōin, une ancienne cité de l'ancienne province de Satsuma (préfecture de Kagoshima depuis 1883) devenue un quartier de Kagoshima à la fin du XIXe siècle. Il est le fils aîné de Machida Hisanaga, chef d'une famille de samouraïs au service de Shimazu Narioki, le seigneur féodal du domaine de Satsuma[1]. À l'âge de 18 ans, il quitte sa région natale et s'installe à Edo, la capitale du pays, pour poursuivre ses études[2]. Il passe plus de trois ans au sein de l'académie shogunale (Shōheizaka Gakumonjo) qui forme des fonctionnaires au service du Bakufu, puis retourne à Satsuma[3].

Voyage en Europe[modifier | modifier le code]

En 1863, il est promu Ōmetsuke et participe comme officier militaire à la guerre anglo-satsuma — il a alors sous ses ordres le futur amiral Tōgō Heihachirō —, et, l'année suivante, à la tête d'une troupe de 600 hommes, il défend le palais impérial contre un groupe d'insugés[3].

En 1865, en tant que membre d'une délégation officielle japonaise, il effectue un séjour d'études de deux années en Europe ; à Londres il découvre le British Museum et, à Paris, il visite le musée du Louvre, le Muséum national d'histoire naturelle, et participe à la septième exposition universelle[2],[4],[1]. Tout au long de son périple européen, il se familiarise avec le concept de patrimoine culturel et mesure l'impact sur le public des programmes éducatifs et culturels muséaux.

De retour au Japon[modifier | modifier le code]

De retour au Japon au début de la guerre de Boshin ( - ), il est appelé à Kyoto avec pour mission de contrecarrer les plans de l'alliance Satchō, une coalition militaire décidée à renverser le shogunat Tokugawa.

En 1870, il entre au service du gouvernement de Meiji, issu de la révolution du même nom, et devient secrétaire d'État dans un ministère de l'Éducation embryonnaire[5]. À ce poste, dans les hautes sphères du pouvoir, il s'emploie à faire cesser la dévastation du patrimoine historique national provoquée par la promulgation d'une série d'ordonnances sur la ségrégation entre le shintō et le bouddhisme a l'origine du retour en force, dans tout le pays, du mouvement Haibutsu kishaku, un courant de pensée qui prône l'expulsion du bouddhisme du pays[6].

En 1874, il accepte le poste de directeur général de la première Exposition universelle organisée aux États-Unis : l'Exposition universelle de Philadelphie[3].

En 1882, il devient le premier directeur du musée impérial de Tokyo ; il ne restera qu'une année à ce poste[3].

Retraite et mort[modifier | modifier le code]

En 1885, il intègre la Chambre des Anciens.

En 1889, il quitte ses fonctions dans l'appareil d'État et se retire dans un monastère bouddhique de la préfecture de Shiga, le Mii-dera.

Il meurt le , à Tokyo[2].

Postérité[modifier | modifier le code]

La tombe de Machida Hasanari se trouve dans l'enceinte du Kan'ei-ji, un temple bouddhique du quartier d'Ueno à Tokyo, Bodaiji de la dynastie Tokugawa pendant l'époque d'Edo (1603 - 1868)[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (ja) Kagoshima Convention Visitors Bureau & City.Kagoshima, « 町田久成 » [« Machida Hisanari »],‎ (consulté le 2 octobre 2016).
  2. a b c et d (ja) Tokyo National Museum, « 町田久成の碑 » [« Stèle dédiée à Machida Hisanari »], sur www.tnm.jp (consulté le 2 octobre 2016).
  3. a b c et d (en) British Museum, « Machida Hisanari : Biographical details » (consulté le 2 octobre 2016).
  4. (en) Jennifer Robertson (dir.) et Walter Edwards, « Archeology and cultural properties management », dans Jennifer Robertson, Katsumi Nakao, Walter Edwards, Tomomi Yamaguchi et al., A Companion to the Anthropology of Japan, New York, John Wiley & Sons, coll. « Blackwell Companions to Anthropology », , 544 p. (ISBN 9781405141451 et 140514145X, OCLC 899164876).
  5. Takashi Inada (trad. Laurent Nespoulous), « L’évolution de la protection du patrimoine au Japon depuis 1950 : sa place dans la construction des identités régionales » [« 1950年からの日本文化財保護法の展開と地域アイデンティティの形成 »], Ebisu, études japonaises, Tokyo, Maison franco-japonaise, vol. 52,‎ (ISSN 1340-3656, DOI 10.4000/ebisu.1576, résumé, lire en ligne [PDF]).
  6. Christophe Marquet, « Le Japon moderne face à son patrimoine artistique », dans François et Mieko Macé, Ishii Kōsei, Cécile Sakai, Christophe Marquet et al., Cipango : cahiers d'études japonaises : Mutations de la conscience dans le Japon moderne (revue), Paris, INALCO Publications Langues'O, coll. « Hors-série », , 397 p. (ISBN 2858311056, OCLC 491367667, lire en ligne [PDF]), p. 19-22.

À voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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