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Vol Malaysia Airlines 370

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Vol Malaysia Airlines 370
Photographie du Boeing 777 impliqué prise en 2011.
Le Boeing 777 impliqué (9M-MRO), photographié à l’aéroport international de Los Angeles quatre mois avant sa disparition.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeNon déterminé
CausesNon déterminées
PhaseCroisière
SiteDernier contact radar secondaire : 6° 55′ 55″ N, 103° 35′ 33″ E
Dernier contact radar primaire au-dessus de la mer d'Andaman : 6° 35′ 59″ N, 96° 18′ 40″ E
Site probable de perdition au sud de l'océan Indien.
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilBoeing 777-200ER
CompagnieMalaysia Airlines
No  d'identification9M-MRO
Lieu d'origineAéroport international de Kuala Lumpur
Lieu de destinationAéroport international de Pékin-Capitale
Passagers227
Équipage12
Bilan
Morts239 (présumés)
Portés disparus239[1]
Trajectoire estimée de l'avion, débris et zones de recherches sous-marines

Le vol Malaysia Airlines 370 (numéros de vol MH370 et CZ748 via un partage de code avec China Southern Airlines) était un vol international régulier entre l'aéroport international de Kuala Lumpur, en Malaisie et l'aéroport international de Pékin-Capitale, en Chine. Le , ce vol a subitement disparu des écrans radar secondaires peu après son décollage de Kuala Lumpur. Le Boeing 777 qui assurait ce vol, avec 239 personnes à bord a disparu, plus de sept heures plus tard, dans le sud de l'océan Indien.

Le contrôle aérien a subitement perdu la trace de l'avion à la frontière de l'espace aérien vietnamien, au-dessus du golfe de Thaïlande. Un peu plus tard, le Centre de Contrôle des Opérations de la compagnie Malaysia Airlines perd aussi le contact par déconnexion de la liaison satellite Inmarsat mais s'en rend compte et le rapporte quatre heures plus tard. Dans ce laps de temps, il fournit plusieurs informations erronées semant la confusion au sein du contrôle aérien.

L'analyse des données enregistrées par les radars primaires montre que l'avion a soudainement fait demi-tour, traversé la péninsule Malaise par une route survolant la frontière thaïlandaise, puis changé de cap par trois fois pour contourner l'île de Penang et rejoindre le milieu du détroit de Malacca, qu'il a remonté jusqu'à la mer d'Andaman, à la limite de portée du radar militaire de l'île de Penang. Quelques instants plus tard, l'avion s'est reconnecté au satellite Inmarsat, sans que l'envoi automatique de données ne reprenne, ni que l'équipage ne réponde au téléphone ou aux messages. L'analyse des signaux émis pendant six heures suggère que l'avion a changé une nouvelle fois de cap et poursuivi son vol, avant de s'abîmer en mer, dans le sud de l'océan Indien.

Apres trois ans de recherches infructueuses, le rapport final du Ministère des transports malaisien a conclu à un accident dont la cause n'est pas établie, ce qui a provoqué de nombreuses réactions et théories. Bien que des débris aient été retrouvés dans l'ouest de l'océan Indien, après douze ans de recherche, l’avion est considéré comme disparu.

C'était alors l'accident le plus meurtrier impliquant un Boeing 777. Mais quatre mois plus tard, le , celui du vol Malaysia Airlines 17 abattu par un missile surface-air dans l'est de l'Ukraine l'a surpassé (298 victimes). Ces deux catastrophes ont entraîné d'importants problèmes financiers pour Malaysia Airlines, qui a dû être renationalisée par le gouvernement malaisien en .

Trente-huit minutes après le décollage, le commandant Zaharie Ahmad Shah communique une dernière fois avec le contrôle aérien malaisien qui le transfère au contrôle vietnamien mais ne confirme pas la fréquence radio, comme il l'aurait dû, et ne prend pas contact avec celui-ci[2]. Le transpondeur est alors «délibérément» réglé sur un mode qui ne communique pas l’altitude[3],[4]. Quelques secondes plus tard, le transpondeur ne répond plus et l'avion disparaît des écrans radar secondaires. La connexion par satellite de type ClassicAero, opérée par la société britannique Inmarsat, est aussi interrompue, les messages et les rapports automatisés (ACARS de la SITA) ne peuvent plus être transmis à la compagnie et à son fournisseur Rolls-Royce. Les jours suivants, on apprendra que, dans ce laps de temps, l’avion a fait demi-tour.

Pendant des heures, la confusion a régné dans le contrôle aérien des pays concernés ainsi qu’au Centre de Contrôle des Opérations[5] de la compagnie, et l’on ne sait toujours pas dans quelle mesure l’armée malaisienne, qui est de toute façon restée inactive, a été informée de l’incident[6].

Un avion anonyme a laissé des traces sur des radars civils et militaires pendant l'heure qui suit la disparition. Après recoupements, l'enquête déterminera qu'il s’agissait du MH370. L'appareil a fait demi-tour et a traversé la péninsule malaise en direction de l'île de Penang, empruntant une route chevauchant la frontière thaïlandaise.

Après avoir contourné l'île de Penang, il a changé de cap pour rejoindre le milieu du détroit de Malacca qu'il a remonté jusqu'à la mer d'Andaman, à la limite de portée du radar, à environ 370 kilomètres au nord-ouest de l'île de Penang. Alors que toutes les communications avaient été interrompues pendant ce trajet de plus d'une heure, l'avion se reconnecte au réseau Inmarsat. À travers le satellite géostationnaire Inmarsat-3 F1, il se reconnecte à la station au sol de Perth, sur la côte ouest d'Australie-Occidentale.

Cependant l'ACARS ne reprend pas ses rapports et personne ne répond au téléphone. Après chaque heure d’inactivité, la station de Perth interroge le système satellite de l’avion, lequel répond être toujours actif. L'analyse par Inmarsat de ces sept groupes de signaux radio automatiques, enregistrés pendant six heures, révélera, deux semaines plus tard, que l'avion avait une nouvelle fois changé de cap et continué son vol sept heures après la perte de contact[7], jusqu'« au milieu de l'océan Indien, à l'ouest de Perth […] loin de toute zone possible d'atterrissage »[8].

Les recherches, les plus coûteuses de l'histoire de l'aviation[9], se sont d'abord concentrées sur la mer de Chine méridionale puis la mer d'Andaman, avant que l'analyse des données Inmarsat ne les oriente dans le sud de l'océan Indien, au large des côtes de l'Australie, sur une surface maritime de 120 000 km2, sans parvenir à localiser l'avion durant trois ans[10].

Entre 2015 et 2016, plusieurs débris marins échoués dans l'ouest de l'océan Indien sont identifiés comme provenant de l'avion. Après l'arrêt des recherches officielles en , une campagne privée menée à partir de par la société Ocean Infinity se solde également par un échec au bout de six mois. Une nouvelle campagne de recherches par Ocean Infinity a repris en et s'est achevée, sans résultats probants, en [11],[12].

À divers stades de l'enquête, l'hypothèse d'une hypoxie ou d'autres scenarii de détournement, y compris avec implication de l'équipage ou de passagers, sont envisagés. Toutefois, le rapport final du ministère malaisien des transports en n'apporte aucune conclusion sur la cause de la disparition.

Le manque d'informations officielles dans les jours qui suivirent la disparition a suscité de vives critiques de la part du public chinois, en particulier de la part des proches des passagers, la majorité des personnes à bord étant d'origine chinoise. De nombreuses théories ont été imaginées et rapportées par les médias.

En l'absence d'une explication définitive, les recommandations et réglementations de sécurité de l'industrie du transport aérien mentionnant le vol 370 visent principalement à empêcher la répétition des circonstances associées à sa disparition. Elles prévoient notamment l'augmentation de la durée de vie de la batterie des balises de localisation sous-marines, l'allongement des durées des enregistreurs de vol, ou encore la mise en place de nouvelles normes concernant les rapports de position des aéronefs au-dessus des océans.

Il s'agit du deuxième cas de disparition d'un avion avec plus de cent personnes à bord, après celui d'un Lockheed L-1049 Super Constellation de la Flying Tiger Line, affrété par l'armée américaine, survenu le entre l'île de Guam et les Philippines[13].

Photographie du poste de pilotage du Boeing 777 disparu de Malaysian Airlines, prise en 2004.
Poste de pilotage du Boeing 777 disparu de Malaysian Airlines (2004).

L'avion impliqué, un Boeing 777-200ER immatriculé 9M-MRO, avait effectué son premier vol le , ayant été livré neuf à Malaysia Airlines le . Il était motorisé par deux réacteurs Rolls-Royce Trent 892. Selon la compagnie aérienne, il avait cumulé 53 465 heures de vol[14]. En 2012, l'extrémité d'une de ses ailes avait été endommagée lors d'une collision au sol[15].

Passagers et équipage

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Il y avait à bord 239 personnes, 227 passagers dont cinq enfants et douze membres d'équipage. Les deux tiers des passagers étaient Chinois, 38 Malaisiens et les autres issus de treize nationalités différentes[16].

Les 12 membres d’équipage – deux pilotes et 10 membres d’équipage – étaient des citoyens malaisiens[17].

  • Le commandant de bord, Zaharie Ahmad Shah, 53 ans avait rejoint Malaysia Airlines en 1981 et totalisait 18 365 heures de vol.
  • Le copilote était Fariq Abdul Hamid, 27 ans, depuis 2007 dans la compagnie, avec 2 763 heures de vol. Il était copilote de Boeing 737 depuis 2010 puis était passé sur Airbus A330 en 2012. En , il a commencé sa formation de copilote de Boeing 777-200. Il en était à son sixième vol dans le cockpit d’un 777. C'était son premier vol sans copilote formateur supplémentaire pour le superviser. Il devait être qualifié lors de son prochain vol. Le commandant de bord était son instructeur sur ce vol[18].
  • Le chef de cabine principal, Patrick Gomes, 55 ans, père de quatre enfants, avait rejoint Malaysia Airlines en 1979[19],[20].
Bilan des victimes (par nationalité et par nombre de victimes)[21]
Nationalités (14) Passagers Équipage
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 153
Drapeau de la Malaisie Malaisie 38 12
Drapeau de l'Indonésie Indonésie 7
Drapeau de l'Australie Australie 6
Drapeau de l'Inde Inde 5
Drapeau de la France France 4
Drapeau des États-Unis États-Unis 3
Drapeau du Canada Canada 2
Drapeau de l'Iran Iran 2[N 1]
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande 2
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 2
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 1
Drapeau de la Russie Russie 1
Drapeau de Taïwan Taïwan 1
Total à bord 239

Une société américaine, Freescale Semiconductor, a déploré la perte de vingt de ses employés qui empruntaient ce vol pour se rendre à une réunion d'affaires à Pékin. Douze de ces employés étaient malaisiens et huit de nationalité chinoise[22].

