Métropole de Belgrade

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Métropole de Belgrade
Image illustrative de l’article Métropole de Belgrade
La cathédrale Saint-Michel de Belgrade.
Pays Drapeau de la principauté de Serbie Principauté de Serbie
Drapeau du royaume de Serbie Royaume de Serbie
Église Orthodoxe serbe
Rite liturgique Orthodoxe
Type de juridiction Métropole
Création 1831
Suppression 1920
Siège Belgrade
Langue(s) liturgique(s) Slavon d'église
Serbe
Calendrier Julien
Image illustrative de l’article Métropole de Belgrade
Localisation du diocèse

La métropole de Belgrade (en serbe cyrillique : Београдска митрополија ; en serbe latin Beogradska mitropolija) était une métropole de l'Église orthodoxe serbe.

La métropole a existé entre 1831 et 1920 et elle étendait sa juridiction ecclésiastique sur le territoire de la Principauté de Serbie puis du Royaume de Serbie. Elle a été formée en 1831, quand le Patriarcat œcuménique de Constantinople a accordé son autonomie à l'Église de la Principauté[1]. Son territoire s'est étendu et elle est devenue autocéphale en 1879[2],[3],[4]. La métropole de Belgrade a perduré jusqu'en 1920 ; cette année-là, elle a fusionné avec le Patriarcat de Karlovci et quelques autres provinces ecclésiastiques serbes pour constituer l'Église orthodoxe serbe unie[5].

Le siège de la métropole était Belgrade, en Serbie et les primats qui étaient à sa tête portaient le titre d'« Archevêque de Belgrade et métropolite de Serbie »[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

Des négociations menées en 1831 entre la Principauté de Serbie et le Patriarcat œcuménique de Constantinople ont abouti à la décision canonique de créer la métropole autonome de Belgrade, en tant que province ecclésiastique pour l'ensemble du territoire de la Principauté de Serbie[7]. L'ancien archimandrite Melentije Pavlović a été désigné comme le premier chef de cette circonscription et il a reçu le titre d'« archevêque de Belgrade et métropolite de Serbie ». Pendant les offices, le métropolite a continué à mentionner le patriarche de Constantinople et le métropolite de tous les évêques de Serbie.

En 1879, la métropole de Belgrade est devenue une entité ecclésiastique complètement indépendante (autocéphale) grâce à une autre décision canonique[2],[3],[4]. À cette époque, l'éparchie de Niš est devenue une partie de la métropole de Belgrade[8].

En contradiction avec la position du Saint-Synode des évêques et en dépit des besoins de l'Église orthodoxe dans le Royaume de Serbie, le gouvernement de Milutin Garašanin, en 1886, a réalisé l'abolition de deux éparchies orthodoxes serbes, l'éparchie de Šabac et l'éparchie de Negotin. Le principal instigateur de l'abolition était Milan Kujundžić Aberdar, alors ministre de l'Éducation et des Affaires de l'Église. Immédiatement après la chute des gouvernements de Garašanin et Kujundžić, à l'automne 1887, le Saint-Synode des évêques a demandé que ces éparchies soient restaurées, mais cette restauration n'a eu lieu qu'en 1891 et 1898[9].

Après les guerres balkaniques (1912-1913), des négociations ont été engagées avec le Patriarcat de Constantinople sur l'annexion à la métropole de Belgrade des éparchies situées dans les zones libérées, mais les négociations initiales ont été entravées par le déclenchement de la Première Guerre mondiale et ne se sont poursuivies qu'après 1918 ; elles ne se sont terminées avec succès qu'en 1920, avec la création de l'Église orthodoxe serbe unie.

