Maître de Jacques de Besançon

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Maître de Jacques de Besançon
Période d’activité
Nom de naissance
François le Barbier filsVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
EnlumineurVoir et modifier les données sur Wikidata
Maître
Élève
Lieu de travail
Œuvres réputées

Le Maître de Jacques de Besançon est un maître anonyme enlumineur actif à Paris entre 1478 et 1500. Il a été identifié à François Barbier mort en avril 1501, fils de François Barbier, alias le Maître François.

Éléments biographiques et stylistiques[modifier | modifier le code]

Cet enlumineur appartient à un grand atelier parisien au sein duquel trois chefs successifs sont distingués : tout d'abord le Maître de Jean Rolin, actif de 1450 et 1465, puis le Maître François, actif de 1465 et 1480 et enfin le Maître de Jacques de Besançon. C'est un artiste routinier, produisant un très grand nombre de livres d'heures commerciaux, ainsi que quelques manuscrits exceptionnels provenant de commandes aristocratiques. À la fin de sa carrière, il réalise la décoration d'incunables, par des grandes miniatures de frontispices, notamment pour l'éditeur Antoine Vérard[1].

Il doit son nom de convention à un Office noté de saint Jean l'Évangéliste, dont les annotations indiquent qu'il a été donné à la confrérie de saint Jean de l'église Saint-André-des-Arts par son bâtonnier appelé Jacques de Besançon, enlumineur de profession. Paul Durrieu d'abord, puis Charles Sterling ont pensé que ce Jacques de Besançon était l'auteur des miniatures du manuscrit, de même que des décorations de marges. Cependant, on sait par ailleurs selon les archives, que Jacques de Besançon n'est qu'un peintre spécialisé dans les décors de texte et non un miniaturiste. Les historiens de l'art ont depuis préféré distinguer deux artistes[1].

Identification[modifier | modifier le code]

Mathieu Deldicque a proposé de l'identifier à l'artiste et bourgeois parisien François le Barbier, fils d'un autre François le Barbier père, identifié au Maître François. Des documents d'archives semblent indiquer qu'il a été paroissien de l'église Saint-Christophe sur Île de la Cité en 1478 puis locataire d'une maison dite de l'« Âne rayé » appartenant au chapitre de Notre-Dame de 1484 à 1488. Il fait partie des rares bourgeois admis en 1485 à la confrérie de Saint-Augustin siégeant dans la cathédrale. Il est le fondateur en 1488 d'une messe au couvent des Célestins de Paris et continue à donner au couvent jusqu'en 1501. Il est légateur avec sa femme Catherine La Tacque en 1500 pour la paroisse de l'église Saint-Denis-de-la-Chartre. Il est signalé comme décédé en avril 1501. Sa proximité avec le chapitre Notre-Dame pour qui il réalise plusieurs missels, et son haut niveau de vie et de reconnaissance dans la vie parisienne pour un artiste qui travaille pour le roi de France, corroborent cette identification[2].

Pour ce qui concerne Jacques de Besançon, deux mains ayant été finalement distinguées au sein de l'Office noté de saint Jean l'Évangéliste, il a été identifié à la seconde main, appelé par ailleurs Maître de Liénart Baronnat par Isabelle Delaunay[3]. Il était actif de 1472 à 1500 et installé dans le quartier Saint-Jacques de la capitale[4].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Manuscrits attribués[modifier | modifier le code]

Crucifixion et six histoires de la Passion, Galerie nationale à Prague.
Saint Michel combattant le dragon, Statuts de l'ordre de Saint-Michel, BNF Fr14363 f6r.

Livres d'heures manuscrits attribués[modifier | modifier le code]

Crucifixion, Heures de Charles VIII, Bibliothèque nationale d'Espagne.
Messe de saint Grégoire, miniature des Heures Poncher vers 1500, J. Paul Getty Museum.