Détails du vol

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Carte du vol MH370 en Asie du sud-est.
Aéroports de départ et de destination du vol MH370 et sa dernière position connue au-dessus du golfe de Thaïlande.

Décollage et montée

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Le à h 41, le Boeing 777 de Malaysia Airlines décolle de l'aéroport international de Kuala Lumpur à destination de Pékin, avec à son bord 227 passagers et 12 membres d'équipage. Trente-huit minutes après son décollage, l'avion quitte l'espace aérien malaisien. Au contrôleur aérien du centre en route de Kuala Lumpur qui le transfère au centre de Hô Chi Minh-Ville en lui donnant la fréquence radio, le copilote, croyait-on d'abord, envoie la dernière communication radio « Good night, Malaysia 370 » (« Bonne nuit, Malaysia 370 ») à h 19 le (heure de la Malaisie)[23]. Ce faisant, il n’a pas confirmé la fréquence radio assignée, ce qui n’est pas conforme aux procédures de radiotéléphonie[6],[21],[2]. Fin , les médias annoncent qu'il s'agissait plutôt du commandant Zaharie Ahmad Shah, aux dires de son épouse et d'autres membres de sa famille[24].

Perte de contact

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Entre h 20 min 36 s et h 21 min 13 s, le vol disparaît subitement mais progressivement, en 37 secondes, des écrans radars secondaires malaisiens et vietnamiens. Plusieurs tentatives de contact restent vaines. À la demande du contrôle aérien vietnamien, le pilote d'un autre avion de Malaysia Airlines, normalement à proximité, a essayé de joindre le MH370 sur la fréquence d'urgence. Sur les avions de ligne, une troisième radio VHF est dédiée à la veille sur cette fréquence. À 1h 40, ce pilote a cru avoir joint l'avion mais n'a reçu que des « murmures et crépitements ». Selon lui, des navires utilisent illégalement cette fréquence[19].

Transpondeur et radars secondaires

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Sur ce type d'avion, le transpondeur (appelé par l'acronyme XPNDR[25]) a plusieurs modes de fonctionnement. Le dernier message envoyé donne la position mais pas l'altitude. Cela indique que le bouton du transpondeur a été manuellement et « délibérément » tourné depuis le cockpit, le faisant passer par un mode intermédiaire avant l’arrêt complet[3],[4],[26]. Dès le , la presse annonce que selon des sources proches de l'enquête, les autorités soupçonnent que deux systèmes différents ont été désactivés environ une heure après le décollage par une ou plusieurs personnes à bord qui ont, en suite, délibérément modifié la trajectoire de l'appareil et tenté de masquer sa position. Les transpondeurs de l'appareil ayant cessé de fonctionner, son identification et son suivi par radar par les contrôleurs aériens sont rendus beaucoup plus difficiles[27]. Le Boeing 777 possède un transpondeur de secours que le pilote doit activer en cas de panne du premier[28].

Radars primaires

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Périodes où le MH370 a été vu par les radars et le satellite.

Le transpondeur étant coupé, les radars secondaires ont perdu toute trace de l'avion. Par contre, différents radars primaires civils et militaires ont détecté des pistes qui sont apparues dans les jours suivants comme étant le MH370 et leur recoupement a permis d'établir que l'avion avait fait demi-tour puis suivi le détroit de Malacca, contourné l'île de Sumatra par le nord-ouest et remis le cap au sud.

Réponse du contrôle de la circulation aérienne

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Carte du vol MH370 en Asie du sud-est.
Trajectoire du vol MH370, avec les régions d'information de vol (FIR, Flight Information Region), les routes aériennes et les aéroports de déroutement possibles (piste de plus de 1 500 m). De h 30 à h 44, le radar primaire civil de l’aéroport Sultan Ismail Petra (KBR) à Kota Bharu enregistre le passage d'un avion anonyme. L’avion a pu passer à proximité de cet aéroport à l'insu du contrôle aérien car le ciel malaisien n'était pas surveillé la nuit[6]. Cependant, quand le contrôle vietnamien prévient celui de Kuala Lumpur, à h 38, l’avion a déjà dépassé Kota Bharu et rejoint la route aérienne B219, chevauchant la frontière thaïlandaise et menant à l’aéroport de Penang (PEN).

Les réactions immédiates à la perte du contact radar et radio ont suscité des critiques à l'encontre des autorités malaisiennes et des poursuites juridiques de la part des proches des victimes[29]. Les journaux de communication des contrôleurs aériens des centres de contrôle concernés ont été publiés dans le rapport intérimaire du . Les informations provenant du Centre de Contrôle des Opérations de Malaysia Airlines (OC) et les entrées du carnet de bord du superviseur de service du contrôle aérien malaisien à Kuala Lumpur avaient déjà été résumées dans le premier rapport préliminaire[30]. Le service concerné était en sous-effectif entre minuit et 6 heures du matin ; le changement d'équipe a eu lieu à 3 heures du matin. L'urgence n'a été déclarée que pendant le service du nouveau contrôleur. Quand il a pris son service, ce dernier semblait peu informé de l'incident.

À h 38, 17 minutes après la disparition, après avoir tenté, sans succès, de contacter les pilotes par radio et demandé à des avions se trouvant à proximité de le faire, le centre de contrôle régional (Area Control Center, ACC ou CCR) de Hô Chi Minh-Ville a contacté le centre de contrôle régional de Kuala Lumpur pour s’enquérir de l’endroit où se trouvait le vol 370 et l'a informé qu'il n’avait pas établi de communication verbale avec le vol 370, qui a été détecté pour la dernière fois par radar au point de cheminement BITOD dans l'espace aérien vietnamien. Selon la réglementation, cette information aurait dû être donnée dans les deux minutes suivant l’échec de la prise de contact. Avant de disparaitre de l'écran, l'avion n'avait pas encore atteint ce point. Cette erreur mineure du contrôleur vietnamien a été corrigée à h 20. Ayant largement dépassé le point IGARI, l'avion se trouvait bien dans l'espace aérien vietnamien. Cependant, selon la réglementation, dès que le contrôle entrant signale que le transfert n'a pas été effectué, la responsabilité des recherches revient au contrôle sortant. Au même moment, l'avion a déjà rejoint la côte malaisienne et survole la ville de Kota Bharu à l'insu du contrôle aérien, passant à proximité de l'Aéroport Sultan Ismail Petra (KBR) dont le radar primaire enregistre le vol d'un avion anonyme. Cela n'a pas été signalé car le ciel malaisien n'était pas surveillé la nuit[6]. Les deux centres ont échangé quatre autres appels au cours des 20 minutes suivantes, sans nouvelle information.

À h 41, Kuala Lumpur a tenté, sans succès, de contacter le vol MH370. Le superviseur de service n'a pas déclenché la phase d'incertitude requise, qui aurait alerté les contrôles aériens voisins de la disparition de l'appareil. À h 58, le contrôle aérien, qui n'utilise pas de liaison satellite, demande au Centre de Contrôle des Opérations (OC), au siège social de Malaysia Airlines, de contacter l'avion. À h 3, celui-ci a envoyé un SMS à l'avion via la messagerie ACARS, lui demandant de contacter Hô Chi Minh-Ville :

« URGENT REQUEST. PLS CONTACT HO CHI MING ATC ASAP. THEY COMPLAIN CANNOT TRACK YOU ON THEIR RADAR. I RECEIVED CALL FROM SUBANG CENTRE. PLS ACK THESE MSG. REGARDS[20]. »

(« Urgent. SVP, contactez L'ATC de Hô Chi Minh-Ville Aussi Tôt Que Possible. Ils se plaignent qu'ils ne peuvent pas vous suivre sur leur radar. J’ai reçu un appel du centre de Subang. SVP, accusez réception de ce message. Cordialement.») La messagerie a immédiatement signalé que le message était envoyé mais pas encore reçu ; la connexion satellite étant alors hors service. Les tentatives automatiques suivantes, envoyées toutes les deux minutes pendant les 40 minutes suivantes, ont également échoué. L'opérateur ne réalise pas que la messagerie est déconnectée et rapporte à l'ACC que des communications sont en cours. Dans cette période, la liaison téléphonique avec l'avion ne fonctionne pas non plus.

À h 4, l’ACC de Kuala Lumpur a transmis à l’ACC de Hô Chi Minh-Ville une information reçue du Centre de Contrôle des Opérations de Malaysia Airlines selon laquelle le vol 370 se trouvait dans l’espace aérien cambodgien. Le rapport d'état et de position ACARS attendu à h 6, comme celui d'h 37, n'a pas été délivré à la compagnie et affiche, au contraire, que l'avion n'est plus enregistré dans le système. On ignore si cette information a été mal perçue ou si l'opérateur a préféré espérer une panne. L’ACC de Hô Chi Minh-Ville a contacté l’ACC de Kuala Lumpur à deux reprises au cours des huit minutes qui ont suivi pour demander confirmation que le vol 370 se trouvait dans l’espace aérien cambodgien. À h 15, le superviseur de quart de l’ACC de Kuala Lumpur a interrogé le Centre de Contrôle des Opérations de Malaysia Airlines, qui a déclaré qu’il pouvait échanger des signaux avec le vol 370 et que le vol 370 survolait le Cambodge. L’ACC de Kuala Lumpur a contacté l’ACC de Hô Chi Minh-Ville pour demander si la trajectoire de vol prévue pour le vol 370 traversait l’espace aérien cambodgien. L’ACC de Hô Chi Minh-Ville a répondu que, selon le plan de vol, le MH370 n’était pas censé entrer dans l’espace aérien cambodgien et qu’il avait déjà contacté l’ACC de Phnom Penh (qui contrôle l’espace aérien cambodgien), qui n’avait aucune communication avec le vol 370. L’ACC de Kuala Lumpur a contacté le Centre de Contrôle des Opérations de Malaysia Airlines à h 34, s’enquérant de l’état de la communication satellite avec l'appareil, et a été informé que le vol 370 était dans un état normal et qu’il était situé à 14° 32′ N, 109° 09′ E ; c'est-à-dire au dessus de la mer, au large de la côte du nord du Vietnam. Plus tard, un autre avion de la Malaysia Airlines (le vol 386 à destination de Shanghai) a tenté, à la demande de l’ACC de Ho Chi Minh, de contacter le vol 370 sur la fréquence radar de Lumpur – la fréquence sur laquelle le vol 370 a pris contact pour la dernière fois avec le contrôle aérien malaisien – et sur les fréquences d’urgence. La tentative a été infructueuse.

