M91

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M91
Image illustrative de l’article M91
La galaxie spirale barrée M91
Données d’observation
(Époque J2000.0)
Constellation Chevelure de Bérénice
Ascension droite (α) 12h 35m 26,4s[1]
Déclinaison (δ) 14° 29′ 47″ [1]
Magnitude apparente (V) 10,2[2]
11,0 dans la Bande B [2]
Brillance de surface 13,55 mag/am2[3]
Dimensions apparentes (V) 5,2 × 4,2[2]
Décalage vers le rouge 0,001621 ± 0,000013[1]
Angle de position 150°[2]

Localisation dans la constellation : Chevelure de Bérénice

(Voir situation dans la constellation : Chevelure de Bérénice)
Coma Berenices IAU.svg
Astrométrie
Vitesse radiale 486 ± 4 km/s [4]
Distance 6,79 ± 0,52 Mpc (∼22,1 millions d'a.l.)[5]
Caractéristiques physiques
Type d'objet Galaxie spirale barrée
Type de galaxie SB(rs)b[1],[6] SBb[2] SBb/R[7]
Dimensions 78 000 a.l.[8]
Découverte
Découvreur(s) Charles Messier[6]
Date [6]
Désignation(s) NGC 4548
PGC 41934
UGC 7753
MCG 3-32-75
CGCG 99-96
VCC 1615
IRAS 12328+1446 [2]
Liste des galaxies spirales barrées

M91 (NGC 4548) est galaxie spirale barrée située dans la constellation de la Chevelure de Bérénice à une distance d'environ 52 millions d'années-lumière de la Voie lactée. Elle a été découverte par l'astronome français Charles Messier en 1781.

NGC 4548 a été utilisé par Gérard de Vaucouleurs comme une galaxie de type morphologique SB(rs)b dans son atlas des galaxies[9],[10].

La classe de luminosité de M91 est II et elle présente une large raie HI. C'est une aussi galaxie LINER, c'est-à-dire une galaxie dont le noyau présente un spectre d'émission caractérisé par de larges raies d'atomes faiblement ionisés. De plus, c'est une galaxie active de type Seyfert[1].

M91 est également considéré comme une galaxie anémique[11] en raison de sa faible quantité d'd'hydrogène neutre et son faible taux de formation d'étoiles, caractéristiques qui lui confère un constraste faible entre ses bras spiraux et son disque.

M91 (NGC 4548) faisait partie des galaxies étudiées lors du relevé de l'hydrogène neutre de l'amas de la Vierge par le Very Large Array. Les résultats de cette étude sont sur cette page du site du VLA[12].

Découverte de M91[modifier | modifier le code]

M91 a été découverte par Charles Messier le , mais la position qu'il a rapportée dans son catalogue était erronée. Elle a été donc redécouverte indépendamment par William Herschel le . En fait, pour déterminer la position de M91, Messier s'était basé sur celle de M89, en pensant qu'il s'agissait de M58. M91 a donc fait partie des objets manquants du catalogue Messier jusqu'à ce que l'astronome amateur américain William C. Willaims comprenne en 1969 l'erreur faite par Messier[13].

Distance et mouvement de M91[modifier | modifier le code]

Plus d'une quarantaine de mesures non basées sur le décalage vers le rouge (redshift) donnent une distance de 15,852 ± 2,417 Mpc (∼51,7 millions d'a.l.)[5], ce qui est nettement à l'extérieur des distances calculées en employant la valeur du décalage qui donne ici une valeur de 6,79 ± 0,52 Mpc (∼22,1 millions d'a.l.)[14].

Cette galaxie, comme plusieurs de l'amas de la Vierge, est relativement rapprochée du Groupe local et on obtient souvent une distance très différente en se basant sur le décalage. Cela est sans doute dû à la faible gravité exercée par le Groupe local ou par l'amas de la Vierge lui-même, certaines galaxies se dirigeant vers le centre de l'amas, qui contrebalance l'expansion de l'Univers et qui rend ainsi la loi de Hubble moins applicable. Selon ces deux mesures, M91 lactée se dirige vers le centre de l'amas en direction de la Voie lactée. La distance de 15,852 Mpc est sans doute plus près de la réalité. À cette distance, la taille maximale de la galaxie est de 78 kal.

Trou noir supermassif[modifier | modifier le code]

Selon une étude publiée en 2009 et basée sur la vitesse interne de la galaxie mesurée par le télescope spatial Hubble, la masse du trou noir supermassif au centre de M91 serait comprise entre 9,6 et 38 millions de .[15]

Groupe de M60 et l'amas de la Vierge[modifier | modifier le code]

M91 (NGC 4548) apparait dans une liste de 227 galaxies d'un article publié par Abraham Mahtessian[16]. Cette liste comporte plus de 200 galaxies du New General Catalogue et une quinzaine de galaxies de l'Index Catalogue. On retrouve dans cette liste 11 galaxies du Catalogue de Messier, soit M49, M58, M60, M61, M84, M85, M87, M88, M91, M99 et M100.