Organisation[modifier | modifier le code]

Les éparchies de Belgrade, d'Užice et de Šabac faisaient partie de la métropole de Belgrade, puis l'éparchie du Timok, et, après l'indépendance de la Serbie en 1878, l'éparchie de Niš. Au XXe siècle, la métropole comptait les éparchies suivantes : éparchie de Belgrade (siège à Belgrade), éparchie de Šabac (siège à Šabac), éparchie de Žiča (siège à Čačak), éparchie de Niš (siège à Niš) et éparchie du Timok (siège à Zaječar). L'évêque de Belgrade était l'archevêque et métropolite de Serbie.

Après les guerres balkaniques (1912-1913), les éparchies des régions libérées ont également été placées sous l'administration temporaire de la métropole de Belgrade : éparchie de Ras-Prizren, éparchie de Skopje, éparchie de Vélès-Debar, ainsi que de plus petites parties d'autres éparchies du patriarcat de Constantinople.

Le Conseil des évêques (en serbe : Arhijerejski sabor) était la plus haute autorité ecclésiale du Royaume de Serbie. Son président était le métropolite et ses membres étaient tous des évêques diocésains. Le conseil se réunissait une fois par an au printemps ou à l'automne. Les séances étaient généralement suivies par le Commissaire aux Affaires de l'Église du ministère de l'Éducation ; puis elles l'ont été par le chef du ministère des Cultes. En plus des affaires religieuses, spirituelles-disciplinaires, liturgiques et religieuses, le champ d'exercice du Conseil des évêques comprenait l'élection des évêques, l'organisation des éparchies, des paroisses et des monastères et la gestion des fonds de l'Église ; il tentait de peser sur l'adoption des lois et des règlements de l'État concernant l'Église et le clergé. En outre, en tant qu'autorité judiciaire ecclésiale, le Conseil jugeait et débattait de tous les différends entre évêques et métropolites, ainsi que de leur culpabilité et des différends conjugaux entre le roi et les membres de la Maison royale.

Un tribunal spirituel (en serbe : duhovni sud), ou consistoire (konzistorija), existait dans chaque éparchie en tant qu'autorité judiciaire et administrative permanente. Son président était un archiprêtre et il était composé d'au moins deux juges réguliers et de plusieurs juges honoraires, prêtres et moines. Ils étaient nommés par le roi sur proposition de l'évêque et du ministre des Cultes. La Grande cour spirituelle (Veliki duhovni sud) était l'autorité d'appel contre les décisions des tribunaux spirituels. Son siège était à Belgrade et son président était un évêque, élu par le Conseil des évêques pour un an ; les membres étaient généralement un archiprêtre de district ou un archimandrite de chaque éparchie, et le secrétaire était le commissaire aux Affaires de l'Église du ministère de l'Éducation. Les membres de cette Grande cour étaient nommés par le roi[10].

Éparchies[modifier | modifier le code]

La métropole incluait les éparchies suivantes :

Eparchy Seat Notes
Éparchie de Belgrade Belgrade Aujourd'hui Archevêché de Belgrade-Karlovci.
Éparchie de Žiča Čačak Éparchie d'Užice jusqu'au . Aujourd'hui siège à Kraljevo.
Éparchie de Šabac Šabac Partie de l'Éparchie de Belgrade de 1886 à 1898.
Éparchie du Timok Zaječar Formée après 1833. Partie de l'Éparchie de Niš de 1886 à 1891.
Éparchie de Niš Niš Ajointe à la métropole en 1879. Éparchie de Nišava (avec siège à Pirot) abolie et intégrée dans l'Éparchie de Niš le .
Éparchie de Ras-Prizren Prizren Sous administration à partir de 1912.
Éparchie de Skopje Skopje Sous administration à partir de 1912.
Éparchie de Debar et Kičevo Kičevo Sous administration à partir de 1912.