À leur insu, l'avion survole Perak Island (en) (île Pulau Perak) au milieu du détroit de Malacca à h 2 et est hors de porté des radars militaires malaisiens[31],[32].

Il est apparu, en 2018, grâce à des enquêtes indépendantes antérieures, que le ministère des Transports avait omis de tous les rapports, y compris le rapport final, un second message du Centre de Contrôle des Opérations de Malaysia Airlines. Ce message a été envoyé vers h 39 et disait : « Cher MH370, veuillez accuser réception de ce message de test. Cordialement, Centre des Opérations »[33].

« DEAR MH370. PLS ACK TEST MSG. RGDS/OC »

Immédiatement après ce SMS l'opérateur tente un appel téléphonique à h 40. Comme la liaison satellite a été rétablie à h 25, le téléphone sonne, mais personne ne répond.

À h 30, le Centre de Contrôle des Opérations de Malaysia Airlines a informé l’ACC de Kuala Lumpur que les emplacements qu’il avait fournis précédemment étaient « basés sur la projection de vol et non fiables pour le positionnement des avions ». À h 56, le Centre de Contrôle des Opérations de Malaysia Airlines, interrogé par le nouveau contrôleur aérien de Kuala Lumpur, a indiqué qu’il n'y avait toujours aucune nouvelle mais qu’ils allaient tenter de contacter l'appareil. Au cours de l’heure qui a suivi, l’ACC de Kuala Lumpur a contacté l’ACC de Hô Chi Minh-Ville pour lui demander si l'incident avait été signalé au contrôle du trafic aérien chinois. À h 9, l’ACC de Singapour, pour le compte de l'ACC de Hong Kong, a interrogé Kuala Lumpur sur la raison de l'absence de l’appareil dans l'espace aérien chinois. À h 20, un responsable de Malaysia Airlines, dont l’identité n’a pas été divulguée, a fait part de ses soupçons et estimé que, sur la base d’informations connues, « le MH370 n’a jamais quitté l’espace aérien malaisien ». Le contrôleur aérien à Kuala Lumpur, qui avait pris son service après 3 h, a confirmé cette information. Il a promis de réveiller son supérieur pour vérifier l'heure du dernier contact. Hô Chi Minh-Ville avait déjà tenté, sans succès, de joindre ce supérieur directement à h 25.

Le londonien Hugh Dunleavy, alors directeur commercial de Malaysia Airlines, a reçu un message d'urgence vers 4 heures du matin et s'est rendu au Centre de Contrôle des Opérations. Il aura la lourde tache de représenter Malaysia Airlines, à Pékin, auprès des proches des victimes. Pendant les premières heures, le personnel de Malaysia Airlines a cru que l'avion avait été dérouté pour une raison technique et avait continué à voler pendant des heures sans s'écraser. Faute de communication avec le vol MH370, il était convaincu qu'il ne pouvait s'agir d'un détournement. Cependant, les familles des victimes ne l'ont pas cru et ont supposé qu'il s'agissait d'un détournement terroriste, dont la compagnie aérienne leur cachait la vérité[34].

À h 30, plus de quatre heures après la perte de communication avec le vol 370, le nouveau superviseur de quart de l’ACC de Kuala Lumpur a activé le centre de coordination et de sauvetage aéronautique (ARCC, Aeronautical Rescue Coordination Centre (en)) de Kuala Lumpur[30]. L’ARCC est un poste de commandement situé dans un centre de contrôle régional qui coordonne les activités de recherche et de sauvetage lorsqu’un aéronef est perdu.

Après que l'avion eu manqué son arrivée prévue à Pékin à h 20 heure locale (22 h 20 UTC), à h 36, le superviseur à Hô Chi Minh-Ville a tenté, sans succès, de joindre son homologue à Kuala Lumpur. À h 50, Singapour a également souhaité contacter ce dernier, qui était injoignable. L’enquête révèlera que le superviseur dormait pendant son service. C'est pourquoi l'alerte n'a pu être donnée plus tôt[35].

La chasse aérienne n'a pas été envoyée à sa rencontre, d'après le ministre malais de la défense parce qu'il n'était pas considéré comme hostile, mais selon un major de l'Armée de l'air royale de Malaisie stationné à la base de Butterworth, les pilotes rentraient tous chez eux la nuit en temps de paix, empêchant toute réponse rapide[36],[37],[38].

Perte présumée

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Malaysia Airlines a publié un communiqué de presse à h 24 MYT le , une heure après l'heure d'arrivée prévue du vol à Pékin, indiquant que la communication avec l'appareil avait été perdue par le contrôle aérien malaisien à h 40 et que le gouvernement avait lancé des opérations de recherche et de sauvetage. Cette heure est celle du premier appel téléphonique sans réponse de Malaysia Airlines et non celle de la perte de contact par le contrôle aérien[39].

À l'insu des enquêteurs et de Malaysia Airlines, l'avion était toujours en vol au moment de la première déclaration à la presse, et les opérations de recherche et de sauvetage ont été lancées alors que l'avion survolait encore l'océan Indien (bien que ces opérations se soient initialement concentrées sur la mer de Chine méridionale, et non sur l'océan Indien où l'avion s'est vraisemblablement écrasé). Le dimanche , l'heure de la perte de contact a été rectifiée à h 21[29]. Ni l'équipage ni les systèmes de communication de l'appareil n'ont émis de signal de détresse, d'indication de mauvaises conditions météorologiques ou de problème technique avant que l'avion ne disparaisse des écrans radar.

Selon l'amiral Ngo Van Phat de la Marine populaire vietnamienne, cette dernière a perdu le contact radar avec l'appareil à « environ 153 milles marins (300 km) » au sud des îles Thổ Chu, dans le golfe de Thaïlande[40]. Le site d'informations en ligne Vietnam Express affirme que les autorités ont capté le signal de l'une des balises de détresse de l'avion[41]. Cependant le même jour, , la BBC a contacté les autorités régionales vietnamiennes militaires et civiles. Les responsables ont déclaré que les informations des journaux VnExpress (en) et Tuổi Trẻ étaient inexactes. Un représentant de la Marine populaire vietnamienne a déclaré que les coordonnées rapportées par ces journaux étaient en fait des coordonnées estimées basées sur la vitesse de l'avion et l'heure de perte de contact. Jusqu'à présent, la Marine ne sait toujours pas où cet avion s'est écrasé ni s'il s'est écrasé ou non. Auparavant, le journal en ligne VnExpress du matin du affirmait que l'avion avait été détecté à 120 NM (environ 220 km) au sud-ouest du cap Mũi Cà Mau (vi). Cependant, contacté par la BBC, le représentant du Centre de coordination de recherche et de sauvetage du Vietnam a déclaré que les coordonnées affichées sur le site étaient en fait les dernières coordonnées de l'avion avant qu'il ne disparaisse[42].

Premières réactions

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Cartes des zones de recherche du vol MH370.
Carte de Kuala Lumpur et Pékin. La carte en haut à gauche montre les premières zones de recherche et le trajet suivi. Les petits carrés rouges représentent les contacts radars. Les petits cercles, des zones où des débris supposés ont été signalés.

En l'absence de signal de détresse ou d'autres indications signalant un problème, la thèse de la désintégration brutale de l'appareil est privilégiée par les enquêteurs[43], les autorités évoquant une piste terroriste[44]. Cette piste est renforcée le lendemain de la disparition par la découverte de l'utilisation de deux passeports volés, entraînant l'ouverture d'une enquête pour terrorisme. Identifiés quelques jours plus tard par Interpol et les polices thaïlandaise et malaisienne, les passagers voyageant avec ces passeports ne seraient liés à aucun groupe terroriste et voulaient immigrer en Europe. Les deux hommes avaient réservé des vols avec correspondance de Pékin à Amsterdam, puis des vols de correspondance pour Francfort et Copenhague. Le jeune Iranien de 19 ans était attendu par sa mère à l’aéroport de Francfort, laquelle a averti la police[45],[46],[47].

Fuite vers l’océan Indien

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Le lendemain, 9 mars, les militaires, après avoir consulté les données enregistrées par leurs radars, affirment que l’avion a peut-être fait demi-tour et traversé la péninsule malaise. Les recherches sont donc étendues au détroit de Malacca. Une semaine plus tard, en ajoutant les données des radars primaires civils, le trajet de l’avion jusqu’à l’océan Indien est reconstitué. Cette portion du vol a duré exactement une heure (de h 22 à h 22), à une altitude qui a variée entre 9000 et 7000 m. L’avion a volé 506 Nm (937 km) après IGARI et la position du dernier contact radar à 10 Nm au nord-ouest du point de cheminement MEKAR en mer d’Andaman. Cette vitesse au sol de 937 km/h est typique d’un Boeing 777[3]. Dans les premiers jours, d’abord réticents, les Malaisiens finissent par inviter, sur l’insistance des États Unis, des experts du National Transportation Safety Board (NTSB). Parmi eux, Scott Dunham, un expert en radar, analyse les enregistrements et découvre que vers h 30, juste après la coupure des moyens de communication, le Boeing a brutalement viré à gauche, en direction sud-ouest. Puis il serait d’abord monté très haut, jusqu’à 13 700 mètres, largement au-dessus de son altitude maximale, pour redescendre subitement à 7 000 mètres. Ces variations d’altitude et de vitesse spectaculaires, largement relayées par la presse, ainsi qu’une demi-douzaine des témoignages visuels, parfois éloignés de milliers de kilomètres et à des horaires incompatibles, d’autant que l’enquête déterminera que l’avion volait tous feux éteints en raison d’une coupure d’électricité, ont semé le doute dans le public et alimenté de nombreuses théories. La presse a évoqué un détournement similaire aux attentats du 11 septembre 2001, durant lesquels des transpondeurs avaient aussi été coupés, et imaginé que des terroristes avaient l’intention de jeter l’avion sur les tours jumelles Petronas à Kuala Lumpur mais que des passagers, comme dans le vol United Airlines 93, avaient essayé de reprendre le contrôle et l’avion était finalement parti vers l’ouest, avec même la possibilité d’une dépressurisation ayant rendu tout le monde inconscient[48]. Cependant, les enquêteurs remarqueront que le vol rejoint méticuleusement des points de cheminement jalonnant des routes aériennes, ce qui conduit à envisager un autre scenario. Les radars primaires donnent surtout une position mais parfois une altitude imprécise, d’autant que ces mesures sont parfois faites à des distances considérables. C’est pourquoi, ces variations n’ont pas été prisent en compte par les enquêteurs.

