M96

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M96
Image illustrative de l’article M96
La galaxie spirale barrée NGC 3368.
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Lion
Ascension droite (α) 10h 46m 45,7s[1]
Déclinaison (δ) 11° 49′ 12″ [1]
Distance 12,5 ± 0,9 Mpc (∼40,8 millions d'a.l.)[2]
Magnitude apparente (V) 9,3 [3]
10,1 dans la Bande B [3]
Brillance de surface 13,2 mag/as2[3]
Dimensions apparentes (V) 7,8 × 5,2[3]
Décalage vers le rouge 0,002992 ± 0,000013
Angle de position 176°[3]
Vitesse radiale 897 ± 4 km/s[4]

Localisation dans la constellation : Lion

(Voir situation dans la constellation : Lion)
Leo IAU.svg
Caractéristiques physiques
Type d'objet Galaxie spirale barrée
Type de galaxie SAB(rs)ab[1] SBab[3],[5],[6]
Dimensions 93 000 a.l.[7]
Découverte
Découvreur(s) Pierre Méchain[5]
Date 20 mars 1781[5]
Désignation(s) M 96
PGC 32192
UGC 5882
MCG 2-28-6
ZWG 66.13
IRAS10441+1205 [3]
Liste des galaxies spirales barrées

M96 (NGC 3368) est une galaxie spirale barrée relativement rapprochée et située dans la constellation du Lion à environ 41 millions d'années-lumière de la Voie lactée. Elle a été découverte par l'astronome français Pierre Méchain le 20 mars 1781. Charles Messier a observé cette galaxie 4 jours plus tard, le 24 mars 1781, et il l'a inscrite à son catalogue[5].

La classe de luminosité de M96 est I-II et elle présente une large raie HI. C'est une galaxie LINER, c'est-à-dire une galaxie dont le noyau présente un spectre d'émission caractérisé par de larges raies d'atomes faiblement ionisés.[1] Enfin, M96 est une galaxie active de type Seyfert[1].

Plus de soixante dix mesures non basées sur le décalage vers le rouge (redshift) donnent une distance de 10,852 ± 1,478 Mpc (∼35,4 millions d'a.l.) [8], ce qui est à l'intérieur des distances calculées en employant la valeur du décalage [2].

Le groupe de M96[modifier | modifier le code]

La galaxie M96 est la galaxie la plus brillante d'un groupe de galaxies qui porte son nom. Le groupe de M96 (NGC 3368), aussi appelé par certains groupe du Lion I, contient au moins 12 galaxies dont NGC 3299, M95 (NGC 3351), NGC 3377, M105 (NGC 3379), NGC 3384, NGC 3412 et NGC 3489.[9] Le groupe de M96 est en réalité l'un des deux sous-groupes du groupe du Lion I. L'autre sous-groupe est le triplet du Lion constitué des galaxies M65 (NGC 3623), M66 (NGC 3627) et NGC 3628.[10] Le groupe du Lion I est l'un des nombreux groupes du superamas de la Vierge.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les photos prises par le télescope spatial Hubble et par le VLT montrent la présence d'une courte barre au centre de la galaxie et la présence de deux bras spiraux, mais la base de données NASA/IPAC la classifie comme une spirale intermédiaire. Toutes les autres sources consultées classent M96 comme une spirale barrée.

Avec une valeur de 12,5 Mpc (basée sur le décalage vers le rouge) comme distance et une dimension apparente de 7,8[3], la plus grande dimension de M96 dépasse les 90 000 années-lumière, presque la même taille que la Voie lactée. M96 est une galaxie très asymétrique avec des régions de poussière et de gaz réparties très inégalement dans ses bras. De plus, son noyau n'est pas situé exactement au centre de la galaxie. Ses bras sont aussi asymétriques. On pense qu'ils ont subit l'influence gravitationnelle des autres galaxies du groupe de M96.

M96 est une galaxie active de type Seyfert.[1] Une étude parue en 2002 indique qu'il s'agit du type Seyfert 1.[11]

Trou noir supermassif[modifier | modifier le code]

Le noyau de M96 présente une activité de type LINER.[1] Une étude sur la variation d'intensité du rayonnement ultraviolet émis par la bulbe de M96 suggère la présence d'un trou noir supermassif en son centre. La détermination de la masse de ce trou noir présente cepedant une grande incertitude avec des valeurs allant de 1,5 x 106 à 4,8 x 107.

Supernova SN 1998bu[modifier | modifier le code]

Une supernova thermonucléaire (type Ia) a été découverte le 9 mai 1998 dans M96[12],[13].

L'intensité maximale dans la bande B de la supernova a été atteinte le 21 mai. Les observations dans le domaine du proche infrarouge ont montré directement la présence des radiations de la désintégration radioactive du 56Co et du 56Fe. Les émissions observées dans l'infrarouge du Fe II ont montré que l'explosion avait éjecté une masse de fer équivalent à 0,4 masse solaire[14].