Toutes les galaxies de la liste de Mahtessian ne constituent pas réellement un groupe de galaxies. Ce sont plutôt plusieurs groupes de galaxies qui font tous partie d'un amas galactique, l'amas de la Vierge. Pour éviter la confusion avec l'amas de la Vierge, on peut donner le nom de groupe de M60 à cet ensemble de galaxies, car c'est l'une des plus brillantes de la liste. L'amas de la Vierge est en effet beaucoup plus vaste et compterait environ 1300 galaxies, et possiblement plus de 2000[17], situées au coeur du superamas de la Vierge, dont fait partie le Groupe local[18],[19].

De nombreuses galaxies de la liste de Mahtessian se retrouvent dans onze groupes décrits dans un article d'A.M. Garcia [20], soit le groupe de NGC 4123 (7 galaxies), le groupe de NGC 4261 (13 galaxies), le groupe de NGC 4235 (29 galaxies), le groupe de M88 (13 galaxies, M88 = NGC 4501), le groupe de NGC 4461 (9 galaxies), le groupe de M61 (32 galaxies, M61 = NGC 4303), le groupe de NGC 4442 (13 galaxies), le groupe de M87 (96 galaxies, M87 = NGC 4486), le groupe de M49 (127 galaxies, M49 = NGC 4472), le groupe de NGC 4535 (14 galaxies) et le groupe de NGC 4753 (15 galaxies). Ces onze groupes font partie de l'amas de la Vierge et ils renferment 396 galaxies. Certaines galaxies de la liste de Mahtessian ne figurent cependant dans aucun des groupes de Garcia et vice versa.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en) « NASA/IPAC Extragalactic Database », Resultats pour NGC 4548 (consulté le 27 août 2020)
  2. a b c d e et f « Les données de «Revised NGC and IC Catalog by Wolfgang Steinicke» sur le site ProfWeb, NGC 4500 à 4599 »
  3. La brillance de surface (S) se calcule à partir de la magnitude apparente (m) et de la surface de la galaxie selon l'équation
  4. On obtient la vitesse de récession d'une galaxie à l'aide de l'équation v = z×c, où z est le décalage vers le rouge (redshift) et c la vitesse de la lumière. L'incertitude relative de la vitesse Δv/v est égale à celle de z étant donné la grande précision de c.
  5. a et b « Your NED Search Results », sur ned.ipac.caltech.edu (consulté le 27 août 2020)
  6. a b et c (en) « Site du professeur C. Seligman » (consulté le 27 août 2020)
  7. (en) « NGC 4548 sur HyperLeda » (consulté le 27 août 2020)
  8. On obtient le diamètre d'une galaxie par le produit de la distance qui nous en sépare et de l'angle, exprimé en radian, de sa plus grande dimension.
  9. Atlas des galaxies de Vaucouleurs sur le site du professeur Seligman, NGC 4548
  10. (en) « The Galaxy Morphology Website, NGC 4548 » (consulté le 21 septembre 2020)
  11. B. Vollmer, V. Cayatte, A. Boselli, C. Balkowski et W. J. Duschl, « Kinematics of the anemic cluster galaxy NGC 4548. Is stripping still active? », Astronomy and Astrophysics, vol. 349,‎ , p. 411-423 (Bibcode 1999A&A...349..411V, lire en ligne)
  12. (en) « VLA Imaging of Virgo in Atomic Gas, NGC 4548 » (consulté le 31 août 2020)
  13. (en) « Messier 91 » (consulté le 27 août 2020)
  14. On obtient la distance qui nous sépare d'une galaxie à l'aide de la loi de Hubble : v = Hod, où Ho est la constante de Hubble (70±5 (km/s)/Mpc) . L'incertitude relative Δd/d sur la distance est égale à la somme des incertitudes relatives de la vitesse et de Ho
  15. A. Beifiori, M. Sarzi, E.M. Corsini, E. Dalla Bontà, A. Pizzella, L. Coccato et F. Bertola, « UPPER LIMITS ON THE MASSES OF 105 SUPERMASSIVE BLACK HOLES FROM HUBBLE SPACE TELESCOPE/SPACE TELESCOPE IMAGING SPECTROGRAPH ARCHIVAL DATA », The Astrophysical Journal, vol. 692#1,‎ , p. 856-868 (DOI 10.1088/0004-637X/692/1/856, lire en ligne)
  16. Abraham Mahtessian, « Groups of galaxies. III. Some empirical characteristics », Astrophysics, vol. 41 #3,‎ , p. 308-321 (DOI 10.1007/BF03036100, lire en ligne, consulté le 21 septembre 2018)
  17. (en) « Cosmos, Virgo Cluster » (consulté le 22 avril 2020)
  18. (en) P. Fouque, E. Gourgoulhon, P. Chamaraux, G. Paturel, « Groups of galaxies within 80 Mpc. II - The catalogue of groups and group members », Astronomy and Astrophysics Supplement, vol. 93,‎ , p. 211-233 (Bibcode 1992A&AS...93..211F, lire en ligne)
  19. (en) Tully, R.B., « The Local Supercluster », Astrophysical Journal, vol. 257,‎ , p. 389-422 (DOI 10.1086/159999, Bibcode 1982ApJ...257..389T, lire en ligne)
  20. A.M. Garcia, « General study of group membership. II - Determination of nearby groups », Astronomy and Astrophysics Supplement Series, vol. 100 #1,‎ , p. 47-90 (Bibcode 1993A&AS..100...47G)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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