Téléphone portable du copilote

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Selon le rapport de la police malaisienne, à 17h52:27 UTC (1h52 MYT), le téléphone portable du copilote a été brièvement connecté à une station de base Celcom sur l'île malaisienne de Penang, ce qui indiquerait que l'avion ait fait demi-tour et rejoint le détroit de Malacca[3],[49].

Reprise de la communication par satellite

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Des données sont transmises au serveur, puis du serveur à l'utilisateur qui en renvoie à nouveau.
Schéma de l'établissement d'une connexion TCP (Internet) par three-way handshake ; négociation automatique en trois étapes. Le protocole ALOHA[7]utilisé par Inmarsat a un fonctionnement similaire. Le SATCOM de l’avion (à gauche) envoi sa demande à la station au sol à Perth (à droite) à travers le satellite géostationnaire (non représenté). Celle-ci envoi son accord puis le SATCOM répond par un accusé-réception. Le temps (Burst time offset , BTO) entre l’envoi de l’accord de la station et la réception de l’accusé-réception, une fois déduit le temps d’accès au satellite par la station (fixe) et le temps de calcul du SATCOM permet le calcul de la distance entre l’avion et le satellite. Ces BTO définissent, sur Terre, un cercle dont le centre est la verticale de la position nominale du satellite où se trouve l’avion.

Selon le New Scientist[50] et le Wall Street Journal[51],[52] (citant des sources du gouvernement américain), le motoriste de l'avion, Rolls-Royce, aurait reçu des communications ACARS toutes les trente minutes pendant six heures, ce qui impliquerait que l'avion soit resté en vol pendant sept heures après son silence radio[53].

Alors que la Malaisie a d'abord démenti ces informations[54], la société de communication par satellites britannique Inmarsat lui indique le que le système satellite du Boeing s’est reconnecté une heure après la perte de contact puis a échangé des signaux automatiques jusqu’à sept heures après la coupure du transpondeur[55].

Abusivement appelé pings par les médias, ces 7 handshakes sont de deux types : les Log-on Request (LOR) pour l'établissement d'une connexion et les Log-on Interrogation (LOI) pour tester l'usage de la connexion, lesquels avaient une périodicité d'une heure.

Certaines déductions simples peuvent être faites de ces communications satellites. La première est que l’avion était en vol jusqu'à au moins h 19 MYT. La seconde est que le système de navigation de l'avion était pleinement opérationnel. En effet, contrairement aux antennes omnidirectionnelles des radios VHF, celle de la liaison satellite doit être orientée vers le satellite géostationnaire d’Inmarsat. Pour se faire l'unité de données satellite (SDU) de l'avion utilise les données de position, de cap et d’assiette fournies par ce système[7].

Un instant après la reconnexion, Le système de divertissement en vol (en anglais, in-flight entertainment ou IFE) établit une connexion avec le sol via le SATCOM pour l'application SMS/e-mail au service des passagers. Par contre l’ACARS reste inactif et n’a pas envoyé de rapport, contrairement à ce qui avait été annoncé dans la presse[56]. Une analogie pertinente pour expliquer la liaison satellite est que le dispositif SATCOM ou SDU de l’avion fonctionne comme un smartphone qui se connecte au réseau de téléphonie mobile d’un opérateur (là, le service ClassicAero d'Inmarsat qui assure la téléphonie et les échanges de données.) sur lequel sont installées deux applications : le système de divertissement en vol (in-flight entertainment ou IFE) et l’ACARS de la SITA, une messagerie qui envoi aussi des rapports sur l'état et la position de l'avion à la compagnie et ses fournisseurs (Rolls-Royce). Le système satellite fonctionne avec son protocole de téléphonie mobile de type ALOHA, comme Ethernet ou le Wi-Fi, alors que les « applications » utilisent leur propre protocole. ACARS de la SITA, qui ne transmet que du texte en majuscule, utilise X.25, comme le Minitel autrefois. ACARS est un dispositif indépendant dont le fonctionnement n’est, normalement, pas du ressort du pilote. Il peut aussi fonctionner en utilisant l’une des trois radios VHF, mais pour un vol traversant plusieurs pays, la liaison satellite est plus commode. Son extinction, le moment exact où elle s’est produite et la cause du non redémarrage restent mystérieux, du moins, n'ont pas d'explication officielle.

Réinitialisation du système de liaison de données

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Le SATCOM s’est connecté au réseau grâce à son numéro de terminal reconnu par Inmarsat. De même que le numéro de téléphone n’est ni dans le téléphone ni dans la SIM mais chez l’opérateur qui reconnait l’utilisateur avec le numéro IMEI de l’appareil et le numéro PUK de son abonné. Cependant Inmarsat remarque que identification du vol (MAS370) a disparu. Le rapport malaisien indique que « lorsque la liaison SATCOM a été rétablie, aucun Flight-ID (identification du vol) n’était présent ». Or il n’y a pas d’explication pour une disparition accidentelle. La seule façon d’effacer celui-ci est d’effectuer manuellement une « réinitialisation du système de liaison de données ». C’est à dire qu’une personne experte dans le cockpit a déroulé les menus de l’ordinateur de bord jusqu’à « Data link system reset ».

Des experts indépendants affirment que cela a été fait pour supprimer les messages en attente de la messagerie ACARS (notamment les rapports de h 37 et de h 6) et que « auto message off » (arrêt de l’envoi de messages automatique) a aussi été coché pour empêcher l’envoi de nouveaux rapports[3].

Synthèse des échanges avec l'avion

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Temps écoulé (HH:MM) Heure Événement
MYT UTC
moins 00:42 8 mars 7 mars Le système satellite de l'avion envoie une requête d'authentification log-on (LOR) au réseau satellite Inmarsat. Cause : démarrage électrique de l'avion[57]
00:00 16:00
00:00 00:41 16:41 Décollage de l'aéroport international de Kuala Lumpur
00:20 01:01 17:01 L'équipage confirme une altitude de 35 000 pieds (10 700 m)[58]
00:26 01:07:48 17:07 Deuxième et dernière transmission de données de l'ACARS[59].
00:26 01:07:56 17:07 Le commandant de bord confirme inutilement une deuxième fois l'altitude de 35 000 pieds[58]
00:38 01:19 17:19 Dernier contact vocal avec le contrôle aérien malaisien[60],[6]
00:40 01:20:36 17:20 Contact radar secondaire (transpondeur en mode S) à 6° 55′ 15″ N, 103° 34′ 43″ E, puis le symbole du mode S disparait[3],[26]
00:41 01:21:13 17:21 Dernier contact radar secondaire (transpondeur en mode ordinaire). Altitude manquante, puis transpondeur et ADS-B coupés. Disparition du MH370[3],[26]
00:56 01:37 17:37 Le message ACARS, attendu chaque demi-heure, n'est pas envoyé[59]
00:57 01:38 17:38 Survol de Kota Bharu. Le radar primaire civil de KBR enregistre le passage d'un avion anonyme de h 30 à h 44
01:11 01:52 17:52 Le téléphone portable du copilote borne sur l'île de Penang
01:20 02:02 18:02 Survol de Pulau Perak, une île au milieu du détroit de Malacca 5° 40′ 50″ N, 98° 56′ 27″ E. Annoncé le 12 mars, après l’examen des enregistrements du radar militaire de la base de Butterworht à Penang
01:21 02:03 18:03 SMS ACARS envoyé, mais non reçu, par le Centre de Contrôle des Opérations de Malaysia Airlines. L'opérateur ne s'aperçoit pas que la messagerie est déconnectée
01:40 02:22 18:22 Dernier contact radar, 10 Nm au nord-ouest du point de cheminement MEKAR, en mer d’Andaman, 251 Nm (465 km) au nord-ouest de Butterworth à Penang[3]
01:43 02:25 18:25 Arc 1. Le système satellite (SDU ou SATCOM) de l’avion envoie à la station de Perth, par le satellite Inmarsat-3 F1, une requête d'authentification log-on (LOR). Cause probable : rétablissement de l’électricité[61],[62]
01:45 02:27 18:27 Le système de divertissement en vol (en anglais, in-flight entertainment ou IFE) établit une connexion avec le sol via le SATCOM pour l'application SMS/e-mail au service des passagers[56].
01:58 02:39 18:39 Second SMS ACARS envoyé, mais non reçu, par Malaysia Airlines
01:59 02:40 18:40 Appel téléphonique de Malaysia Airlines. Pas de réponse mais le SDU accuse réception[3]
03:00 03:41 19:41 Arc 2. L'avion a franchi l'équateur et se trouve dans l'hémisphère sud. Après 1h d’inactivité le réseau envoi une interrogation LOI ou ping[3]
04:00 04:41 20:41 Arc 3. Après 1h d’inactivité le réseau envoi une interrogation LOI ou ping[3]
04:49 05:30 21:30 Kuala Lumpur a activé le centre de coordination et de sauvetage aéronautique[3]
05:00 05:41 21:41 Arc 4. Après 1h d’inactivité le réseau envoi une interrogation LOI ou ping[3]
05:49 06:30 22:30 Arrivée théorique à Pékin
06:00 06:41 22:41 Arc 5. Passage du tropique du Capricorne. Après 1h d’inactivité le réseau envoi une interrogation LOI ou ping[3]
06:33 07:14 23:14 Deuxième appel téléphonique de Malaysia Airlines. Pas de réponse mais le SDU accuse réception[3]
06:43 07:24 23:24 Malaysia Airlines annonce l'absence de l'avion aux médias[63]
07:30 08:11 8 mars Arc 6. Après 1h d’inactivité le réseau envoi une interrogation LOI ou ping[61],[64]
00:11
07:37 08:19:29 00:19 Émission imprévue d'une requête d'authentification log-on (LOR) venant de l'avion[65],[66]. Probablement due à la brève coupure d’électricité entre l’extinction du dernier moteur et le démarrage du générateur auxiliaire APU[56],[67]
07:37 08:19:36 00:19 Arc7. La station Inmarsat au sol, à Perth, envoi son accord pour le log-on ; le temps entre cette communication à 08:19:36,???[Combien ?] et la réponse permet le calcul de la position de l'arc 7[57],[7].
07:37 08:19:37 00:19 Arc7. Le SDU de l'avion envoie un accusé réception à la réponse de la station Inmarsat au sol au log-on ; c'est la dernière communication du vol MH370 à 08:19:37,443[57]
07:49 08:30 00:30 Les médias annoncent que l'avion est manquant
08:34 09:15 01:15 Après 1h d’inactivité le réseau envoi une interrogation LOI ou ping, il n'obtient pas de réponse[61]

Mers de Chine et d'Andaman

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Carte de l'Asie du sud-est, comparant la trajectoire réelle et la trajectoire prévue du vol MH370.
Carte des zones de recherches du vol MH370 entre le 8 et le 16 mars. Ces zones sont situées autour des derniers endroits où il est détecté par les radars, en mer de Chine et en mer d'Andaman.

