MGTOW

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Le logo MGTOW est un losange jaune comportant une signalétique indiquant un changement de voie. Il est possible d’y voir aussi une référence au sexe masculin[1],[2].

MGTOW est l’acronyme de Men Going Their Own Way. L’expression peut se traduire en français par : « hommes suivant leur propre voie (ou chemin)[1] ». MGTOW est un phénomène social et apolitique[3],[4], regroupant des hommes discutant et partageant des opinions sur la condition masculine et notamment, mais non exclusivement, sur le mariage, la paternité et les rapports hommes/femmes. Le phénomène est aussi parfois qualifié de style de vie[5].

Il n’existe pas de doctrine « officielle » MGTOW ou d’organisations représentatives. Le phénomène est spontané, en dehors de tout cadre institutionnel ou associatif. Il est également décentralisé et s’inscrit dans ce que l’on nomme la « manosphère[6] ».

Selon le site officiel MGTOW.com[7], le phénomène MGTOW ne dit jamais la voie qui doit être suivie[8], c'est un renvoi à la liberté et la responsabilité individuelle de chacun[9].

Définition[modifier | modifier le code]

Comme philosophie, ou école de pensée, MGTOW réunit des hommes qui, s'étant interrogés sur la nature de la femme et des relations hommes/femmes, pensent que les conditions sociales, politiques et économiques d'établissement et de développement de ces relations sont si iniques et si déséquilibrées en leur défaveur, qu'ils tentent, chacun à leur manière - sinon de s'émanciper - d'échapper à ses effets les plus préjudiciables.[réf. nécessaire] Il s'agit d'une philosophie passive, individuelle et non-mixte, née spontanément en plusieurs endroits du monde. Elle prône un choix de vie personnel d'émancipation par rapport au modèle de l'homme hétérosexuel, ce qui se traduit, par exemple, par un désintéressement ou, à terme, un retrait pure et simple du jeu de la séduction, de la compétition sexuelle, de l'engagement ou de la recherche d'une quelconque relation sentimentale avec l'autre sexe (célibat volontaire), tendant autant que lui permettent son potentiel, ses capacités et sa condition socioéconomique, à un certain niveau d'autonomie ainsi qu'une forme personnalisée d'épanouissement individuel qui ne soit pas gynocentré ou dépendant de la femme.[réf. nécessaire] De ce fait, même quand le MGTOW n'approuve ni ne promeut mais critique négativement les actions d'alléguées dérives idéologiques des courants féministes contemporains, dans les actes concrets il ne s'oppose pas plus à eux tant qu'ils ne bafouent pas ses propres droits et libertés individuelles, ainsi que sa recherche de bien-être personnel qui en plus de n'être pas politique[non neutre], ne les concerne simplement pas puisqu'elle ne se détermine pas par la condition féminine.[Contradiction][incompréhensible][réf. nécessaire]

Philosophie[modifier | modifier le code]

Constat général[modifier | modifier le code]

Selon le chroniqueur Martin Daubney, les membres de la communauté MGTOW pensent et concluent que la somme du coût-avantage et du bénéfice-risque du mariage ainsi que des relations sentimentales avec les femmes, est devenue défavorable et trop risquée pour les hommes[10], notamment en raison de la possibilité supposée d'être accusé à tort d'agression sexuelle ou de viol.

Kay Hymowitz déclare que, si certains hommes s'identifiant au MGTOW expriment leur mécontentement, c'est parce qu'ils considèrent que les femmes sont dans une majorité écrasante hypergames et manipulatrices, et qu'elles estiment elles-mêmes logique que les femmes jouissant de l'égalité des sexes n'aient pas à s'en plaindre et à la rejeter quand elle concerne des cadres spécifiquement avantageux pour elles, comme les rencontres sentimentales ou sexuelles (« Les femmes peuvent adopter une approche de "menu chinois" pour les rôles de genre. Elles peuvent toutes être ‹ laisse-moi payer pour les billets de cinéma › le vendredi soir, puis ‹ une seule rose ? C'est tout ? › le jour de la Saint-Valentin. »)[11].