Étant donné la proximité de cette galaxie et les nombreuses mesures de sa distance par diverses méthodes[8], l'étude de cette supernova a aussi servi à déterminer à l'époque un intervalle de valeurs de la constante de Hubble.[15] L'étude mentionne un intervalle allant de 58 à 72 km/s/Mpc. Cette constante n'est toujours pas déterminée avec une grande précision. Dans le calcul des distances basées sur le décalage vers le rouge, on emploie souvent une valeur de 70 ± 5 km/s/Mpc. La section Valeur et interprétation de la constante de Hubble de l'article Constante de Hubble présente un historique intéressant des meusres de cette constante.

L'anneau du Lion[modifier | modifier le code]

L'anneau du Lion autour de M96 et NGC 3384.

L'anneau du Lion es un immense nuage gazeux intergalactique d'hydrogène et d'hélium en orbite autour de deux galaxies, M96 et NGC 3384. L'anneau a été découvert en 1983 par des radioastronomes. La taille de cet anneau est d'environ 650 000 années-lumière[16].

En se basant sur des observations faites par GALEX dans le domaine de l'ultraviolet, les astronomes ont émis l'hypothèse que l'anneau était constitué de gaz primordial en train de former une galaxie.[16] En 2010, on a cependant déterminé que ce gaz n'était pas d'origine primordial, mais qu'il venait plutôt d'une collision entre M96 et NGC 3384.[17] Cette collision se serait produite il y a plus d'un milliard d'années[18].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f et g (en) « NASA/IPAC Extragalactic Database », Resultats pour NGC 3368 (consulté le 16 septembre 2019)
  2. a et b On obtient la distance qui nous sépare d'une galaxie à l'aide de la loi de Hubble : v = Hod, où Ho est la constante de Hubble (70±5 (km/s)/Mpc) . L'incertitude relative Δd/d sur la distance est égale à la somme des incertitudes relatives de la vitesse et de Ho.
  3. a b c d e f g et h (en) « Revised NGC and IC Catalog by Wolfgang Steinicke » (consulté le 16 septembre 2019)
  4. On obtient la vitesse de récession d'une galaxie à l'aide de l'équation v = z×c, où z est le décalage vers le rouge (redshift) et c la vitesse de la lumière. L'incertitude relative de la vitesse Δv/v est égale à celle de z étant donné la grande précision de c.
  5. a b c et d (en) « Site du professeur C. Seligman » (consulté le 16 septembre 2019)
  6. (en) « NGC 3368 sur HyperLeda » (consulté le 16 septembre 2019)
  7. On obtient le diamètre d'une galaxie par le produit de la distance qui nous en sépare et de l'angle, exprimé en radian, de sa plus grande dimension.
  8. a et b « Your NED Search Results », sur ned.ipac.caltech.edu (consulté le 16 septembre 2019)
  9. A.M. Garcia, « General study of group membership. II - Determination of nearby groups », Astronomy and Astrophysics Supplement Series, vol. 100 #1,‎ , p. 47-90 (Bibcode 1993A&AS..100...47G)
  10. (en) « L'univers jusqu'à 100 millions d'années lumière, Le Superamas de la Vierge » (consulté le 16 septembre 2019)
  11. J.E. Smith, S. Young, A. Robinson, E.A. Corbett, M.E. giannuzzo, D.J. Axon et J.H. Hough, « A spectropolarimetric atlas of Seyfert 1 galaxies », Monthly Notices of the Royal Astronomical Society, vol. 335#3,‎ , p. 773-798 (DOI 10.1046/j.1365-8711.2002.05665.x, lire en ligne)
  12. (en) « Transient Name Server, SN 1998bu » (consulté le 16 septembre 2019)
  13. P Meikle et M. Hernandez, « Infrared and optical study of the type Ia SN 1998bu in M96. », Memorie della Societa Astronomica Italiana, vol. 71,‎ , p. 299-306 (Bibcode 2000MmSAI..71..299M, lire en ligne)
  14. J. Spyromilio, R. Gilmozzi, J. Sollerman, B. Leibundgut, C. Fransson et J.-G. Cuby, « Optical and near infrared observations of SN 1998bu », Astronomy and Astrophysics, vol. 426,‎ , p. 547-553 (DOI 10.1051/0004-6361:20040570, Bibcode 2004A&A...426..547S, lire en ligne)
  15. S. Jha, Garnavich Monson et et al. P., « The Type Ia Supernova 1998bu in M96 and the Hubble Constant », The Astrophisical Journal, vol. 125#1,‎ , p. 73-125 (DOI 10.1086/313275, lire en ligne)
  16. a et b (en) « New stars from old gas surprise astronomers » (consulté le 16 septembre 2019)
  17. Leo Michel-Dansac, Pierre-Alain Duc, Frederic Bournaud, Jean-Charles Cuillandre, Eric Emsellem, Tom Oosterloo, Raffaella Morganti, Paolo Serra et Rodrigo Ibata, « A collisional origin for the Leo ring », The Astrophysical Journal Letters, vol. 717#2,‎ , p. L143-L148 (DOI 10.1088/2041-8205/717/2/L143, lire en ligne)
  18. (en) « The mysterious Leo giant gas ring explained by a billion year old collision between two galaxies » (consulté le 16 septembre 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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