Aucun avion ne s'étant écrasé au sol, les premières opérations de recherche se concentrent sur la mer de Chine méridionale, selon la dernière position connue de l'avion[68]. Plusieurs débris et des traînées de carburant d'origine inconnue sont repérés dans la zone le , semblant confirmer l'hypothèse d'une destruction de l'avion peu après son décollage[69],[70], mais leurs analyses ont démontré qu'ils n'appartenaient pas à un avion[71],[72].

Le , l'analyse des données des radars malaisiens indique aux enquêteurs que l'avion pourrait avoir viré vers l'ouest, semblant amorcer un demi-tour[43]. Les recherches sont étendues vers la mer d'Andaman, dans l'océan Indien, près de la frontière thaïlandaise[73],[74],[75]. La zone couverte est passée de 50 à 100 mille marins autour de la dernière position connue de l'avion et s'étend désormais au détroit de Malacca, le long de la côte ouest de la péninsule Malaise[76],[77],[78].

Une large coopération internationale est mise en place pour retrouver l'appareil et ses passagers[79]. En date du , une dizaine de pays ont affecté 37 avions et 43 navires aux recherches[80],[77],[78], y compris la Chine, qui envoie ses navires de guerre à la recherche de débris du vol[81], et la flotte navale américaine, qui détache des unités vers cette zone périphérique au rayon de recherche, comprenant de nombreuses petites îles inhabitées[82].

Le , la Chine annonce avoir détecté, sur une image satellite datant du , trois objets flottants groupés sur la mer à un endroit qui correspond à la zone où le contact avec le vol a été perdu. Les autorités vietnamiennes annoncent le lendemain n'avoir trouvé aucune trace de l'appareil sur place[83].

Recherches dans le corridor nord et l'océan Indien

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Carte décrivant les deux arcs de recherche de l'avion
Carte des recherches du vol MH370. Le cercle rose représente le rayon d'action de l'appareil au moment de sa disparition. Les deux arcs rouges correspondent aux couloirs de recherches définis à la suite de l'analyse du dernier ping reçu par Inmarsat en provenance de l'appareil. En bleu, les zones successives de recherches approfondies.

Le , le Premier ministre malaisien, Najib Razak, annonce que la Malaisie met fin aux recherches impliquant 14 pays, 58 avions, 43 navires en mer de Chine méridionale et examine un redéploiement vers le corridor nord et l'océan Indien. Il confirme les informations de presse selon lesquelles les enquêteurs estiment que quelqu'un, l'un des pilotes ou une autre personne à bord, a éteint les systèmes de communication de l'avion et lui a fait prendre la direction de l'ouest. Après le blackout « délibéré » par silence radio, il y a bien eu un changement de trajectoire de l'avion et que celui-ci résulte d'« une action délibérée de quelqu'un à bord de l'avion ». Il ajoute que plusieurs systèmes de transmission de données de l'appareil « ont été désactivés », mais que des contacts satellitaires indiquent que l'avion aurait continué à voler pendant plus de six heures après avoir disparu des écrans radars[84],[85],[86].

Sur la base du dernier handshake reçu par le satellite Inmarsat, en orbite géostationnaire au-dessus de l'océan Indien, en provenance de l'appareil et de la distance induite, deux couloirs de recherches sont définis : l'un dans l'océan Indien, l'autre par le nord de l'Inde, dans la direction du Turkménistan en Asie centrale, limite d'autonomie de vol[87],[55].

Dans les premiers jours, et dans un contexte sécuritaire marqué par le terrorisme, l'hypothèse d'un détournement de l'appareil est privilégiée par la presse qui fait porter les premiers soupçons sur le commandant de bord[88], Zaharie Ahmad Shah. Celui-ci possédait à son domicile un simulateur de vol, dont une partie des données avaient été effacées début février[89], et que les autorités malaisiennes ont demandé au FBI d'analyser. Selon un rapport confidentiel malaisien cité par le New York Magazine, quelques semaines avant le vol il aurait simulé un vol ressemblant à celui emprunté par le vol MH370 depuis la section cargo de l'aéroport de Kuala Lumpur[90].

Toutefois, dans cette même déclaration du , le premier ministre a tenu à relativiser : « Malgré les informations de presse faisant état d'un détournement de l'avion, je souhaite être très clair : nous continuons à enquêter sur toutes les possibilités concernant ce qui a fait dévier le MH370 de sa route ». La Chine, mécontente de cette déclaration tardive et ambigüe, a fait savoir qu’elle exigeait des informations plus précises et indiqué qu'elle allait envoyer une équipe technique pour participer à l'enquête en Malaisie[86].

L’Inde a lancé des recherche dans le golfe du Bengale. Le , le Kazakhstan fait savoir que l'appareil n'a pas été détecté sur son territoire[91]. Le , la Chine entame des prospections sur son territoire[92]. Aucune trace de l'avion n'est découverte sur l'arc nord.

Recherches dans le sud de l'océan Indien, corridor sud

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L'Australie a annoncé, le , le repérage d'objets flottants dans les environs de la zone de recherche sud, sans pouvoir confirmer s'ils appartenaient à l'avion[93]. Le même jour, un navire marchand norvégien s'est dérouté pour fouiller la zone, et quatre avions australiens, néo-zélandais et américains l'ont survolée. Dans des conditions météorologiques difficiles, les objets n'ont pu être localisés[94].

Inmarsat affine ses calculs BTO & BFO

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Facteurs contributifs du BFO
A square graph with 64.4–64.7°E longitude on the x-axis and 2°N (top) to 2°S on the y-axis. The satellite's motion is counter-clockwise in a teardrop shape, with its location during Flight 370 moving from about a 1-o'clock position to about a 10-o'clock position.
Déplacement apparent du satellite Inmarsat-3 F1 durant le vol 370. Au moment du décollage et du dernier contact radar primaire, la position de l'avion est connue (temps UTC).

Le satellite Inmarsat-3 F1, vieillissant, a une orbite légèrement inclinée et n’est plus parfaitement géostationnaire, il tourne en 24 heures autour de sa position nominale ; ce qui s’est avéré un avantage à défaut d’avoir deux satellites. Lors de la première connexion à minuit MYT sur le tarmac de l’aéroport de Kuala Lumpur, peu avant le décollage, la position de l’avion est exactement connue et la vitesse est nulle. Lors de la reconnexion à 02:25 MYT, 18:25 UTC, la position et la vitesse peuvent être estimées par le dernier contact radar militaire deux minutes plus tôt. En intégrant le mouvement du satellite dans leurs calculs, les analystes d’Inmarsat ont pu effectuer une sorte de triangulation et déterminer que l’avion se dirigeait vers le sud. Cette analyse a été transmise aux autorités malaisiennes le . Une étude ultérieure a affiné ces résultats, en supposant une vitesse sol constante, qui pourrait donc être maintenue par le pilote automatique. Dans ce scénario, lors de la dernière connexion à 08:19 MYT, l'avion se serait trouvé à 34° 42′ S, 93° 00′ E[7].

Sur la base des recherches d'Inmarsat et de l'Air Accidents Investigation Branch, le service britannique des enquêtes sur les accidents aériens, Malaysia Airlines et le Premier ministre malaisien Najib Razak annoncent le que la dernière position connue de l'appareil se trouvait dans le couloir sud, « au milieu de l'océan Indien, à l'ouest de Perth […] loin de toute zone possible d'atterrissage ». Bien qu'aucun débris de l'avion n'ait été retrouvé à cette date, le vol MH370 est dès lors considéré par les autorités civiles malaisiennes et la compagnie, comme « perdu et aucune des personnes à bord n'a survécu »[8].

Recherches sous-marines

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Photographie du véhicule sous-marin Bluefin-21, en 2014.
L'Ocean Shield met à l'eau le véhicule sous-marin Bluefin-21, le .

Le navire australien de détection acoustique sous-marine ADV Ocean Shield et une douzaine de navires sont envoyés dans la zone supposée du crash[95]. À partir du , l'Ocean Shield détecte à plusieurs reprises des signaux acoustiques pouvant être « compatibles avec les caractéristiques d'un enregistreur de vol » selon Angus Houston, responsable des opérations de recherches de l'appareil[96]. La fréquence de ces signaux n'étant pas rencontrée à l'état naturel, leur détection renforce les enquêteurs dans l'idée qu'ils sont « tout près » de la position probable de l'appareil, bien que l'on ne puisse établir avec certitude l'origine de ces signaux[97].

À partir du , le robot sous-marin Bluefin-21, équipé d'un sonar, plonge dans la zone où ont été captés les signaux acoustiques, où une nappe de carburant a été repérée[98], mais les recherches sont infructueuses[99].

Fin , le Centre de coordination international des recherches annonce que « la zone [de 850 km2 où se sont concentrées les recherches] (pouvait) être exclue comme étant l'endroit où le vol MH370 s'est abîmé ». On prévoit dès lors une nouvelle analyse des données pouvant déboucher sur la définition d'une zone de recherche allant jusqu'à 60 000 km2[100].

Le , le gouvernement australien rend public un rapport d'investigation de 64 pages émis par l'Australian Transport Safety Bureau dans lequel sont étayés les plans de recherches qui débuteront à partir du mois d'août[101].

En , les recherches entrent dans une nouvelle phase. Les gouvernements malaisien et australien mandatent deux sociétés spécialisées pour engager de nouvelles investigations. Après avoir participé à la première phase des recherches — la cartographie de la zone — le groupe néerlandais Fugro est sélectionné par le gouvernement australien pour poursuivre les investigations. Le gouvernement australien qui a alloué 60 millions de dollars australiens (41,7 millions d'euros) pour ces recherches, a délimité une zone probable d'impact de 60 000 kilomètres carrés. Rob Luijnenburg, directeur opérationnel et de la communication de Fugro, affirme que « l'opération est très compliquée » mais que les appareils utilisés « sont suffisamment performants et précis pour le faire »[102]. Le , le JACC (en) fait savoir que la zone d'exploration ne serait pas étendue, laissant entrevoir un possible abandon des recherches[103].

Flaperon à La Réunion

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Courants dans l'océan Indien.