Le journaliste du Business Insider, Dylan Love, écrit que « un MGTOW pleinement développé (il existe en effet plusieurs degrés) rejette toute relation avec une femme : à court terme, long terme, relation amoureuse ou autre. Il finit par fuir la société dans son ensemble. »[12]

Certaines figures antiféministes telles que Karen Straughan de Girl Writes What?!, affichent leur sympathie pour les hommes MGTOW. Très critique envers l'égalité des sexes telle que prônée et revendiquée par la plupart des courants féministes, Straughan considère les MGTOW comme une conséquence logique de la destruction de la famille nucléaire et du bouleversement socioéconomique et moral des rapports hommes-femmes, engendrés par le féminisme en tant qu'instrument utile du capitalisme et acteur important du consumérisme.[réf. souhaitée]

Stades du MGTOW[modifier | modifier le code]

Selon le journaliste Mack Lamoureux[13], différents stades de MGTOW existent :

  • stade 0 : prise de conscience de discriminations contre les hommes et rejet du mensonge que constituerait l'égalité entre les sexes ;
  • stade 1 : rejet des relations de couple à long terme ;
  • stade 2 : rejet des relations de couple à court terme et à long terme ;
  • stade 3 : désengagement économique, recherche d'une vie minimaliste ;
  • stade 4 : désengagement social par refus des interactions avec la société dans son ensemble.

Sous groupes[modifier | modifier le code]

Hommes moines[modifier | modifier le code]

Mack Lamoureux[13] signale l'existence d'un sous-groupe de MGTOW ayant choisi le célibat et l'abstinence portant le nom de Men Going Monks (« les hommes devenant moniaux »).

À la différence de l'homme moine dont la motivation est la chasteté radicale, le MGTOW ne s'interdit pas des relations à court terme avec les femmes car son désir de célibat ne l'oblige pas à l'abstinence. Toutefois, son intérêt commun assumé sur ce point est de demeurer détaché de la femme et de lui accorder une place qui soit, quand elle n'est pas inexistante, négligeable et non déterminante pour l'évolution spirituelle et l'épanouissement personnel des hommes. Ainsi le MGTOW refuse toute forme d'engagement formel ou symbolique avec l'autre sexe quand cet engagement présente un danger potentiel ou à haut risque pour leur bien-être, leur propre autonomie et la préservation de leurs ressources socioéconomiques personnelles. Le MGTOW prend pour justification les dérives idéologiques contemporaines à l'encontre des hommes qui sont en relation avec une femme : féminisation incontrôlée de la société et des législations ; violences conjugales et abus divers de la part de la femme encouragés par le tabou et sa déresponsabilisation ; diabolisation et partis pris à l'encontre de l'homme ; systèmes en défaveur de l'homme en cas de conflit ; paternité imposée ou frauduleuse ; augmentation des séparations et divorces dont les conditions de partage des biens sont jugées iniques pour l'homme dans la majorité des cas ; contexte d'impunité ou de complaisance encourageant fortement les fausses accusations de la part de la femme et leurs conséquences socioprofessionnelles et psychologiques irrémédiables sur l'homme même après reconnaissance de son innocence....

Hommes herbivores[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hommes herbivores.

Selon Roselina Salemi, journaliste de La Repubblica, le concept japonais des « hommes herbivores » est un sous‑ensemble de MGTOW[14] (bien que son apparition soit chronologiquement antérieure à l'apparition effective du phénomène MGTOW tel qu'il est conceptualisé dans le reste du monde, ses premières mentions dans les grands médias japonais remontant à au moins octobre 2006 — dénommé simplement « herbivore » dans un premier temps par le chroniqueur et rédacteur en chef Fukasawa Maki, puis complété par « homme herbivore » dans le numéro du 5 avril 2008 de la publication du périodique féminin japonais non-no par la Shueisha).

Mack Lamoureux voit les hommes herbivores comme une conséquence des conditions socio‑économiques au Japon et le mouvement MGTOW comme un choix idéologique[13]. Dans un article pour le DELFI, les MGTOW sont décrits comme une réaction contre les lois féministes occidentales tandis que les hommes herbivores sont une réponse contre les rôles traditionnels au Japon, y compris celui du salaryman[15].

Dans les deux cas, il y a corrélation avec une baisse du taux de natalité.

Critique[modifier | modifier le code]

Critique des masculinistes[modifier | modifier le code]

La communauté de la séduction critique sur un même plan que les incels (« célibataires involontaires ») l'approche MGTOW, comme étant défaitiste : d'après certains d'entre eux, MGTOW serait « devenu un club des cœurs brisés pour ceux qui refusent d'assumer leurs rôles d'hommes »[13].

En désaccord avec les séducteurs, qui considèrent généralement le jeu de la séduction, des rapports sentimentaux et sexuels avec les femmes comme un jeu dont « l'homme doit apprendre les règles pour gagner », la plupart des MGTOW les considèrent (dans le contexte socioéconomique contemporain) comme un « jeu truqué dès le départ en défaveur des hommes » et duquel ils choisissent donc volontairement de « se retirer ».

