Métiers du Moyen Âge

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Scène de foire, miniature extraite d'un manuscrit du Chevalier errant de Thomas III de Saluces, atelier du Maître de la Cité des dames.
Cathédrale Notre-Dame de Chartres, vitrail du bas-côté Sud : transport d'un tonneau.

Les métiers du Moyen Âge nous sont connus par quelques textes, dont le Livre des métiers d'Étienne Boileau, et des ordonnances royales.

Les métiers sont généralement organisés en corporations, avec un saint patron propre à chacune. Les corporations se composent de maîtres et de compagnons.

À Paris, en 1292, 130 métiers sont répertoriés et organisés.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Le paysan[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Paysan.
Enluminure dans le Taccuinum Sanitatis, XIVe siècle.

On distingue deux sortes de paysans au Moyen Âge : les paysans libres et les serfs. Les serfs appartiennent au seigneur qui a tous les droits sur eux, lorsqu’un seigneur vend une partie de ses terres, les serfs sont vendus avec. Les paysans libres appelés vilains, par contre ne sont pas rattachés à la terre mais doivent travailler et payer des impôts au seigneurs.

Les paysans ne sont pas très riches, ils vivent dans des maisons en torchis(mélange de terre et de paille) ou en pierre; le plus souvent couvertes de chaume (paille). Ils n’ont souvent qu’une seule pièce, mal éclairée par de petites fenêtres sans vitres et fermées par des volets. Le sol est en terre battue, le mobilier est simple : lit garni d’une paillasse, quelques meubles.

L'activité de paysan est très difficile, leurs travaux sont effectués du lever du soleil jusqu’au coucher. Ils doivent faire de nombreux travaux et corvées pour leur seigneur. Leur vie est rythmée en fonction des saisons et des mois. Il y a le mois de la taille des vignes, du labour, du fauchage de l'herbe, des semailles, des vendanges… Pour travailler la terre, ils utilisaient l'araire : charrue de bois dépourvue de roues. Ensuite est arrivée la charrue, elle comporte 3 outils : le coutre (couteau qui coupe la terre), le soc (coupe horizontalement en profondeur) et le versoir (retourne la terre coupée sur le côté).

Le vigneron[modifier | modifier le code]

Le meunier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Moulin.
Moulin à eau de Braine-le-Château, datant du XIIe siècle.

Un meunier est une personne qui moud le blé à l’aide de moulin soit à eau, soit à vent pour en faire de la farine. Les graines sont écrasées entre les meules en pierre.

Parce qu’il produisait la farine, le meunier était un personnage important. Le pain étant la principale alimentation du Moyen Âge. Sans lui plusieurs autres métiers n’existeraient pas comme le boulanger ou le marchand.

Le meunier vit assez pauvrement, le travail est très rude. Même sous le soleil tapant, la neige, la pluie ou la grêle.[réf. nécessaire]

Au Moyen Âge, les moulins appartiennent au seigneur. Le meunier touche un salaire : « la mouture ». Il travaille souvent avec un apprenti et quelquefois avec un « chasse-pochée », qui va chercher le grain dans les fermes et livrer la mouture.

À partir du XIVe siècle, pour éviter au meunier de prendre trop d’importance, le métier de boulanger lui est interdit.

Le boulanger[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Boulanger.
Calendrier d'un livre d'heures : le mois de décembre, boulanger enfournant son pain, vers 1490-1500.

Un boulanger est une personne qui fabrique du pain. Le pain est la base de l'alimentation et chacun en consomme à peu près un kilogramme par jour.

Au départ, les boulangers devaient cuire leur pain au « four banal ». Le mot banal vient de l’impôt instauré par le seigneur : le « ban ». À la fin du XIIe siècle, ils ont eu l’autorisation de construire leur propre four.

L’arrivée des moulins a facilité le travail du boulanger, l’eau pouvait arriver directement au lieu de fabrication.

Le boucher[modifier | modifier le code]

Le pêcheur[modifier | modifier le code]

Le marchand de vin[modifier | modifier le code]

Marchand de vin, Tacuinum sanitatis.

Le cuisinier[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cuisine médiévale.

Marchands[modifier | modifier le code]

Un marchand, 1440.

Métaux[modifier | modifier le code]

Le forgeron[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Forgeron.

Le forgeron travaille le fer. Il chauffe son métal (bronze, cuivre ou argent) dans un brasier de charbon, puis à l’aide d'un marteau et d’une enclume il forme des objets.

Il y avait plusieurs spécialités de forgerons :

Le forgeron était souvent au centre des villages, alors que la plupart des autres métiers se trouvaient à l'extérieur[réf. souhaitée]. Il était rare que la forge appartienne au forgeron ; elle appartenait au seigneur qui en récupérait le bénéfice.

Étoffes et habillement[modifier | modifier le code]

Le tisserand[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tisserand (métier).
Scène de la vie quotidienne, vêtements de lin, Tacuinum sanitatis.

