Méthode des 3i

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La méthode des 3i (pour intensive, individuelle et interactive) est une méthode de prise en charge de l'autisme par le jeu, créée en France en par Catherine de La Presle. Non reconnue par la Haute Autorité de santé (HAS), elle a fait l'objet de deux études jugées trop faibles pour constituer une preuve d'efficacité par cette même haute autorité de santé.

Histoire[modifier | modifier le code]

La méthode est créée en [1] par une famille française parente d'un enfant autiste, par opposition au paradigme psychanalytique jugé « culpabilisant », et par refus d'admission de l'enfant en hôpital de jour. Catherine de La Presle part se former au programme Son-Rise aux États-Unis dans le but de faire progresser son petit-fils, présenté depuis comme étant « sorti de l'autisme »[2].

L'expérience débouche sur la création en décembre 2005 de l’association Autisme Espoir vers l’École (AEVE), chargée de diffuser la méthode[1]. La méthode des 3i commence par une déscolarisation de l'enfant (jusqu'au moment où il acquiert un niveau de développement jugé suffisant pour permettre une une rescolarisation progressive). La méthode consiste en une prise en charge intensive (40 heures par semaine) qui fait appel à une large équipe de bénévoles, impliqué sur une longue durée — 2 à 4 ans avant la rescolarisation[3], qui animent les séances de jeu avec l'enfant.

Cette pratique fait partie de celles que l’absence de données sur leur efficacité, le caractère exclusif de leur application et leur absence de fondement théorique ont conduit les experts, professionnels et représentants d’usagers réunis par la Haute Autorité de santé (HAS) à ne pas recommander. Cette position est prise dans le rapport de la HAS de [4].

En , l'association AEVE revendique 50 psychologues et 200 personnes suivies[5].

En , Catherine de La Presle co-signe avec le président du RAAHP (une association psychanalytique du domaine de l'autisme) une tribune regrettant son exclusion du nouveau conseil national des troubles neuro-développementaux[6].

Efficacité[modifier | modifier le code]

D'après le site web de l'association AEVE, un suivi de 120 enfants pendant 2 ans démontrerait que 47 enfants sur 101 ont accédé à la compréhension verbale complète ; 29 enfants ayant accédé à l’imitation à la demande. La compréhension des consignes étant préalable à la capacité d’imiter à la demande, les résultats sont cohérents. L'évaluation de ces enfants suivant la méthode des 3i montrerait un développement harmonieux des capacités, qui se suivent dans l’ordre chronologique d’acquisition[7]. Cette étude rétrospective a finalement été publiée dans une revue scientifique en et évalue que la mise en place de la méthode peut avoir un impact sur les progrès constatés mais ne peut conclure formellement en raison de l'absence de groupe contrôle[8].

En , une première étude prospective parue dans la revue BMC Pediatrics réalisée sur 20 enfants ayant suivi la méthodes des 3i sur une période de 2 ans note des effets positifs sur le comportement, le développement et la sévérité du TSA qui sont cohérent avec les autres approches de thérapie par le jeu (en) [9],[Note 1].

Cette méthode reste sujette à controverse, et n’est pas reconnue par la Haute Autorité de santé[4]. La demande de réévaluation portée par l'association AEVE a ainsi été déboutée par le Conseil d'État en , en raison notamment de la faiblesse des études portant sur la méthode des 3i[10].


Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il convient cependant de noter que l'étude en question n'utilise ni groupe de contrôle ni échantillon aléatoire, et que l'AEVE a rémunéré les 2 auteurs principaux pour la réalisation de l'étude.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Andrzej Gardziel, Piotr Ozaist et Ewa Sitnik (dir.), « La méthode des 3i dans la thérapie des troubles du spectre autistique (TSA) », Psychotherapia, vol. 1, no 172,‎ , p. 37–45 (lire en ligne [PDF])
  2. Brigitte Chamak et Baptiste Moutaud, Neurosciences et société : Enjeux des savoirs et pratiques sur le cerveau, Armand Colin, coll. « Recherches », , 320 p. (ISBN 978-2-200-29193-8, OCLC 897446756, lire en ligne), p. 144
  3. Laurene Levy, « La méthode des 3i pour traiter l’autisme par le jeu - Top Santé », sur www.topsante.com, (consulté le 1er septembre 2020)
  4. a et b « Autisme et autres troubles envahissants du développement : interventions éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent » [PDF], Haute autorité de santé, (ISBN 978-2-11-128517-0), p. 27
  5. Olivier Delhoumeau, « La méthode des 3i pour sortir l’'enfant de sa bulle », sur SudOuest.fr, (consulté le 8 avril 2016)
  6. Patrick Sadoun et Catherine de la Presle, « La composition du nouveau Conseil National des troubles du spectre autistique et des troubles du neuro-développement : Un nouveau monde calqué sur l’ancien », RAAHP
  7. « Étude rétrospective d’archives : Méthode des 3i » [PDF], sur http://www.autisme-espoir.org/ (consulté le 28 avril 2016)
  8. Claire Favrot-Meunier, Yann Saint-Georges Chaumet et Catherine Saint-Georges, « Suivi qualitatif de l’évolution de 120 enfants porteurs de troubles du spectre autistique pris en charge par la méthode des 3i », L'Évolution Psychiatrique, vol. 84, no 4,‎ , p. 549–566 (ISSN 0014-3855, DOI 10.1016/j.evopsy.2019.08.002, lire en ligne, consulté le 17 février 2020)
  9. Elodie Tilmont Pittala, Yann Saint-Georges-Chaumet, Claire Favrot et Antoine Tanet, « Clinical outcomes of interactive, intensive and individual (3i) play therapy for children with ASD: a two-year follow-up study », BMC Pediatrics, vol. 18, no 1,‎ , p. 165 (ISSN 1471-2431, PMID 29753322, PMCID PMC5948870, DOI 10.1186/s12887-018-1126-7, lire en ligne, consulté le 17 février 2020)
  10. « Conseil d'État, 1ère - 4ème chambres réunies, 23/12/2020, 428284, Publié au recueil Lebon », sur legifrance.gouv.fr, (consulté le 14 janvier 2021)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]