Le , un débris est découvert à la plage de Saint-André, sur la Côte-au-vent de l'île de La Réunion. Cette découverte confirme la disparition dans l'océan Indien de cet avion. La modélisation des courants marins permet de préciser la localisation de l'épave, cohérente avec la localisation donnée par les satellites[104]. La pièce est transportée au laboratoire DGA techniques aéronautiques de Balma, dans la banlieue toulousaine, pour y faire l'objet d'un examen approfondi. Au terme d'un premier examen, le Premier ministre malaisien intervient publiquement pour affirmer que le flaperon appartient bien au Boeing 777 qui assurait le vol MH370[105]. Peu après, le procureur adjoint du parquet de Paris, Serge Mackowiak, intervient à son tour mais avec plus de prudence : il évoque de fortes présomptions permettant de considérer que la pièce appartient bien à l'avion disparu, mais qui restent à confirmer par des analyses complémentaires[106]. C'est finalement le que le parquet confirme que le flaperon provient du Boeing 777 disparu[107].

Photographie du flaperon d'un Boeing 777.
Flaperon d'un Boeing 777.

Lors de son expertise, une hypothétique plaque d'identification du flaperon n'a pas été retrouvée. En revanche, une inspection au boroscope a permis de trouver un numéro de série que son fabricant, Airbus Defence and Space (anciennement CASA), a relié aux pièces fournies, en 2001, pour la fabrication de l'avion ayant assuré le vol MH370. Le flaperon est constitué d'une résine plastique, ce qui lui assure une bonne flottabilité et « son état relativement bon permet d'espérer que l'avion ne s'est pas désintégré au moment de l'impact avec la mer »[108].

La DGA remet son rapport à la justice. En raison de l’enquête judiciaire, il n’est pas rendu public. Par contre, une traduction en anglais est remise aux enquêteurs mais ne sera publiée qu’avec le rapport final de 2018. On apprendra que la DGA a commissionné un expert du CNRS à Gif-sur-Yvette pour expertiser les coquillages.

Fin des recherches et polémique

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Recherches par satellites

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Image du satellite Spot-5.
Satellite Spot-5.

Dès les premiers jours de la disparition de l'avion, la Chine fait appel à l'aide d'autres pays dans le cadre de la Charte internationale Espace et catastrophes majeures. Le , les pays adhérents à la Charte acceptent la demande d'aide bien qu'ils estiment « que cette disparition d'avion ne constituait pas une catastrophe telle que définie par la Charte, telle qu'un ouragan, un tsunami ou un tremblement de Terre »[109]. Dans ce cadre, les équipes du ministère français de la Défense basées à Creil analysent les données des satellites français Spot-5, Spot-6 et Pleiades 1A et Pleiades 1B. Les satellites optiques et radars placés en orbite basse détectent des objets flottants « en trop grande quantité pour que cela soit normal », selon l'expression de Marc Pircher, directeur du Centre spatial de Toulouse[110].

L'Allemagne a de son côté mobilisé le satellite radar TerraSAR-X. Aux États-Unis, DigitalGlobe, le partenaire privé de l'US Geological Survey (USGS) met en œuvre ses cinq satellites (46 à 82 cm de résolution) couvrant plus de trois millions de kilomètres carrés par jour par bandes de 11 à 18 km de large. Le traitement de ces images est confié à sa filiale Tomnod, plateforme participative permettant à 2,5 millions d'internautes de scruter les images collectées à la recherche de débris[111]. De son côté, la Chine annonce aussi la mise en œuvre de vingt-et-un satellites mais une première image prise le en mer de Chine du Sud s'avère être une fausse piste[112].

Les images et échos radars repérés par tous ces satellites sont transmis à l'administration météorologique chinoise qui reçoit aussi les informations collectées par des satellites de surveillance des océans[réf. nécessaire].

Le , il est annoncé que des photos de satellites de reconnaissance militaires français de débris flottants ont été transmises aux autorités australiennes deux semaines après le crash[113],[114].

Campagne de 2016

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Le , les ministres de trois pays engagés dans les recherches annoncent que les espoirs de le retrouver s'amenuisent et que les recherches seront bientôt suspendues, à moins d'un rebondissement[115]. Le , les autorités des trois pays annoncent la suspension des recherches, l'avion n'ayant pas été localisé dans la zone de 120 000 km2 où elles étaient effectuées[116].

Selon un rapport officiel du Bureau australien de la sécurité et des transports (ATSB) publié le , l'épave du vol MH370 de Malaysia Airlines disparu en 2014, ne se trouverait probablement pas dans la zone actuelle de recherches de l'océan Indien, celle-ci ayant été intégralement analysée[117]. Les résultats des schémas de modélisation de la dérive des débris tendraient à montrer que l'avion se trouverait dans une zone de 25 000 km2 au nord de la zone de recherche sous-marine actuelle.

Les recherches sont officiellement suspendues le [116].

Campagne de 2018

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En , les autorités malaisiennes prennent la décision de reprendre les recherches de l'avion qui sont confiées à l'entreprise américaine Ocean Infinity[118]. Le , le navire Seabed Constructor quitte Durban pour faire ses recherches[119], dont on peut suivre la progression sur le site web MarineTraffic[120], celui de MH370 CAPTIO[121],[122].

Le , le ministre des Transports de la Malaisie annonce que la recherche du vol 370 de Malaysia Airlines se terminerait la semaine suivante « Le ministre des Transports, Anthony Loke, a déclaré mercredi que l'accord de recherche de 90 jours avec Ocean Infinity devait se terminer en avril, mais a été prolongé deux fois jusqu'au à la suite de la demande du cabinet « Il n'y aura plus d'extensions, il ne pourra pas continuer indéfiniment, attendons le et nous déciderons ensuite comment procéder » »[123].

Le , les recherches se poursuivent[124].

Relance des recherches

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En , au moment où les familles de passagers marquent le cinquième anniversaire de la disparition, le ministre malaisien des Transports déclare être ouvert à toutes propositions pour relancer les recherches[125]. En , le directeur général d'Ocean Infinity déclare vouloir reprendre les recherches, initiative approuvée par le directeur du programme de recherche initial dirigé par le Bureau de la sécurité des transports australien[126].

Dix ans après la tragédie, le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim n'écarte pas une éventuelle reprise des recherches : « S’il y a des preuves convaincantes qu’il faut les relancer, nous serons, sans aucun doute, heureux de le faire »[127].

Campagne de 2025 et 2026

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Le , la Malaisie accepte une proposition d'Ocean Infinity de reprendre les investigations sur une période de 18 mois dans une nouvelle zone d'environ 15 000 km2 du sud de l'océan Indien[128],[129]. L'accord prévoit que le gouvernement ne paiera rien si l'avion n'est pas retrouvé[130].

Cette nouvelle campagne se déroule en deux phases, la première en , et la seconde du au . Le Ministère malaisien des transports annonce, le , soit 12 ans après l'accident, que « les recherches entreprises n'ont pas permis de confirmer l'emplacement de l'épave de l'aéronef »[11],[12].

Retombées géologiques des recherches

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Bien qu'infructueuses, les recherches ont néanmoins conduit à l'acquisition de données géophysiques qui décrivent le fond des océans et son évolution avec un niveau de détail rarement atteint. Les échosondages (en) réalisés entre et ont en effet permis de produire des cartes détaillées du plancher océanique et des recouvrements sédimentaires dans une zone couvrant environ 279 000 km2 du Sud-Est de l'océan Indien. Alors que les cartes antérieures avaient une résolution supérieure à 5 km2 (contre un maximum de 0,025 km2 pour les zones terrestres les moins bien cartographiées), les nouvelles cartes permettent de résoudre des détails de moins de 0,01 km2 (la taille d'un terrain de football). Le fond de l'océan Indien est une mosaïque complexe (croûte océanique normale, plateaux océaniques et dorsales, monts sous-marins, collines et microcontinents), qui résulte de différents processus (expansion des fonds océaniques, sauts de dorsale, trapps et points chauds). On observe notamment, dans le fossé d'effondrement qui sépare aujourd'hui Broken Ridge (en) du plateau des Kerguelen (une unique province magmatique au Crétacé), des escarpements de plus de 1 000 m de dénivelé, des pentes atteignant 67°, et des blocs basculés de 12 à 25 km de large soulevés de plus de 1 200 m. On a aussi découvert une dépression de 90 km de diamètre et 500 m de profondeur, avec les restes de coulées de débris et de cônes d'éboulis longs de plus de 150 km[131].

Autres débris retrouvés

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Au Mozambique

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En , un adolescent sud-africain, en vacances au Mozambique, trouve un débris d'un mètre de long sur une plage[132]. Mais ce n'est qu'après la médiatisation de la découverte d'une seconde pièce en que la famille de l'adolescent contacte les autorités. Les deux pièces sont alors acheminées en Australie pour expertise[132]. Le , l'Agence australienne de sécurité des transports (ATSB) confirme que les deux débris proviennent du Boeing[133]. L'un est une partie d'un volet de stabilisation situé sous l'aile droite de l'avion et l'autre un morceau de la dérive arrière[134]. L'identification a été possible grâce au style et à la police du numéro qu'elles portaient, car ils correspondent à ceux de Malaysia Airlines.

Campagne de recherche privée

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À la suite de la découverte de débris sur les côtes est-africaines, et en l'absence de recherche systématique, une association de proches de victimes et de volontaires, Voice370, s'organise en pour réaliser une telle recherche sur le littoral africain, notamment au Mozambique et à Madagascar[135].

Autres débris

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Un stabilisateur arrière retrouvé en sur l'île de Pemba en Tanzanie est confirmé avoir appartenu à l'avion en [136],[137]. En de la même année, des débris sont découverts sur l'île Maurice[137].

Le rapport final malaisien du liste la totalité des débris retrouvés[138]. Ceux-ci ont tous été trouvés dans l'ouest de l'océan Indien, sur les côtes est de l'Afrique du Sud, du Mozambique, de Tanzanie, de Madagascar, de l'île de la Réunion, et de l'île Maurice[138].

Hypothèses

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Crash au sud du golfe de Thaïlande

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L'hypothèse d'un crash proche de l'endroit de la perte de contact transpondeur a été rapidement écartée par les enquêteurs qui font valoir que dans ce cas, de nombreux débris auraient dû être retrouvés pendant les quatre premiers jours de recherches à cet endroit et, ultérieurement, sur le pourtour du golfe de Thaïlande. Elle est également incompatible avec la trajectoire reconstituée à partir des détections de radars primaires[21].

Sabotage dans le but de faire disparaitre l'avion

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Le , le Wall Street Journal annonce que l'enquête s'oriente de plus en plus vers la piste d'un sabotage. De forts indices laissent penser qu'une ou plusieurs personnes à bord ont délibérément modifié la trajectoire de l'appareil et tenté de masquer sa position. Selon des sources proches de l'enquête, les autorités soupçonnent que deux systèmes différents ont été désactivés environ une heure après le décollage. Les transpondeurs de l'appareil ont cessé de fonctionner, rendant beaucoup plus difficile son suivi et son identification par radar par les contrôleurs aériens[27].