Le tisserand est un artisan qui fabrique des tissus. Il utilise pour cela un métier à tisser ou parfois des aiguilles. Ses matières premières sont le coton, la laine, le lin, le chanvre et la soie. Une fois que le fil est créé, il passe au foulage : il se fait tremper, piétiner dans l’eau pour améliorer sa qualité puis étirer, sécher et enfin, on le tend. Certains tisserands préfèrent travailler chez eux, d’autres en ville ou encore dans certains châteaux. Ils créent dans leurs ateliers de vêtements, des tapisseries et des draps. Beaucoup de tailleurs et de rois achètent leurs produits. Les tissus sont ensuite teintés chez un teinturier. Un tisserand doit commencer son travail après le lever du soleil sous peine d’une amende, il devait aussi payer des taxes.

Le drapier[modifier | modifier le code]

Le tailleur[modifier | modifier le code]

Le chausseur[modifier | modifier le code]

Bâtiment[modifier | modifier le code]

Construction d'un couvent, 1353, comprenant la visite de Sainte-Hedwige. Silésie, Pologne.

L'appareilleur[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Appareilleur.

Le maçon[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maçon.

Le tailleur de pierre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tailleur de pierre.

Le charpentier[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Charpentier.
Articles connexes : Charron (métier) et Couvreur.
Charpente de la grange de Meslay, ferme fortifiée du XIIIe siècle (1220).

Le travail de charpentier consiste à construire toutes sortes de choses en bois. Le bûcheron fournit le bois aux charpentiers. Le bois sert également à construire des toits, à les rénover ou faire de petites retouches. Le charpentier est un peu comme un menuisier. Les maîtres charpentiers du roi devaient, pour être admis, avoir travaillé quelque temps dans les ports et faire un chef-d’œuvre, qui consistait à la construction d’un gouvernail ou d’un cabestan (appareil autour duquel on enroule un câble pour tirer de lourdes charges).

Les principaux outils employés par le charpentier sont : les scies, la hache, les terrières et le vilebrequin qui sont certainement les premiers outils que possédait le charpentier. Pour percer des trous profonds, il employait de grandes mèches bien aiguisées.

Le menuisier[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Menuisier et Menuisier en sièges.

Le verrier[modifier | modifier le code]

Cuirs et peaux[modifier | modifier le code]

Pelletiers et fourreurs[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Pelletier et Fourrure.
Cathédrale de Chartres - Vitrail de l'Histoire de saint Jacques le Majeur - Fourreurs. Vitrail réalisé entre 1215 et 1240.

Orfèvrerie, joaillerie, sculpture[modifier | modifier le code]

L'orfèvre[modifier | modifier le code]

Article connexe : Orfèvrerie.
Saint Éloi, patron des orfèvres, dans un atelier. Illustration vers 1450.

Divers[modifier | modifier le code]

Le potier[modifier | modifier le code]

La nourrice[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nourrice.

Le chandelier[modifier | modifier le code]

Commerce de chandelles, Tacuinum sanitatis.

Fabricant et marchand de chandelles.

Enseignement et métiers intellectuels[modifier | modifier le code]

Carte des universités médiévales en Europe publiée en 1923.

Métiers du livre[modifier | modifier le code]

Psautier de Bonne de Luxembourg (vers 1348-1349). Les enluminures ont été faites par Jean Le Noir et sa fille Bourgot.
Jean Miélot au travail, seconde moitié du XVe siècle.

Dès le XIIIe siècle des artisans du livre trouvent leur place dans la ville de Paris. Il s'agit d'écrivains, de parcheminiers, d'enlumineurs, de relieurs et de libraires. Au XIVe siècle, ils sont liés à l'université de Paris, qui les a placés sous son contrôle en 1307 ; libraires, stationnaires et parcheminiers connaissent une influence forte sur leur métier de la part de l'université, influence moins forte pour les enlumineurs et relieurs. Cependant, ces deux siècles connaissent également un mouvement de laïcisation de ces métiers. Une organisation professionnelle se dessine entre eux et entre les artisans. La première association des membres des métiers du livre que nous connaissions date de 1401 ; elle est faite sous la forme de la confrérie de Saint-Jean-l’Évangéliste[1]. Certains liens familiaux existent entre les artisans : maris et femmes, pères et fils ou filles, frères ; et bien souvent les veuves reprennent le métier de leur mari. Certains artisans ont pratiqué plusieurs de ces métiers, d'autres étant spécialisés[1].

Sciences[modifier | modifier le code]

La sage-femme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sage-femme.

Le médecin, le chirurgien et l'apothicaire[modifier | modifier le code]

Une miresse, femme médecin du Moyen Âge. Manuscrit anglais du début du XVe siècle.

L'apothicaire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Antidotaire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Fianu Kouky, « Familles et solidarités dans les métiers du livre parisiens au XIVe siècle », Médiévales,‎ , p. 83-90 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Étienne Boileau, Le livre des métiers, éd. René de Lespinasse et François Bonnardot, Paris, Imprimerie nationale, 1879, 420 p. [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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