Incunables décorés[modifier | modifier le code]

  • De la bataille Judaïque de Flavius Josephe, imprimé par Antoine Vérard, Paris, 1492, BNF, Vélins 696
  • La Légende dorée de Voragine traduit par de Vignay, imprimé par Antoine Vérard, Paris, 1493, BNF, Vélins 689
  • Les Apologues et fables de Laurens Valle et Ditz des sages hommes de Pétrarque, imprimé par Antoine Vérard, Paris, 1493, BNF, Vélins 611[29]
  • L’Orloge de sapience d'Henri Suso, imprimé par Antoine Vérard, Paris, 1493, BNF, Vélins 359
  • Lancelot du Lac, imprimé par Antoine Vérard, Paris, 1494, exemplaire enluminé, BNF, Vélins 614[30]
  • Des nobles et cleres femmes de Boccace, imprimé par Antoine Vérard en 1494, BNF, Vélins 1223
  • La Danse macabre et Les Trois morts et les trois vifs, imprimée par Pierre Le Rouge pour Antoine Vérard à Paris, vers 1491-1492, BNF Dept. des estampes, Te 8 fol. Rés[31].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Avril, Nicole Reynaud et Dominique Cordellier (dir.), Les Enluminures du Louvre, Moyen Âge et Renaissance, Hazan - Louvre éditions, , 384 p. (ISBN 978-2-75410-569-9), p. 206-208 (notice 105)
  • François Avril et Nicole Reynaud, Les Manuscrits à peintures en France, 1440-1520, BNF/Flammarion, , 439 p. (ISBN 978-2080121769), p. 256
  • (en) Colum Hourihane (dir.), The Grove Encyclopedia of Medieval Art and Architecture, t. 2, (ISBN 9780195395365, lire en ligne), p. 612-614
  • (en) Hilary Maddocks, « The Master of Jacques de Besançon and a 15th century Parisian Missal », Margaret Manion and Bernard Muir, The Art of the Book, University of Exeter Press, 1998, p. 225–251 [lire en ligne]
  • Mathieu Deldicque, « L'enluminure à Paris à la fin du XVe siècle : Maître François, le Maître de Jacques de Besançon et Jacques de Besançon identifiés ? », Revue de l'art, no 183,‎ , p. 9-18 (ISSN 0035-1326)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Enluminures du Louvre, p. 206.
  2. Deldicque 2014, p. 11-14
  3. Isabelle Delaunay, Échanges artistiques entre livres d’heures manuscrits et imprimés produits à Paris : 1480- 1500, Université Paris 4 (thèse d'histoire de l'art sous la direction de Fabienne Joubert), , 809 p., p. 282
  4. Deldicque 2014, p. 14-16
  5. Notice du manuscrit Ms 461 sur Calames.
  6. Manuscrits Fr.244 et Fr.245 numérisés sur Gallica, aussi sur Mandragore.
  7. Notice Calames du Ms.410
  8. Notice de la base Calames du Ms.412
  9. Notice de la base Calames du ms.429
  10. Notice de la Morgan du M.20
  11. Vita Christi Description sur le site de la Bibliothèque de l'université de Glasgow.
  12. Notice Cat'zArt
  13. Notice de la BNF pour le Fr.5868
  14. Notice de la Morgan du M.934
  15. Notice de la Morgan du M.815
  16. Notice de la vente sur le site Ferri-Drouot
  17. Notice de la BNF pour le Lat.1366
  18. Notice du lot sur le site de Tajan
  19. Description sur le site du facsimilé
  20. Livre d'heures de Charles VIII numérisé sur le site de la Bibliothèque nationale d'Espagne.
  21. « Poncher Hours », sur J. Paul Getty Museum (consulté le 17 août 2015).
  22. a, b, c et d Attributions sous le nom de « principal associé de Maître François » selon (en) John Plummer et Gregory Clark, The last flowering: French Painting in Manuscripts 1420-1530 from American collections, New York, Pierpont Morgan Library / Oxford University Press, , 123 p. (ISBN 0195032624), p. 69-72.
  23. Notice de la Morgan du M.179
  24. Notice de la Morgan du M.195
  25. Notice de la Morgan du M.231
  26. Notice du lot sur christies.com
  27. Notice sur le site de la British Library.
  28. Notice de la Morgan du H.5
  29. Reproduction sur Gallica
  30. Présentation du manuscrit sur le site de la BNF
  31. Description sur le site de la BNF