Métropolites, 1831–1920[modifier | modifier le code]

no . Primat Portrait Nom Règne Titre Notes
1 Melentije
Мелентије
Melenthius
Georgije Bakalović - Mitropolit Melentije Pavlović, 1839. Narodni muzej u Beogradu.jpg Melentije Pavlović
Мелентије Павловић
1831–1833 Archevêque de Belgrade et Métropolite de Serbie Premier métropolite serbe de Belgrade
2 Petar
Петар
Pierre
Митрополит Петр (Йованович).jpg Pavle Jovanović
Павле Јовановић
1833–1859 Archevêque de Belgrade et Métropolite de Serbie
3 Mihailo
Михаило
Michel
Михаил (Йованович).jpg Miloje Jovanović
Милоје Јовановић
1859–1881 Archevêque de Belgrade et Métropolite de Serbie Premier mandat
Mojsije
Мојсије
Moïse
No image.png Maksim Veresić
Максим Вересић
1881–1883 Administrateur de la Métropole de Belgrade Nommé par le cabinet de Milan Piroćanac
4 Teodosije
Теодосије
Théodose
ArzobispoTeododosioDeSerbia--belgradewhitecit00amesrich.jpg Teodor Mraović
Теодор Мраовић
1883–1889 Archevêque de Belgrade et Métropolite de Serbie
(3) Mihailo
Михаило
Michel
Михаил (Йованович).jpg Miloje Jovanović
Милоје Јовановић
1889–1898 Archevêque de Belgrade et Métropolite de Serbie Second mandat
5 Inokentije
Инокентије
Innocent
ArzobispoInocencioDeSerbia--belgradewhitecit00amesrich.jpg Jakov Pavlović
Јаков Павловић
1898–1905 Archevêque de Belgrade et Métropolite de Serbie
6 Dimitrije
Димитрије
Dimitri
Димитрије (Павловић).jpg Dimitrije Pavlović
Димитрије Павловић
1905–1920 Archevêque de Belgrade et Métropolite de Serbie Élevé à la fonction de Patriarche

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Sima Ćirković, The Serbs, Blackwell Publishing, Malden, 2004, pp. 192-193
  2. a et b (en) Demetrius Kiminas, The Ecumenical Patriarchate: A History of Its Metropolitanates with Annotated Hierarch Catalogs, Wildside Press LLC, 2009, pp. 20-21
  3. a et b (de) Đoko Slijepčević, Mihailo, Metropolit von Serbien, in : Biographisches Lexikon zur Geschichte Südosteuropas, tome 3, Munich, 1979, pp. 194–196 Lire en ligne
  4. a et b (sr) Mihailo Vojvodić, « Kako je Srpska crkva dobila nezavisnost 1879. godine » [PDF], sur https://web.archive.org, Istorijski časopis vol. 50 sur Wayback Machine (consulté le 25 novembre 2020), p. 86-98
  5. (sr) Đoko Slijepčević, Istorija Srpske pravoslavne crkve, tome 2, Iskra, Munich, 1966, pp. 421-422
  6. Zbornik pravila, uredaba i naredaba Arhijerejskog sabora Pravoslavne srpske crkve u Kraljevini Srbiji, Arhijerejski sabor, Belgrade, 1900, p. 252
  7. (sr) Đoko Slijepčević, Istorija Srpske pravoslavne crkve, tome 2, Iskra, Munich, 1966, pp. 349-350
  8. (sr) Radoslav Grujić, Pravoslavna srpska crkva, Seconde partie : Savremena srpska crkva, Srpska crkva u Srbiji (Mitropolija beogradska), A) Prošlost, 2. Oslobođenje od fanariota
  9. (sr) Predrag Puzović, « Ukidanje Negotinske i Šabačke eparhije 1886. godine » [PDF], sur http://bogoslovlje.pbf.rs, Bogoslovlje - Revue de la Faculté de théologie orthodoxe de l'université de Belgrade, numéro 39 (1-2) (consulté le 27 novembre 2020), p. 143-158
  10. (sr) Radoslav Grujić, Pravoslavna srpska crkva, Seconde partie : Savremena srpska crkva, Srpska crkva u Srbiji (Mitropolija beogradska), B) Sadašnjost, 1. Uređenje

Bibliographie[modifier | modifier le code]