Acte terroriste

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Dans les jours suivant la disparition de l'avion, l'hypothèse d'une action terroriste est privilégiée par la presse. Celle-ci évoque des extrémistes musulmans malaisiens ou indonésiens affiliés à Al-Qaïda, ou encore des citoyens chinois en lien avec l'attentat islamiste ouïgour en gare de Kunming du ou l'attentat-suicide d'Ürümqi du suivant.

« Une autre hypothèse en vogue imagine que l'avion, qui prenait la direction de l'océan indien, se dirigeait vers la base aérienne américaine de Diego Garcia, située sur un atoll isolé. Le vol MH370 aurait alors été piraté par des terroristes, et finalement détruit par un missile sol-air, défendant la base, qui figure sur la liste des « sites secrets » utilisés par la CIA, notamment pour détenir des suspects. Dans un premier temps, divers éléments viennent renforcer ces soupçons, puisque deux passagers iraniens voyageaient avec des passeports européens volés et qu'ils n'auraient pas dû embarquer dans l'avion.

Toutefois, ces hypothèses n'ont pas été retenues par les États qui dirigent les recherches de l'avion depuis deux ans. L'Australie, la Malaisie et la Chine, les trois pays qui ont perdu le plus de ressortissants dans le crash, ont annoncé que les recherches seront bientôt suspendues. »

— Pierre Jova, Le Figaro[139]

La présence de deux Iraniens présents à bord qui voyageaient avec des passeports volés a dans un premier temps alimenté la piste terroriste. Ils tentaient en fait de rejoindre l'Europe par une filière d'immigration clandestine. La direction d'Interpol déclare qu'elle est encline à penser qu'il ne s'agissait pas d'un attentat et cette hypothèse n'est pas privilégiée, même si elle est relancée régulièrement dans les médias, notamment en novembre et [140],[141].

Incendie et dépressurisation

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Le , les autorités australiennes estiment qu'au regard de sa trajectoire à travers l’océan Indien l’appareil était « très probablement » en pilote automatique jusqu’à ce qu’il se retrouve à court de carburant[142] et que la chaîne des évènements correspond typiquement à une hypoxie de l'équipage à la suite d'une dépressurisation de l'appareil qui les aurait rendu inconscients comme ce fut le cas lors du vol Helios Airways 522. L'analyse des perturbations dans la fréquence d'émission des pings émis vers le satellite entre 17 h 35 et 18 h 25 suggère un refroidissement du cristal de quartz du fait d'une dépressurisation qui aurait eu lieu à ce moment[143][source insuffisante].

Le bureau d'enquête australien rappelle qu'un des mécanismes automatiques de protection de l'avion en cas d'incendie consiste en une dépressurisation partielle et temporaire afin d'éteindre l'incendie, mais que ce mécanisme avait causé une dépressurisation totale en 1995 durant les tests[143]. D'après eux, et après analyse des messages ACARS et pings, tout porte à croire que ce mécanisme s'est déclenché[143][source insuffisante]. Cependant, une telle dépressurisation pourrait avoir d'autres origines, notamment être directement causée par un incendie, d'après les causes listées précédemment[réf. nécessaire].

En , sur la base de l'étude des débris retrouvés en mer, de modélisation de leur dérive et de simulations de vol, l'Australian Transport Safety Bureau avance que l'avion s'est abîmé en mer, probablement à la suite d'une descente en spirale sous pilote automatique à grande vitesse, excluant un long vol plané suivi d'un amerrissage. L'avion n'aurait pas été piloté et il ne se serait pas désintégré en vol[144].

Rapport préliminaire malaisien de

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Un rapport d'enquête provisoire des autorités malaisiennes est publié le [145]. Il privilégie la piste d'une dépressurisation entraînant la mort par hypoxie des passagers et de l'équipage, sans se prononcer sur sa cause. L'avion aurait continué à voler en pilotage automatique jusqu'à épuisement du carburant et sa chute dans le Sud de l'océan Indien[145][source insuffisante].

Pour les enquêteurs australiens également, « une hypoxie de l'équipage apparaît comme la meilleure hypothèse pendant que le MH370 volait vers une direction vers le sud »[145], ce que complète Boeing qui « retient parmi les causes potentielles celle d'une hypoxie ou asphyxie de l'équipage ». La source vraisemblable de cette éventualité serait un feu progressif, émanant de la soute électronique ou d'autres endroits dans l'espace inférieur[citation nécessaire].

En réponse aux réactions des médias critiquant l’ATSB pour avoir favorisé le scénario de la perte d’oxygène par rapport à un vol contrôlé jusqu’à la fin, le vice-Premier ministre australien Warren Truss a déclaré : « J’ai toujours confirmé qu’il est difficile d’imaginer un scénario qui n’inclut pas un facteur d’intervention humaine[146]. »

Le Defence Science and Technology Group[N 2] oriente l'enquête vers un problème électrique dégénérant en incendie[143].

L'avion transportait un chargement de 2 453 kg de matériel électronique dont 221 kg de batteries lithium-ion, qui, selon Christian Roger[N 3], auraient pu s'enflammer et intoxiquer l'équipage[145]. De telles batteries avaient provoqué par le passé la perte de deux avions cargo et plus d'une centaine d'incidents graves. Elles étaient fabriquées dans l'usine Motorola de Penang en Malaisie.

L'incident pourrait également être lié à un court-circuit sur le système d'oxygène des pilotes[147], soit par l'incendie de la soute électronique[145], soit par l'incendie des batteries au lithium stockées de façon contiguë aux équipements électroniques et aux bonbonnes d'oxygène pour les pilotes[N 4]. L'incendie comme le court-circuit expliqueraient la coupure des communications par la rupture de l'alimentation électrique des éléments non critiques[145].

Un tel incendie n'aurait pas provoqué directement la chute de l'appareil, qui a volé longtemps après la perte de contact avec l'équipage, mais il a pu être à l'origine d'un enchaînement catastrophique pour l'avion et ses passagers. Dans cette hypothèse, le système Electrical Load Management System (ELMS) aurait automatiquement coupé l'alimentation électrique de nombreux organes de l'avion avant de les rétablir automatiquement une fois l'incident terminé. L'équipage aurait procédé aux manœuvres d'urgence prévues en cas d'incendie et tenté de ramener l'appareil vers l'aéroport de Penang[N 5] avant que le feu ne provoque une dépressurisation. Cette dernière, raréfiant l'oxygène éteint l'incendie en même temps qu'elle tue passagers et équipages. L'avion a vraisemblablement été localisé à proximité de Penang où il n'atterrit pas[148].

Recommandations aériennes

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À la suite de cet accident, la FAA, Boeing puis Airbus ont émis une alerte et une recommandation contraignante pour les compagnies aériennes, alertant sur le « risque urgent et immédiat » du transport de grande quantité de batterie lithium-ion par avion, celles-ci faisant peser un « risque inacceptable » sur la sécurité du vol[149]. L'incendie de la batterie au lithium du copilote avait été évoquée pour le crash du vol EgyptAir 804[150].

En 2016, les informations publiques fournies par le rapport d'enquête officiel confirment la désactivation des systèmes de communication et un changement de cap. Elles confirment également que l'avion a volé vers le sud pendant plusieurs heures avant de s'y abîmer. Cependant, elles ne confirment aucune action volontaire de l'équipage dans ce comportement qui a pu résulter d'une panne généralisée et qui est l'hypothèse privilégiée des enquêteurs. Elles ne confirment pas non plus les multiples changements de cap et l'évitement des radars qui avaient été avancés dans un premier temps. Elles ne confirment qu'un seul changement de cap qui a pu résulter d'un déroutement de la part du pilote vers un aéroport de secours, renforçant l'hypothèse d'un vol sur pilote automatique jusqu'à épuisement du carburant dans le Sud de l'océan Indien[145],[citation nécessaire].

Rapport d'enquête malaisien de juillet 2018

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Publié le , le rapport d'enquête malaisien[21] conclut que la commission d'enquête n'a pas pu déterminer la cause de la disparition du MH370, en l'absence de la découverte de l'épave et des enregistreurs de vol[151].

Selon le rapport, les hypothèses d'une avarie ou d'un problème lié au fret transporté sont écartées. Le demi-tour aurait été fait en pilotage manuel. La trajectoire suivie jusqu'au virage vers le sud sont difficilement imputables à des problèmes techniques, mais il n'a pas été établi si l'avion était piloté par quelqu'un d'autre que les pilotes et indique que « la possibilité d’un détournement par un ou des passagers ne peut pas être exclue »[152].

À la suite d'éléments du rapport faisant état de défaillances du contrôle aérien en Malaisie ainsi qu'au Viêt Nam, Azharuddin Abdul Rahman, directeur général du Département de l'aviation civile de Malaisie, démissionne le [153].

Enquête française

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Le , à la demande de la justice française, la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens (SR-GTA) poursuit son enquête : elle est le dernier pays à le faire. La présence de victimes françaises dans le vol MH370 autorise le pays à mener une enquête de son côté et vérifier, selon la presse, « un rapport imprécis et ambigu »[154]. Il s'agit essentiellement d'examiner les données techniques collectées, y compris satellitaires[155]. En , les enquêteurs chargés du dossier indiquent qu'ils espèrent pouvoir se rendre aux États-Unis pour enquêter auprès de Boeing, du FBI, et d'une société qui commercialise un logiciel lié à l'antenne Satcom qui communique avec le satellite Inmarsat[156].

En , Le Parisien donne des informations sur le déplacement de la commission d'enquête aux États-Unis chez Boeing : « Toutes les données recueillies ont été placées sous scellés et ne pourront pas être versées au dossier. En revanche, les enquêteurs pourront exploiter ce support dans leurs rapports ; ils sont repartis avec une masse considérable d'informations à traiter, dont les données satellites de l'avion[157]. »

Autres théories

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La disparition du MH370, qui demeure un des plus grands mystères de l’aviation civile moderne[127], continue de susciter dans le monde entier un vif intérêt de la part de passionnés désireux d'apporter leur contribution à la résolution de l'énigme[158].

Détournement vers l'île Christmas

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Selon cette hypothèse, l'avion aurait été détourné vers l'île Christmas, où l'auteur du détournement aurait voulu se poser afin de demander à l'Australie la libération de Chinois emprisonnés, les passagers de l'avion servant d'otages. C'est la thèse soutenue en 2016[159] par Christophe Naudin, Jean-Marc Garot, Michel Delarche[160],[161], puis par l'équipe Captio (Constraints on Alternative Piloted Trajectories in the Indian Ocean)[162], en collaboration avec les ingénieurs d'Inmarsat.