De plus, à la différence de l'incel pour qui l'absence de femme dans sa vie sentimentale est subie et souvent mal vécue, le MGTOW choisit délibérément et (sereinement)[réf. nécessaire] de ne pas inclure la femme dans ses projets de vie ni au centre de ses désirs, ne la considérant pas (ou plus) comme un élément important, indispensable ou nécessaire à son bonheur personnel. Cette décision découlant d'une prise de conscience, est réfléchie et très souvent motivée par ses connaissances et expériences personnelles.

Bien qu'il partage en théorie des désaccords avec les mouvances masculinistes, de fait le MGTOW n'est pas militant et ne se place en opposition avec aucun d'entre eux, sa démarche demeurant par définition personnelle et philosophique.

Critiques externes à la manosphère[modifier | modifier le code]

Certains médias désignent l'ensemble des MGTOW comme complotiste[16], misogyne[17] et haineux[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « MGTOW France », sur Hommes en mouvement - Condition masculine - masculin, masculinité, masculinisme, virilité, paternité (consulté le 8 avril 2019)
  2. « MGTOW Logo », sur https://www.flickr.com, Peter Wright, (consulté le 8 avril 2019)
  3. Thumos Andreia, « MGTOW France », sur hommes-en-mouvement.info (consulté le 8 avril 2019) : « MGTOW est « mouvement » ou un « phénomène » social et apolitique. »
  4. Bon Pote, « Le mouvement MGTOW : Men Going Their Own Way », sur Bon Pote, (consulté le 8 avril 2019) : « Avant toute chose, ce mouvement a le mérite d’être apolitique : aucun homme politique s’est vanté d’être affilié à ce mouvement. »
  5. (en) « MGTOW », sur mgtow.com (consulté le 8 avril 2019) : « MGTOW is not a “movement”. It’s an individual lifestyle choice. »
  6. (en-US) « The Manosphere | MGTOW » (consulté le 8 avril 2019)
  7. (en) « MGTOW »
  8. (en) « Frequently Asked Questions », sur mgtow.com (consulté le 8 avril 2019) : « We won’t pretend to tell you that you should do anything. The rest of the world is far too busy falling over themselves to dictate what a “real man” should do, say and think . . . but that’s not our style. MGTOW are very keenly aware of words, commandments, and phrasing like “should”, “you must”, “we need to”, and it doesn’t digest very well. »
  9. (en) « MGTOW », sur mgtow.com (consulté le 8 avril 2019) : « MGTOW - Men Going Their Own Way - is a statement of self-ownership, where the modern man preserves and protects his own sovereignty above all else. »
  10. (en) Martin Daubney, « Meet the men giving up on women », sur www.thesundaytimes.co.uk, (consulté le 30 décembre 2015) : « As a result of these views, such men are making what they see as logical, factual and cost-benefit-based decisions about women, dating and sex – and their brutally stark conclusion is that it's simply not worth the risk, expense or effort. ».
  11. (en) Kay Hymowitz, « Why Are Men So Angry? », sur The Daily Beast, (consulté le 30 décembre 2015).
  12. (en) Dylan Love, « Inside Red Pill, The Weird New Cult For Men Who Don't Understand Women », Business Insider,‎ (lire en ligne) :
    « A fully-realized MGTOW (there are levels to it) is someone who shuns all relationships with women, short-term, long-term, romantic, and otherwise. He eventually shuns society as a whole »
  13. a b c et d Mack Lamoureux, « Le groupe d’antiféministes qui a banni les femmes de sa vie », Vice Magazine,‎ (lire en ligne).
  14. (it) « Finalmente soli », La Repubblica,‎ (lire en ligne) :

    « "Dentro c'è di tutto: “erbivori” (nel senso di per nulla carnali) stile giapponese, ..." (Translated: "Among [the MGTOW] there are all sorts of things: "herbivores" (meaning: no carnal relations) of the Japanese type, ..." »

  15. (lt) « Moterų minčių apie "tikrus vyrus" forumuose prisiskaitęs vaikinas: vyrai, susimąstykite », DELFI,‎ (lire en ligne).
  16. MGTOW, ces hommes qui détestent les femmes, 20 minutes, 28 juin 2017
  17. (en) Justin Caffier, Here Are Reddit’s Whiniest, Most Low-Key Toxic Subreddits, Vice, 12 septembre 2017
  18. Aude Lorriaux, Les MGTOW ou la haine des femmes poussée à son comble, Slate, 29 Septembre 2016

Lien externe[modifier | modifier le code]