L'avion aurait été piloté durant tout son vol, les pertes de communications étant volontaires ainsi que l'évitement des radars, il aurait contourné l'île de Sumatra en direction du sud-est. Volant à basse altitude, la plus forte consommation de carburant aurait abouti à une panne sèche suivie d'une tentative d’amerrissage au sud-est de l'objectif. L'avion aurait finalement amerri dans l'océan Indien[163] , au sud-est de l'île Christmas[164].

La trajectoire compatible avec données d'Inmarsat correspond à une descente progressive en virage vers une altitude basse, alors que la trajectoire vers le sud de l'océan Indien correspond à un vol à haute altitude en ligne droite[165] (cependant, elle est jugée improbable par la plupart des commentateurs dont Xavier Tytelman[166], qui analysent qu'elle est particulièrement délicate à suivre et qu'elle suppose que le pilote ait anticipé que les données satellite seraient utilisées pour reconstituer la trajectoire de l'appareil).

Détournement vers l'Australie

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Une hypothèse similaire, émise en 2021 par Jean-Luc Marchand et Caption[N 6], est celle d'un détournement vers la base de Learmonth, en Australie, qui aurait également échoué par manque de carburant entre 15,7° et 17,5° de latitude sud[167]. 3=== Éléments à l'appui du suicide du pilote ===

Plusieurs experts soutiennent l'hypothèse d'un suicide du pilote[N 7]. Plusieurs versions de cette théorie existent, avec un écrasement volontaire (Richard Godfrey) [171]ou un amerrissage au sud des zones de recherches considérées (Larry Vance, Simon Hardy et Patrick Blelly). Ces hypothèses se fondent sur les débris retrouvés, sur les manipulations qui ont pu être nécessaires au pilotage de l'avion avec une réduction de la disponibilité électrique et sur la remise à zéro des données de l'ordinateur de bord. Un rapport de Patrick Blelly et Jean-Luc Marchand validant la faisabilité de cette théorie[3],[172], d'une centaine de pages, a été transmis au BEA, pour encourager les recherches dans cette nouvelle zone.

Le suicide du pilote a également été soutenu par le New York Magazine sur la base d'un rapport du FBI qui indiquait que le commandant Zaharie Ahmad Shah, avait mené un exercice de simulation de vol sur une trajectoire similaire, quelques semaines avant le crash. Les causes de ce suicide seraient d'ordre familial. Pilote émérite et instructeur, ayant 33 ans d'expérience, Zaharie Ahmad Shah militait dans le Parti de la Justice Populaire (Keadilan ou PKR) menée par Anwar Ibrahim dans l'opposition à cette époque[173]. La belle-fille de ce dernier serait apparentée au commandant de bord, selon la presse malaisienne.

« [...] Zaharie Ahmad Shah avait exprimé son désarroi à la suite des condamnations d'Anwar Ibrahim. Cette attitude est venue alimenter le soupçon d'une vengeance de sa part, ou d'un suicide de désespoir, en perpétrant le crash de son avion, qu'il pilotait le lendemain. D'autres points suspects alimentent les soupçons sur le vol MH370. D'abord, sa signalisation a été coupée volontairement, ce qui relève de la responsabilité du pilote, et l'appareil s'est détourné délibérément de son cap, en volant pendant sept heures vers l'ouest. Ensuite, le vol a contourné toutes les zones surveillées par des radars. »

— Pierre Jova, Le Figaro[139]

Peu de temps après la disparition, les médias ont révélé que la femme et les deux enfants mineurs du commandant Zaharie Ahmad Shah avaient quitté le domicile conjugal la veille de la disparition[174],[175],[176]. Un ami a affirmé que le commandant Shah voyait une autre femme et que la relation avec elle était également en difficulté[177],[178]. Cette dernière, mère de famille, a été interrogée quatre fois par la police. Il s'agit d'une employée du Parti de la Justice Populaire (Keadilan ou PKR) où milite Zaharie Ahmad Shah. Elle et le pilote semblaient s’être brouillés deux semaines avant l'accident[173]. Un collègue pilote et ami de longue date a déclaré que le commandant Shah était « terriblement bouleversé », « pas en état mental pour voler » et que son mariage s'effondrait[179],[180]. Interrogé sur le simulateur, son ami dit qu’il avait « ramené le bureau à la maison »[181]. Par la suite, les allégations de problèmes conjugaux ont été démenties par la famille de Shah[178],[182].

Écartée du rapport final malaisien après enquête[21], l'hypothèse d'un suicide est cependant relancée régulièrement dans la presse[183],[184].

Opération militaire des USA

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La journaliste Florence de Changy, correspondante pour Le Monde, émet l'hypothèse que l'armée américaine aurait voulu intercepter une cargaison à destination de la Chine[185],[186]. Elle a publié un livre pour développer cette théorie (voir bibliographie).

Responsabilité supposée du constructeur de l'avion

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Le , le cabinet d'avocats américain Ribbeck Law, au nom d'un proche de l'un des passagers du vol 370, annonce porter plainte contre Boeing ainsi que contre la compagnie Malaysia Airlines devant un tribunal pénal de l'Illinois. Cette action entraîne l'ouverture d'une enquête aux États-Unis. L'avocate qui a intenté l'action en justice dit vouloir « obtenir des millions de dollars [de réparations] pour chaque passager »[187].

Gestion de la communication

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Une semaine après la disparition de l'avion, les autorités malaisiennes ont fait l'objet de fortes critiques sur leur gestion de cette crise[188], notamment sur leurs déclarations contradictoires, leur lenteur à réagir et leur communication très embrouillée, qualifiée de « chaotique » par le ministère des affaires étrangères chinois[189]. Le premier ministre Najib Razak s'est vu reprocher d'avoir attendu une semaine pour confirmer que l'avion avait été détourné de son plan de vol en direction de l'ouest alors que les recherches s'étaient concentrées en mer de Chine méridionale, à l'est[190].

Les autorités chinoises ont fait connaître leur agacement face à l'attitude de la Malaisie dans cette affaire[191], accusant en outre celle-ci d'incompétence[188]. Le South China Morning Post a, lui, accusé la Malaisie d'« amateurisme »[188]. Selon le journaliste Jean-Claude Pomonti, les carences affichées par le gouvernement malaisien en matière de communication seraient le résultat d'un modèle de gouvernement qui s'est fondé depuis plusieurs décennies « sur l'intimidation, un strict contrôle de l'information et une forte croissance économique »[192].

Des proches des victimes chinoises qui étaient à bord de l'avion ont manifesté devant l'ambassade de Malaisie à Pékin pour demander des preuves que l'avion s'est bien abîmé en mer[193]. Ils ont également réclamé des excuses du premier ministre Razak pour sa gestion controversée de la crise[194]. Ce vol concerne en effet au premier chef la communauté sino-malaisienne. Passé les premières semaines, les proches des Chinois disparus qui continuaient à manifester ont été intimidés voire réprimés par la police chinoise. Aucune enquête officielle, sur la disparition de l'avion, n'a été déclenchée par Pékin[195].

Meurtre du consul honoraire de Malaisie à Madagascar en 2017

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Le , Zahid Raza, le consul honoraire de Malaisie à Antananarivo est abattu par balle au volant de sa voiture[196]. La presse, notamment malgache, établit un lien entre cette mort et le vol MH370[197]. Le consul devait se rendre au ministère malgache des Transports pour prendre possession de six pièces appartenant à l'avion, aux mains des autorités de Madagascar, afin de les apporter en Malaisie en vertu d'un accord entre les deux pays[198].

Les six pièces concernées n'étaient pas en sa possession[199]. Les autorités malgaches les ont effectivement remises à la Malaisie[198].

Commerçant local en fournitures de bureau, le consul honoraire était également mêlé à une affaire d'enlèvements, pour laquelle il a été, en 2009, un temps incarcéré[196].

Un procès est ouvert en Chine fin 2023 pour réclamer un dédommagement pour les proches de passagers chinois disparus dans la disparition du vol MH370[200].

Notes et références

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  1. Deux passagers voyageant avec un passeport volé, l'un autrichien et l'autre italien, étaient en fait iraniens.
  2. Dépendant du Ministère de la Défense australien.
  3. Christian Roger est un ancien commandant de Bord Boeing 747 Air France, ancien leader de la Patrouille de France et expert du vol Air France Rio-Paris du et de l’accident de Sharm El Sheikh (2004).
  4. Ces hypothèses sont renforcées par la mention d'antécédent dans des conditions similaires :
    • Boeing 777-200 Egypt-Air « Nefertiti » Jeddah-Caire en 2011 : court-circuit système d'oxygène des pilotes ;
    • B777 Air-France Atlanta-Paris 8 décembre 2010 : incendie portable passager ;
    • DC8 UPS Dubaï 3 novembre 2009 : incendie d'un fret de batteries au lithium ;
    • B777 United Londres 26 février 2007 : incendie de la soute électronique.
  5. En particulier, la saisie de l'aéroport de déroutement sur le système de gestion de vol leur permet d'amener automatiquement l'avion à destination par les points de cheminement adéquats sans autre intervention humaine. Les aéroports de déroutement sont préétablis durant la préparation du vol.
  6. qui a succédé à Captio – (en) « About - MH370-CAPTION », (consulté le ).
  7. Il s'agit notamment de

Références

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Sur les autres projets Wikimedia :

Du fait du grand retentissement de la disparition du vol 370 Malaysia Airlines et du mystère qui continue de l'entourer, cette tragédie est le sujet de nombreux livres, documentaires et docufictions.

Bibliographie

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Articles de presse

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Télévision

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  • Le mystère du vol MH370 (Where is Flight MH370?), de la série Horizon de la BBC ;
  • Vol MH370, 5 ans après : que s'est-il vraiment passé ?, documentaire, h 10, , W9 ; deux spécialistes aéronautiques, Michel Polacco, journaliste scientifique et Jean Serrat, pilote, dissèquent toutes les hypothèses et donnent leur avis sur leur crédibilité ;
  • MH370 – L’impossible disparition, de Simon Viguié, documentaire en deux épisodes de 52 minutes (Au cœur du chaos et La contre-enquête), RMC Découverte,  ;
  • MH370 : L'avion disparu (MH370: The Plane That Disappeared (en)), mini-série de trois épisodes de 90 minutes, Netflix,  ;
  • [vidéo][Série documentaire] « MH370, la vérité disparue », Benoît Bringer (réalisateur) sur France 2, , 6 épisodes de 30 min, France (consulté le )

Articles connexes

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Liens externes

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